‹ Démonstrations évangéliquesChapitre 21 sur 305 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

MINISTRES

Mais sur toutes choses nous pourrions faire voir à votre Majesté que nous sommes haïs et maltraités, pour ce que nous maintenons la dignité de votre couronne contre les usurpations étrangères qui la souillent et dépriment en captivité. Car votre Majesté peut avoir souvenance qu'es Etats nouvellement tenus à Paris, la question a été agitée si, le pape peut déposer nos rois, et s'il est en la puissance des papes de disposer de votre couronne, et que par la faction des ecclésiastiques qui entraîna une partie de la noblesse, vous y avez perdu votre procès. Dont le pape leur en a écrit des lettres triomphantes et pleines de louange. Chose que nous, comme aussi plusieurs catholiques romains de vos sujets, ne sou/friront jamais, sachant que nous devons nos vies cl nos moyens à la défense de la dignité de votre couronne, surtout à la défense d'un droit que Dieu vous donne et qui est fondé en sa parole. Espérant qu'un jour vous ouvrira les yeux pour apercevoir que sous ce nom spécieux d'Eglise romaine, le pape s'établit une monarchie temporelle en terre, et a soustrait de votre obéissance le quint de vos sujets, à savoir les ecclésiastiques qui se disent n'être point vos sujets, et qui ne sont pas justiciables devant votre justice, et ont même pour leur temporel un autre souverain hors du royaume. A quoi s'il est ajouté ce que le pape prétend et qu'il a déjà pratiqué, même de notre temps, à savoir qu'il peut vous ôler la vie et la couronne, que reste-l-il, Sire, sinon que votre royaume est un fief du siège papal, et vous ne vivez et ne régnez qu'à su discrétion.

Iîi'monst. Ktang. III,

RÉPONSE

C'est une vieille ruse, quand on est coupable d'un crime de s'en décharger sur autrui. Mais je m'étonne comment vous osez en user contre tout le clergé de ce royaume, que vous voulez rendre suspect au roi, l'accusant de factions, quoiqu'il en soit du tout innocent, et qu'au contraire vous soyez reconnus pour en être les souverains architectes. Vous portez, messieurs, votre objet avec vous, en ce qui concerne les prêtres : saint Augustin (1), nous apprenant qu'on ne doit ni ne peut seulement vous écouter contre eux, et que c'est l'ordinaire des hérétiques^), lorsqu'ils ne peuvent défendre la cause de leur séparation d'avec l'Eglise catholique, de s'étendre sur les crimes des hommes, en feindre à leur fantaisie, pour rendre odieux ceux qui prêchent la vérité, à laquelle ils ne peuvent contredire. Ayant déjà ci-dessus assez fait connaître de quelle façon vous avez soutenu la dignité de cette couronne, et le peu de sujet' que vous avez d'en tirer de la vanité : il me suffira de remarquer en ce lieu que c'est trop s'éloigner de la vérité et de la modestie, de dire que vous soyez maltraités en ce royaume et de vous donner assurance que si vous n'êtes haïset maltraités que pour en maintenir la dignité, vous êtes pour jamai» exempts de haine et de mauvais traitements.

A quel propos taxer les deux premiers ordres de l'état, accuser l'un de faction, l'autre de faiblesse préjudiciable à son roi, si ce n'est pour faire voir clairement que lorsque vous voulez mal à quelqu'un, vous feignez hardiment des sujets de le décrier, quoique sans fondement : puisqu'il n'y a personne qui ne sache que s'il y a eu de la faction dans les états, elle est venue de ceux qui, hors de propos et de saison, voulaient mouvoir une question dont l'Eglise, la noblesse et la plus grande part du tiers état arrêtèrent le cours, pour plusieurs raisons que je déduirai en peu de mots.

Et parce que la question étant purement spirituelle, savoir si Dieu a donné à l'Église, l'autorité de déposer les rois, en cas d'infidélité et d'hérésie, lorsque non seulement ils la professent, mais en outre se rendent persécuteurs publics du nom et de la vraie foi de Jésus-Christ ; si cette puissance est conforme à la parole de Dieu ou non ; s'il est permis d'assujettir tout un peuple à affirmer par serment solennel qu'elle ne l'est point ; qui était ce dont il s'agissait aux états. Un corps composé de personnes laïques n'en

(1) Hxreticorum accusalioncs contra cailiolieum presbylerum admiUcrc nec possumus, nec debcinus.

(2) Augnst. Epist. 157. Ihcrclici non babende quod in causa sua; divisionis défendant , non nisi Hominum crimina colligere affectant, etca ipsa plura falsisBime jacianl, ut quia ipsam divins Bcriplurse ve* rilalem qua ubique diffusa Cbrisii Ecclesia commendatûr, criminari et obscurare non possunt, domines per quos pradiealur adducant inodium, do quibut ci (Ingère qnidquid in mentetn veneril possunt.

[Quatre.)

lit.-,

DÉMON'STBATIO.N

pouvait connaître sans sacrilège, sans usurper les droits d'auirui . monter en la chaire

de .Moïse, mettre la main à l'encensoir , et s'exposer conséquemmenl aux malheurs qui ont accoutumé de suivre semblables entreprises impies et sacrilèges. Le clergé même d'une église particulière comme de la France ne pouvait décider OC point, puisqu'il n'appartient qu'à l'Eglise universelle de définir des articles de foi.

Par ce en outre que tous les rois et tous les états de la chrétienté , ayant intérêt en cette cause , un royaume particulier ne la pouvait juger sans aveu et sans autorité de tous les autres.

Parce davantage que le saint-siége étant mêlé en cette cause, les vôtres qui ont juré sa perte, et qui estiment sa ruine être leur établissement, n'en pouvaient connaître, quoiqu'il y en eût qui le voulussent faire.

Qui plus est, parce que de la définition de ce que vous désiriez, s'ensuivait un schisme évident, en établissant un article de foi particulier aux églises de ce royaume , et non catholique ou commun à l'Eglise universelle, d'où s'ensuivait division en la foi.

Par ce enfin que la décision de ce point était non seulement inutile au bien et à la sûreté des rois (qui était cependant l'unique fin de la question), mais de plus leur était préjudiciable , comme on peut voir en ce qu'à écrit Gur ce sujet ce grand cardinal, l'honneur de son siècle, qui traite au long cette matière avec une éloquence égale à la profonde doctrine que tout le monde admire en lui. Ces raisons considérées sans passion ne permettent à personne de douter que les ecclésiastiques ne soient dignes de louange et non de blâme , pour n'avoir pas voulu décider une question qui leur était proposée à mauvais dessein, et dont la décision ne leur appartenait pas. Et partant, c'est sans apparence et contre la vérité que vous les accusez de faction , et que vous ajoutez par après qu'eux et une partie de la noblesse firent perdre le procès au roi ; car comment pouvez-vous dire cela sans rougir, puisqu'il est notoire atout le monde, qu'en tous les cahiers du clergé et de la noblesse, on n'a jamais proposé et moins résolu aucune chose , qui aille tant soit peu à la diminution delà puissance souveraine de nos rois, et de la grandeur de leur couronne, et que 1 article présenté par l'avis de quelques-uns du tiers étal fut seulementrejelé sans résoudre aucune chose sur ce qui y était contenu ? C'est impertinence de dire que nous avons fait perdre au roi un procès qui n'a pas été jugé, et de rendre sa majesté partie en une cause , où elle n'intervint que pour tenir par son autorité les choses en l'état auquel elles sont demeurées. Si quelqu'un a perdu son procès, c'est vous qui, sous prétexte de maintenir l'autorité des rois , vouliez introduire le schisme entre les catliol ques.

Quant aux lettres que le pape é : iv il sur ce sujet, si c'est faute au père d'écrire.: es entants et crimeaux entants de recevoir des lettres de leur porc, sa sainteté est blâmable d'avoir

É\ W il' m

fait cet honneur aux deux ordres dont noui parlons, et eux coupables de l'avoii i mais puisque le sens commun faitconnal

qu'il o'j a rien en cela qui lie soit très-convenable, vous ai ez toi i de nous en tain proche, et dé vouloir lii i le saint père en envie, comme si par ses lettres il eût voulu prendre quelque avantage sur cet état , ce qui est du tout ridicule.

Vous lâchez en cet endroit de rendre la puissance des papes suspecte à tous les , de la terre: mais la dignité royale et celli l'Eglise n'ayant aucune répugnance, ce que nous rendons au saint-siége n'empêchera point, que nous ne fassions paraître par effets ce que vous professez de paroles; savoir est, qu'un suj A doit sa rie et tous moyens à la défense de la dignité de la couronne de son roi. En cela vous nous aurez toujours non seulement pour compagnons , mais pour guides. El sans doute si vous nous suivez, comme j'en supplie Dieu, et le veux croire, la France conservera son repos , qui a été par le passé trop souvent troublé par les vôtres.

.Mais avec quel front pouvez-vous soutenir que le pape a le tiers des terres de la France, qu'il a soustrait le quir.t des sujets de cet état de l'obéissance du roi? Que nous a\ hors de ce royaume un autre souverain pour ce qui est du temporel?

Ii est faux que le pane ait la troisième partie de laFrance, puisqu'il n'a que le comté d'Avignon, que ses prédécesseurs ont acheté des comtes de celte province. Il est faux qu'il soustraitles ecclésiastiques de l'obéissance du roi, puisqu'ils la prêchent et la prêcheront tou !e leur vie par parole et par exemple. Il c.-l faux que nous n'estimons pas être sujets du roi , puisque sous sa sujétion nous sommes prêts à épandre nos vies pour son service. H est faux que nous ne nous soumettions pas aux juridictions temporelles, comme si en prétendre exemption en certains cas , par la concession de nos princes, de l'autorité d quels il s'agit , était nous vouloir affranchir de leur juridiction; et si jouir d'un bénéfice accordé par un roi en vertu de sa concession, n'était pas reconnaître son autorité, et non s'en soustraire. Il est faux que nous reconnaissions pour le temporel un autre souverain que notre roi. faux que le pape prétende avoir pouvoir d'ôter la v ie des rois, faux qu'il ait pratique cette puissance prétendue, taux qu'il estime que ce royaume soit un fief relevant de son siège, faux enfin que les rois ne vivent qu'à sa discrétion.

Les rois seraient immortels si leur conservation dépendait des papes, qni désirent leur bien, comme les pères celui de leurs enfant.-. Pourquoi celui qui, au grand bien de toute la chrétienté, sied maintenant en la (bail, saint Pierre , a-t-il Fait censurer liée nus 1 . (lui avail fait avancer de- propositions >o»libouses et désavantageuses aux rois, sinon pour pourvoir à leur sûreté? Pourquoi a-t-il approuve que le cierge de France assemble

(I) La Censure do janvier 1613.

DES PRINCIPAUX POINTS DE LA FOI

aux états , et la Sorbonne en autre temps aient renouvelé la publication de l'article du concile de Constance, qui prononce analhème contre ceux qui entreprennent sur les rois, si leur vie ne lui est aussi chère que la sienne propre ?

Vous oubliez ces vérités , et avec raison, puisqu'elles font voir qu'on ne peut dire sans mensonge que les papes et les ecclésiastiques de la France ne soient affectionnés au bien des rois. Ils le sont, et le seront toujours , tant que le pape n'oubliera aucune chose de ce qu'il pourra pour leur bien , et les ecclésiastiques français ne plaindront jamais leur vie pour assurer celle de leur prince. Si pour être coupable il suffisait d'être accusé , nul ne serait sans crime , l'innocence n'en serait pas exempte. Vous êtes hardis à imposer, mais le mal est pour vous, que vous manquez de preuves. Vous nous rendez coupables envers la France , elle est redevable envers vous : comme si sa défense se trouvait seulement en vos mains, et qu'elle ne fût garantie des usurpations étrangères que par vos armes. Vous faites bien de dire étrangères, pour n'y pas comprendre vos entreprises , qui sont si ordinaires , que les plus grossiers reconnaîtront que ce n'est pas l'amour que vous portez aux rois qui vous rend si zélés à leur grandeur, mais bien la haine que vous portez au pape et à toute l'Eglise.

Or , aûn qu'il ne semble pas que je vous impose, je ferai paraître clairement que vous donnez une puissance beaucoup plus grande au peuple , que celle que vous déniez au pape , ce qui est grandement désavantageux aux rois ; n'y ayant personne qui ne juge que ce leur est chose beaucoup plus périlleuse , d'être commis à la discrétion d'un peuple qui s'imagine quelquefois être maltraité, quoiqu'il ne le soit pas, et qui est une bête à plusieurs têtes , qui suit d'ordinaire ses passions; que d'être soumis à la correction d'un père plein d'amour pour ses enfants.

Le peuple, dit (1) Bucanan (que Bèze (2) reconnaît homme excellent et de grand mérite), adroit de disposer, selon sa volonté , du sceptre des royaumes. Les mauvais princes , dit un (3) Anglais, intime de (k) Calvin, qu'il appelle son frère, selon la loi de Dieu, doivent être déposés, et lorsque le magistrat néglige de s'acquitter de son devoir, il est aussi libre au peuple de le faire , comme s'il n'avait aucun magistrat , et en ce temps Dieu lui accorde l'usage du glaive. Le même (5) auteur du temps de Marie, reine d'Angleterre, fit un livre intitulé de l'Obéissance , imprimé à Genève , approuvé de Bèze et de Calvin ,

(1) Lib. de jure regni. Populo jus'est de sceptro regni disponand) pro libito suo.

(2) Epist. 78.

(3) In Apolog. Goodmaiinus.

U) Epist. 300.

(5) Goodmann. in Apolog. Reges jus regnandi à populo liabent qui occasionc data illud revocarc potesi.

auquel ces paroles se trouvent : Les rois ont le droit de régner du peuple, qui le peut révoquer en ayant occasion.

Vous ne vous contentez pas de dire que les rois peuvent être déposés , vous passez bien outre, enseignant qu'ils peuvent être punis, condamnes et tués, qu'il faut donner des '•écompenscs à ceux qui commettent des crimes si horribles et si exécrables.

Le peuple, disent les sectateurs de Wiclef, au rapport (1) d'Osiander, peut , selon sa volonté, punir les princes qui pèchent. (2) Le livre dont j'ai parlé ci-dessus, imprimé à Genèvedu temps de Mario, reine d'Angleterre, porte que si les magistrats transgressent la loi de Dieu, et obligent les autres à ce faire , ils déchéent de la dignité et obéissance qui autrement leur est due, et ne doivent plus être tenus pour magistrats , mais doivent être accusés, examinés et condamnés.. Le peuple a droit . dit (3) Bucanan , déjuger de la vie des rois. Il est à désirer, dit-il (k) encore, qu'on ordonne des récompenses à ceux qui tuent les tyrans, comme on a accoutumé de faire à ceux qui tuent les loups.

Mais quelle forme gardez-vous en ces dépositions? Aucune. Quel temps donnez-vous aux rois que le peuple dépose, pour se reconnaître? Vous n'en donnez point, ils se déposent d'eux-mêmes à votre compte, lorsqu'ils se gouvernent autrement qu'ils ne doivent, et ne reste qu'à s'opposer à eux et à leur courre-sus.

Les princes terriens, dit Calvin (5), se privent de leur puissance lorsqu'ils s'élèvent contre Dieu, voire même ils sont indignes d'être mis au rang des hommes, et partant, il faut plutôt cracher sur leur tête que de leur obéir. Si les princes (6), dit un auteur écossais^ue Calvin appelle homme excellent; Bèze, restaurateur de l'Evangile en Ecosse ; que tous les Ecossais, au rapport de Witakeros, esti-. ment avoir eu l'esprit prophétique et apostolique : Si les princes , dit ce personnage si rccommandable à votre jugement , se gouvernent tyranniquement contre Dieu et sa vérité, les sujets sont absous du serment de fidélité.

(\) Osiander in Epit. cent, art. 17. Vulgus pro volunlate sua puuire polost principes peccantes.

(2) Goodmann, in Apolog. protestan.

(3) Bucan. de jure regni. Populus principem in jus capilis vocare polest.

(4) Lib. de jure regni. Oplandum est ul pramia a plebc décerna ntur iis qui tyrannos occiderint, ut fieri solct iis qui lupos cxdunl.

(5) In VI. Dan. v. 22 ci 25. Abdicant se potestate terreni principes, eu m insurgunt contra Deum, imo indigni suntqui in numéro bomintimccnseatur, ideoque in capita polius corum conspuere oporlet, quam illis parère.

(6) Knoxus quem Calv. ep. 505. Virura insignem, eximium virum et ex animo colendum fratrem. Beza epist. 74. Evangelii apud Scolos resta uraiorem, quem leste Witakero conlruv. II. qu. 6. chap. 13. Scoti omnes teslanlur fuisse spiritu propbclico et apostolico pradilum, in admonilio. ad Angliam etScoliam; si principes adversus Deum ac verilatem cjus tyrannicc se gérant, subditi corum a juramento fidclitatiu absolvuniur

M.MO.NSTIIATION

Mais quelle cause les rend déposables, selon votre doctrine? La seule religion?

Non, mais plusieurs autres encore, leur mauvaise vie et leurs vices. Nul n'est Seigneur temporel, dit Wiclef (lj, nul n'est prélat, nul n'est évique, lorsqu'il est en péché mortel (2). On peut ôter les princes, ditZuingle, lorsque déloyalement ils outrepassent la règle de Jésus-Christ, à quoi il estime suffire, comme il dit lui-même (3), avancer les méchants, charger les innocents, défendre le» oiseux, sacrificateurs, c'est-à-dire les catholiques, ce qui est à noter.

Je pourrais vérifier par un grand nombre d'auteurs quel est votre sentiment en cette matière : et je le ferais volontiers, si ce que vous enseignez en ce sujet vous était aussi avantageux qu'il vous est préjudiciable. Je me contente de prier le lecteur de voir un livreintitulé : Apologiaprotestantiurn, un des plus utiles qui se soit imprimé de longtemps, où il trouvera beaucoup plus grand nombre de passages sur ce sujet, et entre autres quelques-uns qui vérifient que des vôtres ont écrit, que par droit divin et humain, il est permis de tuer les rois impies , que c'est chose conforme à la parole de Dieu, qu'un homme privé par spécial instinct peut tuer un tyran ; doctrine détestable en tout point, qui n'entrera jamais en la pensée de l'Eglise catholique.

Ce n'est pas tout, après avoir vu ce que vous enseignez touchant la déposition des rois , il faut faire voir par vos actions comme vous vous gouvernez en leur endroit.

Depuis que vos erreurs ont été introduites dans le monde par Luther et Calvin , vous n'avez laissé passer aucune occasion où vous ayez pu user de votre pouvoir prétendu sans l'avoir fait. Vous avez mis des armées sur pied contre Charles V (Surins, ann. 1547 [appelé des vôtres par risée Charles de Gand ] ) , pour le troubler en ses états et le priver de l'empire. Vous avez pris les armes contre trois rois de France, François II, Charles IX, Henri III. Sous le règne de Charles IX vous avez battu de la monnaie sous le nom d'un autre, à qui vous donniez le nom de roi. Comment avez-vous traité Marie, reine d'Ecosse (4)? Ne l'avez-vous pas rendue captive? En prison, ne lui avezvous pas fait renoncer à sa dignité royale? N'avez-vous pas trois fois dressé des armées contre Marie, reine d'Angleterre? N'avezvous pas élevé une reine prétendue contre elle (2) ? Un des vôtres n'a-t-il pas attenté à sa personne?

(1) Apud Osiand. in epii. cenlur. 9. Nullus est dominas civilis, nullus est prelatus, millus est episcopns iliini est in peccato morlali.

(2) lu cxplanal, art. 42. Principes quantlo perfide et extra régulait) egerinl, possuni cum Deo deponi.

(">) (Juin sceler.itos provchii, et innoxios pregravat,

ut cum inutiles ventres, oiiosos sacrificios défendît pi inceps).

(4) Du Chesnccu l'Histoire d'Angleterre, sous Klizabeth et Mario.

(5) Jeanne porlée'par le duc de Norllioiunerland. ,.

I \ wu.i.iui : 108

, Vous avez dépouillé en Flandres Philippe, roi d'Espagne d'une partie de ses provinces. (Surùts) Chris tiero, roi de Danemark, a été par les vôtres dépossédé de sa couronne, chassé de son royaume, depuis mis en prison, où, selon l'opinion du temps, ses jours furent avancés par poison. SiLrismond, qui à présent règne en Pologne, se \<>it privé de la couronne qui lui appartient par droit d'hérédité, et que son père possédait sans trouble, son oncle qui professait \olre créance ayant été mis en sa place par les vôtres. Vous avez usurpe sur l'empereur Rodolphe, dernier mort, la Transylvanie, qu'il possédait à juste litre comme roi do Hongrie. Et tout cela suivant l'exemple du prédécesseur de Calvin, qui ne peut souffrir l'évéque de Genève, je ne dis pas seulement comme évoque, mais connue prince temporel.

Quiconque lira les histoires qui vérifient ce que je dis, verra qu'en un siècle vùus avez troublé deux empereurs, dépouillé actuellement un roi, exclu un autre de smi royaume, déposé une reine, fait la guerre à une autre pour la priver de sa couronne, pris les armes contre quatre rois, déposé d'autres princes temporels, fait mourir un roi, rendu captive une reine vertueuse et sage, à qui il appartenait de donner liberté aux autres, laquelle enfin, en violant les lois divines et humaines, vous avez fait mourir par un genre de mort du tout inhumain et digne de pitié.

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