‹ Démonstrations évangéliquesChapitre 30 sur 305 · SECOND POINT · texte numérisé non relu

SECOND POINT

Vous croyez que la foi des fidèles est si efficace , que leurs enfants mourants sans baptême sont sauvés. Calvin enseigne cette doctrine , et la connaissance qu'en ont les plus grossiers d'entre vous , me décharge de preuve (IV. Instit. cap. 15).

Cependant bien que vous fassiez profession de détester toutes les erreurs des Pélagiens, votre créance en ce point est une de leurs hérésies, comme il paraît par saint Augustin qui la rapporte comme telle au catalogue des Hérésies : Ils promettent, dit-il , aux enfants non baptisés une heureuse et étemelle vie (2). Ce qu'il condamne de telle sorte , qu'il ajoute aux livres qu'il a faits contre eux (3). Ne veuille pas croire , ne veuille pis dire, ne veuille pas enseigner, t/tte les enfants prévenus (le mort (leva ni t/tte d'être baptisés , puissent parvenir à la rémission de leur péché oriyinet, si tu veux être catholique.

Donc cet article de votre foi est condamné en la personne des pélagiens.

Que si vous mettez en avant que voire créance et celle des pélagiens sont bien dif-

(4) Lib. 1. Fabul. heerelicarum. c. 1. Non per nouas aciioncs, sed per graiiam eos esse Balaiera consecuios.

(2) Lib. de bœr. hœr. 88. Promiiiunieis œternam et beatam rraamdam vilain.

(3) Lib. 1. île anima ci cjus origin. c. 9. Noli (redore, noli ilicerc. noli docere infantes anlequam bapUsentur moricprrevenios, pervenire posse ad origiualiuu indulgeniiam pacealorum.

férentes, en ce qu'ils estimaient que toit

enfant mort sans baptême, était jouissant de la gloire de Dieu , ce que toutefois vous

n'accordez qu'à ceux qui sont prédestinés. En ce davantage qu'ils assignaient aux enfants morts sans baptême, un lieu différent (le celui où sont ceux qui ont élé régénél I - , ce que vous ne laites pas. Je réponds que la première différence , qui est entre \ OUS el les pélagiens, n'est qu'au nombre plus grand ou plus petit des enfants . que vous croyez sauvés sans être baptisés; et non en la substance de l'erreur împugnée par S. Augustin , qui enseignant qu'aucun enfant ne peu! être

sauvé sans baptême, vous condamne tous deux en ce quoi vous convenez , savoir est qu'il y en a qui sans baptême sont sauve-, lit quant a la seconde différence, qui consiste en ce que les pélagiens assignaient aux enfants morts sans baptême un autre lieu que celui des baptisés , elle vous est désavantageuse, et ne diminue point la force de mon argument , pour la validité duquel il suffit que les pélagiens aient estimé comme vous , que sans le baptême on peut jouir de la \ ie éternelle. Ce que S. Augustin condamne clairement, leur reprochant qu'ils promettent une heureuse et éternelle vie aux enfants qui ne sont pas baptisés.

Que celle différence vous soit désavantageuse, la déduction du fait vous le fera connaître. Les pélagiens soutenaient que les cillants étaient sauvés sans baptême : on leur opposait ce passage : Si quelqu'un n'est i > g< néré de l'eau et du S. Esprit , il n'entrera point au roijaitmc des deux { Jean 111, 5). Eux convaincus par la clarté de ce lieu . confessaient bien que le royaume des cieux n'était préparé que pour les seuls régénérés ; mais ils assignaient outre le ciel un troisième lieu, auquel ils établissaient les enfants morls sans baptême. Ainsi ils déferaient à la clarté de ce passage ce que vous ne faites pas , puisque vous niez absolument qu'il exclue du royaume des cieux les enfants morls sans le sacrement, quoiqu'il dise en ces termes exprès qu'ils n'y auront point de pari. En quoi vous faites voir clairement que \olre hérésie a moins de front que celle de ces anciens hérétiques : puisque vous niez hardiment . comme chose qui vous est préjudiciable , ce qu'ils n'ont jamais ose révoquer en doute, encore qu'il lui contre eux.

Il parait donc, sans que vous puissiez vous en défendre, que cet article de voire foi . par lequel vous soutenez . que les enfants morls sans baptême sont sauves, a été condamné par l'ancienne Eglise en la personne de Pelagius.

Cependant de peur que les différences qui sont entre son erreur el la vôlre. ( quoique inutiles pour vous garantir d'anathème), vous empêchent de confesser que vous soyez condamnes en sa personne : pour vous donner lieu de vous condamner vous-mêmes, je vous montrerai en saint Augustin la condamnation de votre propre erreur, en la personne d'un nomme Yincentius , qui sans assigner un troisième lieu , ainsi que faisaient les pé-

DES PRINCIPAUX POINTS DE LA FOI

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Iagicns, accordait comme vous, absolument le royaume des cicuxaux enfants non baptisés. Il a osé, ditS. Augustin (1) , promettre aux enfants non baptisés le royaume des deux, ce que les pélagiens n'osèrent jamais faire.

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