SCÈNE V
ÛENISE, ANDRÉ.
ANDRÉ
Votre père et votre mère autorisent la conversation que nous allons avoir, Mademoiselle. Ils me permettent de vous dire que je vous aime, et de vous le dire, comme je le sens depuis longtemps déjà, du plus profond de mon cœur. Ils vous laissent seule maîtresse de votre décision.
Je connaissais cet amour.
ANDRÉ
Votre mère vous en parlait à l'instant, m*a-t-elle dit.
Je le connaissais avant qu'elle m'en parlât. Malgré tonte votre réserve, malgré toute votre délicatesse, vous n'aviez pu me le cacher. Je me sentais aimée discrètement, respectueusement, par un honnête homme, et j'en étais aussi fière, aussi heureuse qu'il est possible de l'être.
ANDRÉ
Alors, TOUS m'aimiez aussi un peu... secrètement.
Si c'est aimer que de reconnaître et d'ailmirer l'élévation et la noblesse d'un homme, de le placei dans son cœur et sa'pensée au-dessus de tous les autres, et d'être, sans aucun espoir de récompense, aussi prèle à lui co»-