DÉMONSTRATION É
me «les prophètes de Dieu qui aient procuré |e saluld.es païens, on doit être maintenant
Convaincu qu'il les considère au contraire
comme des prophètes du démon , comme i es larrons et tes brigands que Jésus-Christ condamne dans son Evangile , qui , ayant volé quelques vérités de la divine philosophie, se Les "•ont attribuées par orgueil el les ont corrompues par le mélange de leurs erreurs. Voici comme il en parle dans son premier livre:
Tous ceux qui ont paru avant la venue de Jésus Christ (l) sont larrons et brigands, non pas absolument tous les hommes, mais tous les faux prophètes el tous veux qui, à proprement parler, n'ont point été envoyés par lui. Le nom ■même de prophète ne leur peut être attribué que par larcin ; et s'ils sont prophètes, c'est du père de mensonge, lit c'est ce que leur dit .1 us-Christ notre Sauveur : Le père dont cous êtes sortis est le diable , vt vous ne voulez faire autre chose que d'accomplir les œuvres de votre père. lia été homicide dès le commencement, et il n'est point demeuré ferme dans la vérité , parce que la vérité n'est p int en lui. Quand il parle de lui-même , il dit des mensonges, parce qu il est menteur et père du mensonije ; et tous ces faux prophètes mêlaient quelques vérités parmi leurs mensonges.
Saint Clément remarque ensuite (2) que la Providence éternelle dispose toutes choses pour le bien de son Eglise; et que c'est le propre de la puissance et de la sagesse de Dieu, non seulement de faire le bien , mais aussi de tirer le bien du mal , et de conduire à de bonnes fins ce qui a été inventé par les méchants. Après celte réflexion , il re\ient aux philosophes païens, et il explique le jugement qu'on en doit porter, par ces excellentes paroles : Il se trouve, dit-il (3), dans la philosophie même, qui est semblable au larcin, de Promélhée, un peu de feu propre à
(1) Stvom. I. i p. 228. Omnes qui fucruni asile liomimim, fures sunt el lalrones : non absolule anicin omnes hommes, sed omnes pseudo-proubelae , el omnes qui non propric ab ipso mis-i suui. Rabnerunl auicm pseudo-prophetse quoque Furlum quod prophela' dicercnlttr, tuii» prophelae qu'idem es^eni, sed épis (;ui esl mendax. Du il enhn Dominos ; Vos ex paire diabolo esiis. ci desideria palris vesin vulus lacère. 111e liomicida crat ab inilio el in verilaie non sieiil, quoniam mm est in ipso verilas cmn loculus lueril l'.ilsmii : ex propriis lnquilur, quoniam mendax esi el
Ï>aler eju-. In l'alsis aniem vera f|uoi|iie aliqiiq ificc- )ani pseudo-projibelae.
(-2) Ikitt. Oinnia eœlilus in lioniim dispensanlur Ul per B clesiam cognoseaiur multiplet ac varia Dei sapi.-. lia... Divins sapienllac esi nflîcium non soliini benefaccre, sed illud quoque maxime, ui id qw>d per malos e\c."g titiini e>i. ail bniuun linein ileilueal.
(3) ll>id. Esl eliajn in puilusopliia, quai lui m surrepia toluli a Prometheu, lanquana kliquaniutum i^ins, aplum ad lumen, si Militer excileqir, ei mmigium aliqu d sapieniiaeel moins a l>e<>. In hisaulem
fures el lalrniies lueriltil i|in snnl apud GravoN pliiio- 6oplii , (|in anie Donnai advenluin a pmpheiiN liebiu'is parles verilalis, id minime agnoscenles SUtnpse 1 uni , sed silii i..iii|iiam propria dogtnaia aiinlm. nini, i'l alia qu'idem adulieraïunl, alia autem lopemCMiea quadam diligepua aopuisuce inlcrpolaruni, alia au- V:n eliain uivenei uni.
VANGÉLIQI I. 296
éclairer s'il est idlumê avec adresse. // est vrai qu'il y a quelque trace de la I de
l'inspiration de l)uu; mois tout cela liempéche pus que toas ces philosophes punns n'aient été des larrons <t des brigands, qui m ont l'avènement de Notre-Seignew ont prit (/iniques vérités des prophètes di la Judée, qu'ils
ont attribuées à eux-mêmes tans <* naître les ont', a s. Ensuite, ils ont cqrron quelques-unes de ces maximes véritables ; Us ont réduit les autres, par leur ignorâmes, à des subtilités coûtes it sophistiques, et ils tn ont aussi trouvé d'i u net.
Mais ce que ce saint docteur ajoute ensuite, pour marquer la différence de c >s faux prophètes et des véritables pro| Dieu , est surtout digne d'attention : C'est, dit-il l .
aux prophètes que couru lit cette paroh l'Ecriture sainte : Mous a
plénitude, e' est-àr-dire de l<i plén lude de J -
sas-Çhrist ; ainsi ces prophètes , e peupt nt être mis au nombre (1rs /. Ouisqu'Us ont pu
dire ce que dit Jésus - Chris! : Ma doctrine n'est pas ma doctrine, mais la doctrine de celui qui m'a eiiVUijé; mais , quant à cet lurn ■ t d'eux qu'ii il dan l'Et an§ i
Celui qui parle de luirmén a p opre
gloire. Tels ont don - philosoy
(irèce, remplis de l'amour d\ t de
vanité. Or l'Ecriture sainte les appelant .-aç/is , n'a pas eu dessein de reprendre cens qui le sont véritablement, mais seulement ceux qui se flattent d'une fausse opinion île sagt Aussi est-ce d'eux qu'il est écrit : Jr détruirai la sagesse des sages, et je rejet tirai la prudence des prudents. C'est pourquoi suint Paul di mande: Où sont h ' où sont les
prits curieux des secrets de la nature? l'Apôtre marquant par là les pAi pour les distinguer des docteur* de la loi. i n'a-t-H pas changé la sagesse de ce monde en folie ? c'est-à-dire n'u-t-ii pas fait voir (faille n'était qu'une jolie , et non pas une véritable sagesse, comme ils se l'imaginaient t Et si vous demandez la raison pourquoi ils s'estimaient sages, il n'y en a point d'autre sinon Vax glement de leur cœur.
I! faut donc avouer que ce ne serait pas certainement un moindre aveuglement de cœur que l'Ecriture sainte nous enseigne être la plus horrible peine du péché, que de pren Ire
(I) Slrom. I. t p. 228 De prophelis : Omnes, iuquil Joui. I. de ptenitudine ejus aecepimus, Cbrisii scil c t (Jii'ie proplieLi' non sunl l'aie-. Et aocirbta nien, non ■.'. ii. m nil Dominus, sed ejus qui misit me l'utiîs. 1 I de In ri bus, : Q«i aulem tx se ipso, in ini. loquitur, gloriam proprfam queerit. Talesaulem suni <pii silii pi i - (rni Gr.'-ei , ci sunl arrogantes Sapiemo juvi, Sçiiptiira di.cn>, non reurehentlii eos quj sunt verc sapienlés, sed eos qui stbi videnlur. De bis aulem du u : Verdain samentiam tapientium , el prudenliam pruàentium reprobabo. Inferi iiaque Aposiolus : I si/viens ? ubi icriba ? ubi inquisitor hujus seculi ? m a mi ibis 'ii-u uuei el . hujus seculi inquisitoraSj pénens pli losopùos ex genii.bus. Nonne infaïu.ivii |)< ih mundi sapienliam, quod perinde esl, »e siultain esse
n-lendil, el non \eraui, ul piilaiwnl- Kl >i rojtes e:.u-
sam eur«ibi videreutur sapieniea piepier e.eciuiein cordis sui.
NECESSITE DE LA FOI EN J.-C
pour une marque de sainteté de ces philosophes païens, ce que saint Clément ne dit que pour montrer au contraire et que pour prouver leur impiété et leur condamnation. Il est vraiqucsic'étaientdesdegrés pourmonterau ciel que de rechercher sa propre gloire, que d'être entlé d'orgueil et de vanité, et que d'être rempli dé l'amour de soi-même, on pourrait dire que saint Clément aussi bien que saint Paul donnerait à ces païens une place très-avantageuse au royaume de Dieu; mais ils nous assurent l'un et l'autre que ces vices sont la racine de tous les crimes , et qu'ainsi, tant s'en faut que ceux qui ne respirent que ces vices puissent être du nombre des prophètes de Dieu, envoyés de sa part pour sauver les hommes; qu'ils doivent être regardés, selon saint Clément, du nombre de ces faux prophètes quiviennentd'eux-mêmes ou qui sont envoyés par le père du mensonge, et être placés au nombre de ces larrons et de (.s brigands que Jésus-Christ condamne dans son Evangile, et qu'il nous assure n'être venus que pour voler, que pour tuer et pour perdre : Fur non venit nisi ut furctur, et mactet et pcrdal (Joan., X).
Il est donc d'une grande conséquence de faire attention à ces vérités, pour ne pas attribuer le salut à ces philosophes païens , que Jésus -Christ et saint Paul en excluent si formellement, et que saint Clément d'A- 1 \andrie en particulier en exclut aussi en tant de lieux, sans en excepter ni les Socrale, ni les Pythagore, ni les plus vertueux d'entre eux, qu'il met également au rang de ces faux sages , de ces faux prophètes, de ces voleurs et de ces larrons; et ce serait assurément tomber dans un pyrrhonisme impie que de soutenir que l'on doit révérer ces philosophes illustres, et de prétendre que leur nom seul a le pouvoir d'inspirer un secret amour de la vertu, ou de les considérer comme des saints prophètes envoyés particulièrement de Dieu pour sauver les Grecs.