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▼Oft préviûous pourront le permettre. Car^ d'af* 1er donner intentionnellement mie indication fausse , mieux ^audmit garder le silence. Trom* per à cet égard sans intention , quoique chose moins pemideose, n'en sera pas moins une cause jHresque égale de molestation*
Un étranger se présente; tous êtes chez tous : ne le £iites pas attendre. Son temps ne tous appartient pas^ et tous n'êtes pas juge de sa yaleur. Si sa visite était couTenue d'aTanoe, il a un droit incontestable à TOtre prompte attention. Si vous le fiitiguez à vous attendre, il aura de vous une idée moins avantageuse ; et quand vous le recevrez , il se trouvera dans une situation d'es^ prit moins favorable , moins convenable à la discussion et à l'expédition des ajQTaires qui l'ont amené auprès de vous. L'habitude d'exiger de nos infériemrs qu'ils perdent leur temps dans no^ antichambres est un des^ méËiits de l'oi^g^ueil aristocratique et administratif; » la somme de molestation endurée dans l'antichambre de plus^ d'uu grand personnage était additionnée , et qu'on lui en présentât le résultat , on le ferait rougir de la quantité de peine inutilement créée par lui. L'oi^oeil ne se nourrit en grande partie que de soufirance ; de souffrance créée par lui gratuitement et pour son bon plaisir , sans rien
ajouter à ces élémens de puissance dont il se propose principalement la possession . Au contraire, Torgueil sape ses propres fondemens par l'étalage importun de son influence. S'enorgueillir du pouToir de mal faire ^ c'est quelque chose ; s'enorgueillir de posséder ce pouvoir, sans l'exercer , c'est quelque chose de mieux encore ; mais nous enorgueillir du mal que notre orgueil a ùausé à autrui , c'est la manifestation d'un yice également bas et malfaisant.
Les lois du savoir-vivre peuvent être rattachées aux plaisirs de l'afièction auxquels ils appartiennent. Subordonnées à la bienveillance effective positive , dans les relations habituelles de la vie , elles nous prescrivent de rendre tous les services , de créer tous les plaisirs , que ne réprouvent pas les lois générales de la prudence et de la bienfaisance. La politesse, quand elle dégénère en formalités et en cérémonies , perd le charme de la bienfaisAice. Pris isolément, les actes du savoip-vivre sont de peu d'importance ; réunis , on verra que la somme de peine et de plaisir qui s'y rattache est très considérable. Le savoir-vivre est une qualité toujours nécessaire dans nos rappcwrts avec autrui ; 'car , on trouverait difficilement une action qui ne soit productive d une somme plus ou moins grande de peine
34o DÉOHTDIiOGIE.
on de plaisir^ cette peine oa œ jJnflîr dépea-^ daofcsoiiTentde la bonne on maavaiae grâce avec laquelle Faction est faite.
Il est impossible de jeter les jeoz sur les éwé^ nemens de chaque jour > sans Toir constamment se reproduire les ciroonstances où 1 homme bien^ veillant cxMitraste avantageusement avec celui qui ne Test pas. Tout le monde peut avoir remarqué combien peu de sacrifice pensonnel il en coûte à certaines personnes pour se concilier le bon vouloir d'autrui , et pour trouver à l'exercice des afiêctions sympathiques des occasions qui échappent à Tattention ou à la sollicitude d^esprits doués d'une constitution moins heureuse ou d'une éducation moins vertueuse.
Par exemple , vous êtes dans une voiture publique^ en compagnie d'autres voyageurs, tous dépendans les uns des autres pour les commodités du voyage. Voyez maintenant que de sujets de dissentiment peuveift naître! Lèvera-t-on ou baissera-t-on les glaces? En lèvera*-ton une ou deux ? Un voyageur les lève ou les baisse y sans tenir compte des remontrances de tous les autres. En cette occasion y et dans cet acte spécial, ce sera de la malfaisance maximisée. Un autre en agira ainsi malgré les observations d'un voyageur, tous les autres gardant le silence ^
droit à leur tour d'en attendre autant de sa part. Mais ce n'est pas une raison pour lui parier avec dureté et colère. La prudence personnelle seule suffît pour que nous nous abstenions de telles manifestations; elle exige que nous n'infligions au délinquant que tout juste la peine nécessaire pour empêcha:* que le délit ne se renouvelle ^ oar que gagneriez-vous à son mauvais vouloir? Il est votre compagnon de voyage; conséquem— ment il aura fréquenunent l'occasion de manifester son mauvais vouloir pendant le reste de la xoute , et vous pouvez en souffrir. Mais alors pom-quoi lui faire le moindre reproche? Parce que l'intérêt de la sodété exige que ce manque de bienfaisance ne daoneure pas inaperçu; parce que si la leçon est donnée convenablement y il est prc^ble qu'elle épargnera à l'individu lui-^ même y les molestations que lui attirerait la ré^ pétition de son délit.
liln rajet de conversation esA entamé. {1 est évideqiment pénible à une personne de la com*pagnie. On exprima des opinions politiques ou religieuses qui blessent ses sentimens. Est-ce le cas d'adresser des reproches à celui qui parle? Su thèse générale 9 non; à moins que lediscoui^ tenu ne soit d'une ineonvenance grave ; n^ais
la bienveillance , le plus souvent , cherchera à donner une autre direction à la conversation. U fisiudra choisir le parti qui pourra blesser le moins le molesteur et le molesté. Il n'est pas nécessaire de faire voir que vous êtes choqué du manque de patience ou de tolérance de celui qu a irrité l'expression d'opinions diffirentes des siennes ; il n'est pas nécessaire non plus que vous affligiez celui qui^ en traitant un sujet de conversation désagréable, n'avait peut-être pas l'intention . de blesser les sentimens de son voisin. N'arrêtez donc pas la conversation par une réprimande impérieuse, ou même par des reproches quelconques. Les reproches ne seront justifiables que lorsque tous les autres moyens auront été épuisés. Si , sans employer des moyens pénibles, vous pouvez ramyener la conversation sur des sujets agréables, c'est là qu'est votre devoir.
Et, comme conséquence nécessaire de ce que nous venons de dire , dans ces occasions où nous nous, trouvons pour ainsi dire forcément dans la compagnie d'autrui , nous ne pouvons mieux exercer notre bienveillance qu'en choisissant des sujets agréables de conversation. Ces sujets, un peu d'attention les fera aisément découvrir.
L'une des ressources les plus heureuses est de deviner les richesses particulières qu'il y a dans l'esprit d^un homme, dans son expérience ou ses lumières. Ce moyen est tout à la fois flatteur pour la personne , et instructif pour nousmêmes.