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ou l'ians noire esprit, et de l'exclure de notre cœur, soit qu'on l'en exclue absolument, soit qu'on lui en refuse seulement l'empire, en se laissant dominer par les objets que le diable propose. Cette divine nourriture ne veut point être reçue à demi. Il est bien juste que Dieu nous faisant la grâce incomparable de vouloir entrer en nous par sa parole, nous l'y recevions comme notre Roi , que nous le lassions régner en nous, et que celte parole soit noire règle , notre loi et notre lumière. Or cela n'est pas quand le cœur est occupé de quelque passion dominante et qu'il tient à quelque autre objet qu'il préfère à Dieu. On la reçoit encore mal quand , après l'avoir reçue, on la laisse inutile, quand on laisse croître dans son cœur une foule de soins, d'inquiétudes, de plaisirs, qui, comme des épines, l'empêchent de croître et de fructifier et qui la dessèchent et l'étouffent peu à peu.
L'exclusion de ces mauvaises manières de recevoir la parole de Dieu donne lieu de comprendre de quelle sorte on doit la recevoir; car il s'ensuit de là qu'il faut la recevoir non seulement dans son esprit, mais dans son cœur, non pour y occuper quelque petite place, mais pour y régner comme dans son royaume, sur son trône, dans son temple. Elle doit y être adorée, puisqu'elle comprend Jésus-Christ même, et que par elle il habite et règne en nous. Les signes et les sons n'en sont que les voiles, mais le Verbe même de Dieu est caché et couvert sous ces voiles et se communique à nous par ce moyen. 11 faut donc recevoir cette parole comme le pain qui est descendu du ciel. Il faut se nourrir de ce pain vivant de la parole de Dieu par la méditation, par l'amour, par le respect et particulièrement par une exacte obéissance à ce qu'elle nous prescrit, car c'est là proprement ce qu'on appelle se nourrir. Un homme n'est pas nourri quand l'aliment entre dans son estomac, mais lorsqu'il se mêle et s'unit avec toutes les parties de son corps. La parole de Dieu ne nourrit de même proprement l'âme que quand elle se joint à tous ses mouvements et à toutes ses actions, et qu'elle leur sert de règle et de lumière. Il faut la recevoir encore avec douceur, c'està-dire sans opposition , sans résistance et avec une parfaite docilité, en se livrant à elle et en s'y soumettant parfaitement , sans chercher des voies pour se dégager de ses liens.
S .'5. De l'amour de la vérité. — Il est incontestable que toute vérité a Dieu pour principe. On ne peut douter que les vérités éternelles et immuables ne soient connues que par une lumière qui éclaire les esprits. Or celle lumière qui est l'objet de leur entendement n'est autre chose que Dieu même, comme vérité éternelle, qui se manifeste à eux de telle sorte qu'ils y acquiescent. C'est ainsi que l'esprit se convainc qu'il ne faut pas faire aux autres ce que nous ne voudrions pas que les autres nous fissent; qu il fa.nl conserver l'ordre naturel , et non le. troubler; que l'ordre vaut mieux uueledés-
DÉMONST. tëVANC,. 1U
ordre ; qu'il faut se conduire par raison et non par passion ; qu'il faut rendre à chacun ce qui lui appartient; qu'il faut que les choses qui ont moins de bonté soient soumises à celles qui en ont le plus; que l'incorruptibilité vaut mieux que la corruption ; que l'être est préférable au néant : car ces règles immuables et éternelles, qui sont les règles de nos jugements, et qui sont au-dessus de l'esprit de l'homme, ne sont autre chose que la vérité même qui brille dans l'esprit de ceux à qui elle se manifeste. Cette vérité est Dieu même, et Dieu est le seul maître de la vérité.
La vérité est tellement le vrai bien de tous les hommes, que nous ne saurions rien aimer qu'en nous persuadant qu'il est bon et qu'il est vrai. C'est pourquoi l'homme corrompu ayant attaché son cœur à des créatures indignes de lui , y attache aussi une fausse idée de bonté et de vérité. On aime le vrai, et on veut toujours que ce que l'on aime soit vrai. Ceux mêmes qui prennent plaisir à tromper les autres ne veulent pas qu'on les trompe, et rien ne peut attirer le cœur de l'homme sous l'idée de fausseté. Il y a des faussetés et des erreurs plus mauvaises les unes que les autres ; mais il est impossible que l'homme ne juge que l'erreur, comme erreur, et la fausseté, comme fausseté, est un mal ; et ce sentiment est tellement gravé dans le fond de son cœur, qu'il n'est pas en sa puissance de l'efface/. D'où vient doncque la vérité étant si aimable, il y a tant de personnes qui la haïssent? C'est qu'elles ont attaché leur amour à des biens faux, auxquels elles ont joint l'idée de la vérité,; de sorte que , quand la vérité réelle s'oppose à leurs passions, elles se révoltent contre elle ; elles ne. veulent pas la reconnaître pour vérité, ou, si elles sont obligées malgré elles de la reconnaître pour telle, elles ne laissent pas de la haïr ; car l'amour des faux biens que l'on veut prendre pour vrais rend odieuses les règles de la vérité, parce qu'elles convainquent l'esprit de l'injustice et de la fausseté de son choix.
Il faut écouter la vérité où elle nous parle. Or elle nous parle au fond de notre âmo ; c'est là qu'elle se fait entendre à ceux qui lui prêtent l'oreille ; car quoiqu'elle puisse nous être extérieurement proposée en bien des manières , on ne l'entend néanmoins qu'au dedans de soi. La raison pourquoi il y en a si peu qui l'écoutcnt, c'est que presque tout le monde est hors de soi-même et fugitif de son cœur : ainsi l'on n'entend point ce que Dieu nous y dit, et l'on se prive de ce qu'il nous y dirait, si nous n'étions point aveuglés par l'amour des choses temporelles. Le moyen donc d'entendre la voix de. Dieu, c'est de retirer son esprit du tumulte du inonde et de répaiichemenl au dehors. Chacun est obligé de se retirer du monde et du tumulte, autant qu'il est. nécessaire pour écouter la vérité; mais cette nécessite est inégale, selon la diversité des dispositions des hommes. Il y en a , à la vérilé, qui sont assez recueillis pour entendre la voix do (Trrnfe-huit.)
Dieu, mairie dans le tumulte (1rs affaires, et qui ne laissent paa. au milieu (les plus grands embarras et des emplois les plus considérables, de réfier le gros 4e leur vie par la vue
de la vérité; niais si l'on \ oyait que sou esprit lût tellement plongé dans les affaires du siècle qu'on tût incapable de penser à Dieu, de vivre pour Dieu et d'entendre sa voix, il est certain que l'on devrait BOUger à une plus grande séparation du monde; car enfin il faut, préférablement à toutes choses, donner â son âme ce qui lui est née saire pour son salut. Il faut retrain lier les passions, l'attache à son sens, la mauvaise honte, la vanité et généralement l'amour de toutes les choses que la vérité condamne. Il faut faire régner la vérité sur son entendement, en n'y donnant entrée à aucune fausseté, en le remplissant, le plus qu'il est possible, de vérités utiles, en réglant la recherche que nous faisons de ces vérités sur les règles de la vérité même.
L'homme depuis le péché a naturellement de l'opposition à la vérité, parce que son cœur est corrompu. C'est Dieu qui guérit la corruption du cœur, en inspirant un amour sincère de la vérité. Or celui qui est ainsi disposé , reçoit sans peine les vérités qui se trouvent alors conformes à la droiture de son cœur, parce qu'il aime Dieu. Au contraire, comme elles sont opposées aux inclinations de la nature corrompue, elles sont rejelées de tous ceux qui sont dominés par leurs passions. C'est par là que Dieu discerne les hommes. La vérité est reçue par tous les cœurs sincères et droits: elle est rejetée par tous les cœurs corrompus ; mais cela doit s'entendre principalement de la vérité suffisamment prouvée et attestée, car la droiture du cœur ne reçoit pas et ne doit pas recevoir les vérités sans preuves solides, parce que ce serait agir contre le hon sens et la raison, que d'agir de cette sorte, ce qui est contraire à la droiture du cœur.
Nous n'avons pas seulement besoin de la manifestation de la vérité; mais, pour la recevoir comme il faut , nous avons de plus besoin que Dieu nous donne l'amour de la vérité, car, comme dit saint Augustin , l'on n'entre dans la vérité que par la charité. Cet amour de la vérité ne nous est pas seulement nécessaire à l'égard des points de foi . mais encore plus à l'égard des maximes de la morale chrétienne; car c'est particulièrement à l'égard de la morale que la raison qui nous fait embrasser de fausses opinions est que nous n'aimons pas la vérité qui nous dérou- \ re la voie de la justice, et que nous la regardons comme contraiie à nos intérêts. Le iieu de la vérité n'est pas l'esprit, mais le cœur. Elle ne nous est donnée que pour être adorée, aimée et pratiquée par le cœur, (juiconque donc la retient dans son esprit sans la réduire en pratique et sans l'aimer, la retient dans un lieu indigne d'elle. 11 en est , non un possesseur légitime, mais un injuste usurpateur. La vérité est dans son esprit comme un arrêt qui le condamne et qui rend témoignage contre lui.
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L'nsâge principal que nous derons I
de la vérité, est de nous en servir pour Caire des réflexions ^ikims sur notre conduite cl sur notre vie, et de réduire , , 8 connais sauces en pratique par la correction effectire de nos mœurs et le i hnngemenl de notre i le. C'est la l 'unique moyen 4e l'imprimer dans le coeur et d'empêcher qu'elle M soit un vain ornement de notre mémoire, en la rendant une disposition effective de notre âme. par là que la vérité habit' en nous, que nous y devenons conformes, et que son i s'établit en nous. C'est enfin en cela consiste le vrai bonheur des hommes, caria vérité ne manque jamais de récompenser ceux qui la suivent et qui la pratiquent, ils se font parées actions un trésor étemel. Ils deviennent ricins et abondants; au lieu que ceux qui se contentent de lavoir dans la mémoire et qui ne la pratiquent point, demeurent dans une honteuse pauvreté, et ainsi leur âme est affamée parmi ces mêmes vérités, parce qu'elle ne s'en nourrit qu'en les pratiquant.
C'est principalement la contradiction a 1 i vérité qui découvre le fond des cœur- tju ind la vérité n'est point attaquée et qu'il u'j a rien à souffrir pour la défendre, bien îles gens se font honneur de lui être favorables ; mais sitôt qu'il y a quelque chose à perdre en la soutenant, on voit incontinent tous les lâches consentir à son oppression et tous les méchants y contribuer, il n'y a que ceux qui sont très-sincèrement à Dieu qui ne l'abandonnent pas. La contradiction de la vérité n'a pas seulement distingue les martyrs des païens , les catholiques des hérétiques ; elle continue, dans la suite de tous bs siècles, de distinguer les bons des méchante. Les méchants se joignent au torrent du monde, qui tend à détruire la vérité: 1 1 iev bm résistent à ce torrent en confessant la vérité par leurs actions. Car ce ne sont pas seulement ceux qui répandent leur sanï pour elle qui la confessent : il suffit de demeurer ferme parmi les discours téméraires et les m nivais exemples des hommes . de ne point soucier de leurs insultes, de leurs mena de leurs mauvais traitements, et de s attacher aux préceptes de l'Evangile, malgré le mépris que les hommes en root. C'est une espèce de martyre et de téuMMgaagfl qui convient à tous les bons: et cette manière de confesser Jésus-Christ devant les hommes leur méritera dans l'autre vie qu'il les confesse devant son l'ère, comme il nous en assure lui-même: au lieu qu'il renom cra tous reux qui ne l'auront point confessé {Luc. XII, 8).
Or comme il y a une bonne manière de confesser Jésus-Christ, digne de récompense. il v a ùii-si une mauvaise manière d'être muet devant Dieu, qui mérite punition : c'eel la suppression de la vente lorsqu'il s'agit 4e lui rendre témoignage . de la soutenir, d en instruire ceux qui ont besoin de la connaître. C'est par ce silence . auquel la timidité e/ l'intérêt réduisent la plupart des hommes qu'il arrive que la justice et l'équité sont si
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abandonnées dans une infinité de rencontres, que tant d'innocents sont opprimés par la calomnie, que ceux qui ont affaire à de plus puissants qu'eux trouvent si peu de support et de protection dans le monde; et cela vient de ce que l'on n'aime point la vérité.
On n'aime point encore la vérité dans un autre sens , c'est lorsqu'on ne veut pas être repris de ses défauts. On éloigne par cette mauvaise disposition tous ceux qui pourraient nous avertir de nos défauts, parce que personne ne veut se mettre au hasard de déplaire aux autres, ni s'assujettir à toutes les conditions que leur délicatesse prescrit pour recevoir favorablement la vérité. On trouve plus court de les laisser là. Ainsi ne recevant la vérité qui nous sauve qu'avec tant de conditions et de l'éserves , il se trouve qu'on est exclus de la vérité et du salut. De tout cela il s'ensuit qu'on ne peut trop s'exciter à l'amour de la vérité, puisqu'elle est si propre à remédier à nos misères dans celle vie, et à nous rendre éternellement heureux en l'autre par la possession de la vérité, qui est Dieu même.
§ 4. De la soumission à la volonté de Dieu. — La volonté de Dieu peut se considérer de deux manières. Premièrement, comme la règle de nos devoirs , qui nous prescrit ce que nous devons faire, qui nous montre les dispositions où nous devons être , qui nous découvre ce que nous devons désirer, ce que nous devons fuir, où nous devons tendre, qui condamne tout le mal et commande tout le bien; secondement, comme la cause de tout ce qui se fait dans le monde, à l'exception du péché; qui produit efficacement tout ce qui est bon, et ne permet le mal que pour en tirer du bien.
Selon la première manière de considérer la volonté de Dieu , il faut observer que l'Ecriture lui donne divers noms qui ne marquent tous que la même chose. C'est cette loi éternelle qui défend de troubler l'ordre de la nature , qui commande de le conserver, et qui, plaçant l'homme entre Dieu et les créatures corporelles et inanimées, lui défend «rattacher son amour à aucune autre chose qu'au souverain Etre, puisqu'il ne peut le faire sans sortir de son ordre et sans s'abaisser au-dessous des choses qui lui sont inférieures ou inégales. C'est cette justice divine qui brille dans nos esprits, qui nous rend aimable tout ce qui y est conforme, quand même nous n'y trouverions rien d'ailleurs qui attirât notre amour. Ce n'est qu'en aimant et en suivant cette, justice que les hommes sont justes, et qu'en s'en éloignant qu'ils sont injustes et pécheurs. Ce sont ces jugements et ces justifications dont David parle si souvent, c'est-à-dire les règles et les ordonnances justes et saintes qui instruisent l'homme de ce qu'il doit faire, cl qui sont écrite^ dans Dieu même, parce quelles ne sont autre chose que sa volonté toute juste et tout équitable. C'est cette sagesse qu'il faut désirer sans cesse, qu'il faut chercher comme on cherche l'argent, qui nous sert de guide dans noire chemin , et qui habite en
Dieu et avec Dieu. Ce sont ces préceptes que l'Ecriture appelle éternels , et qu'elle nous commande d'avoir toujours devant les yeux et de conserver dans notre cœur, qui doivent marcher avec nous, qui ne doivent point nous quitter dans le sommeil même, et qui doivent être le premier objet de nos pensées à notre réveil. C'est cette lumière qui fait que nous sommes enfants de lumière, et qui fait que les uns marchent dans les ténèbres et les autres dans la lumière , selon qu'ils l'abandonnent ou qu'ils la suivent. C'est cette vérité selon laquelle il est dit des justes qu'ils marchent dans la vérité , qu'ils sont dans la vérité, et qu'ils font la vérité. Enfin c'est Dieu même, puisque tous ces noms ne signifient que la volonté de Dieu, et que la volonté de Dieu est Dieu même. Cette justice, celle loi, cette vérité divine nous est manifestée par l'Ecriture sainte; mais la révélation extérieure ne sert de rien si Dieu n'éclaire intérieurement nos esprits , s'il ne luit en eux comme vérilé et comme lumière , et s'il ne leur découvre la beaulé de sa justice.
C'est en suivant cetle justice, en s'y conformant , en l'aimant et en la désirant, que les hommes justes croissent en justice. C'est en s'en éloignant qu'ils sont injustes, méchants, corrompus, déréglés, parce que cette justice est l'ordre essentiel , la vertu essentielle, la sainteté essentielle; et comme celte justice est Dieu même , il est clair que l'a-? mour de cette justice est l'amour de Dieu , que c'est la même chose que la charité; et qu'agir par l'amour de la justice , c'est agir par charité et par principe d'amour de Dieu. Cet amour de la loi de Dieu est le fondement de la piété chrétienne; c'est en quoi consisto la vraie charité, et ainsi la méditation de celte loi doit être notre entrelien continuel. C'est cette loi qui ne règle pas seulement les actions extérieures, mais aussi les mouvements intérieurs de notre âme. Il ne suffit pas de demander à Dieu la connaissance de sa volonté; il faut lui demander encore ce cœur simple qui n'ait point d'autre désir que de l'accomplir.
Cette vue par laquelle nous regardons la volonté de Dieu comme la règle de nos actions, nous conduit d'elle-même à nous soumettre à la volonté de Dieu considérée comme cause de tout ce qui se fait dans le monde, excepté le péché, qu'elle ne fait que permettre. En découvrant par la foi ces grandes vérités, que Dieu fait tout, qu'il ordonne tout, règle tout; que rien n'échappe à sa providence; que par lout ce qui arrive dans le monde il exerce ou sa miséricorde, ou sa justice; que les créatures n'ont de pouvoir que ce qu'il leur eu donne; qu'elles ne sont que les instruments et les ministres de ses ordres : nous voyons en même temps dans cette même volonté, considérée coijime la justice souveraine, qu'il est juste que Dieu règne et que nous lui obéissions; que c'est à lui à nous conduire, el à nous de le suivre; que c'est à nous à nous conformer à sa volonté, el non pas à vouloir qu'il s'aeeommode à la nôtre, cl que celle volonté étant toujours
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juste et toujours sainte, elle est aussi toujours adorable, toujours digne de soumission el d'amour, Quoique les effets nous en soient quelquefois ours et pénibles , puisqu'il n'y a
que des anus injustes qui puissent trouver
.i redire à la justice, et qu'ainsi la peine que nous avons quelquefois à nous v soumettre est une preuve de noire injustice et de noire «(irruption, qui doit nous porter, non à nous en prendre à Dieu, mais à nous en prendre à nous-mêmes. Nous nous révoltons dans les choses qui nous arrivent, parce que nous nous arrêtons aux créatures et que nous leur imputons les événements: au lieu que si nous les attribuions , comme nous le devons, à la justice de Dieu , nous arrêterions aisément nos plaintes, nos murmures et nos impatiences.
Ce n'est pas seulement dans les grands événements qu'il faut reconnaître la volonté de Dieu et l'obligation où l'on est de s'y soumettre, il faut le faire de même dans les petits événements ; et pour s'accoutumer à se soumettre dans les grands, qui sont capables d'ébranler et d'abattre l'âme, il faut s'accoutumer à l'honorer dans les plus petites circonstances de notre vie, parce qu'elle les règle toutes aussi bien que Ici plus grandes. Chacun doit accepter avec soumission tous les défauts ou maux corporels, comme la surdité, la faiblesse de la vue, le manque de mémoire, d'adresse, d'intelligence, le défaut du bien, les infirmités , les événements fâcheux, les pertes , les maladies , sans jamais se plaindre de toutes ces choses et d'autres semblables , tant parce que c'est Dieu qui en est la cause, que parce que nous ne savons pas si elles ne nous sont point plus avantageuses que celles qui nous plairaient davantage , et qu'en les souffrant de cette manière, elles le deviendraient en effet. Il en est de même des maladies, des calomnies, des mauvais traitements, du peu d'état que l'on fait de nous, des aversions, des préventions qu'on peut avoir contre nous. Puisque Dieu fait ou permet tout cela , nous devons le regarder avec tranquillité et avec paix, en nous tenant dans son ordre et en adorant ses jugements. La volonté de Dieu, qui règle toutes ces choses, doit avoir plus de force sur notre esprit pour nous les faire accepter et pour nous les rendre aimables , que ce qu'elles ont de fâcheux pour nous les faire rejeter et pour nous porter à l'impatience et au murmure.
Rien ne facilite davantage la conduite de la vie chrétienne que ce regard de la volonté de Dieu dans toute son étendue. Il fait voir que toute la vie d'un vrai chrétien est une vie de paix, qui regarde également avec tranquillité le présent, le passe et l'avenir, dans l'ordre de Dieu , et qui consulte continuellement sa loi pour apprendre d'elle ce qu'il doit faire à chaque moment, et quelle disposition intérieure il doit avoir à l'égard des choses auxquelles il doit s'appliquer. Ces dispositions sont différentes selon les objets. et elles renferment tous les mouvements légitimes de joie, de tristesse . de désir, de
DEMONSTRATION EVANGÊLIQUI .
crainte, d'amour, d'indignation, de compassion qu'ilsdoivenî exi ilei , Mais ton timents sont toujours punis i la disposition
générale de repos et de paix que h \ tir <!<■ I.i Volonté souveraine entretient dans le tond de I âme d'un chrétien, (pu calme et qui modère tous les mouvements particuliers. Cette
paix apaise les agitations du coeur, in l'attachant à la volonté immuable de l>i a I lie arrête les troubles que produit dans l'esprit la multiplicité de ses pensées par cette unique pensée : Dieu le veut; et (lie fait ainsi que l'homme se laisse emporter au torrent de la divine Providence, sans se mettre en peine d'autre chose que de s'acquitter fidèlement des devoirs particuliers qui lui sont prescrits à chaque moment par la loi de Dieu.
§ 5. Du rapport des actions à Dieu.- I une des vérités les plus constantes de la morale chrétienne, que l'obligation de rapporter toutes ses actions à Dieu; et il est étonnant qu'il se trouve des casuistes assez relâchés qui décident assez hardiment que ce n'est que de conseil. Cependant quoi de plus formel que ce que dit saint Paul: Quoi que vous fassiez en parlant ou en agissant, faites tout au nom du Seigneur Jésus-Christ ( Col., III, 17); et ailleurs : Soit que vous mangiez . soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faites-le à la gloire de Dieu (I Cor., X,31). L'Apôtre n'oublie rien; il veut que toutes nos actions et toutes nos paroles soient consacrées à Dieu et à Jésus-Christ. S'il v a quelque endroit de notre vie où nous soyons indépendants de Dieu , où nous ne recevions rien de lui, où il ne soit point notre dernière tin, que nous ne nous devions point à Jésus-Christ en qualité de ses esclaves . et enfin s'il y a quelqu'une de nos actions que le prix de son sang ne mérite pas. à la bonne heure que nous ne la rapportions point i gloire; mais s'il n'y en a aucune de cette nature, si Dieu est toujours notre fin, si nous dépendons en tout de lui, si Jésus-Christ nous a totalement achetés, qui peut douter que nous ne soyons obligés de rendre à Dieu ce que nous lui devons par tant de litres de paver à Jésus-Christ ce qu'il s'est acquis par un si grand prix? Ainsi il faut que ceux qui contestent celte vérité si claire n'aient jamais compris les droits de Dieu et deJésos- Cbrist sur l'homme. Il est vrai que Dieu ne nous impute pas à crime l'omission de ce rapport de nos actions à lui dans les petites rencontres de la vie. 11 est vrai encore qu'il n'est pas nécessaire que (>■ rapport, qui est de précepte , soit lait par des reflexions actuelles , el qu'il suffit pour l'observer que le désir Sincère de glorifier Dieu soil le principe de nos actions, et que Dieu voie que c'est ce qui nous faitagir. .Mais il est vrai aussi qu'il ne faut pas penser qu'une action soit faite pour Dieu , quand elle lui est simplement offerte par une oblation générale ou particulière; il tant de plus qu'elle soil réglée selon ses lois , ei que l'amené s'y porte que parce qu'elle croit que Dieu le veut. Ainsi ce rapport de nos actions à Dieu consiste principalement en ce que l'amour de Dieu en soit le
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principe, c'est-à-dire à les faire pour obéir à Dieu et pour accomplir ses lois.
Toutes nos actions devant être des prières et des sacrifices , nous devons rapporter à Dieu toutes les actions de notre âme ou les actions conduites par la direction de l'âme. Ce rapport de nos actions à Dieu, qui les rend de véritables sacrifices, ne consiste point dans une oblation stérile et sans effet, incapable de sanctifier nos actions, parce qu'elle n'en est pas la cause ; mais il consiste dans une intention efficace qui , naissant du désir d'être unis à Dieu comme à la parfaite justice , de lui être parfaitement soumis et de n'avoir rien en nous de contraire à sa sainte volonté, nous porte à pratiquer les bonnes œuvres, parce qu'elles sont conformes à la volonté de Dieu et qu'elles nous servent à parvenir à celle parfaite justice à laquelle nous aspirons. Qui agit dans cet esprit, offre à Dieu de continuels sacrifices. Il pratique cette prière continuelle qui nous est ordonnée , les prières qui se font en certains temps, et qui ne peuvent être continuelles , ne servant qu'à ranimer et entretenir cette prière et ce sacrifice qui ne cesse point.
Nous devons être, selon l'Apôtre , les imitateurs de Dieu ; et un chrétien devrait mener une vie proportionnée à cette éminente vocation. Mais combien y a-t-il d'actions où on n'oserait dire qu'on imite Dieu? Or, il y a bien des actions où il est rare que la conscience soit assez éleinte pour nous faire cette réponse. Je ne sais, par exemple , si on oserait dire qu'on va à la comédie et aux spectacles pour imiter Dieu ; qu'on mène une vie inutile et fainéante à l'imitation de Dieu , et ainsi d'autres actions. Mais peut-on dire aussi, répliquera-t-on, que l'on imite Dieu dans les actions de la vie commune, en mangeant, en buvant, en dormant, en travaillant? Qu'cstque toutes ces actions ont de commun avec Dieu ? Oui, l'on peut le dire, quand toutes ces actions se font d'une manière sage et réglée, et' qu'on ne s'y porte que parce que la raison et la justice y obligent : car la règle qui les prescrit est la vérité et la justice. Ainsi, en la suivant on suit Dieu , on fait ce qu'il approuve , et l'on en juge comme il en juge ; c'est une espèce d'imitation, puisqu'on prend son jugement pour modèle du nôtre ; mais ce serait une impiété que de dire qu'on imite Dieu dans les choses que nous avons marquées. Car il n'y a point de règle ni de volonté en Dieu qui les autorise ; et ainsi ces actions ne pouvant lui êlre rapportées , doiventêtre regardées comme profanes, puisque nous n'oserions dire que nous nous y portons pour nous conformer à Dieu.
La charité est inséparable de l'accomplissement des commandements de Dieu: car on ne saurait aimer Dieu que l'on ne sache qu'il est ennemi de l'injustice. Or, c'est une manifeste injustice qae de désobéir aDica lorsqu'il nous commande quelque chose. Ainsi , quand même on ne pénétrerait pas la raison et la justice «les commandements, on voit clairement qu'il
est injuste d'j désobéir, dès que Dieu les fait. Il csl clair pa,r iù que l'exécution du commande-
ment de rapporter toutes actions à Dieu, n'est point si difficile qu'on pense, et qu'il suffit presque pour l'observer d'avoir vraiment la charité dans le cœur : car il suffit pour cela que le motif d'obéir à Dieu soit le principe de nos actions. Or ceux qui ont véritablement l'amour de Dieu dans le cœur agissent par ce principe, sans même qu'ils y pensent. Qu'on propose à un véritable chrétien une mauvaise action, comme, par exemple, un profit qui engagerait sa conscience; il le rejette incontinent, parce que Dieu le défend. Donc, quand il fait le contraire, ce qui le fait agir est que. Dieu l'oblige d'agir ainsi. Il est vrai qu'il y mêle souvent d'autres vues ; mais ce qui conduit et qui forme sa résolution, c'est le commandement de Dieu ; et quand toutes ces autres vues ne se présenteraient pas , il n'agirait pas autrement. Ce qui nous trompe souvent en ce point, est que nous jugeons du principe de nos actions par nos réflexions et par nos pensées, et que nous croyons qu'elles en sont le principe, quand nous les apercevons dans notre esprit ; mais il s'en faut bien que cela ne soit : car il arrive très-souvent que ceux qui rapportent leurs aclions à Dieu par des réflexions formelles, n'agissent point en effet pour Dieu, et que ceux qui ne les lui rapportent pas de cette manière expresse, ne laissent pas d'agir par amour de Dieu. Ce n'est pas qu'on puisse agir pour une fin sans l'avoir dans la pensée ; mais c'est qu'on peut l'y avoir de deux manières for! différentes : car il y a des pensées expresses , connues , déclarées, et il y en a de secrètes et de cachées dont l'esprit ne s'aperçoit pas par une réflexion expresse, Or, souvent la pensée qui fait agir n'est que de cette dernière espèce.
§ G. De l'action de grâces envers Dieu. — L'aclion de grâces , ou la reconnaissance des bienfaits de Dieu, est un devoir si important, qu'on peut dire que c'est en quoi consiste principalement la piété ; et ce n'est pas un bonheur d'avoir reçu des dons lorsqu'on est ingrat envers celui dont on lésa reçus. Il n'y a guère de devoirs de piélé que l'Ecriture nous recommande d'une manière plus forte que l'action de grâces, puisque saint Paul veut qu'elle soit continuelle. Rendez grâces, dit-il, en toutes choses (I Thess.,V, 18) : car c'est là ce que Dieu veut que vous fassiez tous en Jésus-Christ. Mais comme l'action de grâces ne consiste pas en paroles, mais dans les mouvemenls du cœur, et que ces mouvements supposent la connaissance des bienfaits de Dieu , il est utile, pour les exciter en soi, de s'en représenter le plus vivement que l'on pourra, et la grandeur, et la multitude. Nous avons non seulement reçu l'être de Dieu , mais généralement toutes les autres grâces; et il a eu de toute éternité une volonté expresse de nous les faire, et il lions les a faitesen quelque sorte, parce que l'action qui les opère dans le temps , et qui se termine à un effet temporel , est éternelle en elle-même. Sans parler des biens purement temporels que Dieu nous accorde , qui Ile reconnaissance ne lui devons-nous poinl pour les bienfaits qui se rapportent à notre salut ! INo
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ii(»us a- i-ii pas eus en rue tans ce qu'il a fait pour l 'établissement de la religion, dans loua
les miracles qu'il a opères, dans le triomphe, de l'£flise sur Us hérésies, dans les vérités contenues dans L'Ecriture qu'il a destinées (-t l'ait écrire pour notre instruction particulière!
COtmn« aussi ce qu'il a l'ail écrire par les père-, et dont il se sert BOUT nous éclairer? Comment penser que Dieu nous a donne Jésus-Christ , qu'il est né pour nous, qu'il a vécu , qu'il est mort et ressuscité pour nous, sans être reconnaissants ?
La multitude des bienfaits de Dieu surpassant infiniment la capacité et l'étendue de nos esprits, il est bon quelquefois de les considérer en détail, en y joignant celle condition commune, qu'ils naissent tous d'un regard éternel de Dieu sur chacun de nous et d'une volonté toujours subsistante de nous faire du bien. On peut donc considérer que Dieu exerce sa miséricorde sur nous, soit en nous délivrant des maux que nous méritons, soit en nous faisant des biens que nous ne méritons pas : Tune et l'autre de ces considérations nous ouvre un champ infini el nous découvre une multitude si prodigieuse de bienfaits, qu'il n'y a point d'esprit qui ne s'en sentît accablé, s'il pouvait les concevoir. Sans parler de l'exemption de beaucoup de maux donl Dieu nous a délivrés parsa boulé, et qui exige une grande reconnaissance, que doil-on dire des biens réels et effectifs donl il nous a comblés avec lantde profusion et de magnificence ? Qui pourrait comprendre ce que c'est que d'être appelé à l'Eglise, d'être incorporé en Jésus-Christ, de devenir par sa grâce membre de son corps, d'être nourri de sa chair et de son sang , d'être élevé à la qualité d'enfant de Dieu el de cohéritier de Jésus-Christ, d'être appelé à la paticipation de sa royauté et de son sacerdoce, d'avoir reçu le droit du royaume des cieux, c'est-à-dire de la possession de Dieu même, et enfin d'être rendu participant de la nature divine ?
Que ne devrions-nous pas faire pour reconnaître tant de boules? Et que faisons-nous cependant pour les reconnaître? Comment est-il possible que Dieu, étant attentif à nous, en tant de manières, pour nous faire du bien, nous soyons si peu attentifs à lui témoigner notre gratitude? Quelle proportion y a-l-il entre ce que nous rendons à Dieu et ce que nous en recevons, entre l'excellence de ses dons et la bassesse de nos œuvres 1 Et comment est-il possible que nous puissions employer pour d'autres fins que pour sa gloire cet esprit, ce cœur, ces biens, ce temps que nous avons reçus de lui? La miséricorde de Dieu est néanmoins si abondante, qu'au lieu de ce qu'elle aurait droit d'exiger de nous, et que nous sommes incapables de lui rendre, elle se contente de témoignages de gratitude proportionnes à notre faiblesse el à notre infirmité, poùn u qu'ils soient rentables el sincères. Mais ces témoignages ne consistent point en paroles, ni en pensées stériles, ils consistent dans les sentiments d'un cœur pénètre de reconnaissance el qui cherche à la faire paraire dans ses actions; ils consistent à se sentir
pressé de faire loui pour celui a qui on doit tout, a lui consacrer tout ce qu'on a re. u de
lui. a n'ni vouloir user que par ses i rdi ne nous pas attribuer ses dmis. ,-, ,, vouloir pas i|ii on m.us eu honore, a ne lui pas ravir la gloire qui lui appartient, à i les sentiments dune humilité sincère que foutes ses grâces ne nous étaient point du et à dire souvent dans son cœur, de
toutes les faveurs de Dieu : Qu'ai-p Dieu pour mériter ce discernement .' C'est donc un des plus puissants motifs pour n porter à l'amour de Dieu et pour nous r plir d'une confusion salutaire d'avoir été et d'être peut-être encore si infidèles envers un Dieu si plein de bonté
§7. De l'amour et du pardon dt -.—Il
n'est point de précepte plus difficile à remplir que celui de l'amour de nos ennemis, pan e que notre amour-propre s'y oppose ouvertement; cependant on ne peut nier qu'il ne soit renfermédans l'amour du prochain. D'ailleurs c'est un précepte de ne pas haïr ceux que Dieu aime et de faire du bien a i eui à qui il en fait. Donc puisque la bonté de Dieu embrasse encore les méchants durant cette vie, comment les hommes pourraient- il- avec justice les exclure des effets de leur amour! Ainsi l'exemple de Dieu est une raison décisive qui nous oblige à l'amour des ennemis, parce qu'il ne peut être permis d'avoir la \ olonlé opposée à celle de Dieu, et un chrétien ne doit avoir pour ennemi que le démon et ses propres passions, et pour qui il lui soit permis d'avoir une haine implacable.
Toutes les raisons qui peuvent portera haïr ses ennemis, ne sont que des raisons d'amour-propre, au lieu que les raisons de charité nous portent à les aimer : or il est injuste que l'amour-propre domine en nous et qu'il l'emporte sur la charité. Quelque méchants que soient les hommes, la charité peut bien nous porter à haïr leur méchanceté el leurs injustices; mais elle nous oblige en même temps à lâcher de les en délivrer. Mai-. si on pousse cette raison plus loin et qu'en prenant la conduite de Dieu pour modèle et pour règle de la nôtre, nous considérions celle qu'il a tenue à notre égard, nous serons aisément convaincus que la justice et notre propre intérêt nous obligent indispensablement à aimer nos ennemis; car toute l'espérance que nous pouvons avoir de notre salut est uniquement fondée sur l'amour que Dieu porte aux hommes devenus ses ennemis parle péché. S il n'avait pour eux que des mouvements de haine, leur perte serait assurée et ils seraient prives de toutes les grâci qu'il leur fait, soit temporelles, soit spirilbi I les, puisqu'elles oui toutes pour source cel amour qu'il leur a porte en les trouv anl dans ce malheureux état. On peut mériter de nouvelles grâces par ses prière- el ses bOMI enivres; mais ces prières et ces bonnes cruv res naissent de la grâce de la foi que Dieu nOUS a donnée, lorsque nous étions Ses I nne-
mis. Quiconque donc refuse d'aimer ses ennemis, se rend indigne de celte grâce j il dit
a Dieu par ses actions, qu'il ne veut pas Iinl-
L'ESPRIT DE NICOLE SUR LES VERITES DE L.\ RELIGION