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CHAPITRE IV

Des images depuis environ l'an 300 par les auteurs protestants.

LcsCcnturiateurs disent: Eusèbe écrit qu'il \ vu en Asie quelques chrétiens qui conservaient les images des apôtres saint Pierre et saint Paul, et de Jésus-Christ lui-même (2).

Il semble que Tertullien déclare dans le même livre que les chrétiens ai aient l'image de la croix, et dans les lieux de leurs assemblées publiques, et dans leurs maisons en particulier; car c'est sur cela qu'est fondé le reproche que les païens faisaient aux. chrétiens d'être religieux de la croix ou dévots à la croix (3).

De même Lampridius rapporte que ce bon empereur Alexandre Sévère avait chez lui , dans son oratoire, les images de Jésus-Christ et d'Abraham (4).

Sozoniène fait mention de l'ornement des imagos, et il rapporte que l'effigie de la femme hémorrhoïssc et de Jésus -Christ qui la guérit, ayant été abattue par l'ordre de Julien en la ville de Césarée de Philippe, fut relevée par les chrétiens , qui la placèrent dans l'Eglise (5).

Prudence fait voir aussi que c'était la coutume de placer dans les temples les images qui représentaient les souffrances des martyrs (6).

De ces deux passages les adversaires concluent qu'au temps mèmetlc Tertullien, c'està-dire l'an 200 de Jésus-Christ, les chrétiens étaient déjà accoutumés à peindre le Seigneur Jésus sous la forme d'un berger sur les calices même sacrés dont l'on se servait pour administrer l'eucharistie (8).

Je ne veux point ici contester ce qu'ils posent pour incontestable, que les calices dont arle Tertullien sont les calices sacrés de

'Eglise.

De la statue consacrée à Jésus-Christ par l'hémorrhoïssc dont il est parlé dans l'Evangile (2).

Eusèbe dit, je l'avoue, qu'il a vu à Césarée la statue qu'il décrit, et je ne crois pas qu'il soit permis de douter le moins du monde d'une chose qu'Eusèbe dépose si formellement; mais pour cette effigie qu'il dépose

( I ) M. Daillé, iïouveuuté de lu trud. Rom., part. 1, ch. 26, pai. 256.

On ajoule ici qu'en une partie des provinces de France , ci particulièrement en celles de delà la Loire, le moi signari latin est demeuré depuis ce temps-là dans leur langage vulgaire : se seigna, pour dire, faire sur soi-même le signe de la croix.

(2) Euseb. Hist. Eccl. 7, c. 18 : S « u> ™v dmxnaw aùtoo

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(3) Magdeburg., centurie 3, ch. 6, p. 85, b. Apolog. L'an 200. Tertullien, avoI.

(i) Ibidem, p. 83. a.

(3) Ibid. Centurie *, ch. 6, p. 229, f. L'3n 300, jusqu'à .l'an 400.

(6) Ibidem.

(7) Daillé, des itnnqes, liv. lll, ch. 1, p. 217.

(8) Ibid., p. 28. •

a m tir \ ue , ce que nous croyons sur ta parole, il ne dit que sur le bruil publie • 1 1 1 die

soit la véritable effigie «lu Seigneur .le, us. vraiment érigée et i onsai rée à lui par « femme dont il est parlé «luis l'Evangile l . Nous «-nouons qn'eu certaines provinces

l'usage était déjà de peindre . non dans 1rs maisons des particuliers seulement, les histoires saintes des Ecritures, mais d'exposer aussi dans les églises les Images ri les tableaux des martyrs et des combats qu'ils avaient soutenus pour la foi 2 .

D'où l'on peut tenir pourconstanl qu'avant la lin du quatrième siècle, on niellait les images dans les églises, tant à Home qu'aux provinces voisines de l'Italie (3).

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