‹ Démonstrations évangéliquesChapitre 290 sur 305 · il · texte numérisé non relu

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L'ESPRIT DE NICOLE SUR LES VÉRITÉS DE LA RELIGION

de scrupule d'une vie d'amusemenls, de mollesse , de divertissements, de curiosité, de vanité, d'entretiens et de visites inutiles. On ne donne presque aucune part à Dieu dans ses actions , et la plupart qu'on lui donne est ordinairement remplie d'une infinité de négligences , de distractions et d'irrévérences. 11 y a même quantité de préceptes auxquels on ne fait point d'attention et sur lesquels on ne s'examine point. C'est un précepte de mener une vie de travail et de pénitence; c'est un précepte de faire effort pour s'avancer dans la piété et pour se corriger de ses défauts ; c'est un précepte que de veiller sur ses actions , afin d'éviter et les tentations du diable et les surprises de notre amour-propre; c'est un précepte que d'être reconnaissant des bienfaits de Dieu ; c'est un précepte que d'aimer le prochain, et de lui rendre des assistances spirituelles et temporelles. Toutes les vertus sont de même de précepte, la tempérance, la justice, la prudence, la douceur, l'humilité, la modestie, le support du prochain. 11 n'y en a aucune dont on ne soit obligé d'avoir l'habitude dans le cœur. Qui fait réflexion à tout cela? Et combien y en a-t-il qui perdent la grâce, sans la connaître, par des fautes ou d'omission ou de commission, dont, sans le savoir, ils se rendent coupables contre ces préceptes?

II y a un grand nombre de péchés et de défauts qui sont criminels dans un certain degré et qui ne le sont pas dans un autre, et qui sont néanmoins d'une telle nature, que , quoiqu'on ne puisse pas en être entièrement exempt, ofl ne saurait pourtant discerner avec assurance en quel degré l'on en est coupable. L'orgueil est certainement un péché mortel dans un certain degré; cependant il n'y a personne qui puisse dire avec vérité qu'il n'a point d'orgueil, ni qui puisse discerner précisément la mesure et le degré de son orgueil. L'envie et la jalousie sont dans un certain degré des péchés mortels; or qui peut dire qu'il est totalement exempt d'envie et de jalousie? Et qui connaît le degré de celle qu'il a? L'aversion contre le prochain est criminelle dans un certain degré; fcependant personne n'est exempt d'aversion à l'égard de quelqu'un , et n'en connaît le degré : car elle est souvent bien plus grande qu'on ne pense. En combien de manières peut-on abuser des sacrements? Cependant qui connaît avec une entière certitude la grandeur de ces abus , et quels sont ceux qui sont capables de nous faire perdre la grâce de Dieu ? On peut la perdre et se rendre criminel par une parole, par une pensée , par un mou\emenl du cœur qui se dérobe ensuite à noire recherche. Ainsi il n'y a personne, quelque innoi ente qu'ait clé sa* vie en apparence , qui n'ait beaucoup de sujet de craindre , et qui puisse s'assurer de n'être pas du nombre de ces faux innocents qui seront bannis du festin de l'Agneau , et exclus du royaume de Dieu.

Mais s'il y a à craindre pour tout le monde, et même pour les âincs les plus saintes , il >

a infiniment plus à craindre pour certaines personnes qui , étant exemples de crimes grossiers , se contentent de cela , c-t ont peu de soin de s'avancer dans la piété; qui affrontent les périls et les tentations de la vie du monde par une confiance téméraire dans leurs propres forces ; qui sont peu touchées des fautes qu'elles commettent, et travaillent peu à s'en corriger; qui se permettenl tout ce qui n'est pas absolument défendu ; qui sont presque continuellement dissipées et occupées des pensées du monde ; qui prient peu, qui prient avec peu d'attention et de ferveur, et ont peu de soin de soutenir leurs prières par la mortification de leurs passions ; qui ont peu de de crainte des jugements de Dieu , et évitent même d'y penser ; qui mettent leur confiance dans certaines bonnes œuvres apparentes, qui sont plutôt des effets de la coutume , ou de considérations humaines , que d'une charité intérieure. De tout cela il s'ensuit qu'il y a beaucoup à craindre pour bien des personnes qu'elles n'aient perdu la grâce de leur baptême, et qu'il ne leur resle qu'un moyen de la recouvrer, qui est de recourir au remède de la pénitence.

§ 5. De la confirmation. — La confirmation est un sacrement institué par Jésus-Christ pour conférer aux baptisés le Saint-Esprit avec la plénitude de ses grâces et de ses dons, afin de les rendre parfaits chrétien;. Quoique ce sacrement ne soit pas absolument nécessaire comme le baptême , en sorte que l'OW soit damné pour ne l'avoir pas reçu , lorsqu'il n'y a point de mépris ni de négligence, cependant il est nécessaire en d'autres manières : car il est nécessaire pour suîisis.er dans la vie chrétienne par la grâce qu'il confère, et pour soutenir les attaques du démon. 11 est vrai que Dieu peut suppléer au défaut de cette grâce par d'autres moyens , comme par l'eucharistie; mais il ne le fait pas néanmoins ordinairement, si c'est par négligence ou par défaut de volonté qu'on s'est privé de ce moyen. Car, quand Dieu a attaché une grâce dans son Eglise à certains moyens extérieurs, c'est le tenter que de vouloir obtenir celle grâce par d'autres moyens que ceuxlà, puisque t'est vouloir l'obliger d'agir d'une manière extraordinaire, sans nécessité , ce qu'on appelle tenter Dieu.

On est devenu chrétien par le baptême et parfaitement innocent ; néanmoins on n'y reçoit pus toute la force nécessaire pour soutenir les attaques du démon, delà chair et du inonde, et pour s'acquitter sans crainte de Ce que Dieu demande de nous, principalement quand il s'agit de choses difficiles, comme de confesser Jésus-Christ devant les hommes, et défaire une profession publique de lui obéir. La vie que le baptême donne étant faible i t en état de s'éteindre bientôt, si elle n'e t l'orliiiée par de non I elles grâces, il s'ensuit qu'on a besoin du sacrement de confirmation pour être fortifié et devenir parl'iil chrétien. Ce sacrement, outre la grâce sanctifiante qu'il confère comme tous les autres ■ ncremeiils, cl par laquelle le Saint- Esprit est donne, donne cet Esprit saint avec plus d abondance; et

Bon effet est de remplir ceux qui le reçoivent avec de bonnes dispositions, il«- force et de courage, pour élever 1 âme au-dessus île loules les choses temporelles, pour la délivrer de la faiblesse et de l'enfance, pour la rendre capable d'agir et de souffrir pour Dieu, el de résister à tous ses ennemis. Le Saint-Esprit, dans ce sacrement, ne nous rend pas seulement fermes dans la loi et constants dans les persécutions que nous devons souffrir, mais il nous fortifie aussi dans l'espérance et dans l'amour de Dieu ; il nous rend victorieux de tous nos ennemis domestiques el étrangers ; il nous donne la ferveur dans la prière, et nous inspirant ce que nous ne savons pas demander par nous-mêmes , il nous aide à le demander avec des instances et des soupirs , comme dit saint Paul, qui ne peuvent s'exprimer ( Rom. , VIBL, 20) ; il nous fait embrasser l'humilité, malgré toute la résistance de l'orgueil ; il confond en nous la sagesse de la chair; et enfin il nous remplit en toutes rencontres et par tout l'exercice de nos devoirs, du courage et de la force de Jésus-Christ ; ce qui fait voir la nécessité de ce sacrement.

11 s'ensuit de là que le peu de soin que les chrétiens ont de se préparer au sacrement de confirmation et de le recevoir ; le peu de soin que les pasteurs ont d'y disposer les peuples qui leur sont confiés , sont les plus grandes sources de la corruption qui règne dans toutes les conditions : car chaque chrétien a, dans le cours de sa vie, à soutenir des tentations qui ont besoin d'une grâce plus forte que celle du baptême, et des autres qui y sont proportionnées. H y a presque pour tous des occasions où l'on succombe, à moins d'être parfait chrétien. Or on ne lest ordinairement que par la grâce de ce sacrement , reçue ou réparée par la pénitence; et ainsi on se laisse aller au vice, on ne s'en relève point, on persiste el on meurt dans le péché; et faute d'avoir eu soin de devenir parfait chrétien , on cesse, en quelque sorte, d'être chrétien, parce que l'on perd la grâce de son baptême. Que ceux donc qui n'ont pas encore reçu ce sacrement, aient soin de s'y préparer dignement; car puisqu'on ne le reçoit qu'une fois, on fait une perte presque irréparable en le recevant mal; et il est très-difficile d'arriver par d'antres voies à l'état où ce sacrement nous aurait établis. Que ceux qui ont reçu ce sacrement en mauvais état ou avec peu de préparation, comme il arrive assez ordinairement, en aient une douleur continuelle , et qu'ils lâchent d'obtenir de Dieu, par des exercices particuliers de pénitence, qu'il les rétablisse dans l'état d'où ils sont déchus; que ceux enfin qui l'ont bien reçu aient soin de conserver précieusement la grâce de ce sacrement, en menant une vie conforme à l'excellence «les dons qu'ils ont reçus. Nous avons été laits rois par la grâce de ce sacrement; vivons donc en véritables rois, ne nous reniions esclaves d'aucune créature, n'y attachons point nos affections el élevons-nous toujours au-dessus du monde. Nous avons élé faits prêtres par ce sacrement, pour nous offrir à Dieu en bolocauste avec son Fils : vivons en cet esprit de sacrifice, eteon-

EVANGÉLIQU! u,;

Ht ions à Dieu sans , esse toute-, nos actions el loul <e que nous sommes. Nous ivonsété rendus le tempiedu Saint-Esprit; ne permettons pas que rien profane en nous la sainteté de ce temple, et bannissons <1< nous toutes les

pensées et tous les discours qui seraient indignes des temples matériels, qui ne sont qu • la ligure des spirituels

N (i. De l'eucharistie. — L'eucharistie est un sacrement dans lequel , sous les esp du pain et du vin sont contenus le wai corps et le vrai sang de Jésus-Christ, pour la nourriture de nos âmes. C'est un mystère de foi : ainsi il faut croire que par la consécration, c'est-à-dire par les paroles mêmes de Jésus- Cbrist que le prêtre prononce à la messe , toute la substance du pain eldu \in est changée en (elle du corps et du sang de Jésus- Cbrist. Par la force des paroles, le pain n'est changé précisément qu'au corps de Jésus- Christ, el le vin n'est changé qu'au sang; mais comme ce corps est immortel et impassible , il n'est point sans son sang , ni le sang sans le corps, ni l'un ni l'autre sans l'âme et la divinité de Jésus-Christ : ainsi Jésus-Christ existe tout entier sous chaque espèce et sous chaque partie des espèces, il est visible que les accidents restent après la consécration . puisque nous voyons toujours l'apparence du pain et du \ in. et que nous en goûtons la saveur, et que nous en sentons les effets : mais il est de foi qu'il n'y a plus de pain ni de vin. II est visible que nous continuons d'apercevoir les apparences du pain et du vin ; la foi ne va pas plus loin, et la piété souhaite mémo qu'on s'arrête là et qu'on ne s'embarrasse pas dans des questions obscures, où nous n'aurions pour guide qu'une raison faible et ténébreuse. Ce sacrement est le signe, par la séparation des espèces , de la mort de Jésus- Christ et de son immolation sur le Calvaire , cl par les espèces mêmes du corps naturel de Jésus-Christ comme nourriture spirituelle, et de son corps mystique, c'est-à-dire de l'union de tous les membres de l'Eglise en un seul corps ; parce que le pain est fait de plusieurs grains de blé, et le vin de plusieurs grains de raisin. On peut ajouter que le mélange de l'eau avec le vin figure l'union des fidèles , signifies par l'eau, avec Jésus-Christ signifie par le vin.

La vérité de la présence réelle de Jesiis- Chrisl dans l'eucharistie est établie dans 11criture et dans les pères d'une manière convaincante. D'abord les paroles avec lesquelles Jésus-Christ institua ce mystère; savoir: Ceci est mon corps, ceci est mon san</ i Mollit., XXVI, 26), en sont une preuve d'une force si tranchante, qu'une personne de bonne foi ne peut manquer de se rendre' tant ces paroles font une impression naturelle sur un esprit qui n est point préoccupé île contention cl de dispute. <>r un homme de bonne foi ne peut nier que ces paroles n'aient fait entrer tous les chrétiens dans la doctrine de la présence réelle, cl cela sans contestation ni dispute, et suivant seulement l'impression qu'elles faisaient sur leurs esprits : ce qui parait manifestement par l'union de toutes les sociétés

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chrétiennes , dans la doctrine de la présence ré die du temps deBérengcr, qui l'a attaquée le premier, qui dure encore à présent, quoique quelques-unes de ces sociétés se soient séparées de l'Eglise romaine depuis le cinquième siècle, et n'aient point eu de communion avec elle depuis ce temps-là.

D'un autre côté les pères de l'Eglise de tous les siècles nous fournissent des preuves très-fortes de la présence réelle, dont voici les principales. Ils disent souvent que l'eucharistie estla chair et le sang de Jésus-Christ ; que c'est une vérité dont il ne faut pas douter, parce que Jésus-Christ l'a déclaré; que l'eucharistie est le propre corps de Jésus-Christ ; que Jésus-Christ vient dans nous par sa propre chair ; qu'il est mêlé avec nos corps , et qu'il s'introduit dans nos corps par la chair qui est unie, et qui est devenue vivifiante par l'union avec le Verbe; que nous ne sommes pas unis à Jésus -Christ dans l'eucharistie seulement spirituellement, mais aussi corporellcment; que le corps de Jésus-Christ est divisé sans division, qu'il est partagé sans séparation de ses parties , qu'il est toujours mangé et n'est jamais consumé; que sous chaque partie des hosties que l'on rompt Jésus-Christ se rencontre tout entier; que le pain et le vin sont convertis, transélémentés, transformés au corps et au sang de Jésus- Christ; que le corps de Jésus-Christ que les fidèles connaissent est l'accomplissement de tous les anciens sacrifices, et que l'eucharistie est le seul sacrifice de la loi nouvelle. Toutes ces expressions des pères confir ment admirablement la présence réelle de Jésus-Christ dans le sacrement de l'eucharistie.

Les pères ayant entendu ces paroles de Jésus-Christ : Si vous ne mangez ta chair du Fils de l" homme, et ne buvez son sang, vous n'aurez pas la vie en vous (Jean, VI, 54) , de la réception de Jésus-Christ dans l'eucharistie, on doit unanimement regarder l'eucharistie comme le principal moyen dont Dieu se sert pour vivifier nos âmes et nos corps. Elle vivifie nos âmes par la rémission des péchés qu'on ne connaît pas ; elle remet même ceux qui sont déjà remis par l'absolution du prêtre, en achevant de détruire et d'effacer tous les restes, et en augmentant la charité qui les anéantit; elle remet particulièrement les péchés véniels que les justes commettent; elle les vivifie par la communication du Saint- Esprit et de l'augmentation de la foi, de l'espérance et de la charité; elle les vivifie par l'infusion d'une vigueur et d'une force spirituelle qui aident à résister aux grandes tentations ; elle les vivifie par la diminution de la concupiscence et de la corruption que nous lirons d'Adam, soit dans l'âme, soit dans le corps; de sorte que Jésus-Christ étant en nous par ce sacrement , réprime la loi de la chair, réveille la piété et mortifie nos passions. Enfin elle vivifie , en imprimant dans nos corps mortels, une semence de vie et d'immortalité, par laquelle ils seront un jour rendus immortels et glorieux. Mais on doit comprendre que tes effels admirables ne sont

communiqués qu'à ceux qui communient dignement.

§ 7. De la communion. — L'eucharistie étant la source de la vie, il s'ensuit que toute la vie chrétienne doit se régler par rapport à l'eucharistie; que notre principal soin doit être de nous y bien préparer; que noire principal désir doit être d'y participer; que notre principale douleur doit être d'en être privés. Après cela nous étonnerons-nous que les chrétiens soient si languissants, qu'ils aient si peu de force et de vigueur pour les bonnes œuvres et pour résister aux tentations, puisqu'ils ont si peu de soin de puiser la vie dans la source de la vie ; puisqu'ils sont si peu occupés du soin de se préparer à ce sacrement, et si peu touchés de la grâce que Dieu leur fait de les y admettre? On communie certains jours par coutume, mais après avoir communié on n'y pense plus. Communier, ce n'est point dans la plupart des chrétiens, une action principale qui ail des suites considérables. Ainsi, comme on reçoit ce sacrement avec indifférence, il ne produit point de bons effets. Plût à Dieu qu'il n'en produisit point de contraires, et qu'au lieu d'être dans la plupart des âmes un principe de vie il n'y devînt point un principe de mort, et qu'il n'augmentât point leurs ténèbres, leur froideur, leur dureté! et c'est néanmoins à quoi se termine très-souvent la réception de ce divin sacremcnl, qui étant établi pour vivifier les âmes bien disposées, donne la mort à celles qui ne le sont point.

Cette propriété de l'eucharistie nous apprend de plus que tous les besoins et tous les emplois de la vie chrétienne nous appellent à l'eucharistie, pour y trouver ou le remède ou la force qui nous est nécessaire. Si l'on est pressé des tentations, c'est dans ce sacrement qu'il faut puiser la force d'y résister : et c'est pourquoi l'ancienne Eglise ne croyait pas que les chrétiens pussent être suffisamment disposés à confesser Jésus-Christ dans les tourments, s'ils n'étaient armés de l'eucharistie. S'il faut former des entreprises pour l'honneur de Dieu et pour notre salut, c'est dans ce sacrement qu'il faut trouver la lumière et la force de les exécuter. Mais comme toutes les actions chrétiennes dépendent en cette manière de l'eucharistie, on peut conclure de même de tous les défauts des chrétiens,qu'ils reçoivent mal l'eucharistie. Toutes les bonnes actions sont les effets des bonnes communions, et toutes les mauvaises sont des effets ou des communions sacri éges ou du mépris de la communion. L'état même du péché ne laisse point d'avoir un certain rapporta l'eucharistie; carie plus grand mal des pécheurs impénitents, et qui contribue le plus à leur condamnation, c'est l'abus ou le mépris qu'ils en font, et la plus grande marque qu'un pécheur est vraiment touché de Dieu, c'est d'avoir une vraie douleur de ce qu'il a mérité d'en être privé, et un vrai désir de s'en approcher selon l'ordre et les règles de l'Eglise.

Communier dans l'état du péché mortel,

Dl MONSTRATIOM I II LIQ1 K.

c'est »'exposer .1 commettre un c'est se rendre coupable «lu sang de J<

I ,11 le répandant inutilement) en le profanant, en le taisant eu quelque sorte mourir; c'est manger et boire sa condamnalion. Quand donc un est dans l'état du péché, il faut recouvrer la grâce par le sacrement de pénitence ; niais, il ne faut point communier que les nuages dont l'âme était couverte ne soient tli i< ipés, qu'on n'ait fait îles œu\ res «le péni- , et qu'on ait une juste confiauce de ne point retomber. Les choses sainte-, sont pour le, saints; ainsi, celui qui n'est pas saint ne doit point approcher de l'eucharistie : or ce, n'est pas (exemption des péchés qui l'ait un homme saint, mais la présence du Saint- Esprit dans son âme, et une riche abondance de bonnes œuvres. Il n'est pas ici question d'un état de perfection, mais de l'état commun des vrais chrétiens, qui s'appelle sainteté et force dans le langage de l'Eglise, quoiqu'il soit accompagne de beaucoup de faiblesses et d'imperfections ; mais une âme chancelante dans le bien, et qui n'est pas arrivée jusqu'à un éloignement ferme et slable du péché mortel n'est pas digne de participer à l'eucharistie selon l'esprit de l'Eglise.

A l'égard de ceux qui sont exempts de péchés mortels grossiers et visibles, il leur est important de s'éprouver et d'examiner sérieusement s'ils ont raison de se croire dans la grâce, et -i leur vie est effectivement chrétienne, y ayant une infinité de personnes qui s'y trompent : car il y a des péchés considérables qui sont cachés et moins sensibles; une mauvaise vocation, l'intérêt et la vanité qui font demeurer dans un emploi dont on est incapable, le mauvais emploi du gros de sa \ ie, qui fait voir souvent qu'on n'a pas Dieu pour fin, la vie de divertissement, de jeu, d'ambition, de dissipation, de désirs tout séculiers. Il faut donc examiner si l'on a quelque soin de s'avancer dans la piété et de se nourrir de la vérité; si l'on mène une vie de prière ; si l'on fait quelque effort pour empêcher que le monde et ses maximes ne s'emparent de notre esprit; si on a quelque marque de l'esprit de Jésus-Christ , qui porte toujours à l'humiliation, à la souffrance, à la séparation du monde, à l'adoration intérieure; si l'on lâche de réparer par la pénitence les péchés journaliers que l'on commet par fragilité. Si l'on remarque en soi ces dispositions, on peut alors communier; mais si l'on aperçoit tout le contraire, il convient de différer jusqu'à ce qu'on soit mieux disposé.

On doit encore B'abslenir delà communion, lorsqu'on sent de l'affection aux pèches véniels, de la tiédeur qui vient d'une vie relâchée et dissipée, qu'on ne sent pas assez de de\ oiioii ; parce que c'est recevoir Jésus- Christ en (unique sorte indignement que de ne pas s'en approcher avec assez de révérence, de circonspection et d'attention : et l'on doit s'en approcher plus fréquemment OU plu- rarement, selon le progrès que l'on lera dans la pieté. Mais à l'égard des personnes

de piété, il leur est plus utile de s'en approcher avec confiance que de s. n éloigner goui j texte de respect.

S'il v a de bonnet ni.,.. -tirer de

la communion, n j en ,, ,i ,,, , ut

dire élre fort mauvaises. Ceux qui abusent

de la séparation de l'eucharisti. ux

qui s'en séparent par indifférence, car ils font un très grand outrage à Jésus-Christ, en fai anl ii peu d'état du pu;- grand i lui d<

boute pour Les hou, mes. Ce sont ceu\ qui fuient Jésus-Christ dans ce mystère comme

les criminels fuient le vis.'i'.'e de leur jul

ont ces âmes négligentes qui s'en retirent par paresse. C'est à la vérité une chose horrible >!. s'en approcher indignement . mais c'est toujours un péché qui et capable de nou> perdre que de ne pas s'en approcher par une notable négligence. Ce sont ceux qui en étant sép irés pour de ju*!* s raisons ne travaillent pas à s'en rendre dignes, et demeurent dans la tiédeur. Ceux donc qui sont dans la privation de l'eucharistie, doivent regarder cet état comme le plus grand mal de celte vie, et comme ce qui devrait être le sujet unique de leur douleur. Ils doivent retrancher tous les obslacies qui les i n réparent, en évitant toutes les occasions du péché. Ils doivent substituer d'autres exercices pour nourrir leurs âmes dans cette privation, comme la prière, la retraite, la méditation de la parole de Dieu, la lecture, les aumônes , la mortification : car d'être privé de l'eucharistie sans avoir soin de nourrir son âme par d'autres exercices de pieté, c'est imiter les malades frénétiques qui ne voudraient pas prendre des aliments proportionnés à leur faiblesse, lorsqu'ils ne sont pas capables de viandes solides.

§ 8. Du sacrifice île lu messe. — L'homme est naturellement obligé de se rapporter à Dieu, de se consacrer à sa gloire, de chercher en lui son souverain bien, de lui offrir tout ce qu'il a reçu de lui, et par conséquent son élre et soi-même, afin qu'il en dispos,. souverainement: c'est la tin de son être : c'est un devoir indispensable de justice; et comme il est compose d'âme et de corps, et qu'il vit en société avec d'autres hommes, il est obligé de faire paraître celte disposition d'homii, et de culte intérieur à la vue >!es homn pour les porter à rendre à Dieu le même respect; ce qui ne peut se faire (pie par quelque signe extérieur qui leur marque celte oblalion et ce sacrifice intérieur : c'est ce qui se lai! par le sacrifice. M.'is l'homme s'él mis hors d'état par le péché de satisfaire à une obligation aussi essentielle . la sa-esv,. divine a trouve un remède à ce malheur terrible. Dieu ne pouvant recevoir ni les sacrifices des animaux ni celui des homme . Je- BUS-Chrisl est venu pour s'offrir lui-même et pour suppléer à l'imperfection de ces sacrifices. Il s", si donc offert à Dieu en sacr ! sur la croix par les mains des Juifs avec I- s mouvements ineffables de la charité qui ont formé son sacrifice intérieur , et il continue de s'offrir dans L'Eglise en sacrifice non sanglant par le u inislèiv des prêtres.

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