‹ Démonstrations évangéliquesChapitre 256 sur 305 · IC · texte numérisé non relu

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grâces d'un bienfait nus~r merveilleux de is— Christ envers nous. Partant, à i lt» grand tort, quelques-uns pens< ni que nom ne rendons pas

Car ce sont des choses sainte- 1 1 \ i liera Lb comme instituée, par le souverain prêtre IS-Christ, cl qui ree ir manièi

me nous l'avons dit, en nous présentant [u'elles signifient, nous rendent témoignage de ce qui s'est fait , no • niant

i par une analof admirabl signifient, donnent

un jour très-clair à ces mystère*.

Du même recueil de confessions.

Confession et exposition <\c la foi me

de l'année 153(i, chap. 2J, delà suint' du Seigneur, pag. 19.

Par loul cela il est clair que par une viande spirituelle nous n'entendons nullement je : sais quelle \iande imaginaire, mais le propre corps du Seigneur livré pour nous , qui soil toutefois reçu des fidèles , non corporellement , mais spirituellement par la foi ; en quoi nous suivons entièrement la doctrine de Noire-Sauveur Jésus-Christ. (En S. Je chap. VI).

Et cette manducation delà chair et boisson du sang du Seigneur sont tellement nécessaires pour le salut, que sans cela personne ne peut être sauvé. Or celte mandjucation et cette boisson spirituelle se font hors de la cène du Seigneur, toutefois et quanles en tous les lieux où l'homme aura cru en Jésus- Christ : à quoi peut-être se rapporte net endroit de S. Augustin : Pourquoi prépares-tu tes dents et ton ventre? Crois, et tu l'as mangé.

Outre cette manducation spirituelle dont il est parlé ci-dessus , il y a une mandu lion sacramentelle du corps du Seigneur, par laquelle le fidèle participe non ment spirituellement et intérieurement au vrai corps et au vrai sang du Seigneur, m aussi extérieurement : en s'approchent de la table du Seigneur, il reçoit visiblement sacrement du corps et du sang du ScL Dès que le fidèle a cru, il a n çu en [ ren lieu un aliment vivifiant , et il en jouit d'abord; mais dès qu'il reçoit le sacrement, il reçoit quelque chose : car il avance dans la continuation de la communication du COI et du sang du Seigneur, et est enflammé de plus en plus; sa foi croit, etj.il est repu d'une nourriture spirituelle.

Confession de foi faite d'un commun ace par les Eglises des calvinistes du royt

de France , imprimée ù la Rochelle en '

Nous confessons que la sainte cène e>t le second sacrement] nous esl léinoign de l'unité que nous avons avec Jësus-Cnrisï .

d'autant qu'il n'est pas seulement une fois : mort et ressuscité pour nous, mais aussi nous

il et nourrit vraiment de sa chai: el sou sang . à ce que nous so\ ons a\ ec lui . - 1 que >a .oit commune. (V combien

qu'il soil au ciel jusqu'à ce qu'il vienne ' pour juger loul le monde, toutefois nous

PREUVES POUR LE TRAITÉ DE L'EUCHARISTIE

croyons que par la vertu secrète et incompréhensible de son esprit , il nous nourrit et vivifie de la substance de son corps et de son sang. Nous tenons bien que cela se fait spirituellement , non pour mettre au lieu de l'effet et de la vérité, imagination de pensée, mais d'autant que ce mystère surmonte en sa hautesse la mesure de notre sens et tout ordre de nature. Bref pour ce qu'il est céleste, il ne peut être appréhendé que par foi.

Art. 37. Nous croyons , ainsi qu'il a été dit, que tant en la cène qu'au baptême, Dieu nous donne réellement et par effet ce qu'il y figure : et pourtant nous conjoignons avec les signes la vraie possession et jouissance de ce qui nous est là présenté. Et par ainsi tous ceux qui apportent à la table sacrée de Christ une foi pure comme un vaisseau , reçoivent vraiment ce que les signes y testifient; c'est que le corps et le sang de Jésus-Christ ne servent pas moins de manger et de boire à l'âme, que le pain et le vin font au corps.

Extrait de la réfutation des théologiens de Wittcmberg contre le consentement orthodoxe de la sainte Ecriture et de Vancienne Eglise, sur la controverse des sacrements ; imprimé à Tubinge, par George Gruppenbach, en 1584-, pag. 670.

Il nous semble en effet que Luther n'a rien écrit de l'adoration qui en toutes choses ne paraisse conforme à la parole de Dieu. Car il remarque expressément que l'adoration au sacrement n'est pas une oraison , mais un respect et un honneur, tant intérieur qu'extérieur, qui se fait au dedans du cœur, et en dehors par tout le corps, qui n'a été ni commandé ni défendu par Jésus- Christ. Et parmi les quatre ordres, il estime les meilleurs ceux qui le laissent, et qui attentifs aux paroles de la promesse, pensent (pie Jésus-Christ agit en eux par ce sacrement d'une manière q a' ils le reçoivent par la foi. Outre plusieurs autres témoignages publics, les anciennes liturgies confirment que c'est de tout temps la doctrine et le sentiment de l'antiquité orthodoxe. Par où il est manifeste avec quel respect et quel honneur, que Luther qualifie adoration, on a traité ce sacrement.

De Vexamcn du concile de Trente, par Mart. Chemnicius, imprimé ù Genève par Jacques Stoer, cluip. 5. du culte cl de la vénération qu'il faut rendre au très-saint sacrement, pag. 279.

Qu'en l'action donc de la cène, Dieu et homme en sa nature divine et humaine, ne soit vraiment et substantiellement présent, et qu'il ne faille l'adorer en esprit et en Vérité, personne ne le dénie, que ceus qui avec les sacrani solaires dénient ou doulenl de la présence de Jésus-Christ, en la cène. Car ni

la commémoraison , ni l'annonciation de la

mort de JésUS-Chrlsl en la cène ne se pent bien faire suis (die adoration qui se fait en esprit et en Vérité. Nous avons dû dire tout ceci, de peur que quelqu'un ne nous soup-

çonne de mettre en doute si Jésus-Christ Dieu et homme, qui est présent en l'action de la cène, y doit être adoré.

Extrait de la bibliothèque universelle , année 1687. pag. 277. art. 6

Livres anglais de controverse.

Deux discours touchant l'adoration de notre Sauveur dans l'Eucharistie. I. Remarque* sur les changements faits dans la liturgie de la communion, contenues dans le livre des prières communes de l'Eglise d'Angleterre. II. Défense des catholiques pour l'adoration qu'ils rendent ù Notre-Seigncur , comme réellement et substantiellement présent dans le sacrement. A Oxford, 1687, in k. pag. 70.

On ne s'est pas tant proposé dansées deux ouvrages, qu'on assure être de M. Walkcr, d'examiner la doctrine de l'eucharistie en elle-même, que de faire voir aux réformés qu'ils ne peuvent nier la présence corporelle de Jésus-Christ dans l'eucharistie, et refuser de l'y adorer, sans abandonner les sentiments de leurs réformateurs et leurs propres principes. Comme on s'attache particulièrement aux réformés d'Angleterre, on y cite principalement leurs docteurs, et on commence par une petite histoire de la manière dont ils ont exprimé en divers temps leurs pensées sur ce sujet.

I. La cinquième année du règne d'Edouard VI, on inséra un article dans la liturgie de l'Eglise anglicane , par lequel on déclarait qu'on ne croyait point la présence corporelle de Jésus-Christ dans le sacrement, et qu'on n'avait aucune intention de l'y adorer, lors qu'on se mettait à genoux en communiant. On y fit aussi quelques autres changcmenLs concernant le même sujet; mais l'aulcur dit qu'au commencement du règne d'Elisabeth qui, selon quelques historiens, croyait la présence corporelle, on corrigea de nouveau ces changements, et que l'on ôla l'article dont on vient de parler. La liturgie était demeurée en cet état jusqu'à ce qu'en 1661, après le retour du roi Charles 11, on y inséra de nouveau une déclaration par laquelle on protestait également, qu'on ne reconnaissait point qu'il fallût l'y adorer C'est la même déclaration qu'on avait insérée, du temps d'Edouard, à quelques termes près, que l'on trouva à propos d'y changer. Il n'y est arrivé aucune altération depuis, et l'auteur fait là dessus ces trois remarques, que le clergé d'Angleterre d'aujourd'hui croit : 1. Que le corps naturel de Noire-Seigneur n'est pa ; dans l'eucharistie. 2. Qu'il est contre la nature d'un corps d'être en plusieurs lieux à la fois; 3. Que c'est par simple respect pour la cérémonie de L'eucharistie , et non pour y adorer le corps de .lésus-Chi ist. comme présent, qu'on se met à genoux. On soutient que ces trois choses son! Contraires aux sentiments des réformateurs et aux principes de leur doctrine. Pour le montrer on les parcourt l'une après l'autre -, el à l'égard de la

première, on cite plusieurs passades tirés de

leurs livres, où ils parlent de la participation

1019 DEMONSTR4 lïON I VANCÊLIQUf

d4i corps de Jésus- Christ dans L'Eucharistie en termes extrêmement Torts. On voit ici un grand recueil d'endroits de Calvin, de Bèze, de Hooker, d'Andrews, deCasaubon, de Hall, de Lawd, deTaylor, de Forbes,de Montagne de .Marc Antoine de Dominis et de Tberndyke. Tous ces auteurs semblent faire entendre que l'on participe d'une manière incompréhensible a la propre substance du corps de Jésus-Christ : et Andrews dit entr'aulres que les réformés ne contestent point aux catholiques romains la chose même, mais seulement la manière; qu'ils conviennent de la présence, mais qu'ils nient que ce soit par transsubstantiation que Jésus-Christ est présent, sans savoir au reste comment il \ est. Ce qui est selon lui un mystère adorable, comme selon la plupart des autres que l'on cite.

On se sert de celte considération contrôle second article, et l'on tâche de montrer que, s'il y a quelque contradiction dans le sentiment de l'Eglise romaine, qui dit ouvertement qu'elle croit qu'il se peut faire par la puissance divine qu'un seul et même corps soit en plusieurs lieux à la fois, la même contradiction se trouve dans le sentiment de ceux qui avouent que la substance de Jésus- Christ est présente dans l'eucharistie. Et si cela est, on n'a plus de sujet de reprocher rien là-dessus à l'Eglise romaine. On prétend que Calvin a senti cette difficulté lors-

qu'il adit(Inst. liv. IV. ch. 17, § 14) : Qu'il faut

être plus que slupide pour ne pus voir que le peu de paroles dont Jésus-Christ s'est servi, renferment plusieurs miracles, puisqu'il n'ij a rien de plus incroyable que des choses aussi éloignées que le ciel l'est de la terre, soient jointes et unies en sorte que les âmes soient nourries de la chair de Jésus-Christ. L'auteur s'étend au long à faire voir que ce sentiment est sujet aux mêmes inconvénients que celui de l'Eglise romaine; et qu'il n'y a point de milieu entre l'opinion de la présence corporelle et le pur zuinglianisme , qui pose, que notre union avec Jésus-Christ ne se fait point en nous unissant immédiatement à son corps, mais en étant uni avec lui par son Esprit, par lequel il nous sanctifie. Aussi estce aujourd'hui le sentiment delà plupart des réformés, qui ne parlent plus de se nourrir de la substance de la chair de Jésus-Christ.

L'auteur passe ensuite à l'examen du troisième article, et réduit toute la matière à ces trois chefs : 1. Que l'on doit adorer le Fils comme le l'ère, et que dans la supposition que le corps de Jésus-Christ est présent dans le sacrement, on l'y doit adorer; 2. Que si l'on suppose que Jésus-Christ y est aussi réellement présent que s'il y était en corps, quelque nom que Ion donne à celte présence , soit qu'on l'appelle spirituelle ou mystique, ou de quelqu'autre nom que l'on voudra, on n'y doit pas moins adorer Jésus- Christ, que s'il y elait coi poi\ llemcnl pic sent ; 3. Que des personnes illustres dans l'Eglise anglicane ont reconnu que JésUS- Chrisl esl présent dans l'Eucharistie d'une manière qui l'ut qu'on |'j doit adorer. L'on

i ii> les évêqu si kndn n i et l'orbe-, et les docteurs Tayloret 1 berndyke, qui nient bien qu'il faill adorer les signes, mais qui avouent qu'on doit adorer Jésus-Chris! présent dans les sj mboles de l'eucharistie.

Enfin 1 on lait quelques réflexions sur le changement fait dans la liturgie de I 1 ■' 1 1 ^ ■ ■ anglicane en 1661 , ou l'on ne me la présent (

du corps de Jésus-Cbnst que dans le -eus d'une présence naturelle, et où l'on ne rejette 1 adoration qu'en rdg qu'on la rende a -Christ comme corporcllemenl présent.

On prétend que la conduite de l'Eglise anglicane se contredit, si l'Angleterre est encore dans i • sentiments dis auteur- que Ion a cités; et que si elle n'y esl plus, il faut qu ( Ile soit tombée dans -la pensée de Zuingfe, qui est, dit l'auteur, contraire à la tradition générale et à la doctrine des pères.

II. Dans le traité de 1 Adoration on se propose de faire deux choses, t. De montrer ce que les réformés avouent aux catholique- -1. D'expliquer nettement les sentiments et la pratique de ces derniers, et île montrer sur quoi ils se. fondent en cette on asion.

Les réformés avouent (pion doit rendre une adoration divine à Jésus-Christ, que toute sa personne est là où se trouve son corps, et que l'on peut adorer celte personne divine partout où est son corps. On soutient encore, qu'ils tombent d'accord que la substance du corps de Jésus-Christ est présente dans l'eucharistie, el l'on cite de nouveau Bèze , Hooker et Andrews, à qui l'on joint l'évéque Cosius dans son histoire de la transsubstantiation. On ne citera ici qu'un passage de Bèze contre un théologien nomme Alemarinus, qui voulait qu'on état du 30' article de la confession de foi des Eglises reformées de France, et de la 53 section du catéchisme, le mot de substance, dont on s'y esl servi en parlant de la présence de lésus- Chrisl dans l'eucharistie. Beze dit qu'il faut bien considérer ces paroles de Jésus-Christ. C'est ici mon corps, c'est ici mon sang. Et au lieu de ces mots, corps et sang, ajoute— I. — il, disons, ceci est l'efficace de ma mort qui est lu rée pour vous, ceci est mon Esprit qui esl répandu pour vous. Ou y a-l-il de plus impertinent que ce langage '.' Certes ces paroles. qui est livre pour vous et qui est versé pour

vous, vous obligent nécessairement d'entendre ceci de la propre substance du corps et du sang de Jésus-Christ. On rapporte aussi quelques passages d'auteurs anglais, qui avouent qu'on doit adorer Jesus-Christ dans l'eucharistie , et qu'il J est présent, non seulement pour ceux qui communient dignement , mais pour tous les autres, pendant tout le temps île la célébration. Enfin on cite M. Dailie qui a reconnu, qu'encore que l'opinion de la présente corporelle soit une erreur, il ne faudrait pas rompre la communion avec des gens qui n'en auraient aucune autre.

Pour les sentiments de- catholiques , voici à quoi on les réduit : 1. Qu'après la consécration il reste dans l'eucharistie un distingué de la chose signifiée : savoir, les ai -

PREUVES POUR 11; TRAITE DE L'EUCHARISTIE

cidenls du pain et du vin, el que c'est tout ce qu'on y voit, et non la substance même du pain et du vin. 2. Que le mot de sacrement se prend quelquefois pour le signe, et quelt quefois pour la chose signifiée, et qu'en ce dernier sens on peut dire , qu'il faut adorer le sacrement. 3. Que les catholiques ne fondent pas l'adoration qu'ils rendent au sacrement sur la transsubstantiation, mais sur la présence réelle ; de sorte que quand on ne croirait pas la transsubstantiation , on ne laisserait pas de devoir adorer le sacrement en vertu du commandement de l'Eglise, k. Que supposé que la transsubstantiation fût une erreur, et que Jésus-Christ ne fût dans l'eucharistie que comme le croient les luthériens, on ne pourrait pas traiter d'idolâtrie le culte que les catholiques lui rendent. 5. Que quand les luthériens et les catholiques se tromperaient dans la pensée que Jésus- Christ est dans l'eucharistie, ils ne seraient pas idolâtres en l'y adorant, puisqu'ils prolestent également qu'ils n'adorent pas le pain, mais Jésus-Christ, qu'ils croient être présent. 6. Que quand il n'y serait pas , il y aurait toujours une différente infinie entre des gens qui protestent qu'ils n'ont dessein d'adorer aucun objet qui ne soit véritablement adorable, et des gens qui font profession d'adorer un objet à qui ce culte n'est point dû. 7. Que quoique le culte que les manichéens rendaient à Jésus-Christ comme présent dans le soleil, et celui que les Israélites rendaient à Dieu dans les veaux de Dan et de Bélhel , soient appelés des idolâtries, parce qu'ils servaient Jésus-Christ et Dieu à leur fantaisie, et qu'une bonne intention fondée- sur une ignorance criminelle n'empêche pas que l'on ne soit véritablement idolâtre; qu'encore, dis-je, que cela soit, puisque M. Daillé et d'autres avouent que des raisons plausibles, quoique fausses, suffisent pour excuser d'idolâtrie, il s'ensuit que les catholiques ne peuvent être accusés d'idolâtrie, parce qu'ils ont des raisons plausibles de croire Jésus-Christ présent dans l'eucharistie, et que cela étant supposé, on l'y peut adorer.

Pour montrer que les catholiques ont des raisons plausibles de croire la présence réelle, on cite la révélation divine , les décisions de sept ou huit conciles, le témoignage des pères, la doctrine, et la pratique universelle îles derniers temps dans les Eglises d'Orient et (I Occide'nt. On ajoute à cela les témoignages de divers protestants anglais, qui n'ont pas osé dire que l'Eglise romaine était tout à fait idolâtre à cause du culte qu'elle rend à l'eucharistie. Enfin l'on avoue avec les protestants qu'il n'est pas permis d'adorer intérieurement ou extérieurement le sacrement, pendant qu'on est dans la pensée que Jésus-Christ n'y est point, parce qu'on est toujours obligé de suivre les mouvements de sa conscience.

Discours de l'Eucharistie, où l'on traite de la présence réelle et de l'adorât ion de l'hostie, pour servir de réponse à deux discours imprimés à Oxford sur ce sujet, avec une préface historique touchant la même matière, à Londres 1687.

Pour commencer à parler de cet ouvrage par la préface, M. Walkef , ministre du saint Evangile à Londres, que l'on dit être l'auteur de ce livre, fait premièrement en peu de mots l'histoire de l'origine du dogme de la transsubstantiation, comme on la fait ordinairement parmi les protestants; secondement, il nomme plusieurs personnes illustres de l'Eglise romaine, qu'on accuse de n'avoir pas cru la présence réelle ou la transsubstantiation, savoir Pierre Picherel, le cardinal du Perron, Barnes, bénédictin anglais, et M. de Marca, archevêque de Paris, qui s'en est expliqué nettement dans une de ses dissertations posthumes, quoique dans l'édition de Paris on ait changé ou effacé les endroits où il l'avait dit; maison n'a pu empêcherque cet ouvrage ayant paru avant qu'on se fût aperçu de ces sentiments, il n'en soit tombé quelques copies l'ont entières entre les mains des protestants, qui fait imprimer en Hollande en 1669 sans y rien retrancher. On joint à ces auteurs le père Sirmond, jésuite, qui croyait l'impanation, et qui en avait même fait un traité, qui n'a jamais été imprimé et dont quelques personnes ont encore des copies; M. de Marolles, qui fit imprimer une déclaration en forme en 1681, par laquelle il déclarait qu'il ne croyait point la présence réelle, et qu on a insérée ici en anglais ; et enfin l'auteur du livre intitulé, Moyens sûrs et honnêtes pour convertir les hérétiques, qu'on n'ose pas assurer être le même que celui qui a publié un traité de la transsubstantiation , dont on a parlé dans le cinquième tome de cette bibliothèque, page 455. On soupçonne encore les cartésiens et plusieurs autres de n'en croire pas plus que les protestants. Ainsi si les catholiques citent quelques réformés pour eux, les protestants aussi ne manquent pas d'auteurs catholiques qui ont été de leur sentiment. Troisièmement l'auteur fait voir les dangereuses conséquences qui naissent, selon les principes de l'Eglise romaine, de l'incrédulité de tant de gens de savoir, soit à l'égard de la messe, soit à l'égard de l'autorité clde l'infaillibilité de l'Eglise.

Le traité même est divisé en deux parties. La première contient deux chapitres el une introduction, où l'on explique la nature et, l'origine de l'eucharistie, â peu près selon les idées de Lighlfoot , dont nous avons parlé dans le tome premier, page 415. Dans le chapitre pron réfute au long la transsubstantiation par l'Ecriture, par la raison, et par les pères. On ni' s'y arrêtera pas, parce que celte matière est trop connue. Le chapitre second est employé à réfuter ce que M. Walker a dit louchant les sentiments de plusieurs docteurs de l'Eglise anglicane, sur la présence réelle. M. Walker se plaint d'abord que son adversaire ne l'ail qu ! répéter en cela des objections que son ami T. G. avait déjà proposées dans

DEMONSTRATION ËVANGÉLIQUE.

dialogues, et (ju'uu savant homme a réfutées dans une réponte à ces dialogues, qui paru! à Londres en 1659. Pour ce qui res de la créance de l'Eglise anglicane, que l'on soutient avoir toujours éié la même depuis le règne d'Edouard, on la réduit à ceci après l'auteur qui a réfuté T. G. C'est qu'élh croit r/u'une présence réelle du po < »#»'-

ble ri de In grâce de Jésus-Christ, laquelh dedans et avec les éléments, en surir qu'en les recevant avec fui, elle produit des effets spirituels et réels sur les âmes des hommes. Comme les corps pris par les anges, conlinue-t-on , peuvent être appelés leurs corps pendant qu'ils les retiennent , et comme i Eglise est le corps de Jésus-Christ, parce que son esprit anime et vivifie les âmes des croyants, ainsi le pain et le vin, après la consécration, sont le corps réel de Jésus-Christ, mais spirituel et mystique. On ne se met pas en peinede la solidité de cette comparaison; et quand on vient à l'examen des auteurs que M. Walker a cités, on se contente de produire d'autres passages, où i!s ne parlent pas si fortement de la participation à la substance de Jésus-Christ, laquelle, selon Calvin, ne descend point du ciel; la vertu de l'esprit suffisant pour pénétrer tous les empêchements et pour surmonter la distancedes lieux. Ou cite plusieurs autres passages de Bèze, de Martyr et d'un assez grand nombre de docteurs anglais, par lesquels il parait qu'ils ne croient pas que le corps de Jésus-Christ descende proprement du ciel dans l'eucharistie, ou soit en plusieurs lieux en même temps, quoiqu'ils disent que nous nous en nourrissons spirituellement par la foi, niais d'une manière incompréhensible. Il faut avouer néanmoins que si ces grands hommes n'entendaient autre chose, par se nourrir de la chair de Jésus-Christ, que croire que l'on sera sauvé par son sacrifice, et se nourrir de celte espérance, ou recevoir son esprit, il n'était pas nécessaire de nous parler d'une union miraculeuse de nos esprits avec le corps de Jésus-Christ malgré la distance des lieux; l'esprit de Dieu étant partout, cl la foi n'ayant aucun rapport avec l'éloignemcnl local" il n'y a rien dans la manducation spirituelle du corps deJésus-Chrisl, prise dans le sens que l'on vient de marquer, de; miraculeux ni d'incompréhensible plus que dans les autres actions de piété, et dans les autres grâces que Dieu nous fait. Soit que l'on suppose cela ou quclqu'autre méthode que ce soit, d'expliquer la manducation du corps de Jésus-Christ, il n'y aurait pas de danger pour la réformalion , de dire que ces ivanls hommes n'ont pas eu une idée tout à fait distincte de ce qu'ils voulaient dire, ou que leurs expressions ne sont pas exactes. Quand même on accorderait qu'ils se seraient trompés en quelque chose, il ne s'ensuivrait pas que l'Eglise romaine ail pu rejeter avec justice toute leur doctrine, ou que les protestants aient tort de retenir in\ iolablemenl leurs sentiments autant qu'ils sont conformes à l'Ecriture sainte , et d abandonner ce en quoi ils pourraient s'être trompés. <:a ne fait j>as profession de croire que ceux qui

errent en quelque chose, se trompent en tout, ou de rejeter toul ce qu'ils <»nt dit, parce qu'ils n'ont pat connu la vérité i clairement à certains égards. On pourrait

ruiner ainsi toutes les objections de celle nature, sans entreprendre de défendre indifféremment fout ce que lei réf rmateurs peuvent avoir dit, puisqu'on tombe d accord que la religion protestante n'est pas I sur leur autorité, et qu'ils pourraient s être trompés en des choses considérables, sans qu'elle lui en danger; mais M. Walker n'a pas trouvé à propos d'en nser ainsi. Il croit que les réformés n'ont jamais chai n-

timent là— il l pour les I -ns

d'Edouard VI et d'Elisabeth, il soutient qu ils ont été entièrement dans la même opinion, < e qu'il prouve par un passage de l'histoire de la réformation de M. Burnet, que l'on verra à la page 953 de l'édition d'Amsterdam , partie seconde, tome second.

Dans la seconde partie, qui est toute renfermée dans le chapitre 3, on répond premièrement à ce que M. Walker dit être avoue par les protestants, et on lui soutient enlr'autres choses qu'il a mal pris les paroles de quelques-uns des auteurs qu il a cités, qui disent bien qu'eu communiant il faut adorer Jésus-Christ, mais non comme corporellenient présent sous les espèces du pain et du vin. Pour Forbes cl Marc Antoine de JJomtnis, on convient que l'envie qu ils avaient de concilier la religion, leur en a trop fail dire. Therndyke ne parle pas moins fortement.

mais sur une hypothèse toute différente de celle de l'Eglise romaine, puisqu il croyait que le pain est appelé le corps de Jesu*- Christ, et le vin son sang, parce que par la consécration ils sont unis hypostatiqueinent à la divinité de Jésus-Christ aussi bien que son corps naturel. On le peut voir dans la première partie, pour opposer à 1 auteur catholique des docteurs de son parti. On dit que Thomas Paludanus et Calharin ont souteuu, que c'était une idolâtrie énorme , que d'adorer le sacrement sans croire la transsublanliation. Ainsi, encore que l'on accorde que. supposé qu'une hostie consacrée est v entai' ment adorable , on ne serait pas criminel d'idolâtrie, si l'on en adorait une qui ne serait pas consacrée dans la pensée qu'elle le serait : on ne croit pas que la religion réformée en puisse recevoir tant de préjudice q l'autorité de l'auteur catholique qu'on a cite, parce que les réformés nient qu'une hoet puisse être adorée, soit quelle soit coiisac ou non. Pour le fond de la clic-. . on renvoie dans la préface à an livre intitulé: I concernmg adoration of the kost . de 1 adoration de l'hostie, imprimé à Londres en IbSo.

En second lieu , on examine en peu de mots la doctrine catholique ; mais comme il n'est personne qui n ail lu divers traites sur celte matière, on ne s'v arrêtera pas davan-. tage.

PREUVES l'OUIl LE TÎUlTÉ DE L'EUCIlAUlSTIE.

Des remarques de Daniel Severin Sculiel, sur le nouveau livre de Pierre Jurieu, touchant l'union de l'Eglise évangélique et réformée. A Hambourg, l'an 1G87, dans les articles dogmatiques de cette sainte union, art. 15, pag. 170.

1. Notre-Seigneur Jésus-Christ, après avoir béni, dit à ses disciples : Prenez ce pain, mangez-le, car ce que je vous présente avec ce pain est mon corps. 2. Cela étant très-véritable, il est certain que le pain béni de cette sainte table est le symbole joint avec le corps de Jésus-Christ, d'une manière toutefois inexplicable; et en ce sens il est appelé par l'Apôtre la communion du corps de Christ. 3. Noire-Seigneur donc par ces signes et ces sceaux si excellents, d'une nourriture et breuvage céleste, donne à ceux qui sont à sa table son corps et son sang avec ce pain et ce sang béni. k. Mais il le donne d'une manière que Dieu ne nous a jamais révélée nulle part, et qu'il n'a jamais voulu nous expliquer et nous faire savoir, et que partant nul homme mortel ne peut ni comprendre, ni expliquer.

Et plus bas, 12. Au reste, ce pain et ce vin doivent être traités sur cette sainte table d'une manière qu'on ne déshonore pas ce royal banquet par des paroles indécentes, ni par aucun geste déraisonnable. 13. En dernier lieu il ne faut pas que ceux qui fréquentent la cène du Seigneur fléchissent les genoux, ni se répandent en prières devant ce pain et ce vin béni, en l'honneur de la substance qui se cache sous leurs espèces.

Extrait des articles de réunion entre les protestants et 1rs réformés. A Rotterdam chez Abraham Aclter, 1087. Avertissement.

Le désir que l'on a de voir cesser celte malheureuse désunion qui règne depuis la réformation entre les protestants, appelés Iulliériens, et ceux qui s'appellent réformés, est si juste qu'on n'en doit pas faire un my- S 1ère. On ne doit pas nier non plus que plusieurs personnes ne travaillent aujourd'hui à réunir ces deux partis divisés, et qu'il n'y ait même des grands du premier ordre à qui Dieu a inspiré ce pieux dessein. Pendant que la paix n'est souhaitée que par l'une des parlies qui sont en guerre, il est malaisé qu'elle se fasse, et que les négociations aient du sucrés. Et c'est peut-être la raison pourquoi tant de personnes pieuses, depuis cent cinquante ans, ont tant de fois inutilement tenté (te faire cette réunion que nous souhaitons si fort aujourd'hui II est donc utile de faire savoir aux vrai** chrétiens que ce désir de la paix commence a être réciproque. On le verra par les articles qui nous ont été envoyés parus très-habile théologien de ta confession d'Augsbourg, avec prière de l< s rendre publics en plus d'une langue. <>n le rail arec plaisir: ce n'est pas qu'on ne soit assuré que plusieurs choses dans ce projet ne plairont pas trop à une partie des réformés; car, en effet, il semble que l'auteur qui a fait ce projet, ne veuille rien du loul rabattre pour sou

parti ; puisqu'il nous propose comme des articles de foi jusqu'aux moins importantes controverses qui sont entre son école et la nôtre. Mais il n'en faut pas juger ainsi : il faut considérer que ce théologien est dans le fond très-bien intentionné pour la paix, et qu'il la souhaite sérieusement. C'est un particulier, et qui par conséquent ne se juge pas assez autorisé pour de lui-môme et de lui seul rogner et tailler, relâcher et abandonner les dogmes de sa communion. Mais il y a lieu d'espérer que si les autres théologiens du même parti entrent dans un esprit de paix comme celui-ci y est déjà, ils se souviendront de la manière dont tous les traités de paix se font : c'est que les deux partis relâchent de leurs droits et de leurs prétentions. Car si un parli dans les démêlés de religion voulait obliger l'autre à souscrire à tous ses dogmes particuliers, ce ne serait pas une réunion, ce serait une abjuration de ses premiers sentiments, ce serait rentrer dans l'autre religion. Et c'est précisément la manière dont le papisme en France veut faire la réunion des protestants à l'Eglise romaine. Grâces à Dieu, les controverses qui nous séparent d'avec nos frères de la confession d'Augsbourg ne sont pas assez importantes pour qu'on ne puisse trouver une voie d'accommodement. On pourrait au moins les passer sous silence, et s'entre tolérer en attendant que Dieu nous réunisse en tout. Les questions controversées entre eux et nous sont la plupart si métaphysiques , qu'enfin on comprendra qu'il n'est pas raisonnable de les regarder comme des affaires capitales. L'article de la cène du Seigneur, qui est le principal de ceux qui nous séparent d'avec nos frères de la confession d'Augsbourg, est ici touché avec tant de modération cl de sagesse, que tout le monde, comme j'espère, en sera content. Si l'on y trouve quelques propositions auxquelles on ferait quelque difficulté de donner les mains, elles sont en petit nombre et peu importantes, et je ne doute pas que ces messieurs n'aient de la disposition à contenter leurs frères là-dessus. Il y a lieu de croire qu'ils auront le même esprit d'équité sur les autres articles que sur celui-ci : c'est-à-dire qu'ils voudront bien les tourner de manière qu'en y exprimant leurs sentiments, ils ne condamnent pas formellement les nôtres. Ce qui est nécessaire pour amener les gens à une souscription. Car comme on ne croit pas ce qu'on veut, on ne souscrit pas aussi ce qu'on v eut quand on a de la délicatesse de conscience; et il n'est pas honnête de demandera quelqu'un une souscription contre ce qu'il croit. Quoiqu'il en soit, on expose ces articles aux yeux du public, afin que chacun, selon ses lumières, y fasse ses réflexions, et contribue de sa part à ce grand ouviage d'une réunion qui serait assurément la ruine île l'anlichristianisme. Cai \)ieu ne manquerait

jamais de bénir les ueu\ et les efforts dé 96$ Serviteurs, quand ils travuilleraienl dans une parfaite intelligence entre eux à établir ta

règne de Jésus -Christ sur la ruine de celui de ses ennemis.

Extrait des mêmes conditions d'union, p. 14, art. 15.

1. Notre-Seigneur Jésus— Cbrist, ayant (ail précéder la bénédiction, dit à ses dis* ipl< • Prenez ce pain; mangez-le, car ce que je \oiis présente avec ce pain ici est mon corps. » i. Ces choses étant Irès-véritabli certainement le pain de la cène étant béni est le symbole très-conjoint arec le corps de Christ, toutefois d'une manière inexplicable, auquel sens il est appelé par L'Apotre la communion au corps de Christ. 3. Notre-Seigneur donne donc à tous ceux qui communient à sa table sacrée son corps et son sang avec les excellents signes et sceaux de cette viande et de ce breuvage céleste, avec le pain, dis-je, et le vin bénis, k. Mais il les donne en une manière que Dieu ne nous a jamais révélée nulle part, laquelle par conséquent il n'a pas voulu que nous sussions et que nous définissions, et conséquemment nul des mortels ne le peut comprendre ni expliquer. 5. C'est donc le devoir de tous les conviés que , dans l'usage du sacTé repas, ils rappellent dans leurs esprits avec confiance, avec un désir de la grâce et avec prière, que le corps et le sang du Seigneur leur sont communiqués comme un souverain trésor avec les éléments visibles d'une manière ineffable, afin aussi qu'ils célèbrent la mort du Seigneur avec action de grâces. 6. Quiconque lors oublierait d'avoir un pieux souvenir de la mort de Jésus-Christ serait coupable éternellement pour avoir pris indignement les symboles de ce très-précieux trésor. Quiconque aussi tient le calice du Seigneur pour une augmentation superflue, l'usage duquel il est permis de négliger sans aucun péril de tomber dans la violation , à cause de l'interdiction que les hommes en ont faite et dupéril de l'effusion ; 7. Quiconque aussi, pour cette persuasion et pour toutes ces raisons, s'abstient du sacré calice se rend coupable d'un honteux mépris et d'une inexcusable négligence. 8. Or, comme le pain de la sainte table employé contre ou outre l'institution de Christ n'est pas la communion du corps du Seigneur, et n'est ooint fait tel en sa bénédiction, ainsi l'eau n'est point le lavement de régénération quand on en arrose les cloches et les fenêtres au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit. 9. Au reste, faire servir ce pain et ce vin sacrés et bénis à des usages purement arbitraires, c'est un abus très-honteux qui ne doit nullement être souffert dans l'Eglise de Dieu , car lu ne feras point ce qui le semble bon devant les yeux. 10. Même quiconque consacre le pain et le vin, le mange et le boit dans la vue que Noire-Seigneur Jésus-Christ soit sous les accidents du pain et du vin, et s'immole réellement et de fait à Dieu le Père; celui-là et coupable d'un attentat horrible, superbe et très-criminel. 1 1. Quiconque consacre le pain et le vin, le mange et le boit, afin de représenter à Dieu la mort de Jésus-Christ pat la consécration et consomption des symboles, celuilà agit très-follement, car il n'\ a nulle similitude entre la passion du Sauveur et la béné- Oiilion et participation des symboles. 12 Au

le , le pain et le \ m doivent élre manies à la sainte table, de telle soi le qu'on ne profane point ce festio royal et qu'on ne le déshonore point par des paroles el par 'les ••, ■ <■ s ndicules. 13. EnGn il ne faut point que cens qui participent a la table du Seigneur Qe< hissent les genoux et fassent dfs prière- devant le pain et le \in bénis, à l'honneur de la substance cachée sous let i, car lessainl Ecritures ne nous enseignent nulle part qu'il \ ait rien autre chose d'enclos el de renfermé dans ces accidents que la subslai ire du pain et du vin, laquelle, -i qui (qu'un adorait comme le Fils unique de Dieu, ce serait pour certain une ti ès-méchante el très-criminelle idolâtrie, i'*. Cependant ce que les | testants, qui participent a la table du S iigneur Jésus pour la gloire de Jésus— Chi témoignent leur respect dans ce prei i ai festin, selon les diverses coutumes r< çues en i haqne Eglise, cela ne peut être ■ able à Dieu, les autres choses étant égales; car la raison pourquoi Dieu a élevé Jésus-Christ, e'est afin qu'au nom de Jésus, c'est-à-dire à la gloire île notre Sauveur, tout genou se ployede cens qui sont au ciel et en la terre et dessous 1 1 lei i

Du livre de M. Jurieu, intitu I pour faire an accord enti

imprime à Llrecltl citez François liai mu, 1688, pag. 2W.

Le dernier argument à persuader une mutuelle tolérance est, pour moi. que les réformés n'exigent rien qu'ils n'offrent. Nous demandons une tolérance pour notre dogme que vous appelez le particularisme : ; ment une tolérance n'est pas dm à la vér mais un consentement. Mais pose que le p ticularisme soit une erreur , nous vous offrons une tolérance pour des erreurs beaucoup plus grandes. le mets l'article de la cène du Soigneur et de la manière de la présence du corps de Christ dans le pain. Les vôtres appellent celle présence réelle, charnelle, < porelle; or déjà, outre plusieurs absurdités philosophiques, quelles conséquences en naissent? Ceux qui aujourd'hui el depuis plusieurs années souffrent en France la persécution des papistes le savent. On leur inculque sans cesse : N'est-ce pas une très-grande et invincible obstination de ne vouloir pas participer aux sacrements des catholiqi:

quand vous offre/ la paix aux luthériens, qui sont de même sentiment que nous sur la présence réelle et charnelle f Les noires répondent : Les luthériens n'offrent pas la substance du pain, ils n'adorent pas le sacrement de l'eucharistie, ils ne sacrifient point, ils ne refusent pas la coupe aux laïques. Mais, disent les papistes, en cela les luthériens lèchent et errent parconséquent ; car si le corps de Christ est réellement et charnellement ; sent dans l'eucharistie, il y doit être ad s'il est présent, il peut élre offert à Dieu le Père ; s'il est présent, il est tout enti. r i Q chaque partie; donc celui qui est privé de la coupe a toutefois Cbrist tout entier. D'où il s'ensuit que l'Eglise, sans faire aucun tort aux particuliers, peut ôter la coupe aux lai-

ques pour le danger du scandale et de l'effusion. Ne dites pas que ces conséquences à l'égard du sacrement de l'eucharistie ne se peuvent pas bien déduire de voire opinion ; car elles coulent bien mieux et plus facilement de votre dogme que ces horribles conséquences que vous attribuez au nôtre, comme nécessairement dérivées du particularisme. Il est certain que ce sentiment que vous avez de la cène du Seigneur a été le premier degré à l'erreur ; de là est né ce monstre de la transsubstantiation. Là où il a passé pour certain que le corps de Christ était réellement présent, c'a été un penchant à des hommes téméraires pour déterminer la manière de celte présence. La transsubstantiation déterminée, même auparavant qu'elle le fût, il a été aisé d'ordonner l'adoration du sacrement, où l'on assure et où l'on croit que Christ est corporcllement et charnellement présent. 11 n'est pas aisé Je chercher ce commandement, car la raison humaine se porte d'elle-même à cela qu'il faut adorer le corps de Christ où il est , non que cette raison soit bonne partout ; Dieu est dans le bois et dans la pierre, et toutefois la pierre ne doit pas être adorée; mais pourtant l'esprit est emporté là comme par son propre poids, et au contraire il faut s'efforcer à empêcher qu'il ne tombe dans ce précipice. Je ne doute pas que les ignorants parmi vous ne s'y laissassent aller, si une dispute continuelle avec les papistes ne les en empêchait. Ce n'est donc pas un petit danger, selon votre opinion, de retomber dans l'idolâtrie du pain ; et ce danger est de beaucoup plus grand que celuiqui vient de quelques questions abstraites qui surpassent la capacité du vulgaire, qui sont plus philosophiques que théologiques, et qui n'influent aucun mal contre les mœurs ni contre le culte. C'est pourquoi, si nous vous offrons de la tolérance sur ceci, vous ne devez pas nous la refuser sur cela; car nous vous relâchons beaucoup plus de notre droit en ces choses -ci que vous du vôtre en celles-là. Mais je ne veux pas traiter cela plus amplement ni avec plus die passion, pour ne pas rouvrir une plaie dont je songe plutôt à fermer la cicatrice.

la même page 2G9. chap. 3, du livre de M. Juricu.

Qu'il n'est pas nécessaire d'une confession commune différente de la con fussion d' Augsbourg ; que tous les réformés peuvent souscrire cette confession.

Il est entièrement impossible de conserver l'unité de la foi, si elle n'est serrée comme par un lien, par ffii formulaire et confession de foi. C'est pourquoi nous condamnons avec raison les hérétiques et seclaires de notre temps qui détestent tous les formulaires de foi , comme si c'étaient des fers aux pieds et des signes delà captivité des esprits, s'altachant si fort à la lettre et aux paroles de l'Ecriture, qu'ils ne veulent admettre aucune explication comme divine. Car encore que tout ce qui est dans ces formulaires ne soit pas d'une égale nécessité , et que tout ne soit

PÉMONST..EVANG. III.

PREUVES POUR LE TRAITE DE L'EUCHARISTIE. 1030

pas fondamental à ne s'en pouvoir éloigner tant soit peu sans risque du salut , toutefois l'esprit humain volage et inconstant est retenu par ces attaches ; autrement il tournerait sans cesse, il n'y aurait rien de certain dans la religion ; une démangeaison de penser et de parler diversement déshonorerait vilainement la face de l'Eglise. Il est mieux que des esprits inquiets soient occupés au dehors qu'au dedans. 11 ne faut pas toutefois regarder ces formulaires comme s'ils étaient divisés , en U lie sorte que vous traitiez ces sociétés comme hors de l'Eglise : qu'ils se servent d'autres formulaires un peu différents des nôtres, pourvu qu'ils conviennent en choses essentielles et fondamentales. Il faut encore remarquer que la prudence ne persuade pas que ces formulaires, qu'on appelle confession de foi, embrassent plusieurs choses également et descendent aux plus petites. J'avoue que l'esprit doit être retenu , et qu'il faut lui jeter un frein: mais il ne faut pas le captiver et le renfermer dans des bornes trop étroites ; que les choses les plus générales et les plus nécessaires à croire soient présentées et approuvées de la main et du sceau.

Après avoir fait ces petites observations , je ne désapprouve pas qu'un personnage très-docte tende à unir les protestants en leur faisant une confession de foi commune, et qu'il leur ait présenté des conditions de cette pieuse union des Eglises protestantes. Vos conditions ne sont autre chose qu'une confession et formulaire de foi que vous offre/, aux protestants pour être approuvée patleur signature. Mais je vous demande pourquoi ce savant homme nous donne une nouvelle confession de foi qu'il adressée, quand il y en a tant d'autres que plusieurs ont faites, qui sont confirmées et admises : et pour ne rien dire des autres, vous avez la. confession d'Augsbourg faite et publiée du consentement de tant de princes et personnes du premier rang, villes, docteurs, théologiens et personnes de tout état, présentée à l'empereur et répandue par tout le monde*. C'est votre confession ; nous la traitons comme nôtre. 11 n'est donc pas besoin d'une nouvelle confession commune. Nous avons l'ancienne, par laquelle on a suffisamment pris des précautions pour la purclé de la foi : est-ce que depuis il a cru une nouvelle moisson d'articles de foi? Est-ce que nos pères pieux qui ont fait cette confession , avaient moins d'esprit ? qu'ils n'ont pas vu ce qui est nécessaire à salut? et qu'il y a nécessité aujourd'hui d'enchaîner de nouveaux liens les esprils ? Cette confession fut honorée par vos auteurs et ancêtres, Luther, Me lanchthon, etc. ; il ne vous est donc pas permis , ni de la mépriser, ni d'en composer une autre. C'est pourquoi on ne doit pas exiger autre chose des nôtres, qu'une souscription de celle confession. Mais nous sommes tous prêts à la souscrire. J'entends même dire qu'à présent tous les réformé* d'Allemagne qui prennent le degré de doctoral , signent cette confession. Que faut-il do (Trente-trois.)

DÉMONSTRATION l \ WGÊLTQl l-

tor,t

plu- " La chose est déjà faite, pourvu que par celle souscription vous vouliez nous einiT de cœur, comme étant déjà unis et d'accord. Il y a seulement (rois articles dans cette confession d'Augsbourg, que vous dîtes aujourd'hui n'avoir point varié, et à laquelle vous vous tenez, en négligeant celle qu'on dit avoir varié. Il y a, dis-je, seulement trois articles qui peuvent jeter du scrupule diins l'esprit ses réformés qui les signeraient. Le dixième de la cène du Seigneur : Sur la cent du Seigneur, ils enseignent que le corps et le sang de Jésus-Christ y sont véritablement et se distribuent à ceux qui le mangent dan- la cène du Seigneur, et ils désapprouvent ceux qui enseignent autrement. Les Eglises de France disent et enseignent les mêmes choses dans leur catéchisme, sect. 51 : // faut que nuits communiquions véritablement au corps et au sang de Christ. Et sect. 52: Le corps de Christ une fois offert pour notre réconciliation nous est donné au sacrement. Le Seigneur Jésus-Christ nous donne son sang à boire. Et sect. 53 -.Puisque Christ est la vérité même, il ne faut pas douter que les choses qu'il a promises en la cène ne s'accomplissent en la cène , et que ce qui y est figuré ne soit véritablement donné. C est pourquoi je ne doute pas que suivant sa promesse il, ne nous fasse participants de sa propre substance. Et en l'article 36 de la confession française: Christ une fois mort et ressuscité des morts pour nous, nous nourrit véritablement dans sa sacrée cène, et nous repaît de sa chair et de son sang. Et encore bien </u'il soit au ciel jusqu'à ce qu'il revienne pour juger le monde, nous croyons toutefois que par la force secrète et incompréhensible de son Esprit, il nous nourrit et vivifie de la substance de son corps et de son sang. Ces paroles ne signifient pas moins , et ne disent autre chose que l'article de la confession d'Augsbourg. Ceux qui approuvent donc ces choses , ne refuseront pas de donner les mains à la confession d'Augsbourg. Il n'y aura donc nul empêchement à l'accord en cet article.

Poirct , la Paix des bonnes âmes, fit. de l'Eucharistie es trois parties, sect. S, art. 3, ».

7, 8, et suivants, pag. 122. lmp. à Amsterdam chez Théodore Boetman 1687. ,

Peut-être qu'il ne déplaira pas à quelques bonnes âmes, qui ne sont pas encore sans scrupules sur ces matières, que je m'explique sur celles qui donnent le plus de peine à ceux qui veulent entrer dans leur détail: c'est-àdire sur les manières de la présence réelle . sur son utilité et efficace, et sur l'adoration. J'en vais dire assez, ce me semble, pour mettre là-dessus en une tranquillité solide les gens de bien qui aiment la paix.

8. Quant à la présence réelle , j'ai déjà dit qu'on ne doit point nier qu'elle soit possible à Dieu, qui dans sa toute-puissance a des moyens infinis d'exécuter ce que l'esprit humain ne pourrait concevoir; mais je dis de plus que l'on ne manque pas ici de concevoir plusieurs manières générales «le la possibilité de celte chose.

Un corps glorifié comme celui du 8 peut faire émaner de soi autant de divine matière qu il lui plaît, et OU il lui pl'iit. Ctl outre que la nature, selon les principes que l'on a prouvés ailleurs , est reproductive d'elle— même à l'infini, personne n'ignore qu'il ne transpire continuellement de nos corps , quelque stérile- et lourds qu'ils soient à présent, une infinité d'esprits et de matière la plus subtile, et même la meilleure et la plus élabourée : or il n'y a point d'impossibilité que cela ne s'effectue dans la célébration de I eucharistie : et ton* le monde le peut clairement comprendre.

9. L'on me dira que cela ne sert tout au plus qu'à expliquer cette manière de la présence réelle qu'on appelle consubstantiatton ; mais non pas celle qu'on appelle transsubstantiation. Réponse. Je n'ai garde de prétendre qu'on se doive mettre en peine d'une infinité de vétilles et de creuses pensées, que quantité de docteurs particuliers et de disputeurs du siècle (gens pour la plupart plongés dans les ténèbres de.l esprit ont débité) celte matière, comme s'il est vrai que le corps de Jésus-Christ soit présent quant à sa deur naturelle , et cela dans un seul |

et une infinité d'autres questions, qui ne méritent, ni qu'on y pense , ni qu'on les décide; je suis assuré que les vrais dévots ne songent pas à ces formalités-là dans leurs pieux exercices et leurs saintes élévations à Dieu. Peut-être que ceux des bons qui ont pu dire que Jésus-Christ tout entier, ou quant à son tout, était présent sous chaque partie du sacrement, l'ont entendu du tout de l'efficace, et qu'ils ont voulu dire qu'une petite parti" du corps ou du sang de Jésus-Christ jointe à la grâce, possède et contient l'efficace du tout (l'on dira tantôt ce qu'est (elle efficace1, les pointilleux peuvent avoir travaillé làdessus à leur ordinaire : mais cela ne mérite pas que les bons s'en mettent en peine : ils peuvent même, pour avoir la paix . si des docteurs opiniâtres et importuns les pressaient sur leurs fictions particulières , faire semblant d'admettre toutes leurs imaginalions comme on fait celles des hypocondriaques aux pensées desquels on ne contredit pas pour avoir la paix et pour les guérir, que ne doit-on pas laite par condescendance à l'esprit malade de l'homme corrompu , pour le tenir ou le conduire à la charité et à la paix qui sont le remède et l'élément qui doivent le guérir'.' Le meilleur pour les simples est de ne pas vouloir entrer dans cent sortes de particularité- de cette nature, de n'y pas penser, ou d'y donner et de les laisser

;• à la bonne foi et sans y rien comprendre. Ce ne sont que des formalité» aussi peu

-lires que de Bavoir toutes les manières et les voies particulière- par lesquelles s'est faite l'incarnation dans le sein delà Vierge, ou comment ie feront toutes les circonstances de la résurrection ou du jugement dernier.

10. Laissant donc les brouilleries particulières des personnes privées , ne considérons que ce qu'on peut penser delà doctrine oui-

PREUVES POUR LE TRAITE DE L'EUCHARISTIE

mune de la transsubstantiat;on. Ceux qui l'ont voulu expliquer par les principes d'Aristote ou de Descartes n'ont absolument rien fait qui vaille : on sait quelles contradictions l'on reproche aux premiers, mais il faut avouer que jamais il n'y eut rien de plus contraire à cela que le cartésianisme : cela a été hautement et universellement reproché à tous les cartésiens de la communion romaine, et ils n'ont pu tenter de s'en laver qu'en se rendant ridicules, ou en niant des conséquences aussi clairement déduites de leurs principes, que le sont les conclusions d'une démonstration mathématique; et Ue fait ces deux sortes de philosophes ayant de faux principes, on n'avait garde de réussir, en voulant expliquer par là ce qu'il y a de vrai dans la transsubstantiation , que Dieu opère par sa volonté puissante et par la foi de ceux qui la croient; mais avec des principes plus solides , l'on peut facilement comprendre comment dans l'eucharistie toute la substance du pain et celle du vin peut être changée au corps et au sang du Seigneur, de telle sorte qu'il ne reste plus que les accidents des choses élémentaires.

Il faut pour ce sujet, sans se brouiller la cervelle avec les notions de substance et d'accidents d'Aristole et de Descartes, avoir égard au , sens le plus ordinaire, le plus commun et le plus connu aux plus simples du peuple. L'on sait qu'il n'y a rien de plus ordinaire que d'appeler la substance d'une chose, ce qu'il y a en elle de sustentatif, de nourrissant, de solide, qui est une certaine essence subtile qui se sépare, soil par la digestion naturelle, soit par l'art, du reste de la masse, et que ce reste n'est proprement qu'une écorce, une chose accessoire et accidentelle (accidens prœdicabile , si l'on aime mieux le jargon de l'école ) par rapport à cette substance ou à cette essence qui nourrit le corps , et cela est fondé dans la véritable nature, car avant le péché la substance du pain , du vin et de toute autre nourriture n'était que pure essence pour ainsi dire, sans qu'il y eût rien de celle lèpre grossière, de celte terre morte et stérile que l'on sépare maintenant dans la concoclion et digestion d'avec la substance nourrissante : mais le péché pervertissant loute la nature et l'investissant de corruption, il a revêtu la substance de la nourriture, aussi bien que celle de nos corps et de toutes les choses de la nature d'une écorce de matière corrompue , grossière, stérile et opaque, qui nous cache celle substance des choses dont elle n'est que l'extérieur, le véhicule et une espèce de vêtement qui lui est entièrement accidentel.

11. Cela étant, il n'y a rien de plus facile à comprendre que la réalité du changement delà substance du pain et du vin, pendant que toutes les apparences ou tous les accidents demeurent de même qu'auparavant, si la substance de la nourriture que nous prenons se change en Dolre propre substance par la conformation qu'en fait une partie du 8'ing, ou des esprits, ou de la matière de notre corps, avec quoi elle est mêlée ; à beau-

coup plus forte raison quelques émanations sorties du corps de Jésus-Christ, ou la seule force de sa volonté, pourront-elles, comme une teinture sacrée et toute-puissante, changer la substance du pain et du vin, en la substance de son corps et de son sang. Cependant puisqu'il n'y aura que la seule substance du pain et du vin qui en sera changée, toute la matière crasse et corruptible qui lui est annexée, et qui ne lui est qu'accident et qu'écorce purement accessoire, demeurera donc toujours la même , et comme nos corps et nos sens devenus grossiers par le péché, ne sont mus que par cette matière grossière et accessoire qui a couvert la substance des choses, et qu'ils ne peuvent être mus par l'essence subtile et incorruptible qui y est renfermée et cachée, il s'ensuit manifestement que les sens ne doivent nullement s'apercevoir de la présence du corps et du sang du Seigneur, et qu'ils ne doivent voir, sentir et goûter, que ce que nous fait sentir la matière grossière et accessoire qui cache l'essence imperceptible et nourrissante du pain et du vin.

12. On peut, si je ne me trompe, expliquer et soudre par cette voie toutes les difficultés imaginables sur la matière de la transsubstantiation, et sur tous les événements fâcheux qu'on a souvent objectés pour l'impugner et la réduire ad absurdum. Tout ce qui peut arriver d'indigne à l'eucharistie ne louche que ce qu'il y a d'accidentel dans le pain et dans le vin, que cette matière gros sière, accessoire, corruptible, séparable , qui n'est nullement essentielle à la substance du pain et du vin, et beaucoup moins encore au corps et au sang du Seigneur, qui sont une matière invisible, très-subtile, incorruptible , incontaminable, et que le Seigneur peut, s'il lui plaît, extraire et retirer en un moment du reste de cette matière accessoire, si on la mettait dans un lieu ou dans un état où le Seigneur ne voulût pas que fût son corps , sans que cependant cette soustraction causât un changement visible dans la matière accidentelle du pain et du vin, de la mènie manière qu'à la mort, l'âme et le plus substantiel du corps se séparent du cadavre , sans qu'il paraisse que rien s'en soit retiré ni qu'il soit diminué.

Au moins voilà mes pensées sur la transsubstantiation, je ne sais si elles seront conformes à celles que des personnes illuminées de Dieu pourront avoir eues sur ce sujet : je m'imagine même que, comme les âmes unies à Dieu ne se mettent pas en peine de ces sortes de recherches , du comment et des voies particulières, aussi ne leur en aura-t-il été rien révélé, au lieu que quant à la chose même, je puis assurer que mon cœur, qui par la grâce de Dieu n'est pas tout à fait aveuglé, aaperçu cl reconnu indubitablement dansplusieurs desouvrages dos saints, la voix de JêsUs-Chrîst qui les a assurés de la vérité de cette transsubstantiation, et c'est ce qui m'a fait cesser de la tenir pour une fiction à l'égard de ceux qui en ont la foi, el qui m'a fait rechercher la manière de la cor |

IO:,r> DEMONSTRATION EVANGELIQt I . IflM

« t de l'expliquer que io viens de dire, et que n en sonl pas, pourront en prendre occasion

je ne refuse poiotde déclarer, tons espérance de ne pas condamner hautement tontes i.»

que cela pourra donner sujet de tranquillité choses qu'ils n'ont pas comprises et qu'ils

a quelqnei lionnes âmes scrupuleuses qui ne pratiquent pas. sont de cette communion-là, et que ceux qui

vu: DE iMCOLi:.

NICOLE (Piemie) naquit à Chartres en tC25. Son père, sous les yeux duquel il avait fait ses humanités , l'envoya à Paris pour faire son cours de philosophie et de théologie. Ce fut pendant son cours qu'il connut les cénohites de Port-Royal. Ils trouvèrent en lui l'esprit cl la docilité. Nicole donna une partie de son temps à l'instruction de la jeunesse qu'on élevait dans celle solitude. Après ses trois années de théologie, il se préparait à entrer en licence ; niais plusieurs de ses sentiments n'étant pas ceux de la faculté de Paris , il se i tenta du baccalauréat, qu'il reçut en! C49. Alors ses engagements avec Port-Royal devinreniplus suivis, il Inquenla cette maison, el travailla malheureusement avec Arnauld à plusieurs écrits pour la défense de la doctrine de Jansénius. Il se rendit avec lui à Chàiillon, près de Paris , et y consacra ses grands talents à écrire contre les calvinistes et les casuisies relâchés. Au commencement de 1670, sollicité d'enlrer dans les ordres sacrés, il consulta Pavillon, évêque d'Aleth; après un examen de trois semaines, la conclusion fut qu'il resterait simple tonsuré. Une Lettre qu'il écrivit en 1677, pour les évèques de Saint-Pons cl d'Arras, au pape Innocent XI , attira sur lui un orage qui l'obligea de quitter la capitale. A la mort de la duchesse de Longuevilte , ardente protectrice des nouvelles doctrines alors en vogue, il se retira aux Pays-Bas. Il revint à Paris en 1683, et entra , a la fin de ses jours , dans deux querelles célèbres , celle des éludes monastiques el celle du Quiétisme. Il défondit les sentiments de Mahillon dans la première , et ceux de Bossuet dans la seconde. Il mourut à Paris en 1095, âgé de 70 ans.

Les nombreux ouvrages sortis de la plume de Nicole sont : Essais de morale , en 14 vol. in-12 , Paris, 1701, parmi lesquels on trouve 3 vol. de Lettres; et en 25 vol. in-12 , Paris, 1741 et 1744. Il règne dans cet ouvrage un ordre qui plaît, el une solidité de réflexions qui convainc ; son traité des Moyens de consener ta paix dans la société mérite d'élre distingué, i Mais cette paix, dit Voltaire, est peut-être aussi difficile à établir que celle « de l'abbé de Saint-Pierre, i Les Essais de morale (première édition) , renferment : les différents Traités de morale, 6 vol. ; Réflexions morales sur les, Epîtres cl Évangiles de l'année, en 5 vol. in-12. L'édition de 25 vol. comprend en outre : Instructions théologiques sur les Sacrements, 2 vol.; sur le Symbole, 2 vol. ; sur le Pater , 1 vol. ; sur le Décalogue , 2 vol. ; Traite de la prière, 2 vol. ; Lettres diverses, 3 vol. ; Me de Nicole , par Goji ,

1 vol. ; Esprit de Nicole, par Cerveau, 1 vol. ; en tout 25 vol. in-12 ou in-18. Les autres ouvrages de Nicole sont : Traité de la foi humaine, composé avec Arnauld, 1664 , in-4°, Lyon, 1693 , in-12 ; plein de vues vraies et solides; La Perpétuité de la foi de VÉglise catholique touchant V Eucharistie, Paris, 1670, 1672 et 1674, 3 vol. iu4°. Les tomes suivants, publiés en 171 1 et 1715, sont .le l'abbé Renaudol el autres auteurs dont nous parlerons. Les Préjugés légitimes, contre les calvinistes ; Traité de l'unité de l'Eglise, contre le ministre Jurieu ; Les Prétendus réformés convaincus de schisme , et quelques ouvrages de controverse , tous infiniment estimables par ja profondeur et la solidité; les Lettres imaginaires et visionnaires , 2 vol. in-12, 1667, contre Desmarels de Sainl-Sorlin ; un très-grand nombre d'ouvrages pour la défense de Jansénius cl d'Amauld; plusieurs terili contre la morale descasuistes relâchés ; quelques-uns sur la grâce générale. Il y en a une édition de 1715 , en

2 vol. in-12 , avec une préface de l'éditeur. On y voit que Nicole n'adopie pas entièrement le svsléme de Jansénius, et qu'il s'en éloigne dans bien des points ; Arnauld lui-même rejetai! la docli ine fondamentale de Janséuius. Un choix d' Epigramw.es latines, intitulé : Epigrammatum détectas, 1659, in-12; Traduction latine îles Lettres provinciales, avec des notes publiées sous le nom de Wendrock. La première é.lition parut en 1058 ; la quali ièine, qui est beaucoup plus ample, est de l'année 1665. Pascal revit cette version. < Quant ans qualités liitéra:

« dil l'abbé Rérault, c'est une des meilleures productions de Porl- Royal. > Quant à la diariié el à la vérilé elles y sont trop souvent blessées, et l'ouvrage est dangereux à lire; de plus, il est défendu par VJmteni par les statuts de plusieurs diocèses. Au fond, malgré ses cireurs, l'on ne peut g'eaipécfcef de regarder Nnle comme l'un des moralistes les plus | rofonds, el des conlroversisies les plus cru.liis el les plus vigoureui qui aient existé.

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