S PENSEES
agréables, mais vous m avez forme' un corps. Alors j'ai dit : Me voici; je viens selon qu'il est \écrit de moi dans le livre, pour faire, mon Dieu, votre volonté; c'est aussi, mon Dieu, ce que j'ai voidu, et votre loi est dans le milieu de mon cœur. Voilà son oblation. Sa sanctification a suivi immédiatement son oblation. Ce sacrifice a duré toute sa vie et a été accompli par sa mort. // a fallu qu'il ait passé par les souffrances pour entrer en sa gloire {Luc, XXIV, 26). Aux jours de sa chair, ayant offert avec un grand cri et avec larmes ses prières et ses supplications à celui qui pouvait le tirer de la mort , il a été exaucé selon son humble respect pour son Père ; et quoiqu'il fût le Fils de Dieu, il a appris l'obéissance par tout ce qu'il a souffert (Hébr., V, 7, 8). Et Dieu l'a ressuscité et lui a envoyé sa gloire, figurée autrefois par le feu du ciel qui tombait sur les victimes, pour brûler et consumer son corps, et le faire vivre de la vie de la gloire. C'est ce que Jésus-Christ a obtenu et qui a été accompli par sa résurrection.
Ainsi ce sacrifice étant parfait par la mort de Jésus-Christ, et consommé même en son corps par sa résurrection, où l'image, de la chair du péché a été absorbée par la gloire, Jésus-Christ avait tout achevé de sa part ; et il ne restait plus sinon que le sacrifice fût accepté de Dieu, et que, comme la fumée s'élevait et portait l'odeur au trône de Dieu , aussi Jésus-Christ fût en cet état d'immolation parfaite offert, porté et reçu au trône de Dieu même : et c'est ce qui a été accompli en l'ascension, en laquelle il est monté et par sa propre force, et par la force de son Saint- "Esprit qui l'environnait de toutes parts. 11 a été enlevé comme la fumée des victimes, qui est la figure de Jésus-Christ, était portée, en haut par l'air qui la soutenait, qui est la figure du Saint-Esprit : et les Actes des apôtres nous marquent expressément qu'il fut reçu au ciel pour nous assurer que ce saint sacrifice accompli en terre a été accepté et reçu dans le sein de Dieu.
Voilà létal des choses en notre souverain Seigneur. Considérons-les en nous maintenant. Lorsque nous entrons dans l'Eglise qui est, le monde des fidèles et particulièrement • les dus, où Jésus-Christ entra dès le moment de son incarnation, par un privilège particulier au Fils unique de Dieu, nous sommes offerts et sanctifiés. Ce sacrifice se continue par la vie, et s'accomplit à la mort ; dans laquelle l'âme quittant véritablement tous les vices et l'amour de la terre, dont la contagion l'infecte toujours durant ((Ile vie, elle achève son immolation et est reçue dans le sein de Dieu.
Ne nous affligeons donc pas de la mort des fidèles, comme les païens qui n'ont point d'espérance. Nous ne les avons pas perdus au moment de leur mort; nous les avons perdus, pour ainsi dire, dès qu'ils étaient entres dans l'Eglise par le baptême. Dès lors ils étaient à Dieu : leur vie était vouée a Dieu ; leurs actions ne regardaient le monde que pour Dieu. Dans leui mort, ils se sont entièrement
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