‹ Démonstrations évangéliquesChapitre 32 sur 305 · QUATRIÈME POINT · texte numérisé non relu

QUATRIÈME POINT

Vous tenez et enseignez qu'il n'y a que les justes qui soient en la vraie Eglise, qui est une erreurcondamnée auxdonatistcs il y a plus de 1,300 ans.

Que vous ayez cette opinion (4), Calvin le fait paraître en ces mots : Nul n'est reçu en l'Eglise, qui est vraiment Eglise devant Dieu, que celui qui est Fils de Dieu par la grâce d'adoption. Et votre confession le porte en

(I) Lib. de anima et cjus orig. c. 9. Isle aulem (Ymccnlius) cum conftleatur parvulos originali obslrictos esse peccalo, cis cliam regnum cœlorum non bapiizatis ausus est polliccri , quod nec illi ausi sunt, etc.

(2)Conlr. II. q. 5. cap. 7. Docuil Jovinianiis Mariam amisisse virginilatem in parlu. Uespondco : Tum impudeniissimus hxreticus fuit. Scd ail nos similiter docerc, et nominal Duccrum ac Molimeum. Hesp. Hoc ait, quia non admiltimus fictam illam parltis ralioncm, etc.

) (6)Ha?rcs. LXXXII. Virginitatom Maria; dcslruebat ilicens cam parieudo fuisse corruplam.

(4)IVi lnsi. c. 1. § 7. in Eccl. Quœ rêvera est coiam Dco nulli recipiunlur nisi qui adoplionis gratia Filii I >e i siini.

DÉHON8T. Kvam. III

ces termes : Nous disons donc que la vraie Eglise, suivant la parole de Dieu est compagnie des fidèles qui s'accordent à suivre cette parole, et la pure religion qui en dépend, et qui profitent en elle tout le temps de leur vie (1).

Que cette opinion ait été condamnée es oonatistes pour hérésie , S. Augustin le fait voir en ce qu'il la rapporte comme impugnée par lui et les catholiques aux conférences qu'ils avaient avec eux : Ils disent que la zizanie se trouve mêlée parmi le blé , non en l'Eglise , mais au monde; ils disent qu'on ne peut pas bien concevoir une Eglise en laquelle le froment et la zizanie croissent ensemble^).

Vous direz encore , comme aux autres points précédents, qu'il y a grande différence entre l'erreur condamnée es donatistes et votre créance, d'autant qu'ils niaient que les méchants fussent en l'Eglise visible, ce que vous admettez, niant seulement qu'ils soient en la vraie Eglise.

A quoi je réponds, qu'encore qu'il soit vrai que l'Eglise, dont les donatistes excluaient les méchants, fût visible, cela n'empêche pas qu'il n'y ait conformité entre eux et vous ; et ce en quoi je l'établis, savoir en ce que les uns et les autres ont exclu les méchants de la vraie Eglise. Il est vrai qu'il y a cette différence entre vous et eux , qu'ils reconnaissaient l'Eglise visible vraie Eglise, ce que vous n'accordez qu'à l'Eglise invisible : d'où il s'ensuit que les donatistes cl vous . différez en la question, qui consiste à savoir si la vraie Eglise est visible ou invisible, mais non pas en celle qui consiste à savoir si les méchants sont en l'Eglise , puisque vous les en excluez également. Ce qui fait que montrant comme cette opinion a été condamnée d'hérésie en la personne des donatistes, je montre que pareillement elle doit être condamnée en vous.

Que ce soit de la vraie Eglise que les donatistes aient exclu les méchants , S. Augustin Je fait paraître : puisqu'il (3) dit en termes exprès qu'ils niaient que. les méchants fussent en la vraie et légitime Eglise catholique: (4) et ailleurs qu'ils fussent dans le corps de Jésus-Christ , duquel Jésus-Christ est le sauveur, qui sont les propres termes avec lesquels (5) vous exprimez la vraie Eglise : et partant, c'est chose indubitable, que cet article de votre créance est condamné en la primitive Eglise, en la personne des donatistes.

Vous direz peut-être que vous donneriez les mains volontiers, si nous faisions voir

(1) Art. 27.

(2) In collatio. 3. die. c. 8. : Zizania inter triticuni non in Ecclcsia, scd in imindo permixta dixerunl. Et c. 10. : Non bene inielligi, aiunt, Ecclesiam in qua simili cl trilictim cl zizania jussa sunt cresecre.

(3) Lib. H. contra Gaudent. c. 2 : In veragermanaque catbolica Ecclcsia.

(i) Lib. de unit. Eccl. c. % : In corpore Chrislî cujus Clirislus est Salvalor.

(5) Wilakcr. contr. 2. q. 1. c. 7. in Eccl. calliolica aux esl corpus Clirisli. Item, possuht esse visibili Ecclcsia reprobi, scd non in Ecclcsia catbolica.

[Cinq.)

DÉMONSTRATION tS U1GÉI i«,»i i

que rolre créance ait condamnés «■> quatre points, par quelque concile général on li primitive Eglise : mais que l autorité d'un ou deui pères est de nulle considéra - Lion; et que partant nous ne receves aucun préjudice pour fin; condamnés par eux.

A cela je réponde premièrement que ce

n'est pas Cfeoae nécessaire, que l'autorité d'un concile général intervienne toujours

pour la condamnation d'une hérésie; ce qui parait, en ce que les pélagtens ne voulant pas se tenir condamnés, parce qu ils ne 1 étaient pas par an concile général, S. Augustin se moque de ici échappatoire : Comme si, dit-il, nulle hérésie n'avait été condamnée que par un synode, va qu'au contraire il s'en est trouvé fort peu pour la condamnation (lesquelles il ait été besoin de l'assembler, et que sans comparaison il y en a eu beaucoup plus qui ont mérité d'être réprouvées et condamnées au lieu oii elles ont pris naissance, d'où elles ont puètrecounuespar toute la terre, pour devoir être évitées (1). Je dis en second lieu, que je ne mets pas en avant le témoignage d'un ou deux pères contre nos adversaires , comme si j'estimais leur autorité suffisante pour condamner leur opinion; mais bien parce qu'elle est suffisante pour faire voir quelle était en leur siècle la créance de l'Eglise, par laquelle nous tenons à juste titre pour condamner d'hérésie ceux qu ils rapportent l'avoir été : étant raisonnahle, même' au jugement des moins sensés, de croire plutôt ces anciens de ce qu ils disent s'être passé en leur temps , que i ous qui n'y étiez pas. Principalement puisque (2) S. Augustin nous apprend qu'ils ont tenu ce qu'ils ont trouvé en l'Eglise, qu'Us ont enseigné ce qu'ils ont appris, et ont laissé à leurs enfants ce qu'ils ont reçu de leurs pères.

Ne pouvant vous garantir par celte réponse, vous aurez peut-être encore recours à un autre, disant que S. Augustin, S. Epiphan'e, Théodoret et autres, qui ont fait les catalogues des hérésies, n'ont pas entrepris de n'y mettre que les hérésies de propre acception, ce qui l'ait que montrer qu une opinion y est insérée, ce n'est pas suffisamment montrer qu'elle ait été condamnée comme

hérésie.

A quoi je dis premièrement que celte réponse est sans rondement et sans preuve. Secondement, que le but qu'oui les père-, réduisant en ordre, et faisant comme une liste de toutes les hérésies , montre clairement qu'ils n'y en mettent point que de propre acception, puisque leur dessein est de recueillir ensemble toutes les opinions qui

< 1 1 L. IV. contra duas épis t. Pelagii, cuttimo: Quasi imlla hseresh nnquando ntoisynodi congregalione damnala sil, cinu potins rarissime invenianlur propter quas damnandas nécessitas «dis extiterit, muttouue sint ci incoroparabiliier pluies an» ubi exlilerunt, lllic improbari datnnsrique rtereenrtil atqoe inde pei câbleras terras devilandae innoiescere poloeruirt.

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