ACTE PREMIER tt
MADAME DE PONTFERRÀND.
Vous y allez encore assez souvent.
PONTFERRAND.
Tous les deux mois, à peu près, et avec des billets d'aller et retour, ce n'est pas la peine d'en parler.
MADAME DE PONTFERRAND.
N'est-elle pas veuve, cette belle madame deThauzette?
ANDRÉ
Oui, Madame.
Son mari était à la tête d'une Société financière; il a laissé des affaires en assez mauvais état.
PONTFERRAND.
Après sa mort, on a lavé la situation.
MADAME DE PONTFERRAND
Eh bien, l'eau doit être propre. N'a-t-elle pas un fils?
ANDRÉ
Qui a été au collège avec moi.
MADAME DE PONTFERRAND.
Il est plus jeune que vous ?
ANDRÉ
De six ou sept ans.
MADAME DE PONTFERRAND.
C'est un grand bellâtre qui n'est bon à rien. Elle voudrait bien le marier, mais il n'est pas d'un placement facile. Est-ce qu'il est ici avec elle?
MARTilE.
Oui, Madame, nous allons faire une promenade à
cheval ensemble, ce matin; madame de Thauzette roc donne des leçons.
JIADAME DE PONTFERRAND.
Ah! oui, elle pourrait donner des leçons de manège, comme mademoiselle Brissot des leçons d'orlhographe. Faites-moi donc visiler votre nouvelle installation, car toute cette partie du château a été nouvellement restaurée.
Elles s'éloi^aeat.
TROUVE N IN, à Pontferrand .
Madame de Pontferrand a beaucoup d'esprit.
PONTFERRAND.
Oui, oui. Elle est mauvaise comme la gale. Dites donc, vous qui êtes dans beaucoup d'affaires sûres, car il paraît qu'elles sont sures, vos affaires...
THOUVENIN
Oui.
PONTFERRAND, lui serrant la main.
Je VOUS en fais mon compliment. Vous devriez bien me fourrer dans un conseil d'adminisiration. Les Pontferrand sont de vieille souche. Voilà une occasion pour la démocratie de faire alliance avec la noblesse. Et puis ça me ferait aller quelquefois à Paris.
THOUVENIN
es jetons d'absence seraient pour la petite.
P ONTFERRAND.
Qui est-ce qui vous a dit de ces choses-là?
THOUVENIN
Ça se dit dans le pays.
^* PONTFERfANDf
Tas de bavards!