dut par conséquent connaître et suivre de près
los péripéties de cette négociation mémorable pour la
Éj
Sa conscience ne lui permit pas sans doute de suivre leur exemple ; on peut le regretter au point de vue scientifique, qui doit seul nous occuper ici.
L'abjuration eût mis fin à son exil, éteint cette
déplorable animosité contre ses compatriotes catholiques, dont on trouve la trace dans quelquesuns de ses écrits. Son génie aurait pu s'exercer plus librement ; sa vie eût été plus heureuse et moins obscure. Le Régent, ami éclairé et enthousiaste des sciences, aurait pu le connaitre, l’aurait compris peut-être. Qui sait si la rencontre de ces deux hommes n’aurait pas hâté, au profit de
réunion des cultes chrétiens, entre Bossuet d'une part, et de l’autre, Molanus, abbé de Lokkum, et ensuite Leibnitz. Ce dernier était allé fort loin dans la voie des concessions, plus loin peut-être que beaucoup de ses core- < HEIONN ASE n'auraient consenti à le suivre, puisqu'il avait Li consenti tout d’abord à admettre, comme vénérable et ‘salutaire, la juridiction suprême du pape, et la nécessité d’une nouvelle ordmation des ministres protestants à leur entrée dans la hiérarchie romaine. On est peu d’accord sur le vrai motif de la rupture de ces conférences, dans lesquelles les négociateurs étaient dignes l’un de l’autre et du but qu'ils poursuivaient. Selon toute apparence, des considérations purement politiques ne furent pas étrangères à cette rupture; et, parmi ces considérations, il faut mettre en première ligne l’appréhension qu'avait le protecteur de Leibnitz, l’électeur de Hanovre devenu l'héritier présomptif du trône d'Angleterre, de se compromettre avec les fanatiques anglicans, en continuant d’autoriser cette tentative de conciliation.
la France, la prise de possession de cette force nouvelle, et fait prendre un tout autre cours aux événements du dix-huitième siècle? | Malgré tous ses ennuis, Papin avait prodigieusement travaillé à Marbourg, comme en font foi les dissertations et descriptions de machines éparses dans les Actes de Leipzig, et les notices réunies dans le recueil qu’il fit imprimer à Cassel en 1695. On regrette même de voir s’éparpiller sa capacité inventrice sur tant d'objets divers. Mieux eût valu, sans doute, pour nous et pour lui-même, qu’il concentrât toute son activité sur les applications pratiques de sa grande découverte, et notamment sur la construction du bateau à vapeur dont l’idée était arrêtée dans son esprit dès 1690. Malheureusement « il ne s’appartenait pas, » comme lui-même l'écrivait à Leibnitz. Il était souvent dérangé de
ses hautes conceptions par des commandes payées,
que ses devoirs de chef de famille ne lui permettaient pas de refuser.
Parmi les travaux secondaires de Papin à Marbourg, nous citerons :
La description d’un nouveau pressoir atmosphérique (1689) ; ;
Un Mémoire sur la gravitation universelle (1690), dans lequel il semble avoir pressenti de son côté
quelque chose des découvertes toutes récentes de Newton, qu'il no connaissait pas encore, ayant quitté l'Angleterre avant la publication du livre los Principes
Un autre Mémoire sur les engins balistiques, conception à laquelle on le voit revenir de temps on tomps avec une obstination fâcheuse ;
Doux dissertations sur la machine dite le siphon do Wurtemborg, dans lesquelles il indiquait des moyens de modifier le niveau dans cet appareil, ot d'obtenir l'écoulement ailleurs que par la partie #upôrioure ;
Enfin, la description de la pompe aspirante et foulanto dite Pompe de Hesse, mécanisme aussi sim plo qu'ingénioux, qu'il proposait d'utiliser comme soufflour dans le projet d'un autre appareil ayant pour but « d'épargner les aliments du feu, » en utilisant la faculté combustive de la famée.
On est rovonu, de nos jours, à cette dernière idée, à laquelle lo développement de l’industrie donne un intérôt considérable au double point de vus de la sécurité ot de l’économie, puisqu’en tirant parti do coite fumée, on réalise une épargne assez iniportanto de combustible, en même temps que l'on évite l'ongorgoment dangereux de la suie dans los cheminées des usines, Le génie investigateur
de Papin avait résolu cette question, il y a bientôt deux siècles.
Dans son ingénieux projet, la « principale pièce » est la pompe de Hesse, qui, au moyen de certaines modifications, produit un fort courant d'air au lieu d'élever de l’eau. Pour obtenir par ce moyen la consommation de la fumée, Papin, au-dessous du tuyau de dégagement qui donne issue au courant d'air, ajuste un fourneau « dont l'ouverture d'en haut reçoit le vent qui sort dudit tuyau, et qui en se dilatant remplit tout le fourneau, en sorte que le feu qui est allumé ne saurait du tout monter; mais que toute la flamme et la famée sont poussées en bas par la force de ce vent, et elles sortent avec impétuosité par l’ouverture qui est en bas du fourneau. D’où il s'ensuit que les aliments du feu qu'on met par en haut dans le fourneau doivent se consumer entièrement ; parce que les fumées, descendant par toute la hauteur du fourneau et y rencontrant un grand feu, ne sauraient sortir sans que ce feu si violent les dissolve et les consume. Et par ce moyen nous gagnons toute cette matière dont j'ai déjà parlé, laquelle monte d'ordinaire en l'air sans se brûler. »
Nous rencontrons ensuite des recherches sur les moyens de conserver la flamme sous l’eau, d’amé-
liorer la structure des cloches à plongeur, encore bien imparfaites à cette époque; une étude pour la construction de bateaux de guerre sous-marins. Ce dernier travail, commandé par le landgrave, prit à son protégé un temps qui aurait pu être mieux employé.
Enfin, un ingénieux et infatigable investigatour, M. Ed. Fournier, dans son ouvrage intitulé « le Vieux Neuf, histoire ancienne des découvertes modernes », a signalé un autre Mémoire, rédigé à Marbourg, et qui avait échappé jusqu'ici à tous les biographes de Papin. Ce Mémoire, dont le manuscrit est maintenant à la bibliothèque de Cassel, porte le titre de « Traité des opérations sans douleur. » 11 contient la description d'un procédé ayant pour but de déterminer l’anesthésie chez les malades qui ont à subir des opérations douloureuses, comme on fait aujourd'hui avec le chloroforme.
Papin avait, dit-on, fait cadeau de cet écrit à l'un de ses confrères de l'Université, le seul peut-être devant lequel il eût trouvé grâce. Cet ami inconnu de Papin était un médecin nommé Bœrner, dotit la famille avait conservé jusqu’à nos jours cette relique scientifique. |
Une letire adressée à Leibnitz en 1704, nous äp- |
prend que Papin résidait à Cassel depuis neuf ans C’est donc à l’année 1695 que remonterait son départ définitif de Marbourg. Le landgrave avait été sans doute bien aise de le rapprocher de sa per-. sonne, pour profiter davantage de ses services et le retirer d’une ville où il avait tant de désagréments à essuyer. Papin ne fut guère plus heureux dans sa nouvelle situation, malgré la bienveillance du prince, peut-être même à cause de cette bienveillance.
On sait que Cassel est situé sur la Fulda, rivière qui prend ensuite le nom de Weser, après sa jonction avec la Werra. Aïnsi, par une coïncidence étrange, dans cette contrée où des prêtres idolàtres mettaient en œuvre les phénomènes de l’eau vaporisée pour frapper les populations d’une terreur superstitieuse, l'utilité scientifique et industrielle de ces phénomènes, leur importance dans les destinées futures de l'humanité, se révélaient au génie d'un proscrit.
C'était sur les eaux du Weser que devait flotter le premier bateau à vapeur. C'était là qu’il devait périr, par les mains des descendants de ces anciens Sorabes, adorateurs de l'idole-vapeur du dieu Pérun!
Rata PLU at DE uit
vtr.
Aspect de Cassel à la fin du dix-septième siècle, d’après un voyageur contemporain. — Caractère du landgrave Charles de Hesse; son esprit actif et inconstant, ses nombreuses entreprises. — Sa bienveillance intermittente pour Papin, qu’il surcharge de travaux de toute espèce. — Fourneaux pour le coulage des glaces, conserves alimentaires; matelas et coussins à air. — Machine à feu pour extraire l’eau des salines; machine soufflante pour l’évaporation de l’eau salée, etc. — Fabrication d’un petit chariot mû par la vapeur, mentionnée dans une lettre de Papin à Leibnitz. (Avril 1698.) — Essai malheureux de la machine élévatoire pour faire monter l’eau de la Fulda; l'appareil est emporté par les glaces. — Embarras pécuniaires du landgrave, dont Papin ressent le contre-coup. — La pompe balistique à lancer des grenades; prédilection fâcheuse de Papin pour cet appareil. — Fabrication du premier bateau à roues, mû par la vapeur (1704) — Projet d'évasion au moyen de ce bateau.
Un voyageur français, qui avait visité les diverses parties de l'Allemagne dans les dernières années du xvui° siècle, a décrit fort exactement l'aspect que présentait Cassel, précisément à l’époque où Papin vint s’y établir. |
« Cette ville, dit Monconis, est située sur le penchant d’une colline qui passe pour plaine en comparaison du reste du pays. Les maisons n’y sont que de bois et de terre, les planchers bas, les fenêtres, dans toute la longueur des charnbres, vitrées de vitres rondes, les lits très-petits, et des lits de plume pour couverture. (Ce détail désagréable d'intérieur a persisté jusqu’à nos jours dans une grande partie de l'Allemagne.) Le chäteau ou palais du landgrave est un grand bâtiment carré de pierres de taille, beau par déhors et par dedans, avec une grande cour au milieu. Il est entouré d’une espèce de bastion revêtu de terre, et a vue sur le vallon et la rivière de Fulda, qui passe au pied sous un joli pont de pierre, etc. 1. »
Cette description ne s'applique qu’à la vieille ville, qui seule existait alors. Mais déjà le landgrave Charles jetait au sommet de la colline les fondations du moderne Cassel, « la nouvelle ville fran-