‹ Démonstrations évangéliquesChapitre 31 sur 305 · TROISIÈME POINT · texte numérisé non relu

TROISIÈME POINT

Vos docteurs enseignent que Jésus-Christ a violé par sa naissance, l'intégrité de sa mère, ainsi que font tous les autres enfants. Witakerus, se justifiant de plusieurs erreurs (2) , que ce grand cardinal Beliarmin attribue aux siens avec raison , avoue ingénument cette opinion , et s'efforce de la défendre , ce qui ne m'oblige point de m'amuser maintenant à la convaincre, me suffisant de faire voir que c'est l'ancienne hérésie de Jovinien , condamnée au quatrième siècle , ainsi que S. Augustin le rapporte en ces mots : Jovinien, dit-il, détruisait la virginité de Marie , disant qu'en enfantant elle avait été corrompue (3).

Et ne sert de rien pour faire voir qu'en ce point votre créance est différente de celle de Jovinien , de mettre en avant qu'il abolit la virginité mentale de la Vierge, ce que vous ne faites pas ; d'autant qu'il est clair que Jovinien lui dénie la virginité corporelle. Tant à cause que S. Augustin impugnant cet hérésiarque défend cette virginité, que parce que la raison qu'il apportait pour montrer que la Vierge n'avait pas conservé sa virginité était fondée sur son accouchement, et qu'il soutenait qu'on eût cru le corps de Jésus-Christ n'être qu'un fantôme, s'il n'eût pris naissance en la façon des autres hommes, ce qui ne touche point la virginité mentale , mais bien celle du corps.

Donc c'est chose constante, que la créance que vous avez en ce point a été, en la primitive Eglise, condamnée en la personne de Jovinien.

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