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l'autre en français. Personne u était né avec un esprit plus philosophique dit un 6 rivaui * 1 l bre ; et nous croyons pouvoir ajouter, avec un esprit plus tbéologique : mais il est malheureux qu'il n'ait pas toujours r lusacré à la défense de la vérité un génie l'ait pour éclairer Ifs hommes. Il vécut jusqu'à 82 m- dans une retraite ignorée, bans fortune, lui dont le neveu avait été minisire d'état, lui qui aurait pu être cardinal (1).
On a sous le nom d'Arnauld environ 140 vol. en différents formats, dont un grand nombre est l'ouvrage de ses disciples, qui ont voulu leur assurer la vogue par l'autorité d'un grand nom. On peut les diviser eu cinq classes : La première composée des livres de belles-lettres et <le philosophie : Grammaire générale cl rditonnée, avec M. Lancelot, publiée de nouveau en 1756, sous ce titre : Grammaire générale et raisonnée, contenant le» fondement* de Part de parler, etc. , par MM. de Port-Royal, nouvelle édition, augmenté' notes de M. Duelos, de l'Académie française, et d'un supplément par M- l'abbé Froment , in - 1-2; Élément* de géométrie; la Logique, ou VArt de penser , avec Nicole , livre fort méthodique, propre à faire saisir les règles d'une bonne logique ; Réflexions sur l'éloquence des prédicateurs, à Paris, en 1G95, adressées à Dubois, membre de l'Académie, qui, dans la préface d'un traité traduit de sainl Augustin, avait annoncé que les indicateurs doivent renoncer à l'éloquence. On peut voit l'occasion et le jugement de cet ouvrage dans la Bibliothèque françaiseàe l'abbé Goujel ; Objections sur les méditations de Descentes ; le Traité des vraieset des fausses idées, à Cologne, en 1 CS3. La 2e classe, desouvrages sur les matières de la grâce, dont on trouve une liste fort longue dans le Dictionnairc de Morérî. Le principal est celui dont nous avons parlé plus haut, sous le litre de lié flexions philosophiques et tliéologiques, La plupart des autres ne roulent que sur des disputes particulières, si l'on en excepte la traduction «les livres de S. Augustin, de la Correction et delaG'nice, etc. La 5e, des livresde controverse contre les calvinistes : La Perpétuité de la foi, ouvrage auquel il avait eu beaucoup de part, et qu'il publia sous son nom, comme Nicol. coopérateur l'avait désiré. Clément IX, à qui il fut dédié, Clément X et Innocent XI lui firent écrire des lettres de remercîment. Plusieurs écrivains ont assuré que cet ouvrage est entièrement de Nicole, ce qui n'est pas, et qu'il ne fut attribué à Arnauld, ainsi que plusieurs autres, que pour rehausser la célébrité et l'autorité du chef du parti; place qu'il paraissait être particulièrement propre à remplir, étant frère de l'evéque d'Angers, d'A m d'Andilly, de la mère Angélique, cl cousin du duc de Liancourl. On ne l'appelait que le grand Arnauld. Le Renversement de la morale de J.-C. par tes calvinistes, en 1072, in-i°; V Impiété de la morale des calvinistes en ICTj ; V Apologie pour les Catholiques ; Les calvinistes convaincus de dogmes impies sur la morale; Le prince d'Orange, nouvel Absaton, nouvel llérode, nouveau Cromwel. L'auleurdu Siècle de Louis XIV prétend que ce livre n'est pas d' Arnauld, parce que le style du titre ressemble à celui du Père Garasse ; il ne connaissait sans doute pas l'abondance des termes que M. Arnauld trouvait sous sa main , quand son zèle s'enflammait. Gel ouvrage a toujours passé pour être de lui; on dit même que Louis XIV ordonna qu'on le fit imprimer, et qu'on en cnv< des exemplaires dans toutes les cours de l'Europe. La 4e, des écrits contre les jésuites, parmi lesquels on dislingue la Morale pratique des jésuites, en 8 vol. qui sont presque tous d'Arnauld, a l'exception du premier, t d'une partie du second. On peut meure dans celte 4 e classe tous les écrits contre la Morale relâchée, dont il était un des plus ardents ennemis. La 5e, des écrits sur l'Ecriture sainte : Histoire et concorde évangélique, en latin, 1053; La traduction du Missel en tangue vulgaire, autorisée par l'Ecriture sainte et par les Pères, faite avec de Voisin. Défense du nouveau Testament de Mons contre les sermons de Maimbourg , avec Nicole ; cl quelques autres écrits sur la même matière, etc. On a imprimé après sa mort neuf volumes de lettres, qui peuvent vir à ceux qui voudront écrire sa vie. On trouve dans le troisième volume de ses lettres une réponse aux reproches qu'en lui avait faits, de se servir de termes injurieux contre ses adversaires; elle a pour litre Dissertation selon la méthode des géomètres , pour la justification de ceux qui , en de certaines rencontres, emploient en écrivant des termes que le monde estime durs, il veut y prouver par l'Ecriture cl par les Pères, qu'il est permis de combattre ses adversaires avec des traits vifs, forts et piquants.
11 y a eu peu de vies aussi agitées que celle d'Arnauld. Chacun de ses mois , au moins , était marqué par une défense ou par une attaque nouvelle; souvent même , à peine avail-il quitté un adversaire qu'il s'en présentait dix autres. Le nombre des combats qu'il a soutenus est véritablement effrayant; aussi, vingt de nos grandes pages à deux colonnes contiendraient difficilement les titres seuls de ses ouvrages d'apologétique , de polémique ou de controverse. On ne peut comprendre que les fortes de corps, d'Ame et d'esprit d'un Bl 1 homme aient pu suffire à des lutles si multipliées, si vives, si prolongées; cependant,
(1) Quoique l'on convienne assez généralement qu'il es! mort à Bruxelles, il v a des disputes sur le lieu de sa sépulture. Un historien du temps, en parlant de son cœur transporte a Port-Royal, dit : < Quelque dévotion « qu'on ait pour le cœur, ce n'est que la pi liie relique ; le corps est la grande : niais tout le monde ne sait i ,'> « ou il repose. On en lient le lieu Ion secret, sans doute pour empêcher la multitude de pèlerinages .je s'i c seraient laits, et dont leS suites aurai) ni été a ( laimliv. > Le tonvulsionnaire auteur «lu Dictionnm niste, en 6 tomes, le dit enterré dans l'église paroissiale de Sainte-Catherine, a Bruxelles, au /•«.•. d'une chapetU près du chœur; ei , par une contradiction singulière, il lui applique ce. paroles «lu Texte sacré au sujet ïe lu sépulture de Moïse : binon cognovit homo sepulcrum ejus usque in prœsentem Hem. (Voyei des léflcxions Ion sensées sur ce sujet dans le Dut. tint, «le Ladvocat, préface «le l'édition «le 17(54, p. ï mes
bien instruites assurent qu'Arnauld est enterré sous le maitre-autel de l'église des Oraloricns de 1 tekî , près de Bruxelles, Quelques-uns prétendent que. le cadavre le Qucsnel v est aussi, " '
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dans ses dernières années , Arnauld montrait la même vigueur que dans les premières. Cétait un lion auquel les combats étaient nécessaires, qui semblait même puiser des forces en déchirant, ou du plaisir en étant déchiré. Nulle carrière ne devrait être plus précieuse devant Dieu que la sienne si toutes ses victoires ou toutes ses défaites eussent clé pour la défense de la vérité. Malheureusement la plus grande partie a reçu sa récompense dans les vains applaudissements d'un parti qui a fait et qui cause encore beaucoup de mal à l'Eglise. Pourquoi faut-il que tant d'aveuglement ait été joint à tant d'intelligence, et que tant de zèle ait été stimulé par des motifs souvent si peu louables!