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ne, heureux si je peux emmener avec moi de nombreux colons,
Hier j'ai appris que le landlord avait décidé l’expulsion de plusieurs de ses tenanciers; j'ai cru faire un acte de philantrophie en venant vers vous qui ignorez ces choses et qu’une affreuse misère attend dans peu de jours.
— Hélas! c’est bien la vérité, gémit le paddy.
—Tenez-vous à rester dans votre pays? demanda l’étranger.
— Notre pays! fit l’Irlandais d’une voix brisée, des infortunés comme nous ont-ils un pays? Le pays c’est la terre bénie où se trouve la chaumière paternelle, où ies jeunes années se sont écoulées en une joyeuse insouciance, Dans notre malheureuse patrie, ce bien nous est refusé comme tous les autres: notre sert est semblable à celui du boeuf ou du pourceau, un caprice du maître peut à tout moment nous enlever notre position pré- Caire. C’est ce qui nous arrive.
—Quittez donc FIrlande et émigrez en Australie.
—Je le voudrais bien, monsieur.
— Qu'est-ce qui vous arrête donc?
—Pour entreprendre un si long voyage il faudrait de l'argent.
. —N’est-ce que cela ?
Le paddy regarda avec stupéfaction l'étranger, qui avait l’air de traiter de bagatelle une si grave question.
—Ce n’est que cela, monsieur, mais c’est assez.
—Si vous voulez émigrer pour l'Australie, il ne vous en coûtera pas un penny.
—Comment cela ?:
—Chaqne colonie australienne inscrit à son budget une forte somme pour provoquer Pimmigration. Si vous fournissez les garanties nécessaires et signez l’engagement de résider deux ans en Australie, on vous accordera le passage gratuit, on vous hourrira, on prendra
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soin de vous à votre arrivée et on Vous facilitera Je t: vail qui vous Conviendra le mieux. La vie est à très b marché et les salaires très élevés, un ouvrier peut gagn Par jour une demi-guinée et plus.
—C’est Magnifique, reprit Je paddy; femme, qu’e dis-tu ?
en haillons.
—On vous donnera les objets indispensables, cela Vous convient-i| ?
—QOui, Monsieur, oui, s’écrièrent à la fois Willy et sa femme.
Tomy gardait le silence, les offres de l'étranger lui Souriaient, mais i] Pensait à Colette, La jeune fille ne l'aimait pas encore, cependant elle n’était pas pressée de
L’étranger avait tiré de ga poche un élégant calepin, il prit les noms et les âges de tous les membres de la famille Podgey.
—C’est done convenu, dit-il, je vais faire les démarches nécessaires. Vos fils sont-ils aussi de cet avis? ce sont des jeunes gens d’âge à se prononcer.
—Nous Consentons, dirent George et William.
—Et vous, jeune homme ? demanda létranger à
—Je ne sais pas, balbutia-t.i] : je veux réfléchir.
—Mais tu ne peux faire autre chose, lui dit son père,
Tomy se demandait si Colette Consentirait à Je suivre en Australie ; On, sans doute, et i] ne pouvait se déci.
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—Ton obstination causera notre perte, dit Willy.
— Non, reprit l’étranger, votre fils est maître de prendre seul une direction dans la vie, vous ne pouvez à cause de lui sacrifier l’avenir de ses frères et soeurs ; acceptez mes offres, il viendra vous rejoindre de luimême.
—Je dois le faire, répondit le paddy, je vous remercie, monsieur, vous rendez l'espoir et la vie à une pauvre famille.
L’étranger les quitta en leur promettant bientôt de ses nouvelles.
—Tomy, demanda Susy, pourquoi ne veux-tu pas venir avec nous ?
—Je veux mûrir ma détermination.
Le jeune homme demeura songeur.
“Si Colette voulait m’attendre, pensait-il, j'irais ramasser beaucoup d’or en Australie et ej reviendrais bien plus riche que William Pody. On ne sait pas, après tout, j'essaierai.”
Et Tomy écouta en souriant ses frères et soeurs exalter les avantages qui les attendaient dans cet heureux pays. :