‹ DeniseChapitre 68 sur 91 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

ÊfecM. deThauzette?

ANDRÉ

Oui.

Vous avez consenti? A quel propos avez-vous fait cela?

ANDRÉ

C'est à vous maintenant de me pardonner. Mais je vous aimais tant. Comme je voulais absolument savoir la vérité sur vous et que lui seul pouvait me la dire, je lui ai demandé, moi, en lui jurant que ni vous ni personne n'en sauriez jamais rien, je lui ai demandé devant sa mère... s'il pouvait me jurer...

Oh ! dites les mots !... qu'il n'avait jamais été mon amant.

ANDRÉ

Oui.

Et alors?...

Il a juré.

ANDRÉ

Ah! le misérable! je le reconnais bien là.

ANDRÉ

Que voulez-vous dire?

Qu'il a voulu vous voler votre sœur et votre fortune, e» votre bonheur, et le repos cl la dignité do votre vie à tous deux. M. delhauzefte vous a menli, menti impudemment, et sans doute il a cru être chevaleresque Ces

tli DENISE

mensonges-là, c'est l'honneur des hommes qui ont volé l'honneur des femmes! — Ah! tant qu'il ne s'est agi que de moi, Ja.i pu étouffer mon secret dans le fond de mon cœur! j'ai pu me sacrifier sans rien dire, comme je viens de Je faire tout à l'heure et par amour pour mon père qui'ne saifjien et par amour et par respect pour vous qui êtes le plus noble des hommes ; fnais du moment qu'il s'agit de voire sœur que vous m'avez confiée, de cette pure et innocente enfant, de l'innocence et de la pureté de laquelle on abuse jusqu'à la rendre insoumise envers vous et ingrate envers moi, je dis tout. J'ai été la maîtresse de cet homme. Comment une fille comme moi a-t-elle pu se dégradera ce point? j'ai cru être héroïquel La veille de son duel avec M. de Fulvières, de ce duel où vous étiez son témoin j-il^m'avait tout raconté. Avaitil son but? Je n'ai pu résister au désir de le voir, peutêtre pour la dernière fois. Il pouvait être tué le lendemain. J'étais irréprochable, je le jure, et comme je l'assurais de mon amour, il m'a demandé, en m'appelantsa femme, la preuve de cet amour, pour le faire plus fort contre son adversaire, pour avoir une raison de vivre. J'ai joué toute ma vie sur mes craintes pour la sienne. Il a survécu, il a même failli tuer un honnête homme, il m'a abandonnée. Ah ! le lâche ! Ah! l'infâme!

Plus bas, plus bas !

Eh! que m'importe maintenant! Ma vie est finie après un pareil aveu. Si mon père m'entend, eh bien ! il me tuera. Le grand malheur! Heureusement, il n'a rien su autrefois; il ne m'a pas tuée, il y a quatre ans, et aujourd'hui je puis sauver votre sœur. Oh ! le misérable ! le misérable Que came fait du bien de pouvoir le crier devant quelqu'un. Quatre ans que j'étouffe, quatre

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