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CHAPITRE VII

Art. I'1. — Considérations générales.

L'extraction a pour but d'expulser de son alvéole une dent ou racine considérée comme nuisible.

Extraction simple. — Des deux parties dont se com-

11) Voir Godon, loc. cil., Mécanisme de la mâchoire... couronnes et bridge-works [Odontologie, igo5).

pose la dent, couronne et racine, une seule, la racine, est incluse dans l'alvéole jusqu'au collet; la couronne est libre.

L'acte opératoire porte seulement sur la racine. Il est alors possible de faire abstraction de la couronne, de supposer qu'elle n'existe pas (fig. 80). Aussi les instruments bien faits sont-ils construits de façon à éviter les couronnes. Il est donc admissible de supposer toutes les dents dépourvues de leurs couronnes et de ne considérer que les racines comme devant être extraites dans la mâchoire.

La membrane péridentaire placée entre la racine et son alvéole ne constitue pas non plus un obstacle sérieux.

L'opération de l'extraction pourrait donc être définie

Fig. 80. — Représentation schématique des racines de la série dentaire, les couronnes ayant été sectionnées au collet 'KGodon).

ainsi : « Faire sortir de leur alvéole les racines qui y sont implantées. »

Ces racines, généralement coniques, sont implantées dans les alvéoles de même forme, puisque leurs parois se moulent exactement sur elles ; elles sont donc coniques également.

Prenons comme exemple la prémolaire inférieure, dont la racine se rapproche le plus du type normal, un cône régulier, dont la base est au bord libre de l'alvéole,

CONSIDÉRATIONS GENERALES 2b()

Il faut faire sortir ce cône plein du cône creux qui lui sert de loge.

Il suffit d'enfoncer l'extrémité aplatie d'un levier résistant entre la paroi alvéolaire et la racine, d'exercer sur cette dernière, par des mouvements appropriés, des pesées répétées pour déchirer ses adhérences et de l'obliger, par un dernier mouvement de renversement du levier, à sortir de l'alvéole dans lequel elle est implantée. L'instrument qui remplit cette condition esl {'élévateur, dit langue de carpe, ou encore Y élévateur de Coleman, que nous examinerons plus loin (p. 274). Il constitue, comme le pic du paveur, un levier du premier ç-enre, ayant la résistance à l'extrémité aplatie de l'instrument, le point d'appui à un centimètre environ de celte extrémité, sur l'alvéole, et la puissance à l'autre extrémité (manche ou poignée) dans la main de l'opérateur.

Les mouvements ainsi produits pour l'extraction de la racine sont au nombre de trois :

lo L'engagement de l'instrument ;

2* L'ébranlement du levier pour la luxation de la racine;

3° Le renversement du levier pour l'élévation de la racine bors deson alvéole, d'où le nom d'élévateur.

Extraction composée. — La théorie que nous venons d'exposer s'applique à l'extraction îles dents à racine uni(/ue et régulièrement conique.

Mais quelques dents ont des racines qui diffèrent delà forme prise comme type : telles son( les racines d'incisives inférieures, qui sont aplaties latéralement, les racines ries premières bicuspides supérieures, qui sonl bifide-., et enfin les racines des molaires, qui sont multiples.

L'opération de l'extraction devient alors plus compliquée.

Les trois mouvements du levier ou élévateur : engagement, ébranlement el renversement, ne suffisent plus pour forcer la racine hors de son alvéole.

La résistance étant plus grande, il est nécessaire d'augmenter la puissance. On obtient ce résultat en attaquant la racine de deux côtés à la fois par un double levier. La force est ainsi plus grande pour produire la luxation. Et si l'on suppose les deux leviers, ou élévateurs, croisés au-' dessus de la racine et réunis par une cbarnière, on a le davier.

Cet instrument peut ainsi être considéré comme un double élévateur. En effet, chacune des deux parties du davier comprend, comme l'élévateur, une extrémité aplatie destinée à glisser entre la racine de la dent et. son alvéole (mors), une extrémité renflée destinée à former le manche ou la poignée de l'instrument (branches). Seulement les extrémités aplaties de ces deux élévateurs ont pour but de s'appliquer à la racine sur ses deux faces opposées et de pouvoir ainsi la saisir (fig. 81).

Les deux premiers mouvements restent les mêmes.

1° Engagement des deux extrémités de l'instrument (mors) entre l'alvéole et la racine. ;

2» Ebranlement de la racine par îles mouvements de

Fig. 81. — Transformation de l'élévateur en davier pour l'extraction composée (Godon).

va-et-vient (de dedans en dehors) ou un léger mouvement de rotation pour la luxation. Ce mouvement de

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