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CHAPITRE XVII

La religion prétendue réformée battait toute vertu.

Que votre religion bannisse et ah"' toute vertu, quoique la houle vous le fa nier, je le lerai confesser à vos propres auteurs , qui en seront crus , à mon avis , nul n'étant suspect en sa cause.

Que l'homme sache (3), dit Luther, que toute sa vie et toute son action, n'est autre chose que péché damnable au jugement de Dieu (h). Ceux, dit Calvin , qui si rieusen s'eitquerront de la vraie règle de la justice (elle qu'elle est au jugem < Dieu, trouveront

certainement que toutes les œuvres des hommes estimées selon leur poids et dignité , ne t autre chose que souillures et saletés, et que ce qui est vulgairement appelle justice devant Dieu est une pure iniquité.

Si Dieu (o), dit Bèze, épluchait à la rigueur les plus excellentes wuvn nmes , on ne

saurait résoudre autre chose, sinon que ce de pures pollutions des dons de Dv

(\) L. do lianes : Pi lis a me m do lia résinai aiiquid scnbani dignum leclione cupicniiuin dugmaia deviure eonlraiï i Ud i du istiauc

(î) Lib. île llnYs:Quid coulra isla senlial cailiulit a Lcclcsia, superfluo quxrilur, cum propter Ime Bcire sufficial cain contra ista seiilire, nec aiiquid horiuii in Gdera quemquani debere recipere. Possunlel hareses alise c|u.e iu soc opère commemeratat non -mu vol esse vel licri, qnanim aliquam quisquis leimeiii chrislianus caliiolicus non eiii.

(3 Lflthcr lib. De bonis operibus .Sciai homo omîiem ejus viiaui cl aciionem nibil aliud nisi damnabilia esse pcoaia in Dei jmlicio.

(4) i.aiv. 111. Institut, c. lî. 6 4:Qai serio tanquam suit ivi conspe m de vei a jusiïtia régala qna rem, illi (orio conipenenl onmia hoinmnin opéra, >i sua laie censeaiilnr iriMI nisi inqoinameii ci quae juslilia vulgo babeUir, eam apud l>euni mer- ni esse miquiralem.

Ueza conTess. fldci c. 1. art. 19 : Si suniffl inqoircicl Deus iu i| >a quoque prxstanliwiina h< m iiiiin opéra, niliil aliud po-scl se Rs ronslitui

DES PRINCIPAUX POINTS DE LA FOI

œuvres sont exactement examinées (1) , dit Parœus, l'un de vos meilleurs écrivains, entre les modernes, scions la rigueur de la loi de Dieu, ce seront purs péchés. Vous dites en votre (2) catéchisme qu'il y a toujours quelque infirmité de noire chair mêlée parmi nos enivres, dont elles sont souillée:;, ce qui IYI paraître clairement que toutes bonnes œuvres sont mauvaises, puisqu'ainsi que l'être du bien procède d'une cause entière, le mal procède du moindre défaut.

Or si toutes les œuvres devant Dieu, qui comme dit (3) l'Apôtre aux. Romains, reconnaît et juge toutes choses selon qu'elles sont en elles-mêmes, ne sont que péchés damnablcs, que souillures, que saletés, que pures iniquités, purspéchés, pures pollutions des dons de Dieu : il est clair qu'il n'y a ni bonnes œuvres, ni aucune vertu au monde, étant impossible que la vertu et le vice soient en un même sujet, beaucoup moins encore que la vertu soit en une action qui est pure iniquité , pur péché, pure souillure. (II, Corinth. VI. Quœ enim participatio justiliœ cum iniquitate, aut quœ societas luci ad tencbrasl ) Donc il paraît que vous bannissez et abolissez directement toute vertu , et détournez indirectement et par conséquence les hommes de toute bonne action, puisque toutes celles qui sont estimées bonnes devant les hommes, sont souillure et péchés damnablcs devant Dieu , ce qui fait que quiconque le craint et l'aime tout ensemble, s'en doit abstenir, comme de chose qui lui est désagréable.

Peut-être direz-vous que votre doctrine ne détourne pas les hommes des bonnes œuvres, pour enseigner que ce sont autant de péchés devant Dieu, d'autant qu'elle enseigne tout ensemble que tels péchés ne sont pas imputés à celui qui les commet.

lUais cette fuite vous sera inutile , attendu que celui qui a la crainte Gliale, ne regarde pas seulement l'imputation qui lui doit être laite de sa faute, et la peine qu'il en doit porter, mais principalement l'offense de son père, auquel il ne doit et ne veut pas déplaire ; ce qui fait qu'il s'abstiendra de toute action qui lui pourrait être désagréable, et de plus qu'il y est obligé.

Aussi peu vous scrvira-t-il de mettre en avant, que vous n'enseignez pas que les œuvres soient mauvaises de leur nature, mais seulement par la corruption de l'homme ; d'où vous inférez qu'on n'est pas obligé de les fuir; d'autant qu'outre que quelquesuns des {k) vôtres les soutiennent mauvaises de leur nature, il suffit pour être obligé à les

(1) Parxus lib. IV.de Juslifl. c. 15. Eadcm opéra ( hona ) si dislriclius ad logis rigorcm cxamîncntur a l)co, mera erunt peccala.

(2) Diinan. XX.

(3) Rom. II. jiidiciuin Dci secundum verilatem. Luther in connilatioueLaiomi. Slat opusbonum

walura sua esse immundum. Et assorti, ait. 52. Opus boiiiim oplime factum est peccatum veniale, non nalura sua, sed mi ericordia l»<i. Wiiak. 1.2. de Pecca. orig. c. 3. Docemus morlaliler scinper peccari a justis ex n mua rci cl aclionum ipsariini, licct pro hiijusmodi non rcputcntnr.

fuir qu'elles soient mauvaises, soit par nature, soit par accident, puisque la lumière naturelle nous apprend que tout mal sans exception doit être évité, et que Dieu ne doit être offensé en aucune façon, soit par acïe mauvais de sa nature, soit mauvais par accident. Ce qui m'est aisé de faire entendre, par exemple, n'y ayant personne qui ne sache que quoique l'aumône soit bonne de sa nature , étant mauvaise par accident, quand elle est faite à mauvaise lin, il n'est pas permis de la faire ainsi.

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