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CHAPITRE XII

nu PÉCHÉ ET DES PASSIONS.

§ 1. Du péché considéré en lui-même. — Comme il est nécessaire pour vivre chrétiennement d'éviter le péché et de pratiquer la vertu, il est important d'être bien instruit de l'un et de l'autre. Commençons par le péché.

Tous les péchés des hommes ont leur racine dans la triple concupiscence : concupiscence de la chair, concupiscence des yeux , orgueil de la vie. On n'a point pour l'ordinaire une idée juste du péché. Pour connaître ï énormité du péché, il faut en juger par sa punition, qui est l'enfer : car il faut qu'il y ait au moins autant de malice dans le péché qu'il y a de rigueur dans les tourments qui le punissent. C'est donc un mal cftrovablc

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que le péché; el si pour en être délivré [Heu exigeait de nom loua los maux et tantes les douleurs dont l'homme est capable en celte

vie, ce serait cm oie une boulé incomparable. De plus le péché a une difformité m terrible, que si les pécheurs pouvaient l'apcrrevoir, ils ne pourraient se souffrir eux-mêmes; difformiié <iui fait d'une créature excellente en beauté, où Dieu s'était plu à imprimer les traits de ses divines perfections, un monstre si horrible, que Dieu ne saurait le regarder autrement qu'avec une haine démesurée. Il le hait tellement, qu'il faut nécessairement, ou qu'il détruise le péché dans le pécheur en le réformant, ou qu'il abîme le pécheur cl le péché au fond des enfers, pour y être l'objet éternel de sa juste sévérité : car le péché renferme un si étrange désordre, et deshonore tellement la beauté de l'univers, qu'il est impossible que Dieu le laisse subsister dans la nature sans réparer la difformité qu'il y cause ; et cette réparation se fait par ces deux voies, par la destruction du pet lie ou par sa punition. L'un et l'autre rétablit l'ordre et la paix , et par conséquent la beauté du monde que Dieu ne saurait laisser anéantir. Ainsi nous ne saurions éviter que le désordre du péché ne soit réparé en nous par cette dernière voie, qui est la punition éternelle, qu'en travaillant à le réparer par la seconde, qui est sa destruction , par le changement de notre cœur qu'il faut obtenir de Dieu.

11 est bon d'observer encore que les péchés spirituels ont un degré de corruption bien plus grand que les vices corporels, parce qu'ils sont tout autrement capables d'engager en des crimes énormes. En effet il est remarquable que la plupart des reproches et des menaces de Jésus-Christ ne regardent que les vices spirituels, les vices corporels étant assez condamnés par eux-mêmes. Ainsi il condamne l'abus de sa parole, l'orgueil et l'intérêt, le désir de la prééminence, l'omission des œuvres de charité. 11 ordonne l'amour des ennemis, la retenue dans les jugements, le détachement des biens du monde, le renoncement aux satisfactions humaines, la vigilance dans la prière, l'humilité et la simplicité des enfants. C'est en cela qu'il faut consulter cette justice qui surpasse celle des pharisiens, sans laquelle on n'entre point au royaume de Dieu; el cependant qui peut s'assurer d'y satisfaire entièrement?

§ 2. Du péché mortel. — On ne peut trop concevoir de l'horreur du péché mortel. Une âme qui porte le péché renfermé en elle y porte son enfer. Il ne faut pour la réduire à l'extrémité de la misère que la forcer de se voir; et c'est pourquoi Dieu en menace le pécheur par ces paroles terribles : Je te reprendrai, et le remettrai toi-même devant tes yeux (Ps. XLIX, 21). Vue terrible, mais inévitable à tous les pécheurs, qui les portera à se déchirer et à vouloir se fuir eux-mêmes, sans pouvoir jamais s'en séparer; et c'est ce qui causera l'excès de leur désespoir. Malheureux pouvoir que les pécheurs ont donc en celte vie de se cacher à eux-mêmes, qui a

pour (in celle effroyable impnissahce ! Illusion funeste, qui bc les empêche de se voir pour un temps qu alin de I is mettre dans la néi essité de se \oir toujours en el effroyable état.

Il ne faut qu'un seul péehé mort' I. OU spirituel, ou corporel, pour r , âme toutes les vertus , et pour en <i«-t i nire toul le mérite. Or qui peut s'assurer qu'il i point commis? Il \ eft a même qui sont comme imperceptibles, tels que sont les &bui grâces de Dieu, l'ingratitude, l'envie, le défaut de charité. Ou est devenu le temple de Dieu; cl comprend-on bien que c'est uiie chose terrible de profaner le temple dé Dieu par le péché mortel, de bannir Di demeure pour la livrer à son ennemi . de le chasser de son temple pour \ ériger des i en sa place? Et c'est ce que font néanmoins tous les chrétiens qui perdent la grâce par le péché; ce qui rend leurs crimes beaucoup plus énormes que ceux des païens : ce qui doit nous faire conclure qu'il faut avoir une eltréme horreur des moindres fautes , parce qu'elles déshonorent toujours la sainteté de nos Ames. Ge sont toujours des foutes commises dans un temple qui ne doit être qu'une maison de prière et d'adoration.

§ 3. Du péché vi:>ticl. — La justice de cette vie ne va pis jusqu'à éviter toutes les fautes vénielles. Or dans les laules vénielles, pour si petites qu'elles soient, lame s'endort en agissant par cupidité. De plus les nécessités delà vie nous obligeant à nous occuper d'une infinité d'objets, il est impossible qu'on n'v oublie Dieu et qu'on ne le perde de \ue . et cet oubli est une espèce de sommeil. Nous avons une pente continuelle à ce sommeil ; nous devons donc faire un effort continuel pour nous réveiller. Plus on a oublié Dieu , plus on est disposé à demeurer dans cet oubli. 11 faut donc que Dieu nous réveille de cet assoupissement qui tend à la mort.

On peut dire aussi qu'il y a une espèce de folie dans les personnes qui commettent des fautes vénielles : car enfui, en commettent des laules, quelque légères qu'elles soient, elles préfèrent des pailles et des grains de saliie à des diamants et à des masses d'or d'un prix infini . c'est-à-dire qu'elles préfèrent ces pèches aux vertus qui y sont contraires. Ouest-ce que la jouissance d'un petit plaisir pour lequel on s'éloigne des régies exactes de la tempérance, en comparaison de ce qu'on aurait acquis en s'en privant? Qu'est-ce qu'une curiosité inutile, en comparaison du bien qu'elle nous fait perdre ? Qu'est-ce qu'une vanité frivole, en comparaison de ce qu'elle nous oie du trésor de l'humilité? Ce choix que l'on l'ail dans les fautes vénielles est donc insensé et contraire à la raison? Dieu permet néanmoins ces sortes de fautes dans les plus justes pour les avertir que tant qu'ils sont en celte vie, ils sonl encore bien avant engages dans l'ai cuglement; pour leur faire connaître combien leur raison est incapable de les tirer de l'étal où ils sont ; pour leur faire sentir la grandeur de la plaie que le pèche a faite à leur âme , et la

L'ESPRIT DE NICOLE SUR LES VÈKITES DE LA RELIGION

nécessité de sa grâce pour la guérir et la délivrer du malheureux état où elle est. Ce sont de petites fentes qui laissant couler continuellement des gouttes d'eau mettent enfin le vaisseau en danger d'être submergé , à moins qu'on n'ait un soin continuel de puiser cette eau. C'est donc une chose essentielle à la vie chrétienne de se purifier sans cesse dos péchés véniels, de peur qu'en les multipliant, ils ne viennent à étouffer la charité dans le cœur. Quiconque donc se trouve sujet à quantité de petites vanités, de petites curiosités, de petites légèretés, de petites indiscrétions, doit se résoudre aies combattre et à en faire pénitence toute sa vie.

Ainsi nous devons craindre tous les vices, non seulement à cause de ce qu'ils renferment en eux-mêmes de malignité, mais parce qu'ils peuvent tous être le premier anneau de notre perte; et nous devons pratiquer les vertus avec d'autant plus de soin, que Dieu peut faire de chacune le fondement de notre salut et s'en servir pour empêcher notre chute, en nous préservant des péchés qui, bien qu'ils ne soient pas tous mortels , peuvent tous conduire notre âme au péché mortel en éloignant la grâce de Dieu, en augmentant les ténèbres de l'âme , et en diminuant les forces qu'elle avait pour résister aux tentations.

§4. De i 'orgueil. — L'orgueil est l'amour de l'excellence et par conséquent l'amour de l'indépendance, de la grandeur , de la préférence, de l'estime, des louanges et de l'amour des hommes : car on excelle par tout cela. 11 n'est pas nécessaire, pour être orgueilleux, de croire que l'on a plus de mérite que les autres, et qu'on est digne de leur être préféré ; il suffit de le désirer. Il y en a qui connaissent leur bassesse et qui ne laissent pas d'être orgueilleux par l'amour qu'ils ont pour la grandeur et pour tout ce qui pourrait les rehausser dans l'esprit des hommes. Ainsi l'orgueil ne consiste pas seulement dans une vaine complaisance pour les qualités qu'on croit avoir; il consiste aussi dans le désir de les avoir et même dans le dépit que l'on sent d'en être privé.

On ne considère guère parmi les hommes d'autre orgueil que celui qui consiste à s'attribuer des qualités que l'on n'a pas; mais le fond de ce vice est de s'élever pour les qualités que l'on croit avoir, soit qu'on les ait , soit qu'on ne les ait pas. C'est une sotte vanité , si l'on s'imagine les avoir lorsqu'on en est dépourvu ; mais c'est toujours orgueil de s'y plaire quand on les aurait, de vouloir que les hommes nous en estiment, et d'avoir de la complaisance dans cette estime. Il y a toujours en cela non seulement de l'erreur et de l'ignorance , mais de l'injuslice et du larcin. Quiconque a de la complaisance dans sa propre excellence en dérobe à Dieu la louange et la gloire. Il oublie qu'elle ne vient pas de lui , mais de Dieu , et qu'il est obligé de la lui rendre et de la lui rapporter tout entière. Enfin il ne voit pas qu'il est beaucoup plus rabaissé parcelle enflure intérieure qu'il en conçoit , qu'il n'est relevé par ces

talents et ces qualités dont il se glorifie. Il est meilleur, si l'on veut, d'avoir certaines qualités humaines et certains talents que de ne les point avoir; mais il vaut beaucoup mieux en être privé que d'en faire un sujet d'élévation et d'orgueil. Ainsi la plupart des talents rabaissent en effet ceux qui les ont, en les rendant plus vains et plus orgueilleux. Il paraît partout cela que l'orgueil contient en soi une telle difformité, que les hommes mêmes ne sauraient le souffrir quand il est manifesté et non pallié. Or s'ils traitent l'orgueil de la sorte par un reste d'amour qu'ils ont pour la vérité et la justice, comment Dieu les traitera-t-il, lui qui est la vérité et la juslice même?

L'orgueilleux s'élève du bien qu'il lait, comme s'il en était la cause. Il s'élève du mal que les autres font, parce que par là il les met au-dessous de soi. Tout ce qui les rabaisse le contente; et si Dieu le touche en particulier par des plaies destinées à humilier les superbes, il entre dans des sentiments d'impatience et de révolte contre Dieu. Voilà la conduite de l'homme orgueilleux , c'est-à-dire de l'homme agissant en homme. Il suffit à l'homme, pour tomber dans l'orgueil, de concevoir en soi certaines vertus, et de n'y point apercevoir de défauts. Le seul défaut de ces vues suffit pour séduire le cœur, parce que l'orgueil qui y réside l'occupe bientôt tout entier, à moins qu'il ne soit réprimé. Il ne faut qu'une vue d'esprit, un consentement passager à la cupidité pour nous rendre criminels devant Dieu; et la crainte qu'on doit avoir qu'il ne s'en soit glissé dans le cœur est un contre-poids que Dieu lui laisse pour empêcher qu'il ne s'élève et qu'il n'entre dans un excès de confiance, et c'est ce contre-poids que l'orgueilleux n'a point. 11 ne s'arrête qu'aux actions extérieures; il y fait consister toute la vertu, et ne fait point de réflexion sur ce qu'il n'a aucune assurance d'être exempt de crime dans les mouvements intérieurs. Il est content de ce qu'il a fait pour Dieu , ou plutôt de ce qu'il en a reçu, et n'en désire pas davantage, et n'a aucun désir de s'avancer dans la vertu, ni d'y faire un progrès continuel. II s'imagine qu'il suffit d'avoir une fois reçu les grâces de Dieu, et qu'il n'a point besoin de nouvelles grâces pour les conserver ; et s'il ne ^attribue pas les vertus, il s'attribue la force d'y persévérer, ce qui est une grande erreur; car, à quelque degré de vertu qu'on soit élevé, on n'arrive jamais à être indépendant de Dieu pour s'y maintenir : on est toujours faible à son égard; on a toujours besoin de son secours pour se soutenir, et on n'a jamais en soi toute la force nécessaire pour résister aux tentations, sans avoir besoin de lui demander de nouvelles grâces ; c'est pourquoi l'état de l'orgueilleux, qui ne demande à Dieu aucune nouvelle grâce, et qui s'attribue la force de persévérer dans la justice, est un état d'une horrible présomption.

L'orgueilleux ne croit point avoir besoin de la miséricorde de Dieu : il n'a aucun sen-

DÉMONSTRATION in tNGELIQI (

limenl «le ses misères; il ne demande pointa Dieu v.i délivrance; la lerre n'est point pour lui mie vallée ilo larmes el de gémissements,

et il no se croit redevable en rien à la juslic de Dieu. Sun orgueil, agissant donc sans obstacle, le remplit d'une confiance présomptueuse en lui-même qui ne lui fournit aucun sujet de s'humilier. Ainsi il n'est pas I issible que Dieu ne rabaisse les orgueilleux, et qu'il ne les couvre de confusion et de honte, en les dégradant et les rabaissant à proportion de leurinjnsteélévation.

S b. De i amour-propre. — L'homme naturellement s'aime soi-même; il s'aime sans bornes et sans mesure; il n'aime que soi; il rapporte tout à soi ; il se désire toutes sortes de biens, d'honneurs, de plaisirs, et il n'en désire qu'à soi-même, ou par rapport à soimême. 11 se fait le centre de tout, il voudrait dominer sur tout, et que toutes les créatures ne fussent occupées qu'à le contenter, à le louer, à l'admirer. Cette disposition tyrannique étant empreinte dans le cœur de tous les hommes depuis le péché les rend violents, injustes, cruels, ambitieux, flatteurs, envieux, insolents, querelleurs. En un mot elle renferme les semences de tous les crimes et de tous les dérèglements des hommes, depuis les plus légers jusqu'aux plus détestables. Voilà le monstre que nous renfermons dans notre sein. Il vit et règne absolument en nous, à moins que Dieu n'ait détruit son empire, en versant un autre amour dans notre cœur. Il est le principe de toutes les actions, qui n'en ont point d'autre que la nature corrompue; et, bien loin qu'il nous fasse de l'horreur, nous n'aimons et ne haïssons toutes les choses qui sont hors de nous que selon qu'elles sont conformes ou contraires à nos inclinations.

Mais si nous l'aimons dans nous-mêmes, il s'en faut bien que nous ne le traitions de même quand nous l'apercevons dans les autres. Il nous paraît alors au contraire sous sa forme naturelle, et nous le haïssons même d'autant plus que nous nous aimons, parce que l'amour-proprc des autres hommes s'oppose à tous les désirs du nôtre. Nous voudrions que tous les autres nous aimassent, nous admirassent, pliassent sous nous, qu'ils ne lussent occupés que du soin de nous satisfaire; et non seulement ils n'en ont aucune envie, mais ils nous trouvent ridicules de le prétendre, et ils sont prêts à tout faire, non seulement pour nous empêcher de réussir dans nos désirs, mais pour nous assujettir aux leurs et pour exiger les mêmes choses de nous. Voilà donc par là tous les hommes aux mains les uns contre les autres; et si celui qui a dit qu'ils naissent dans un état de guerre et que chaque homme est naturellement ennemi de tous les autres hommes eût voulu seulement représenter parées paroles la disposition du cœur des hommes les uns envers les autres, sans prétendre la faire passer pour légitime et pour juste, il aurait dit une chose aussi couronne à la vérité et à l'expérience que celle qu'il soutient est contraire à la raison et à la justice.

11CK l. amour-propre est haïssable quand il se

fait paraître tel qu'il est, quand il incommode celui des autres . quand il \eul ravir quelque chose de ce qu'ils possèdent ou à quoi ils prétendent. Mais c'csl ce qu'il évite ordinairement. Il se déguise . il s assujettit aux autres; il ne choque point leurs inclinations, et, désespérant de pouvoir obtenir par force ce qu'il désire, il lâche d'y arriver par la complaisance. Or, quoiqu'il demeure le même dans le fond, aussi ennemi de tous les autres , aussi injuste qu'on le reconnaît quand il a le pouvoir de se faire' \oir tel qu'il est, les hommes sont néanmoins si dupes, qu'ils ne distinguent point les soumissions et les complaisances extérieures et feintes de l'affection véritable. Ainsi ils prennent pour amis ceux qui les Battent et qui ne les contredisent pas, et pour ennemis ceux qui les contredisent, quoique ce soit par un motif de justice et de charité.

Quoique l'amour-proprc soit naturellement malin, jaloux, en vieux, plein de venin et de fiel; bien que ce qui relève les autres lincommode et le chagrine, et qu'on ne le voie guère favorable de bonne foi aux louanges qu'on leur donne, à moins qu'il n'en tire quelque avantage, et qu'elles ne lui servent de degré pour s'élever; quand on vient néanmoins a considérer l'effet que l'on ferait sur l'esprit des autres si l'on montrait ses mouvements à découvert, on conclut tout d'un coup à les cacher. On voit bien que ce serait le moyen de se faire regarder comme un ennemi public, el qu'on deviendrait par là l'objet de la haine et de la détestât ion de tout le mon le. Ainsi l'amour-proprc fait que nous affectons de faire paraître au dehors une extrême équité de louer volontiers ce qui est louable, de faire valoir, autant que nous le pouvons, toutes les bonnes qualités des autres, el de ne refuser pas même à nos ennemis les témoignages d'estime qu'ils méritent : et par là on réussit dans le dessein de se faire aimer, on acquiert des amis, on adoucit ses ennemis , et on se met bien avec tout le monde.

L'amour-propre veut profiter de tout et des dons même de Dieu. Vn homme a reçu des talents, et il fonde sur ces talents des desseins de faire fortune et de s'élever dans le monde. Il rapporte à lui-même ce qu'il a reçu de Dieu; el c'est ce qu'on remarque dans presque tous les hommes, et particulièrement dans les personnes consacrées à Dieu. Ils rapportent à eui-mémes les dignités de l'Eglise; ils y entrent par intérêt, ils s'y conduisent par intérêt, ils prêchent par intérêt , ils administrent les sacrements par intérêt; et enfin l'intérêt propre est le motif qui les conduit dans 1 exercice des fonctions les plus saintes et les plus sacrées, et c'est l'amour-proprc qui en est le principe.

On peut encore considérer l'amour-propre dans l'adresse qu'il a, quand il est repris de quelque défaut, d'envisager à l'heure même, non la vertu qui tient le milieu entre les deux excès, mais le vice opposé qui n'est

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