PROCÉDÉS DE RÉTENTION DE LA SUBSTANCE
OBTURATRICE
Procédés généraux de rétention de la substance obturatrice. — Les procédés principaux employés pour retenir la substance obturatrice, quand elle est mise en place dans la cavité, sont au nombre de trois, savoir :
lo La forme même de la cavité;
2° Les sillons et rainures;
3° Les points de rétention.
D'une façon générale, la cavité doit être formée de plans réunis par des angles.
lo Forme de la cavité. — Elle doit, comme nous l'avons indiqué plus haut, être autant que possible ramenée à une forme géométrique, à un tronc de cône ou à un tronc de pyramide quadrangulaire, dont la base regarde le centre de la dent et le sommet la face externe.
Ce type satisfait à la condition expresse d'une bonne obturation. Il constitue un des meilleurs moyens de rétention. 11 est applicable pour les cavités interstitielles et pour celles des faces triturantes des molaires.
La rétention peut encore être suffisante avec une cavité de forme cubique ou cylindrique, c'est-à-dire avec des parois parallèles.
Cependant, il est des cas où cette forme n'est pas possible, par suite du voisinage de la pulpe ou de l'absence d'une paroi, comme dans les dents antérieures. Dans ce cas, mais dans ce cas seulement, on doit avoir recours à un autre procédé de rétention, les sillons et rainures.
2° Sillons et rainures. — Sur les bords de la cavité
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on pratique, à l'aide de la rumine ou de la fraise, un sillon ou une rainure qui doivent être destinés à être remplis par la matière obturatrice. Ce sillon se pratique lorsque la cavité est très évasée.
Chacun des points du sillon devra toujours être accessible facilement afin que la condensation de l'or y soit parfaite.
3o Points de rétention. — Dans d'autres cas, on creuse dans la cavité avec le foret de petits trous ou canaux d'un millimètre à peine de profondeur, dits points de rétention, qui, convenablement placés, c'est-à-dire se faisant opposition, retiennent la matière obturatrice.
II faut éviter de creuser trop près de la pulpe, ce qui pourrait l'irriter. Il faut éviter aussi les points de rétention près des faces labiales à cause de la transparence de l'émail.
Règles spéciales applicables à des cas déterminés. — Les cavités résultant des caries peuvent siéger sur les différentes faces des dents et nécessitent, suivant leur siège et leur étendue, des procédés de préparation spéciale.
Taft les divisait en cinq classes avec seize modifications; d'autres divisions ont été faites. Nous avons adopté, comme on l'a vu plus haut, une classification analogue dans ses grandes lignes, mais plus simple. Elle comprend deux grandes divisions : 1° cavités simples ; 2° cavités composées. Les cavités simples se divisent en deux classes, avec sept types de cavités, et les cavités composées en cinq types; soit douze types de cavités, comme l'indique le tableau ci-après (I).
(i) An tableau, précédemment publié, des onze cavitéstypes nous avons cm devoir ajouter une douzième cavité dans les cavités triturantes, située mu- les bords incisifs des dents de bouche.
/ i° Cavilés triturantes,
a) Molaires.
V b) Bords incisifs des dents de bouche.
\ 2° Cavités latérales :
A. Cavités simples. < Cavités proximales rai médianes,
1 ou interstitielles : < b\ distales.
1 c) Cavités labiales ou jugales.
d) Cavités palatines ou linguales.
e) Cavités cervicales ou du collet.
' i° JYlédio-triturantes ; l a° Disto-triturantes; . , 1 3° Juço ou labio-triturantes ;
B. Cavités I £0 pa[alo ou linffuo-triturantes. composées. Médio-disto- jugo-lin-
/ mixtes. guo-ceryico- tritu-
( rantes,soitcoronales.
1° Cavités simples. — Les cavités les plus simples sont les cavités des faces triturantes, parce qu'elles sont en général d'un accès facile. De plus on peut aisément les traiter à l'abri de la salive ; et comme elles ont de tous côtés des parois résistantes, on peut commodément y fouler toute substance obturatrice.
Les cavités des faces triturantes des molaires et prémolaires sont ordinairement le résultat d'imperfections dans la structure des dents. Les points de calcification qui débutent au sommet de chaque tubercule ne se soudent qu'imparfaitement, donnant naissance à des sillons, des fissures, qui sont un point d'élection pour la carie.
Le traitement de ces fissures est donc le corollaire de la préparation des faces triturantes. Il est fort difficile en effet d'obtenir un bord net et parfait au point où l'on rencontre une fissure ; on s'expose de plus à une récidive presque fatale, même avec des sillons légèrement indiqués.
Le contour des différentes cavités des faces triturantes varie avec chaque espèce de dents, suivant la profondeur de la carie, le nombre des tubercules, etc.
Ces caries doivent être ouvertes avec des forets bien
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affilés, puis les fissures préparées avec des fraises en forme de cône renversé. Elles doivent être suffisamment larges pour qu'une couche de matière obturatrice puisse y être foulée. Les parois seront à angle droit avec le fond de la cavité, qui sera plat et légèrement plus large que l'orifice.
Si la carie est très étendue en profondeur, les couches de dentine sont nettoyées avec des excavateurs en forme de cuiller ; s'il s'agit d'une aurification, le fond de la cavité doit être aplani au besoin à l'aide d'une couche de ciment. Les bords sont légèrement biseautés avec une fraise à finir ronde ou au ciseau à émail, de façon à prendre l'aspect indiqué (fig. 20).
Il faut éviter de terminer les sillons par des glissières sans profondeur ; ils doivent être préparés commedes
Fig. xo. — Aspect de la cavité préparée.
Fig. 21. — Apparence des obturations terminées.
cavités secondaires, sinon la masse obturatrice qui se trouve à leurs extrémités peut être exposée à être soulevée et arrachée lors de la mastication d'aliments adhérents.
Enfin il faut éviter de laisser des promontoires d'émail qui, insuffisamment résistants,, risquent de se briser. On arrondit soit au ciseau à émail, soit à la fraise à finir 1. > parties tro] de façon à avoir toujours, tout en
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poursuivant la carie clans tous les sillons, des lignes de contour arrondies.
Les figures 21 et 22 montrent schématiquement l'apparence que doivent présenter ces obturations une fois terminées. Ce sont les obturations qui ont à supporter le plus de fatigue; mais elles donnent généralement, grâce à leur