‹ Denis PapinChapitre 3 sur 18 · V. Bertrand, l’Ancienne Académie, pp · texte numérisé non relu

V. Bertrand, l’Ancienne Académie, pp

Jusqu’à sa mort (4695), Huyghens entretint avec Papin une correspondance assidue, et ne cessa de prendre un intérêt paternel à ses travaux. Les relations n'étaient pas moins suivies entre Papin et Leibnitz. Celui-ci n’avait perdu l'électeur de Mayence, son premier protecteur, que pour en trouver un plus généreux encore dans l'électeur de Brunswick-Hanovre, auprès duquel il résidait, en qualité de conseiller, depuis 1676. De tous les illustres Allemands, aucun, Goëthe excepté, n’a si pleinement joui de sa gloire. La destinée calme et heureuse de Leibniz présente un contraste saisissant avec celle de son malheureux ami.

Papin se trouvait, à son retour d'Italie, dans une situation des plus précaires. Il dut s’estimer heureux d’être réintégré dans la position de préparateur ou curateur aux expériences de la Société Royale, que son émigration en Italie Jui avait fait perdre. IL obtint des émoluments dont il lui fallut bien se contenter et paraître satisfait, bien qu'ils ne constituassent pas, même à cette époque, l’aurea . Mmediocritas d'Horace.

Le traitement annuel qui lui fut alloué, dans la séance du 23 juin 1684, représentait une somme d'à peu près 16 à 1,700 francs. Il recevait de plus quatre écus par feuille pour ses publications dans

les Transactions philosophiques, recueil des travaux de la Société, et un certain nombre d’exemplaires tirés à part. Telle était la situation pécuniaire qu'il fut forcé, dans la suite, de regretter en Allemagne, après plus de vingt années de travaux incessanis. |

Papin résida habituellement en Angleterre jusqu’au commencement de 1687. Il déploya dans cet intervalle une activité prodigieuse; mais on est forcé de reconnaitre qu'il était dès lors sujet à éparpiller ses facultés inventrices sur un trop grand nombre d’objets, dont plusieurs semblent encore aujourd’hui plus curieux qu'utiles.

Ainsi, parmiles Mémoires élaborés à cette époque, onregrette d'en trouver un consacré à la description d'un projet de machine pour le mouvement perpétuel; un autre sur les engins de guerre pneumatiques. Papin avait déjà perdu beaucoup de temps, et devait en perdre encore davantage, dans ses tentatives obstinées pour substituer à la poudre l’action de l’air comprimé. Il se flattait d'amener ainsi une révolution complète dans les armes de guerre; erreur bien étrange de la part d'un si puissant esprit! Comme le fait observer l’un de ses biographes, une innovation de ce genre eût constitué un immense progrès du temps de Démétrius Poliorcète; mais

prétendre ramener les armées du xvrie siècle à l’usage des catapultes ou des balistes, était une déplorable chimère, propre seulement à déconsidérer son auteur.

Heureusement, à côté de cesspéculationsplusqu’inutiles, on trouve, à la même date, des recherches d’une véritable importance, notamment la « continuation du Digesteur, » et l'essai malheureusement infructueux d’une des’ plus belles inventions de Papin, la « machine propre à transporter au loin la force motrice des rivières. »

Dans cette machine, deux immenses corps de pompe, recevant l'impulsion d’une roue mue par le cours d’eau à utiliser, faisaient le vide dans l'intérieur d’un long tuyau métallique. Ensuite, un piston vivement poussé par le poids de la colonne atmosphérique, entraînait dans ce vide une corde attachée à l'extrémité de sa tige, et qui transmettait la force soudainement produite par l'effort de l'atmosphère.

Cette conception, prodigieuse pour letemps où vivait Papin, rencontra alors, comme la plupart de ses autres inventions, un obstacle insurmontable dans

l'insuffisance pratique des ouvriers, Aussi l'expérience faite au commencement de 1687, en pré-

sence de la Société Royale, ne fut pas satisfaisante.

ci

Les pompes n’opéraient qu’imparfaitement le vide, et la persistance d’une certaine quantité d'air dans le tuyau nuisait au jeu du piston.

Cette tentative n'en est pas moins l’un des plus

puissants efforts du génie de Papin : elle contenait en germe le principe des chemins atmosphériques modernes, dont le dernier mot n’est pas dit. 45 | Papin publia la description de cette machine, ainsi que la plupart des travaux qui suivirent, dans les Acta Eruditorum, recueil annuel qui paraissait à Leipzig depuis 1682 sous les auspices de Leibniz, et qui a rendu d'immenses services aux sciences.

Jusqu'à la révocation de l’édit de Nantes, les expérienres « du célèbre M. Papin » étaient citées avec éloge en France, dans le Journal des Savants. A partir de l'an 1686, le rédacteur garda prudemment le silence sur un savant aussi fortement entaché d’hérésie. |

On avait accusé de la même pusillanimité les membres de l’Académie des Sciences. M. de la Saussaye à trouvé leur justification dans un dogu- | ment que ses prédécesseurs avaient négligé, la table complémentaire rédigée par l'abbé Rozier pour les mémoires de cette Académie. Grâce aux |

indications fournies par cette table, on a retrouvé dans ce recueil, non-seulement l'analyse de plusieurs expériences de Papin, postérieures à 1686, mais sa nomination de membre correspondant.

Cette nomination, « seule récompense que Papin ait jamais reçue dans son pays, » fut faite le 4 mars 1689, sur la désignation de l’abbé Gallois, géomètre habile et ancien rédacteur du Journal des Savants. Une pareille proposition était alors un acte méritoire de tolérance et de courage, surtout de la part d’un ecclésiastique.

Un autre incident, postérieur de dix ans à cette nomination, prouve que les savants français n’avaient pas encore oublié Papin et ses travaux.

En 1699, l'Académie des sciences reçut une nouvelle organisation. Le nombre de ses membres fut porté de seize à cinquante, dont dix honoraires, vingt pensionnaires nommés par le roi, et autant d'associés élus. Sur ces vingt associés, douze devaient être français et résider à Paris; les huit autres pouvaient être choisis parmi les savants étrangers, Ainsi ce règlement, émané de Louis XIV et pourtant presque libéral, conférait à l'Académie, dans une certaine mesure, le droit de se recruter ellemême.

Il est vrai que l’Académie se montra d’abord

DENIS PAPIN 65 indécise dans ses choix, et « comme étonnée que l’on voulût bien la consulter, » suivant l'expression spirituelle d’un écrivain moderne. Néanmoins il s'y trouva un certain nombre d'hommes assez hardis pour proposer la candidature d’un hérétique expatrié, de Denis Papin, en concurrence avec celle du géomètre italien Viviani. Celui-ci, indépendamment de sa valeur scientifique, se recommandait par une ingénieuse flatterie à l'adresse du grand roi. [l avait fait placer sur sa maison de Florence, due aux libéralités du Roi de France : ædes à Deo datæ, sorte de rébus qui rappelait le prénom de Louis XIV, Dieudonné. Néanmoins Viviani ne l’emporta que d’une voix!

Deux ans après, le nom de Papin fut encore ms :

en avant, à l’occasion d’une nouvelle élection d’associé étranger. Mais cette fois, il y avait pour la place vacante un véritable candidat officiel, l'ingénieur chimiste ou alchimiste Martino Poli, pensionné et recommandé par le Roi! On disait que & cet homme, ayant découvert la composition et la manière de se servir d’un feu inextinguible qui, suivant quelques uns, n’était autre que l’ancien feu grégeois (le pétrole), était venu offrir son secret à Louis XIV, au moment où éclatait la guerre de la

. Succession d'Espagne. Le Roi, préférant cette fois

les intérêts de l'humanité à ceux de sa puissance, et plus scrupuleux que certains modernes belligérants, avait refusé d’autoriser l'emploi de ce terrible * engin, et prodiguait l'argent et les positions honorifiques à l'inventeur pour s'assurer de sa discrétion.

Dans de telles conditions, Poli, « Ingénieur du Roi, » ne pouvait manquer de l'emporter sur son concurrent. Nous ne savons trop si le secret de cet ingénieur était bien sérieux, mais les procèsverbaux de l'Académie constatent que le nouvel associé étranger avait en physique et en chimie des idées singulièrement arriérées, même pour son temps. Il attaquait notamment la théorie des couleurs de Newton; alléguant qu'aux quatre éléments qui composent les corps devaient correspondre seulement quatre couleurs : le rouge, couleur du feu; le bleu, couleur de l'air; le vert et le blanc, couleurs de la terre et de l’eau. La préférence accordée à un savant de cette force sur l'homme qui avait depuis douze ans inventé la machine à . vapeur, n’est pas un des souvenirs les plus glorieux de l’ancienne Académie des sciences. -

Depuis la révocation de l’édit de Nantes, Papin avait fait plusieurs voyages en Allemagne, et il s’y fixa tout à fait dès le commencementde l’année 1687.

Son dernier biographe explique ce changement de résidence par des raisons nouvelles, et des plus honorables. |

Il s'efforce de démontrer, par divers passages des Mémoires originaux et des lettres de Papin, et par d’autres circonstances non remarquées jusqu'ici, que cette résolution fut déterminée par des considérations d'un ordre plus élevé que l’espérance d’une amélioration matérielle dans sa si tuation. À l’époque de la révocation de l’édit de Nantes, le landgrave Charles de Hesse s’était empressé d'attirer chez lui les émigrants en leur promettant de grands avantages, et l’on a la preuve qu'avant la fin de cette même année 1685, un certain nombre de réfugiés, dont plusieurs appartenaient à la famille de Papin, habitaient déjà la ville de Marbourg, dans les États de ce prince.

Il s’y trouvait notamment une des cousines germaines de notre inventeur, probablement son amie d'enfance. Mariée à un homme beaucoup plus âgé qu'elle, elle devint veuve peu de temps après leur arrivée à Marbourg, et convola en secondes noces avec Papin. Ce premier mari, qui ne paraît pas avoir été regretté bien vivement ni bien longtemps, se nommait M. de Malifoy.

Tel fut, si l’on on croit le dernier bibémanhes de

fPapin, le véritable aimant qui l’attira dans la Hesse ‘électorale. | Ces explications n’ont rien que de vraisemblable. Il ne faut pas oublier pourtant que Papin lui-même, dans le discours d'inauguration de son cours de! mathématiques à Marbourg, attribue son déplacement à l'initiative du landgrave. L’exactitude de ce langage officiel semble confirmée par deux lettres confidentielles écrites à Huyghens, en juin et novembre 1690. Papin se plaignait à lui de ne pas trouver dans sa nouvelle position tous les avantages qui lui avaient été promis, avant même qu'iln'eût quitté Londres. Il y a donc lieu de croire qu'il ne s'était pas séparé pour la seconde fois de la Scciété Royale, seulement PORE des raisons de sentiment.

Ce qui est certain, c’est que, dès ve mois de mai 1687, il était à Cassel, en rapports suivis avec le landgrave, grand amateur de sciences et parti-

culièrement de mécanique, et qu’il fut nommé, au mois de février suivant, professeur de « mathématiques et de tout ce qui dépend de cette science » à l'université de Marbourg, où son installation définitive n’eut lieu toutefois que six mois plus tard. Marbourg, l’ancienne résidence de sainte ÉLsaheth de Hongrie, était au xvir siècle, comme

elle l’est encore aujourd’hui, l'une des cités les plus pittoresques de l'Allemagne rhénane.

« Au milieu du bassin qu'arrose le cours sinueux de la Lahn, dit Montalembert, une éminence se détache en s’avançant de la chaîne des hauteurs qui l'entourent. L'ancien château, construit par le petitfils d'Élisabeth, en couronne le sommet; les maisons et les jardins de la ville et de l’Université se groupent en terrasses sur ses flancs et à ses pieds; les deux sveltes tours et les hautes nefs de l’église de Sainte-Élisabeth (1235) s'élèvent entre la racine du mont et des bords de la rivière, qui s’arrondit pour enlacer l'enceinte de la ville. Hors de ses portes, de vertes prairies, de charmants jardins, de longues et belles allées attirent le voyageur, et le conduisent jusque sous les vieux ombrages qui couvrent les collines environnantes... De quelque côté qu’on se dirige dans les environs, en tournant ses yeux vers la ville, on retrouve toujours la même beauté sous des aspects infiniment variés : le caractère suave et pur des bords de la Lahn, les admirables proportions de la cathédrale, son élévation majestueuse au-dessus de tout ce qui l’avoisine, la disposition gracieuse et pittoresque de toutes les vieilles maisons, ainsi que des tours du vieux château, tout séduit et enchaîne la vue. »

Il est vrai que Marbourg, comme la plupart des | villes du moyen âge, gagne singulièrement à être | ainsi vue du dehors. Aujourd’hui encore, ses rues

étroites et irrégulières sont loin de briller par la propreté. Cependant une description latine, œuvre d’un professeur de l'Université de Marbourg contemporain de Papin, vante non-seulement l’heureuse situation de cette ville, mais la salubrité exceptionnelle du climat. Enfin, suivant M. de | la Saussaye, l'aspect général de Marbourg rappelle encore, et surtout rappelait d'une manière frappante au xvir siècle celui de Blois et des environs. Cette similitude était un puissant attrait pour la petite colonie Blésoise. « Ces infortunés retrouvaient dans cette cité de l'exil, une image de la patrie absente. »

Mais Papin goûta peu le charme de cette résidence, où sa situation matérielle fut toujours pénible. Son traitement fixe de professeur n’était que

de 450 florins (850 fr. environ), plus le casuel qui devait, disait-on, porter cette somme au double. Il avait donc compté recueillir à Marbourg des avantages pécuniaires au moins égaux à ceux qu'il venait de quitter; mais le casuel se trouva moindre qu'on ne le lui avait dit, et c’est sans doute pour cela qu'il se plaignait d’avoir été trompé.

Il est vrai que la vie était beaucoup moins chère qu’à Londres, et qu’il fut logé gratuitement pendant plusieurs années dans les bâtiments de l’Université, Mais, d’un autre côté, Papin avait considérablement augmenté ses charges en se mariant. Il avait à entretenir toute la « pauvre famille » dont il parle si souvent dans ses lettres, et qui se composait aloïs de sa belle-mère, de sa femme, d’une fille en bas âge qu’elle avait eue de son premier mariage, et plus tard, d’enfants issus du second.

Bien que son cours de mathématiques ne fût nullement une sinécure, puisqu'il était astreint à donner quatre leçons par semaine, il retourna bientôt, avec plus d’ardeur que jamais, à ses études de prédilection.

Le premier mémoire qu’il publia en Allemagne (septembre 1688) était intitulé : D'un nouvel usage de la poudre (De novo pulveris pyrii usu). C'était une nouvelle étude sur « les moyens de transmettre la force des cours d’eau à de grandes distances, » dont il s'était déjà occupé à Paris, et

ensuite à Londres.

| On a vu qu'il avait tenté de se procurer la puislance d’impulsion nécessaire, au moyen du vide opéré par une double pompe pneumatique et de la pression atmosphérique, et que la construction im-

parfaite des appareils avait fait manquer en Angleterre l'épreuve de cette machine, l’un des plus beaux titres de Papin à l’admiration de la postérité. À Marbourg, il essaya d'opérer ce vide par la poudre de guerre, ainsi qu'avaient déjà tenté de le faire, en France, Hautefeuille et Huyghens, ce dernier avec le concours de Papin lui-même. :

Mais ce fut en vain qu'il s’efforça d'améliorer les appareils de ses prédécesseurs, appareils dont l’un des moindres défauts était de compromettre la vie de l’opérateur. Des expériences réitérées le convainquirent définitivement de l’inefficacité de la poudre comme force motrice 1.

4. Dans ces expériences, la poudre était placée « dans une chambre à ce destinée, » au bas d’un corps de pompe vertical. L'explosion soulevait un piston équilibré par un contre-poids, et chassait en même temps l'air contenu dans le corps de pompe, par deux tuyaux latéraux faisant office de soupape. Alors le piston redescendait dans le vide, en soulevant une charge additionnelle au contre- ‘poids. « Mais, nonobstant toutes les précautions, il demeurait toujours environ la cinquième partie de l’air dans la pompe, » ce qui causait une déperdition de force con- :sidérable. Dans le Mémoire de 1688, envoyé à la société Royale, alors qu’il espérait encore réussir avec la poudre, . Papin indiquait déjà comme possible, à défaut de la poudre, l'emploi de la vapeur pour l'épuisement de l’eau des mines et pour d’autres usages. Cette idée se trouvait en germe, pour ainsi dire, dans le programme de travaux rédigé par Huyghens pour l’Académie française des scien-

Sans se décourager de ce double échec, il se mit à la recherche d’un autre agent mécanique, plus puissant et plus facile à diriger. Ce fut alors qu'il se retourna du côté de celui dont Salomon de Caus avait entrevu le premier la possibilité d’emploi dans un engin élévatoire : de la vapeur d'eau bouillante, force que Papin connaissait de longue main, pour l’avoir mise à l’œuvre, disciplinée dans son Digesteur. Après deux années d’études, il mit au jour le Mémoire à jamais fameux : Nouvelle manière de produire à peu de frais des forces motrices immenses.

C’est à l’époque de ce Mémoire que se rapporte le seul portrait original connu de Papin, celui qu’on voit encore à l’Université de Marbourg, et dont la reproduction gravée figure en tête de la publication de M. de La Saussaye. Ce portrait est daté de 1689 ; Papin avait alors quarante-deux ans. Il déroule et semble présenter au public le dessin de sa double pompe pneumatique. On dirait qu'il veut en appeler à la postérité de l’échec de cette conception, dù seulement à la construction défectueuse de l’appareil. Le graveur moderne n’a, dit-

ces, où nous avons vu figurer à la suite l’une de Vautre, l'étude de la force de la poudre et de celle de l’eau raréfiée par le feu. (V. ci-dessus, & 11.)

74 DENIS PAPIN on; rendu qu'imparfaitement l'expression de cette belle et austère physionomie. |

On croit pourtant y démêler l’obstination vaillante du génie qui poursuit sa route, déjà cruellement éprouvé; mais non encore vaincu, par les

soucis de l'existence matérielle et les tristesses de l'exil f,

1, À côté de la figure, on distingue encore aisément sur le fond du tableau l’inscription suivante :

Dionysius Pupin M. D. Math. Prof. oÿd. ac Réÿ. Soc. Lond. Soc:; Anno 1689,

Papin, ayant reconnu l'impuissance de la poudre comme force motrice, lui substitue 14 vapeur. — Il conçoit et fabriqué le premier appareil à vapeur, et en publie la description dans le célèbre Mémoire : « Nouvelles manières de produire à péu de frais des forces motrices immenses » (1690). Il y consigne ses premières vues sur l'application de la nouvelle force motrice à la navigation. — Relation curieuse, non remarquée jusqu'ici, entre les travaux de Papin, du prince Rupert et de Salomon de Caus. — Le mérite de la priorité appartient au Français Papin, non à l'Anglais Savery ; erreurs plüs ou moins involontaires dés écrivains anglais à ce sujet. — Savery n’a fait que combiner des découvertes antérieures. — Toutes les applications de la vapeur sont en germe dans l'appareil de 1690.

Le Mémoire contenant la description de la première machine à vapeur parut d’abord, en latin,

76 DENIS PAPIN dans les Acta erudilorum de Leipzig du mois de septembre 1690. À Cinq ans après, Papin en publia un texte français qu’on appelle une traduction, maïs qui pourrait bien être le véritable original, d’après lequel aurait été rédigée la description latine publiée précédemment. Ce texte français fait partie d’un Recueil de diverses pièces, imprimé à Cassel en 1695, et dont on ne connaît qu'un très-petit nombre d'exemplaires. | 3 Papin commençait par rappeler que, dans les expériences de sa machine, proposée en 1688 « pour le nouvel usage de la poudre à canon, il a été impossible de venir à bout de ce qu'on souhaïtoit principalement, qu'il se fist un vuide parfait. | PUR « Jay donc tasché, dit-il, d'en venir à bout d'une autre manière; et, comme l’eau a la propriété, étant par le feu changée en vapeurs, de faire ressort comme l'air, et ensuite de se recondenser si bien par le froid, qu’il ne luy reste aucune apparence de cette force de ressort, j’ay cru qu’il ne seroit pas difficile de faire des machines . dans lesquelles, par le moyen d’une chaleur médiocre et à peu de frais, l’eau feroit ce vuide parfait qu’on a inutilement cherché... ; -et, entre

DENIS PAPIN plusieurs différentes constructions qu’on peut ima-

giner pour cela, celle-ci m'a paru la meilleure. »

Nous ne reproduirons pas la description si con nue de cet appareil primitif, qui contenait, à l’état embryonnaire et dans des dimensions restreintes, les principes essentiels du mécanisme de nos engins à vapeur moderne ; le récipient faisant office de chaudière et de corps de pompe, le va-et-vient du piston, dont l’eau vaporisée a déterminé le mouvement ascensionnel, et dont le poids de l’atmosphère détermine à son tour la descente dans le vide parfait produit dans le récipient, alors que, par suite de l'éloignement du feu, la vapeur se condense et a fait son retour à l’état liquide.

Ce premier corps de pompe fabriqué par Papin n'avait que deux pouces et demi de diamètre et pesait moins de cinq onces; et pourtant il était capable, à chaque oscillation, d'élever un poids de soixante livres.

Des raisons impérieuses d’économie avaient forcé Papin d'établir son appareil dans ces minimes proportions. Mais il avait pu ainsi fabriquer lui-même toutes les parties de cet appareil en miniature, et assurer à son fonctionnement la précision qu'il n'avait pu obtenir dans l’essai en grand de sa machine atmosphérique.

Dès cette époque, il comprenait à merveille et s'efforçait de faire comprendre la portée de sa nouvelle invention. Son tuyau de deux pouces et demi pouvant élever soixante livres à toute la hauteur dont le piston descendait, et la pression s’augmentant toujours en raison doublée des diamètres, on ne pouvait plus douter de la possibilité de « faire des tuyaux du diamètre de deux pieds, qui ne peseroient pas quarante livres et qui pourroient en élever deux mille, à chaque opération, jusqu’à la hauteur de quatre pieds, par exemple, si l’on fesoit les tuyaux de cette hauteur. »

Enfin, il tâchait de démontrer qu’il serait facile d'imprimer un caractère continu à ce mouvement de va-et-vient, en ayant plusieurs tuyaux juxtaposés et poussant alternativement d’un tuyau à l’autre le fourneau, construit en plaques de fer peu épaisses; «et ainsi, ce mesme feu feroit continuellement dans quelque tuyau ce vuide qui pour roit ensuite produire de si grands effets. » Ce déplacement continuel du foyer peut paraître aujourd'hui naïf; il n'en est pas moins vrai que de ce jour la machine à vapeur était inventée. Tous ses éléments essentiels apparaissent groupés dans l’œuvre rudimentaire de Papin : il ne reste plus qu’à perfectionner et régler les accessoires.

« 11 serait trop long, ajoutait-il, de rapporter icy, de quelle manière cette invention se pourroit appliquer à tirer l’eau des mines, jeter des bombes, ramer contre le vent, et à plusieurs autres usages de cette sorte... Je ne puis pourtant m'empêcher de remarquer icy en passant combien cette force seroit préférable à celle des galériens pour aller vite en mer... »

Il cherche à prouver que, sous ce dernier rapport, son appareil donnerait des résultats plus satisfaisants de tout point, qu'il serait moins lourd, moins encombrant, moins coûteux que les chiourmes. L’inventeur se maintient, avec un scrupule qui peut sembler excessif, sur le terrain de l’appréciation technique. S'il blâme l'emploi des galériens, c'est parce qu'ils augmentent beaucoup le poids des embarcations, qu'ils y tiennent trop de place ; qu'il faut toujours les nourrir, soit qu'ils travaillent, soit qu’ils se reposent; enfin « parce qu'on ne peut pas toujours trouver autant de galériens comme on en aurait affaire. » Il ne devait pourtant pas ignorer que l’on savait bien trouver alors en France, parmi ses coreligionnaires, des galériens « autant comme, on en avait affaire.»

Papin avait également consigné dans ce Mémoire ses premières vues sur l'application pratique de sa

nouvelle force motrice à la navigation. Il songeait,

dès lors, à faire usage de rames tournantes adaptées à l'extrémité d’essieux recevant l'impulsion des tuyaux par l'intermédiaire de petites roues dentées fixées à ces essieux, et dans lesquelles viendraient s'engrener les manches également dentés des pistons de chacun des tuyaux. |

Cest ici que vient se placer la corrélation que nous avons annoncée ci-dessus, entre les travaux de Salomon de Caus et ceux de Papin ($ D.

Papin lui-même nous a appris que la première idée de ce mécanisme lui avait été suggérée par celui d’une invention de bateau qui avait été l’objet d’une communication à la Société Royale pendant son séjour en Angleterre, et dont il avait vu faire l'essai sur la Tamise. Cette embarcation, prototype du premier bateau à vapeur à roues, avait aussi, en effet, des roues tournantes munies d'essieux s'engrenant dans des roues dentées; le tout manœuvré par des chevaux. Avec cet appareil de remorque, l’embarcation dépassait les meilleurs rameurs. wa

Or, ce bateau était de l’inventton du prince Rupert ou Robert, cousin germain du roi Charles IT alors régnant, et troisième fils du malheureux Électeur Palatin Frédéric V et d’Élisabeth Stuart,

cette princesse que nous avons précédemment signalée comme ayant été l'élève et la protectrice de Salomon de Caus.

Général plus brave qu'habile, et presque toujours malbeureux sous son oncle Charles Ier comme sous son cousin Charles IT, Rupert avait hérité du goût de sa mère pour les sciences, et se dédommageait, en les cultivant avec quelque succès, de ses nombreuses mésaventures guerrières. On lui attribue, avec quelque vraisemblance, les premiers essais de la gravure à la manière noire, et l’on trouve dans les premiers volumes des Transactions philosophiques plusieurs communications faites par lui à la Société Royale, notamment celles d’une machine pour faire monter l'eau, d’un canon pouvant recevoir et lancer de suite plusieurs boulets, enfin le bateau à rames tournantes.

Sans aborder ici des conjectures qu’il serait impossible de vérifier, nous nous bornerons à faire remarquer que la veuve de Frédéric V, ayant eu longtemps près d'elle Salomon de Caus et pris de ses lecons, devait posséder ses ouvrages, avoir copié ou conservé de ses dessins. On sait aussi qu'elle se plut à encourager les dispositions dont

ses enfants avaient hérité d’elle pour les sciences,

notamment celles d'Élisabeth la Cartésienne et de ce prince Rupert, que nous voyons adresser des communications à la Société Royäle à l’époque où Papin en était le curateur. Il y a là une sorte de trait d'union, de filiation scientifique qui méritait, je crois, d’être signalée 1.

Le Mémoire de 1690 nous fournit donc une preuve authentique que, dès cette époque, Papin avait conçu le projet du bateau à vapeur à roues qu’il exécuta dans la suite, et fit manœuvrer sur lé Weser; bateau dont nous racontérons la courte et tragique odyssée.

La doublé publication de ce Mémoire, en latin et en français, à cinq ans d’intervallé (1690-95), résout victorieusement en faveur de Papin, en notre faveur, la question de priorité.

En effet, la première machine d’épuisement de Savery qu’on nous oppose, ne fut brevetée qu’en 1698. L'ouvrage qui en contient la description (the miner’s friend) ne fut imprimé qu'en 1702, et!

4, Il serait intéressant de s'assurer si parmi les inven« tions proposées par le prince Rupert, il ne s'en trouverait pas d’empruntées à l’ancien maître de sa mère. Ce prince, par parenthèse, n’était pas très-scrupuleux en fait de plagiats semblables : on l’a notamment accusé d’avoir dérobé à un officier hessois le procédé de la gravure à je manière noire.

personne n’a osé en faire remonter la conception primitive au-delà de 1696. Néanmoins les Anglais lui ont longtemps attribué la priorité. Jusqu'à ces dernières années, ils ignoraient ou affectaient d'ignorer l'existence des deux éditions originales du premier Mémoire de Papin, et soutenaient que ce Français n’avait rien publié sur l’emploi de la vapeur, avant l’autre Mémoire intitulé Ars nova, qui ne parut qu’en 4707. | Aujourd'hui même, par une distraction étrange, ou plutôt par un amour propre national mal entendu, quelques écrivains anglais persistent à ne pas tenir compte du Mémoire de 4690, et maintiennent l’assertion que Papin n'aurait été que le plagiaire de Savery. Aïnsi, dans le recueil de bio= graphies industrielles de M. Smiles (Self Help), ouvrage qui a obtenu un succès de vogue en Angleterre, on lit que Papin, dans une visite qu'il fit à Londres en 1698, assista à un essai fait sur la Tamise avec un bateau à roues et à aubes de Savery, dont les roues étaient mues par des hommes; que vers la même époque (1698) il fut présent à la réunion de la Société Royale où ce même Savery expose le premier modèle de sa machine à vapeur ; que ce fut alors qu’il conçut l'idée de combiner les deux systèmes, c’est-à-dire

d'employer la vapeur pour faire tourner les roues à aubes ; enfin, que dès qu'il fut installé à Marbourg comme professeur de mathématiques, il s’occupa activement de donner un corps à ces idées; et qu’une longue correspondance, conservée à la bibliothèque de Hanovre, eut lieu à ce sujet entre Leibnitz et lui.

Il y a dans tout cela beaucoup de confusion et d'inexactitudes plus ou moins involontaires. D’abord le bateau à rarnes tournantes, mises en mouvement par des chevaux, que Papin avait vu essayer sur la Tamise, était de l'invention du prince Rupert et non de Savery, et cette expérience remontait à l’époqué de Charles IT. Ensuite le voyage de Papin à Londres en 1698 est une fable. On verra tout à l'heure que Papin était alors occupé, surchargé de travaux considérables qui ne lui permettaient pas de songer à une pareille excursion; qu'il n’a appris qu'au bout d'un an l'expérience faite à Londres en 1698 de l'appareil de Savery; enfin qu’il n’a connu le détail de cette machine que plusieurs années après, par une communication de Leibnitz.

Tout cela est prouvé surabondamment par la correspondance des deux savants, dont M. Smiles parle par oui dire, mais qu’a recueillie le dernier

biographe de Papin, M. de la Saussaye. Au reste, l'écrivain anglais se contredit lui-même un peu plus loin, quand il dit que Papin s’occupa sérieusement des applications pratiques de la vapeur aux machines élévatoires et même à la navigation, dès l’époque de son installation à Marbourg. Or il reconnaît lui-même que cette installation remonte à l’année 1688; elle est, par conséquent, antérieure de dix ans à la première exhibition du modèle de Savery 1.

De telles erreurs sont vraiment inconcevables aujourd’hui, dans des travaux de vulgarisation scientifique. En effet, « depuis quatorze ans, l'investigation historique du passé de la vapeur a remis en lumière les travaux des successeurs de Héron : la critique en a fixé l’origine et la portée. » Elle a évoqué, remis en pleine lumière Papin, l’homme de génie mort obscurément à la peine.

4. V. Self Help, pp. 66, 67 de la traduction française, publiée chez H. Plon (Paris) et Murray (Londres) en 1869. Toutes les pages consacrées à Papin dans ce livre fourmillent d'erreurs. Ainsi, l’auteur lui fait exercer d’abord la médecine avec succès à Paris; ensuite il le fait arriver en Angleterre seulement en 1681 au lieu de 1675. Nous avons déjà mentionné le reproche parfaitement inexact qu’il lui adresse, de n’avoir été qu’un faiseur de projets sur le papier, incapable de mettre la main à

l’œuvre. Nous aurons encore à relever, dans le cours de ce travail, plusieurs autres erreurs non moins considérables.

Cest bien à lui que revient la meilleure part dans l'invention scientifique la plus considérable des temps modernes : il a assez souffert pour qu’on lui laisse au moins toute sa gloire!

L'antériorité n’est pas le seul avantage de l’auteur de la « Nouvelle Méthode » de 4690 sur celui du Miner's Friend de 1702. « Savery, qu’on a voulu faire passer pour un prophète en France, ne l'avait pas été en Angleterre. » Dès l’époque où parut la description de sa machine élévatrice, il fut accusé d’en avoir dérobé l’idée fondamentale à la conception hiéroglyphique du marquis de Worcester, empruntée elle-même, comme nous l'avons dit plus haut, à celles de Porta, de Kircher, de Salomon de Caus. Après avoir comparé minutieusement la machine de Savery avec ces essais antérieurs, et avec l'appareil que Papin avait imaginé et décrit si nettement dès 14690, on arrive à la conviction que Savery n’a rien découvert. |

Toute l'économie de son système repose sur le principe qui a dirigé Salomon de Caus. L'ingénieur français produisait sa force motrice aux dépens mêmes de l’eau chauffée dans un seul globe métallique. Savery emploie deux récipients : un pour l'eau, un autre pour la vapeur, Les écrivains anglais font honneur de cette idée à l’auteur du Century

of Inventions (Worcester). Ils auraient même pu remonter plus haut; mais ils ont préféré naturellement s'arrêter à un compatriote. Dans la machine le Savery, la première eau vaporisée passe du bouilleur dans l’autre récipient, placé entre le puisard et le bassin de réception supérieur, à la distance intermédiaire convenable pour les deux actions qui. doivent successivement se produire. Accumulée et isolée dans cet autre récipient, la première eau vaporisée s'y condense sous un afflux d’eau froide ; le vide qui en résulte aspire l'eau du puis ardi. Parvenue à la hauteur où s’arrête la force de pression atmosphérique, cette colonne d’eau, mise en contact avec la force élastique de la vapeur, reprend, sous cette impulsion, sa marche ascensionnelle, jusqu’au bassin de réception.

Cette machine d'épuisement à production directe constituait sans doute un progrès relativement con

4. Par cette combinaison Savery avait eu l’art d'utiliser une autre idée de Salomon de Caus, celle de la fontaine solaire, qui figure également dans le livre des Forces mouvantes. Dans sa fontaine, l'ingénieur français faisait” aspirer de même l’eau d’un réservoir inférieur par le vide opéré dans un récipient supérieur. Pour opérer ce vide, Savery substituait à l'action des rayons solaires indiquée par Salomon celle de la vapeur, plus régulière et plus énergique, mais empruntée à un autre Français, à Papin |

sidérable dans la mécanique appliquée; mais elle n’avait pas, tant s’en fallait, la portée de l'invention de Papin.

Savery n’avait fait en réalité que combiner use façon ingénieuse des découvertes antérieures. Il avait emprunté à Salomon de Caus l'emploi de la vapeur comme force motrice, perfectionné par l'addition d’un deuxième récipient; à Papin, la . condensation de la vapeur. Le plus grand mérite qu’on puisse évidemment revendiquer pour Savery, praticien adroit, mais non homme de génie, c'est d’avoir substitué, dans cette opération, l’afflux d’eau froide à l'éloignement du foyer, moyen passablement primitif indiqué par le premier inventeur.

Mais Savery, lors de ces premiers essais, avait complétement laissé de côté la partie la plus considérable de l’œuvre de Papin, l’idée du piston obéissant à la vapeur; ce nouveau plagiat ne se révèle que dix ans plus tard, dans la machine due à la collaboration de ce même Savery avec Newcomen et Cawley 1.

4. L’un des plus grands avantages de cette nouvelle machine sur la première de Savery, consistait en ce que « le piston ayant un mouvement de va et vient, on pouvait le communiquer à toute espèce de machine. »

pe —

£ En résumé, c'est Papin qui nous a appris :

où élever un piston dans un corps de pompe par le ressort de l'eau vaporisée, puis à l’abaisser en faisant perdre à cette eau son ressort par le refroidissement; double mouvement en sens inverse, dont la répétition fournit un pouvoir d’impulsion docile à la volonté de l’homme; 2° à faire l'application de ce moteur à toutes les opérations de l'humanité qui exigent l’emploi d'une force mouvante, notamment à la marche des navires. » Toutes les applications ultérieures de la vapeur, moteurs d'usines, locomotives de chemins de fer, machines à aubes et à hélices, sont en germe dans l'appareil en miniature fabriqué, cent ans juste avant la Révolution française, par un proscrit français.

Or, ce mouvement était encore un emprunt fait à Papin. Celui-ci avait même eu la première idée d’un perfectionnement considérable, qui n’a passé que bien plus tard dans la pratique. Pour remédier au défaut de continuité d'action dans la machine atmosphérique, Papin avait proposé d’agir sur le balancier à l’aide des tiges de deux ou plusieurs pistons appartenant à des corps de pompe distincts, disposés de manière que l’un descendît pendant que l'autre monterait. Cette idée est précisément celle de la machine à double effet. (Dict. des Arts et Manufactures, art. Machine à vapeur.)

Correspondance de Papin avee Huyghens et Leibnitz; il se plaint de sa position fausse et gênée à Marbourg, de la jalousie des autres professeurs de l'Université, etc. — Autres difficultés avee ses compatriotes ; dissidences religieuses dans la colonie protestante de Marbourg; Pajon et les Pajonistes. — Travaux nombreux de Papin; engins balistiques, siphons de Wurtemberg, appareil de soufflerie pour utiliser la fumée, cloches à plongeur, bateaux de guerre sous-marins, etc. — Son mémoire intitulé Traité des opérations sans douleur, signalé pour la première fois par M. Ed. Fournier. — Papin est appelé à Cassel par le landgrave de Hesse.

Cest précisément à cette époque mémorable de la vie de Papin, que commencent ses plus grandes

sont exposés ceux qui marchent trop en avant de

Page 1