CHAPITRE IV
Où l'on fait voir que c'est une fausse prétention de dire que les païens n'ont pas été dépourvus des vertus théologales.
On prétend aussi que ces païens n'ont pas été entièrement dépourvus des vertus théologales, qui nous viennent par une infusion divine pour une fin surnaturelle ; et que c'est pour cela que saint Thomas leur accorde une foi implicite. Mais il est faux que saint Thomas accorde aux païens une foi implicite, en la manière qu'on le prétend, et qu'il ait reconnu pour fidèles tous ceux à qui la lumière de la raison avait donné la connaissance d'un premier auteur de' toutes choses.
Saint Thomas était trop bon théologien pour tomber dans une hérésie si manifeste; car d'une part il enseigne que la foi est un don de Dieu, qui n'est point dans l'ordre de la nature; et de l'autre il suppose que ce que les philosophes ont dit de Dieu et de son unité, ils l'ont connu par les lumières de la science naturelle et par démonstration : Quœdam quœ in fide conlinentur, sunt démonstrative probata a philosophis, sicut Deum esse, et Deum esse unum ,2) : et par conséquent saint Thomas n'aurait pu reconnaître aucune foi dans ces philosophes profanes, sans se démentir lui-même et sans renwrscr tous ses principes.
(1) C.oncil. Carlhag. ceu ililcril. rapitulo. 4. Quisquis dixenigraiia Deipropierhoc Uuilura nosadjuvare ad non peccamlum, quia per ipsam nobis rei ei aperilur intelligenùa inandaiorum, m sciamusquid appetere quid vit. ire debeamus, nonaulem perillam nobis pr.e-tari ul quod faciendam cogaoTerimus , ciiam lacère diligamus, analhéma si t .
(4) 77mm. i. ±. i/mis/. I. art. .">. Il est vrai que ces
paroles ne contiennent pas précisément le sentiment de s. mu Thomas; mais qu'elles forment le in argument qui précède sa conclusion en forme ii'objection. Cependant de la manière que ce s. uni docte h \ répond, Ihui. ad. à. on ?oii bien qu'elles ne contiennent non de contraire à ses vrais sentiments.