‹ Démonstrations évangéliquesChapitre 222 sur 305 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Du sacrement de l'ertrème-onction.

Concile de Chdlons-sur-SaAnc : Selon l'enseignement de l'apôtre saint Jacques et les décrets des saints pères aussi . qui y sont conformes, il faut que les prêtres oignent les malades de l'huile que l'evéque a bénie. (/(ïcV, IV1. Et conséquemment il ne faut pas faire peu d'état de cette médecine, qui guérit les infirmités de l'âme et du corps (7).

(I) HelanchthoD, 'êtes de Ratisbonae, an. H, du sacremon de l'ordre, q:ii fit approwsi des protestants sans contradictions, tont. IV, p, 71".

i Melanclithon, nispulaliones, lom. IV, p. 505, ex Bp. Pailll TH. et t. fini.

(5) Calv. institut, en français, liv iv, ch. 19, § 28.

(i) Luther, an. 15, ilu Mariage, loin. I , |

i,'i) Melaochlhon, êtes de RatUbonne, art. 18, du sucrevu'iu il mariage, approuvé des protestants s<i»s contradiction, loin. I\ , p. 71ti.

((>! Daillé. ipol. , p. ">".

(7) ics centwiatemrs de Magdebourq, eh. 0. p. 204. D. L'an 700 jus ni'en 800.

Remarques qu'il n'esl pas question do prouver l'anliquilé de l'etlrème-onclion . car on convient qn'ell du temps des apôtres; mais il faut prouver qu'elle* continué dans l'Eglise jusqu'à iieus. Ce que les ceuturiaienrs reconnaissent dans ce passage.]

PREUVES POUU LE TIÎAIIÉ DE L'EXAMEN EN GENERAL

Je confesse bien que les disciples de Jésus- Christ ont usé de l'exlrême-onction comme d'un sacrement ( car je ne suis pas du sentiment de ceux qui croient que ce -lût un médicament) (1).

Premièrement posé que l'extrême-onclion soit plus ancienne que le schisme des grecs et des latins , il ne s'ensuit pourtant pas de là que ce sacrement ait été ou institué de Jésus-Christ, o'i pratiqué par l'Eglise des quatre premiers siècles (2).

SECTION IX

Art. VI, pag. 67. La foi est une assurance .ertaine, etc.

Preuve de ce qui est dit en cet endroit , que le principe de nos frères séparés porte la certitude du salut plus loin que le nôtre, qu'il confond la foi et V espérance , que leurs derniers auteurs en paraissent embarrassés.

La foi est une certaine assurance qu'un chacun vrai chrétien doit avoir que Dieu le Père l'aime à cause de Jésus-Christ (3).

Au 10. article, ils s'échauffent contre la vaine confiance des hérétiques, voire selon leur dire. Or celte confiance est que nous tenons pour une chose conclue que nos pèches nous sont pardonnes, et nous reposons en cette certitude (4).

Le diable n'a nulle plus griève tentation pour ébranler les fidèles que quand, les inquiétant du doute de leur élection, il les sollicite de la chercher hors de la voie (5).

Mais quelqu'un dira qu'il nous faut soucier de ce qui nous peut avenir, que notre imbécillité nous admoneste d'être en sollicitude... Finalement, l'expérience nous montre que la foi et la vocation n'est guère, sinon que la persévérance soit conjointe, laquelle n'est pas donnée à tous : je réponds que Christ nous d délivrés de cette perplexité ; car il n'y a dou'e que ces promesses n'appartiennent au temps futur. Qu'est-ce que nous a voulu ici apprendre Christ, sinon de nous acertainer que nous aurons salut éternel, puisque nous avons une fois été faits siens (G)?

La foi donc justifiante et la confiance ou

(1) Calvin, commentaires sur l'Epître de s. Jacques, di.\, II.

l'.'i-Ai pourtant la seule réponse que l'ont au passage de S. Jacques la plupart Jus protestants de France qui l'uni profession, do suivre Calvin.

12) Dalllé, de PExlrênie-Onclion, ch. 21, p. 117.

(5) CaiéOlliknw Vulgaire, l'ail par Théodore de Jlèze, qui se vend à U/ueVilly, par Pierre la Mole.

(t) Calvin , dans les ides du concile de Trente , avec le remède contre le poison, opuscules, p. 949.

(5) Calvin , institution en français, liv. Ill, ch. 24, §4.

(6) luid., § e

l'assurance sont une même chose, ou certainement, ne sont que peu différentes entre elles. Car la foi justifiante est un acquiescement certain et indubitable aux promesses de Dieu pour recevoir la rémission des péchés et la justice, et obtenir de Dieu la vie éternelle par et à cause de Jésus-Christ, son Fils, excité et produit en nous par l'inspiration du Saint-Esprit. Et qu'est-ce que la confiance ? C'est une très-certaine persuasion de la vérité des promesses de Dieu, par laquelle nous ne doutons point que nous n'obtenions tout ce qu'il nous a absolument promis par sa grâce; car se confier, c'est la même chose que croire fermement et espérer sans aucun doute de recevoir de quelqu'un ce qu'il vous a promis, ou être assuré des choses promises à cause de la vérité du prometteur (1).

Mais si par la confiance ou l'assurance on entend la persuasion d'avoir le pardon de ses péchés, passés ou futurs , commis ou à commettre, je dis que la foi peut être sans cette assurance (2).

La foi est une certaine et forte persuasion que tout ce qui est contenu dans la parole de Dieu est véritable, et une ferme assurance que , selon les promesses de l'Evangile , si nous croyons en Jésus-Christ, nous ne périrons point, mais nous aurons la vie éternelle (3).

Il faut distinguer la confiance en deux espèces, ou pour mieux dire, en deux actes. Par le premier acte de confiance on regarde Dieu comme l'auteur du salut des humains... Le second acte de confiance est celui par lequel on ne regarde pas Dieu simplement d'un œil d'espérance, comme celui qui nous a effectivement sauvés et nous peut sauver; mais avec un sentiment de jouissance comme celui qui nous a pardonné nos péchés. La première confiance est nécessaire à l'homme pour le mettre en état de grâce... Mais pour l'autre acle de confiance, par lequel on regarde Dieu comme celui qui nous a déjà effectivement et actuellement délivrés, il n'est pas de la même nécessité de l'avoir au souverain degré pour être en état de grâce. Celte parfaite et achevée confiance est plutôt de la perfection du vrai fidèle, que de son essence. Un homme, sans avoir celle parfaite assurance de son sahit, peul bien être vrai fidèle, mais non parfait fidèle (4).

(I) Zanchius, tom. IV, ch. 12, lit. de riducia.

(i) Wiiiieliius, professeur de Leyde , rhéologie pacifique, eh. 11, S 139, p. 109.

(5) Catéchisme qu'on dit être de M. Jurieu, et aux se vend à Mou , par Antoine Rousselet.

(I; H. Jurieu, apologie pour lu morale des Réformés , liv. m, ch. 1, p. 500.

<*ff68Ê<ll>»8B3f»

ftM

DÉMONSTRATION ÉVANGÉLIQI I

Page 1