‹ Démonstrations évangéliquesChapitre 7 sur 305 · L'Ecriture dit (9) que nous pouvons ai · texte numérisé non relu

L'Ecriture dit (9) que nous pouvons ai

(1) Pacinnus Episl.l. Clirislianus mihi nomcnesl, Calholicus cognomen ; illud nie nuncupat, islud ostcudii.

(2) Calholica Ecclesia nomen proprium csl liujus sanctœ Ecclesia: matris omnium noslrum.

(3) Lib.dePud.

(4) L. iv. ep. 2.

(*i) Serin. 2. conlr. Arr.

(G) L. deGrat. Christi. c. 11.

(7) Jacol). IL vers. 24. Ex opérions justificatif honni, ei non ex fide tanlum.

(8) Confess. Françoise, ai lie. 20. Nous croyons que nous sommes (ails participants de celle justice par la seule loi. Conlcss. Ilclvei. c. 15. Docomus pecca tore m jusiilicari sola fide. Luther in 22. cap. Gen. Jacohus delirat.

(9) Deiiteron. 50. Circumcidct cor tniim et corscminis lui, ulililigas Dominum Deuin miun in loin corde luo ci m loi.i anima tua. Psalm CXV1II David ait in tolocorde meoexquisivi te. El lll. Reg. XIV. Scculus

mer [Dieu de tout notre cœur (1). Vous dites que nul ne peut aimer Dieu de tout son cœur. Ce qui ne se trouve en aucun lieu des saintes Lettres, ne contredites-vous pas l'Ecriture ?

3. L'Ecriture dit que l'Eucharistie (2) est le corps et le sang de Jésus-Christ , et ce avec adjonction de termes qui désignent le vrai corps et le vrai sang (3). Vous dites que ce n'est pas le corps et le sang de Jésus-Christ, mais seulement la figure, le signe et le témoignage, ce qui ne se trouve en aucun lieu des saintes Lettres, ne contredites-vous pas l'Ecriture?

k. L'Ecriture dit (k), que le baptême nous sauve, que nous sommes (5) nettoyés et (6) régénérés par le laidement de Veau (7). Vous dites que le baptême ne sauve, ne nettoyé, et ne régénère pas, mais qu'il nous est seulement symbole de salut , de lavement et de régénération, ce qui ne se trouve en aucun lieu des saintes Lettres, ne contredites-vous pas l'Ecriture ?

5. L'Ecriture dit que les (8) prêtres remettent les péchés (9). Vous dites qu'ils ne les remettent pas, mais qu'ils témoignent seulement qu'ils sont remis, ce qui ne se trouve en

est me in lolo corde suo. El IV. Reg. XXIII. Dicilurde Josia quod reversas esi ad Dominum in omni corde suo, in iota anima sua et m universa vhlule sua.

(1) Calv. IL Inst. c. 7. §. 5. Nemiuena sanctorum cxiiiKsc dico qui qorpbre moriis circymdalus ad eum diieciionis scopiim pertigerit ut ex lolo corde., ex tola meule, ex totâ anima, ex tola poteniia , Dcum amare!. Paneus I. iv. de Jusiili. cil. Talem dilectioncin (ex iota anima, ex loia meule, ex omnibus viribus) nemo sanclorum Inbuil vel Iiàbere in bac infirniitaie poicsi; manei quidem in sanctis aliquid j> dâvrlécs et hypocriseos.

(2) Maili. XXVI. Marc.XHI. Luc. XXII. L Cor. XL (5) En la l'orme d'administrer les safremenls. conditions nous d'avoir le pain et le vin pour signe et témoignage. Et en leur catéchisme au trailé de la cène, Tu n'entends pasdime (demande le ministre) que le corps soit enclos dedans le pain , et le s;uig dedans le calice? Non (répond reniant), mais au con- Iraire, etc.

(4) I. IVtr. III. v. 21. Salvos fucit baplisma.

(5) Ephes. V. v. 26. Ut illam sanctificarct mimdans lavacro aqu.e.

((i) Juan. 111. v.5. Nisi quïs rcnalus fuerit exaqua.

(7) Me.lanclillion in locis c. de Signis. Non juslificant signa, ni Apuslolus ait ciicunicisio nibil est, lia baptismus iiîliil est, parlicipaiio mensx Domini nibil csl, sed testes sunt, ifpeefitit, divime volunlalis erga le. Calvinus VI. Institut c. 14. §. 17. Cavcnduin ne in errorein nos abducanl qua; ad ampli licandam sacramenloium dignilaiem paulo magnilicenlius a veteribus scripla sunl , ut scilicet arbilieniur latentem aliquam virtulem sacramenlis annexai:) aflixamque esse quo ipsa per scSpiritus Sancii gratiam nobis conférant , cmn boc lanliim illis divinitus injunclum sit munus, lestificari nobis ac sancirç Deiin nos benevolenliam.

(8) Malb. XVIII. v.18. Qirecumqiie ligavcritis super terrain crunt ligala el in cœlo , et qua-cumque solverilis super terrain crunt solula el in cœlo. Joan XX. v. 23. Quorum rciniscrilis peccala rcmillunlur cis, quorum relinuerilis reienia sunt.

(!l) Cdv. III. Inst. cap. 4. §• 23. Abs-olutio quaj fidei servit, nibil aliud csl quam tcsliinonium veni» ex graluila Evangolii promissionc sumplum.

di m ;stràtion

aucun lieu de» sainte» Lettre.», ne contrediles-yous pas L'Ecriture ?

(>. L'Ecriture <lii I I, que la vierge ne pèche pas en te mariant. \ <>u» dites 1 , que lee justes pèchent en imite œuvre, ce qui ne se trouve en aucun lieu <l<*s saintes Lettres, ne contredites-vous pas l'Ecriture?

7. L'Ecriture (3) dit qu'il y a des méchants et des réprouvés qui croient en Jésus-Christ. \ ous dites (-V) qu'ils n'y croient pas , mais qu'ils ont seulement l'ombre de In foi, ce qui ne se trouve en aucun lieu des saintes Lettres, ne contredites-vous pas l'Ecriture?

8. L'Ecriture dit qu'il y en a (5) qui ont la foi pour un temps, et ne croient pas en un autre. Vous dites qu'il n'y en a point qui croient pour un temps et perdent la foi en un autre (6), mais que qui croit une fois ne perd jamais In foi, ce qui ne se trouve en aucun lieu des saintes Lettres , ne contredites-vous pas l'Ecriture ?

9. L'Ecriture dit (7), si tu veux entrer à la rie, garde les commandements. Vous dites qu'il n'est pas besoin de garder les commandements, mais que le dire (8), c'est nier Jésus-Christ et abolir la foi, ce qui n'est en aucun lieu des saintes Lettres, ne conlredites-vous pas l'Ecriture?

10. L'Ecriture dit (9) , que quelques-uns illuminés faits participants du Saint-Esprit sont déchus, crucifiant de rechef le Fils de Dieu en eux-mêmes (10). Vous dites que ceux qui sont une fois participants du Saint-Esprit ne peuvent déchoir de sa grâce; ce qui ne se trouve en aucun lieu des saintes Lettres, ne contredites-vous pas l'Ecriture ?

il. L'Ecrituredit [\i), que Dieu ôteet efface

(1) I. Car. VIL Si nupserit virgo, non peccavit.

(2) Luth. art. 2. Juslusinomni opère bonopeccai. Idem Calv. III. Insi. c. 12. § 4. Omnia hominum opéra si sua dignilale ccnseaiitnr ni It il nisi inquinamenla Mint et soldes, et que. juslilia vulgo habelur, ea apud l'eum niera est iniquitas.

(5) .Joan. XII. v. 42. Molli crcdiderunl in cum, sed propter Pliarisseos non confiiebanltir ul e synagoga non ejicerenlur, dilexerunt enira gloriam hominum inagis (|uam gloriam Dei. Acl. 8. v. 15. Tune Simon et ipse credidit.

(1) Calv. III. Inst. c. 2. §9 et 10. Talions lidei leslimonium Iribuitur, sedpercatachresin. Item, verum hxc lidei seti timbra seu imago, ut nullius estmomenli, iia indigna est lidei appellationc.

(5) Luc". VIII. vers. 15. Quia ad teinpus credunt et in lempore leuiaiionis receduni.

(G) Calv. III. Inst. c. 2. §. 1 1.Nunquam disperit scmeii viia: eleciorum cordibus insilum. El in Ëarmon. Matili. I. v.20. Fidcm qaam semel inscidpsit priorum cordibus, evan scerc et perire impossibile est.

(7) Mailli. X. v, 19. Si vis ad vilain ingredi, serva mandata.

(S) Luiher. in IL Galât. Papisls doeent : fuies in Chrisiuin jusiilicat quidem, sed &imul servare oponet eliam prxcepta Dei; ibistaiimChrislus negatus et li- <les aboli ta est.

(9) Heli. VI. v. i. Qui semfl illuminai] sunt, gustaverunt eliam donuin cœlcsie.ei participe-, facli sunt Spiritus sancti : v. G. ci prolapsi sunl , rursus reno- . h ad pœnitenliam rursum cruciligenles sibimelipsis fllium Dei>

(le) Calv. III. Inst. c. 2. §. 11. rit. Nunquara disperit semen vilae eleciorum cordibus insiluni.

(ll)Joan. I. v.89. Tollitpeccatutn. i»a. \uv.v.2i.

ÊVANGI I i'.»i !

/c péché comme i<t mt* . éloigne de n nos iniquités autant que l'orient Vest de V occident fi), 7". m î blanchit plus que la neige. Vous dites [3 . qu'il n'été et n'efface pas le péché, mais seulement '/"'il m l'impute / qu'il ne blanchit pas plus que la neij tjit'il '» laisse en nous la coulpe et la ta du péché, ce qui ne se trouve en aucun lieu des maintes Lettres, ue contredites-vous l'Ecriture ?

12. L'Ecriture dit que la béatitude < I un salaire (5 , une récompense [6) . un dt * i 7 journal des manœuvres , une coût 8 de

justice. Nous dites que c'est une (9) pure libéralité, et non une récompem ; ce <i"' ' trouve en aucun lieu des saintes L< tl contredites-vous pas l'Ecriture? Vous le faites véritablement, et je le ferai» voir par beaucoup d'autres lieux , s'il ne me suffisait de l'avoir montré en ces douze point» . qui paraîtront aux yeux de tout le monde comme le vrai symbole de votre foi.

Que direz-vous, messieurs, à ces manifestes contradictions? Qu'il n'y en a point, parce qu'il faut entendre l'Ecriture par ligure? Aurez- vous recours à cette fraude remarquée par (10) Terlullien au\ valentiniens. par (11) S. Augustin aux priscillianistes, par d'autres pères en d'autres hérésiarques, par vous-mêmes aux. anabaptiste- '.' Si tous le faites, je vous dirai avec S. Augustin : Quoi? quand nous lisons l'Ecriture , oublions-nous l'intelligence dr notre Umgut f perdons-nous la mémoire de notre façon de parhr f l'Ecriture devait-elle parler à nous en autre sens qu'en celui qui nous est connu, et qui est usité parmi nous/ J'ajouterais en

Delevi ni nubem iniquilales tuas et quasi nobulun peecata tua.

(1) Psal. CIL v. 12 Quantum disial orlus ab occidenle, longe fecit a nobis iniquilales nostras.

(2) Psal. L. Super nivem dealuabor.

(5) LuiU. art 2. Aliud est nmnia percata remiiti , aliud nmnia toi l i : Baptisants omnia remillit, sed nulluiii penilus tollit.

(I) Calv. in Antid.sess. 5. Manel vcrepeccatnm in nobis : Apostolus luleles li i- vernis non eximil a culpa, sed tanium realu libérai. Parseus de Ami&s. gra. Plurima peecata eliam morlalia maneni in jusliQcsUis. Kemmiiius I. par. Til. de Reliquiis peccali. Immundities (peccali) eliam in renatis hxrci. Confessio Gailieaait. 11. Afiinnamus concupiscenuam eliam post baplismura esse vere peccalum quod ad cidpam ailinct. Calechismus pal. ni. quxst. 126. Omnia peecata noslra in nobis eliam nunc usèrent. Witak. I. ni. de Concupisc. c. 5. Remissio non omncni aciu loi lit culpam.

(5) S. Math. V. v. 12. Merci -

(6) Philip. III. v. IL Braviiim.

(7) Haih. XX. v. 9. Denarius.

(8) I. Cor. IX. Corenam incorrupuun. 2. Timoiii. 4. v. 8. Corona justitic.

(9) Calv. III. Inst. c. 15. S »■ 'psa bcalitndo orra est Dei beneflceniia. Et in Aniid. - it.oh.hI vilam sternam hclani mereedem, iueoabillisdib&cntio. Parseus 4. deJusiif. c 11. et 15.

(10) Praescripl. c.38,

(H)L de H en m s. Aug. I. m. conlr. Faust I. ni de doeti < hi ist. c 10. Si an mum prseoecupavit al; crmris npinio . qoidquid aliler as-eun.nt bai, t. a a , figuratum hommes ai buraïuur,

DES PRINCIPAUX JOINTS DM LA FOI

outre avec le même Saint, que depuis que l'opinion de quelque erreur a préoccupé les esprits, ils estiment tout ce que dit l'Ecriture au contraire être figuré. Par après , sans venir au particulier des lieux dont il est question, je ferai voir à tout le monde par deux raisons générales , que cette fuite vous est inutile, et parce qu'il n'y a personne qui ne reconnaisse qu'il est impossible que Dieu ait voulu nous enseigner tant et de si grands mystères de notre foi, non parce qu'ils sont, mais par le contraire qu'ils ne sont pas en effet, n'appartenant qu'aux imposteurs en matière importante de dire le contraire de ce qui est : et parce que vous ne pouvez inférer de l'Ecriture ce que vous croyez en ces points dont il s'agit, que par l'adjonction d'un principe humain, comme nous verrons par après, ce qui est du tout injuste, puisque en cela vous préférez votre raison à l'Ecriture, laissantde croire ce qu'elle ditexpressément, pour croire le contraire qu'elle ne dit pas, mais que vous inférez par ratiocination fondée en un principe tiré de votre tête, pour convertir en votre sens ce que vous reconnaissez en vérité être pour nous.

C'est assez examiner ces points ; passons à vos persécutions. 11 n'y a personne qui ne sache que le diable (1) a ses martyrs, et le mensonge des avocats si zélés qu'ils épandent leur vie pour sa défense : c'est ce qui fait que sans m'amuser à le vérifier, il me suffit de remarquer, que puisque (2) nul ne peut prétendre gloire pour souffrir pour une religion , si premièrement on ne prouve qu'elle est vraie : et que comme la raison et tous les pères nous l'enseignent (3), ce n'est pas ia peine, mais la cause qui fait le martyre, n'étant pas prouvé que votre religion soit vraie, mais au contraire, chose manifeste qu'elle est fausse , vous ne pouvez tirer aucun avantage de vos persécutions, si ce n'est celui de vous faire voir entachés de double mal, et de celui de l'erreur, et de l'obstination tout ensemble : vos souffrances ne témoignent ni votre piété ni votre courage; mais, au contraire, selon saint (4) Augustin, que vous n'avez point de cœur; elles ne sont pas couronnes de votre foi, mais, selon saint Cyprien (5) , peine de votre perfidie?

Après avoir parlé de vos persécutions, vous représentez votre fidélité et vos services tels, à votre compte, que les rois mêmes qui vous ont persécutés pour user de vos

(1) S. Aug. Serm. 9. inier parisienscs. Mclciinni apud Epipnan. huer. 68. vide Baron, an Lhrisli 205.

("2) Aug. lib. h. contra Pclil. cap. c23. Non baptizanlur sanguine suo nisi qui occ'ulunlur pi opter jusiiiiam. hem prius est quserendum propicrquid patiinini, i't postea quid paliminl.

(5) Cypr. I. de Unit. S. August. Epist. 61. et I. m. cnni. Cicsc. c. 48. Martyrcm non facit pœna, sed causa.

(1) S. Angusl lib. contr. Gaud. c. 33. Quisquis pro parte Donali vel Binbriam veslimenti perdiderit, cor non liabel.

(a) Cypr. I. de unit. Lcclcs. Non cril illa lidci corona, sed pœna pcrlidix-.

termes, en ont ressenti des effets avantageux : A quel propos rendre ceux à qui vous devez tout vos redevables? A quelle fin vous vanter d'avoir été l'asile de ce grand Henri en ses afflictions et en ses traverses? pourquoi représentez-vous sa couronne affermie sur sa tète par le ciment de votre sang épandu en plusieurs batailles ? Les Français n'étant pas étrangers en France, c'est-à-dire ignorants de ce qui s'y est passé, je ne juge pas à quelle fin vous étaliez ainsi vos services , si ce n'est pour donner lieu à tout le monde de vous condamner par sa propre connaissance , n'y ayant personne, quelque bons yeux qu'il ait, quelque soigneux qu'il soit de feuilleter l'histoire, qui puisse remarquer les services que vous avez rendus sous François I et Henri II, qui sont ceux sous lesquels vous pouvez avec plus d'apparence prétendre avoir été persécutés, parce que sous leur règne on tâchait d'étouffer votre erreur en sa naissance : si ce n'est qu'ainsi qu'il y en a qui pensent faire bien lorsqu'ils ne font point de mal , vous réputiez à service ne desservir pas , ce qui encore ne vous donnerait pas gain de cause, étant certain que si l'on doit savoir gré d'un mal non reçu , c'est à celui qui l'a pu faire ; et il est clair que sous ces premiers rois si vous aviez volonté de nuire, votre enfance oc vous permettait pas de l'exécuter.

Que si du règne de ces rois on passe à celui de François II et de Charles IX, et que vous prétendiez les avoir servis ; la conspiration d'Amboise contre le premier, les batailles de Dreux , de Saint Denis , de Jarnac, et de Moncontour contre le dernier, l'entreprise qui fut faite à Meaux pour se saisir do sa personne , peuvent-elles être mises au nombre des services? Puisque vous prétendez pour le mal avoir rendu le bien , il n'est pas question de chercher lieu d'excuse à ces actions ; mais quand on vous y recevrait , il vous serait impossible d'effacer la honte qu'elles ont imprimée sur le front de vos prédécesseurs : aussi peu pourriez-vous la couvrir par votre sang épandu en une funesto journée , puisque celte action étant postérieure aux autres , on peut bien l'en dire causée, mais non pas cause. Quant à Henri 111, les services qu'il a reçus de vous, paraîtront par ceux que vous avez rendus à sou successeur , la bataille de Coutras , la prise de plusieurs villes, et diverses autres actions faisant assez connaître qu'en servant l'un , vous desserviez l'autre.

Par là il paraît que vos prédécesseurs ont servi le grand Henri , mais le mal est pour vous, qu'il paraît tout ensemble, qu'ils L'ont servi , non comme roi , mais comme fauteur de leur secte , puisque leurs services préviennent son avènement à la couronne , lorsqu'il les favorisait ouvertement, auquel temps ils ne pouvaient légitimement l'assister contre leur roi , cl que depuis que le sceptre royal lui fut tombé en main, qui ét,;it h temps auquel ils devaient mourir pour lui , parce que bien qu'il fût leur roi, ayant em brassé la foi catholique, il ne se rendait pus,

en matière do religion promoteur de leur cause, leur feu se convertit en glace , dont il témoigna tic sa propre bouche sentir la froideur aa siège d'Amiens. Vous ne pouvez dire qù'àvèc témérité avoir été sou refuge, mais on peut dire avec vérité que vous avez été

cause qu'il en a eu besoin : vous ne pouvez dire avoir élé cause de son bien, niais liieu pcul-on dire que vous l'avez été de ses malheurs : car qui eût élé plus heureux et plus a isufé que lui, si le séparant de l'Eglise vous ne l'eussiez mis en état de perdre son royaume et sa vie parmi les hasards de la guerre , où il s'csi mille et mille l'ois exposé , en état d'être privé des couronnes de là terre et de celles du ciel ? Celui qui après avoir précipité en mer un homme pour le perdre , jugeant sa conservation lui être utile , lui tend là main pour le retirer du péril où il l'a mis , ne peut tirer grande gloire de celle action : si vous avez contribué quelque chose à rétablissement de ce grand roi, qui pour avoir été précipité par les vôtres du vaisseau de l'Église, dans la merde l'erreur, s'est trouvé en de très-grands dangers , c'est seulement en ce sens, encore est-ce si peu, que vous no devez pas le tirer en ligne de compte. Au lieu de le servir, vous vous en êtes servis : il a combattu pour vous , et non vous pour lui , et tant s'en faut que vos armes et votre puissance l'aient élevé à la couronne , que rien ne lui a porté et affermi si puissamment que l'abjuration de vos erreurs qui l'avaient mis en péril : cependant il vous doit tout par votre bouche: sur quoi je rie puis que je ne vous die ce qui est dildeMoah en Isaïe: Nous avons ouï sa superbe, sa superbe cl son arrogance plus grande que sa force [Isa., VI). Voilà en peu de mots comme les vôtres ont servi les rois, lesquels au lieu de désigner par un nom odieux, vous devez appeler vos bienfaiteurs , puisque c'est sous eux que vous avez commencé à prendre pied en ce royaume avec liberté, et que ce sont eux qui ont fait des édits du bénéfice desquels vous jouissez encore maintenant.

Si j'ai mis en jeu les déportemcnls de vos prédécesseurs , tous délits étant personnels , ce n'est pas pour vous imputer leurs fautes, mais seulement pour remarquer en passant, sur l'occasion.que vous m'en donnez, ce qui s'est passé, laissant à ceux qui aiment la lecture , à le voir plus au long dans nos histoires. El tant s'en faut queje voulusse vous noircir du blâme de ceux qui vous ont précédés , qu'au contraire j'estime et liens pour assuré , que le roi , sous l'autorité duquel nous vivons tous, recevra tant de services , et de la noblesse qui vous écoute, et du peuple qui vous suit, et de vous-mêmes, que la France aura occasion de perdre la mémoire des actions de vos pères qui lui ont été préjudiciables. Cependant vous me permettrez de vous dire, que quand même les vôtres auraient servi , comme vous prétendez, par la vanité que vous vous en donnez, vous en lirez la récompense de VOUS-mémeSi quoique vous l'ayez bien reçue d'ailleurs'. En quoi vous commettez une double faute ,

Dl KON iRATIOH l.\ iNGÊLIQI l .

ci celle d'une extrême vanité, et celle d'une grande méconnaissance, roui plaignant indàslricusement des prédécess m jesté . au lieu de témoigner un extrême sentiment des insignes obligations que vous leuravez. C'est le devoir d'un sujet de h et se taire int au prince

a les reconnaître et à [es pu . le. prince

manque à ce qu'on doit attendre de lui , eu n'a pas pour cela loi de s% n pi lindre : s'en plaint, on e^t blâmable, et par conséquent beau cou b plus si on le fait ayant sujet

de s'eti louer. Les lei 1 TOnl si

qui ont été reçus dès rois a établir en un une nouvelle chaire, à ériger un nouveau ministère du tout contraire à celui qu ils reconnaissent vrai ministère du grand Dieu, qui ont toute liberté de professer une ci -« directement opposée à la leur, qui sont reçus aux charges, aux dignités cl aux étals ; i le roi par sa bonté laisse grande q' villes et de châteaux pour sûreté, quoique tous les autres Français se reposent al ment en sa foi, vrai et seul asile d îs sujets : si ceux enfin qui ont do grandes pensions , qui reçoivent de grands bienfaits , en faveur desquels on a fait des édits avantageux qui sont gardés inviolablcraent, les lecteurs, dis-je, jugeront si telles gens ont occasion de se plaindre de leurs rois et les accuser tacitement d'ingratitude en se représentant chargés de maux pour salaire de leurs services. Si les anabaptistes avaient rendu autant d'assistance à un de vos princes pour recouvrer ses états, que vous prétendez en avoir rendu au grand Henry, lui conseilleriez-vqu leur donner plus de liberté que vous en avez en France ? En ayant reçu autant . les r, cevriez-vous à se plaindre pour rie recevoir pas du tout pareil traitement que vous '

Au reste je vous demande en votre conscience, non seulement si tous les princes qui professent votre créance, mais si aucuns d'eux nous traitent ainsi en leurs états '.' Je vous demande moins , je ne demande pas si les nôtres reçoivent des bienfaits, s'ils sont reçus aux états, s'ils sont elev es aux charges , c'est trop, je me réduis à demander -i on leur donne la liberté de professer notre religion, non ouvertement, mais en cachette,

avec sûreté de leur vie? Après avoir bien pensé à la question queje vous fais, vous ne pouvez me répondre autre chose . sinon que s'ils reçoivent quelque grâce en tels étais . c'est celle du martyre que nous estimons le plus. Aussi vos autours enseignent-ils qu'il faut bannir et punir les hérétiques, et que 11 liberté de conscience est diabolique , ce qui fait que vous nous l'interdisez partout où vous êtes les maîtres (1). Cependant il \ a une grande différence entre votre condition cl la nôtre, vous êtes innovateurs, et partant, ceux dont vous voulez troubler la posse —

(I) Beza, Ep. i. Non dubilamiis (magislralus) onlimo jure in praetraclos anabaplisus gladhun iinxisse. Boz.de hœr. puniend. lib. iotearo. ld. ep. t. Esi li '(• mère dhibolicum dognia , sinendum esso ununiipjcimpic m si voici perçut.

sion, eussent pu légitimement vous empêcher l'exercice (je votre nouvelle créance, Luther et vos propres auteurs enseignant qu'on le doit faire et le pratiquant ainsi. (1) Nous sommes possesseurs professant une doctrine qui nous est laissée des apôtres, par transmission de main en main, non interrompue : et partant, on ne peut légitimement nous débouler, sans nous avoir fait condamner par un concile général, ce que tant s'en faut qu'on ait fait, que même nous ne sommes pas condamnés avec apparence de justice par les princes qui embrassent vos opinions, vu que nous n'avons pas été ouïs : en quoi vous usez de l'artifice de ceux qui ayant donne sujet de plainte , se plaignent les premiers, vous deuillants de la même chose, quoique cette liberté ne vous ait pas été déniée, et que nous soyons très-contents qu'on vous la donne, sachant bien qu'autant de combats seront autant de lauriers pour nous , et de victoires pour l'Eglise (2). Et ne désirant rien plus , qu'en observant soigneusement les edits faits en votre faveur, rencontrer les occasions de remporter à l'avantage de la vérité, de nouvelles dépouilles sur vos erreurs (3).

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