VIE DE PELLISSON
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PKLLISSON-FONTAMLil (Paul), né à Béziers.jen 1624, d'une famillede robe, originaire
de Castres, perdit son père de bonne heure. Sa mère l'éleva dans la religion prétendue réformée. Ses talents donnaient des espérances à cette secte; il avait autant de pénétration que de vivacité dans l'esprit. Il étudia successivement à Castres, à Monlauhan el à Toulouse. Les auteurs latins, grecs, français, espagnols, italiens, lui devinrent familiers. A pcincjavait-il donné quelques mois à l'étude du droit, qu'il entreprit de paraphraser les Instilutcs de Juslinfen. Cet ouvrage, imprimé à Paris, in-8% en 1645 , était écrit de façon à faire douter que ce fût la production d'un jeune homme. Pellisson parut bientôt avec, éclat dans le barreau de Castres; mais lorsqu'il y brillait le plus, il fut attaqué de la petite-vérole. Celte maladie affaiblit ses yens et son tempérament, et le rendit lemo la laideur. Sa figure était tellement changée, que Mlle de Scudéri, son amie, disait en plaisantant qu'tV abusait de la permission qu'ont les hommes d'être laids. 11 était étroitement lié avec celle personne aussi laide que lui, et il figura dans les romans de cette femme auleur sous les noms d'Acanfc et d'LJerminius. Plusieurs ouvrages qu'il composa à Paris l'y firent connaître avantageusement de tout ce qu'il y avait alors de gens d'esprit el de mérite. Il s'y fixa en 1(552, et r'Académie française, dont il avait écrit l'Histoire, fut si contente de cet ouvrage, qu'elle lui ouvrit se3 portes. Fouquet, instruit de son mérite, le choisit pour son premier commis cl lui donna toute sa confiance. Ses soins furent récompensés en 1660, par des lettres de conseiller d'état. 11 avait eu beaucoup de part aux secrets de Fouquet; il on eut aussi à sa disgrâce. Il'ful conduit à la Bastille, el n'en sortit que quatre ans après, sans qu'on pût jamais le détacher de son maître. 11 y composa pour lui des Mémoires qui sont des chefs-d'œuvre. « Si quelque chose approche de Cicéron, dit l'auteur du Siècle de Louis £1V, ce sont trois l:tietums.\\s sont dans le même genre que plusieurs discours de ce célèbre orateur, un mélange d'affaires judiciaires et d'affaires d'état, traitées solidement aveeun art qui parait peu, et une éloquence touchante. » Fouquet se serait peut-être perdu sans la présence
d'esprit de Pellisson. Confrontés ensemble, le premier craignait qu'on ne lui opposât d pièces redoutables : il demeurait interdit, lorsque Pellisson s'écria : Monsieur, si cous ne saviez pas que les papiers qui attestent le fuit dont on tous charge, sont bru ne
lr nieriez pas avec tant d'assurance. Fouquet, ainsi averti, tint ferme et ne put être convaincu. Pellisson avait conservé une roule d'amis dans ses malheurs, et ces amis obi rent enfin sa liberté. Le roi le dédommat de cette captivité par des pensions et places. Il le chargea d'écrire son histoire, et l'emmena avec lui dans sa première conquête de la Franche-Comté. Pellisson méditait depuis longtemps d'abjurer la religion protestante; il exécuta ce dessein en 1070. Peu de temps après, il prit l'ordre de sous-diacre, < l obtint l'abbaye de Gimont et le prieuré de Sainl-OrenSfriche bénéhcedu diocèse d'Audi. L'archevêque de Paris ayant été reçu à 1 académie française en 1(371, Pellisson répon lit a ce prélat avec autant d'esprit que de grâce. Ce fut dans celle occasion qu'il prononça le Panégyrique de Louis XIV, traduit eu latin , en espagnol, en italien, en anglais, et même en arabe par un patriaehc du Mont-Liban. 11 fui reçu la même année maître des requêtes. La guerre s'elant rallumée en 1(172. il suivit Louis XIV dans ses cm; \ m
zèle pour la conversion des cal lui
mérita l'économat de Cluny en 1(>7'», de Saint- Gerinain-Jes-l'rés en 1675. el de Saint-Denis en 1G79. Le roi lui confia en même temps les revenus du tiers des économats, pour être distribués à ceux qui voudraient changer de religion, et qui par là pourraient se trouver dans l'abandon et le besoin. Il était oc» ■;. à réfuter les erreurs des protestants sur l'eucharistie, lorsqu'il fut surpris par la mort à Versailles, en 1693. 11 ne reçut point les sacrements, parce qu'il n'en eut pas le temps. H est faux qu'il le* ait refusés, comme rassurent encore aujourd'hui les calvinistes, el il t i 1res -certain qu'il avait communie peu de jours avant sa mort. On a de lui un grand n bre d'ouvrages. Les principaux sont : Histoirt.
\im\e française, qui parutpourla pi mièrefoisen loi>3,à Paris, iu-12, cl dont la meil» leure édition est celle de l'abbé d'Olivet, qui 1 a continuée, eu 1730, 2 vol. in-12. Trop do