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CHAPITRE XVI

Quelles sont les conséquences qu'on doit tirer de ce qui a été prouvé dans les chapitres

précédents.

Il résulte de tout ce que nous avons dit jusqu'ici, premièrement que, selon l'Ecriture sainte et la tradition divine, soit que nous considérions l'objet de la fol que ta même Ecriture nous déclare être absolument nécessaire pour le salut, soil que mms regardions la nature de celte foi et son origine, soit que

l'un envisage les qualités et les condition! i|ui la doivent accompagner, soit enfln que l'on examine la manière dont elle justifie , il est clair comme le jour que cette foi imagt? naire des philosophes païens a aussi pou (le ressemblance a\er la véritable loi catholique, que les ténèbres avec la lumière, et le mensonge avec la vérité.

Il résulte secondement, que cette foi divine fui conduit au ciel, ne consiste pas seulement à reconnaître un Dieu, premier auteur de toutes choses, et dont la providence gouverne le monde, qui est tout ce qu'on peut attribuer de plus avantageux à ces philosophes païens : mais qu'il est, déplus, absolument nécessaire d'avoir la foi en Jésus- Christ, médiateur entre Dieu et les hommes, qu'aucun des philosophes n'a eue, parce que le médiateur ne peut être connu que par ia révélation que Dieu ne leur a point accordée.

Il en résulte en troisième lieu que la lumière de la raison, n'étant pas capable de nous donner une véritable foi, c'est en quelque manière se moquer et se jouer de la crédulité des simples que de chercher de la foi dans ces infidèles , puisque, n'ayant eu aucune connaissance de Jésus-Christ, ils n'ont point été au rang des fidèles.

Il en résulte quatrièmement que la foi en Jésus-Christ, nécessaire pour le salut, ne se peut rencontrer que dans ceux qui ont une double humilité qu'elle suppose, ou plutôt qu'elle forme elle-même dans le cœur : l'une qui nous r«met devant les yeuv notre indignité et la grandeur de nos péchés, et qui nous porte à ne mettre notre confiance qu'en la miséricorde de Jésus-Christ, qui est mort pour les noyer dans son sang, et l'autre qui

DÉMONSTRATION ÈVANGÉLI

nous représente nos faiblesses et n*fl langueurs, et l'impuissance que a tus avons le marcher de nous-mêmes dans les voies il Dieu, qui nous engage de recourir à la puissance de sa grâce , puisqu'il n'est ressuscite que pour nous communiquer Bon esprit.

Il en résulte cinquièmement, qa vainque l'on voudrait chercher celte toi lut lire dans les philosophes païens, puisqu'au lieu de celle double humilité, il- n'ont tous été remplis que d'un double orgueil qui, d'un côté, leur a dérohé la connaissau leurs misères et de leurs péchés, et a i de leur esprit l'horreur qu'ils en devaient avoir ; el de l'autre côté, les a poussés dans (cite horrible présomption qu'ils n'avaient que faire de Dieu pour fuir tous les vices et acquérir toutes les vertus; et qu'ils se pouvaient donner à eux-mêmes par la force de leur liberté, une béatitude pareille a i que Dieu a par sa nature.

Enfin il en résulte que la manière dont la foi nous justifie, est celle qui nous fait adresser à Jésus -Christ, qui est la source de toute justice, afin que nous puissions obtenir par nos prières, nos gémissements et nos larmes, l'infusion de son esprit, qui seul a le pouvoir de nous purifier et de nous sanctifier; et par conséquent que ces païens, qui n'ont rien enseigné plus constamment que l'inutilité des prières que l'on adresse à Dieu pour devenir sages et vertueux, n'avaient garde d'être justifiés par la foi, quelque peine qu'on voulût prendre de l'aire passer pour foi la connaissance qu'ils ont eue d'un premier être, ce qui peut conduire à beaucoup d'erreur- t d'impiétés

jlwonte yavtie.

OU L'ON EXAMINE LES PREUVES TIKÉES DES SAINTS PÈRES ET DES SC.OLASTI- QUES PAR OU L'ON PRÉTEND AUTORISER LE SENTIMENT DU SALUT DES PAÏENS SANS LA FOI EN JÉSUS-CHRIST.

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