I.v \M.| LIQI l
qui prétendent qu'une infinité de pal n
sont suives el se s.iuvent encore par la seule
lumière de !a raison qui les porte a adorer Dieu sans aucune ((iiin.iiss.inic de Jésus- Christ Y a-t-il donc aucun catholique qui puisse douter, après des décisions si claires
de l'Eglise universelle. qu'auCUU liomn
peut être justifié sans les dispositions grâce que Dieu demande de nous ; et qu dispositions sont, 1 Qu'aidés de la grâce de
Dieu, nous recevions sa loi.ee qui nous marque la nécessité de l'instruction divine par l'organe de l'Eglise et des prédicateurs qu'elle
envoie pour avoir la foi véritable qui est nécessaire pour être juslilié ;
2° De croire comme vérités indubitable»
les choses que Dieu nous a révélées, et les promesses qu'il nous a faites , ce qui marque encore l'impuissance de la raison pour nous donner cette foi, puisqu'il est entièrement impossible que la raison la plus éclairée du monde puisse deviner si Dieu a fait quelques promesses touchant le salut des hommes, et quelles peuvent être ces promesses;
3' Que le point qu'il est nécessaire de croire pour se disposer à la justification est que le pécheur est justifié par la grâce de Dieu, par la rédemption qui est en Jésus-Christ ; et conséquent, ce serait démentir le concile que de vouloir faire passer pour justes et pour élus une infinité de personnes qui n'ont jamais eu la moindre pensée de cette vente fondamentale du christianisme;
k° Que nous nous devons reconnaître pour pécheurs et redevables de telle sorte à la justice divine que nous entrions avec raison dans la frayeur de ses jugements: ce qui nous apprend que ceux qui n'ont jamais eu que des pensées d'orgueil bien différentes de celles-là ne peuvent avoir eu de part à la rémission des péchés, qui ne se donne qu'aux humbles;
5° Qu'il faut passer de la crainte à l'espérance , par la confiance que la foi nous donne que Dieu nous sera propice par Jésus-Christ : d'où nous apprenons que toute autre confiance en la miséricorde de Dieu n'est fondée que sur l'erreur et sur une fausse présomption, étant très- vrai que sans le sacrifice de Jésus-Christ qui a apaisé la colère de son Père, et détourné la v engeance divine di sus nos tètes, Dieu ne pourrait être considère avec vérité que comme un juge inexorable. Il est donc absolument nécessaire pour espérer comme il faut en la miséricorde de Dieu, que la foi rèi»le notre espérance, l a n us représentant le véritable sujet de notre confiance en Dieu, qui est l'intercession de son Fils, sans laquelle nous ne pourrions avoir la hardiesse de nous présenter devant sa lace, que par une audace criminelle.
Cependant le concile de Trente n'en demeure pas là; et pour montrer connue la nécessité do cette foi ne reçoit point d'exception d'aucun temps ni d'aucun lieu, il définit
dans le chapitre septième (1) que sans la foi personne n'a jamais été justifié; et dans le 7 huitième, il déclare que, selon le consentement universel de l'Eglise catholique, ces paroles de saint Paul : (2) Nous sommes justifiés par la foi , se doivent entendre en ce sens , que la foi est le commencement du salut des hommes, le fondement et la racine de toute justification, sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu, et d'avoir place entre ses enfants, et quoiqu'il ait assez déclaré dans le second et dans le sixième chapitre que nous avons rapportés, que cette foi, qui est le fondement et la racine de toute justification, et sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu, doit avoir pour objet l'incarnation de Jésus-Christ, et la rédemption des hommes par son sang, il le répète néanmoins encore. Or pour ruiner cette pernicieuse doctrine des hérétiques, qu'il n'est besoin pour être justifié, que de croire que nos péchés nous sont remis par Jésus-Christ, le concile avoue bien qu'il estnécessaire pour la justification de croire que les péchés ne sont point remis et ne l'ont jamais été, sinon gratuitement par la miséricorde divine, en considération de Jésus-Christ; mais il nie que cela suffise.
(Conc. Triden. sess. 6, cap. 9). Quamvis autem necessarium sit credere, ncque remitti, neque remissa anquam fuisse peccala nisi gratis divina misericordia, propter Christum, nemini tamen fiduciam et certitudinem remissionis peccatorum suorum jactanti et ea sola quiescenli peccata dimitti, vel dimissa esse dicendum.
Or il faut remarquer que l'Eglise diffère sur ce sujet en deux points d'avec les hérétiques. Le premier, en ce qu'ils soutiennent que cette foi delà rémission des péchés par Jésus-Christ, suffit pour la justification ; au lieu que l'Eglise enseigne qu'elle est nécessaire, mais non pas suffisante, parce qu'elle doit être accompagnée d'espérance, d'amour, de pénitence et d'autres dispositions. Le second, est qu'ils veulent que celte foi ne soit pas seulement générale, mais particulière, prétendant que tout homme, pour être justifié, doit croire de certitude de foi, que ses péchés lui sont remis par Jésus-Christ; au lieu que l'Eglise juge seulement nécessaire de croire en général que les péchés ne sont remis , et n'ont jamais été remis à personne, que par l'entremise du Sauveur du monde.
Mais toutes ces décisions de l'Eglise universelle, qui sont plus claires que le jour, nous font voir manifestement que l'on ne peut nier sans erreur, que celle première
(I) Concil. Trid., Sess. G, cap. 7. Sacrainenlnm fidei, sine qua nulli unqunm conligii juslilicatio.
('2) Ibid., cap. 8. Cuin Aposiolus dieil jusiificari lioiiiinern per lidcm, ca vorba in eo sensu inlelligenda sunt, quein perpeluus Ecclesùr. catholicae consensus tenuit, ùl scilicel per lidcm ideo juslilicari dicamur, quia (ides est Iniinaiia; salmis iniliiim , fnndami'iilnin et radix oinnis juslilicalionis , sine qua impossibile <^i placer'' Deo, et ad filiorum ejus consortium por« veiiire.
partie de l'humilité chrétienne, qui regarde les péchés passés, qui nous oblige de nous considérer comme n'étant par nous-mêmes que les objets de la colère de Dieu, et ne pouvant espérer aucune part en sa miséricorde, que par la confiance que nous en donneunDieu mort et ressuscité pour nous, ne soit nécessaire pour être délivrés de la puissance des ténèbres , et éviter la punition que nous avons méritée par nos péchés.