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NéamnoiiiSy cette diflërence est moins graixle dans les classes qui ont moins de moti& d'émulation que dans celles qui en ont de poissans ; dans la classe des artisans par exemple^ que dans les profesaions libérales.
La supériorité et l'infériorité se supposent mutuellement. L'une n'aurait pas lieu sans l'autre.
Mais pour que la supériorité ou l'infériorité présentent à l'esprit mie idée positive ^ il &ut les associer à quelque objet y bon en lut-mième ^ ou réputé bon 9 et capable d'éveiller le désir. La quantité difiérente dans laquelle ce bien sera possédé par diffîarentes - personnes ^ constituera les divers degrés de l'échelle de supério-* rite ou d'infériorité, relativement au bien en question.
Nous avons indiqué l'une des formes sous lesquelles la supériorité se présente le plus manifestement à l'esprit ; c'est celle du pouvoir. Cette su^riorité est fecilement comprise , bientôt établie , et étend au loin son influence.
Prenons pour exemple la dépendance o^ est l'enfant à l'égard de sa mère, et le pouvoir qu'elle exerce sur lui. Ce pouvoir commence aveq la vie de l'enfant; il est absolu , sans limites; il a même précédé son existence; tout
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dans l'enfant 9 jusqu'à son être j. dépend <ie $ii mère.
Le pouvoir qu'elle exerce ne peut sippar|:0nit qu'à elle. Nul eiifaut ne peut naître sans une mère; l'^stence d'une mère implique l'exis^ tence d'un enfant déterminé ; la position de la mère est celle d'une supériorité extrême^ et d'un pouvoir absolu sur l'enfant ; la position de l'eja^ faiit, celle d'une- infériorité extrême, et d'une dépendance absolue de la mère.
Le rapport de la m^ère à l'égard de son en* faut y quoique moins fréquemment cité que celui du père à l'égard de son fils , est néanMoins un exemple beaucoup plus complet de la supériorité primitive 9 nécessaire 9 absolue. On ne pQiint assî* giïer avec une certitude positive , irrécusable ; k tel homme , la paternité de xèJL enf^ut jdéterminé* U est dans la nature djes choses qu0 le^ i?apporti du père ayee son 6nlai)t réel e% si^pposé , soîei^ moins intimes que ceux de là ooèrç. .
Sir Robert Filmer^ dont le nom ne qous'I»!
conau que parce qu'il eut Locke pQtu:*.afit^gOK nisle dans lar partiîe. politique du domaine de Id n^orale ^ Filmer présenlta la puisiamse néciesiàîre et absolue du père sur ses^ çafaïas^ cbmn|e!:te fondement 9 l'origine et la cause justifiicatsive.dtl pouvoir monarchique danft l'état pditiqme^ .H
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Mirait pu y avec plus de raison y considérer le pou^ voir absolu de la femme comme la seule forme légitime de gouvernement.
Dans le royaume africain des Ascùantes^ le roi a pour successeur l'alné des enfan^mAles de sa sœur âlnée. Si la certitude que l'héritier de la couronne est le plus proche parent du monarque décédé constitue un droit de succession convenable et efficace y il faut avouer qu'en Afrique les conseillers de la monarchie noire se sont montrés et se montrent encore plus sages que ne le sont en Europe les conseillers de nos majestés blanches.
. L'échelle de comparaison par laquelle on peut mesurer la supériorité ^ l'égalité et l'infériorité y embrasse nécessairement une grande variété d'objets^ et peut se diviser en raison des qualités qui distinguent la situation d'un [homme de celle d'un autre y ou en raison de ces qualités elles-mêmes; qualités utiles à nous-mêmes^ ou utiles aux autres ; qualités naturelles ou acquises, ces dernières subdivisées en celles qu'un homme peut se procurer par lui-même y et celles qu'il ne peut obtenir que par le concours d'autrui; enfin, qualités du corps, et qualités de Tesprit. Dans la possession de ces qualités, de ou de toutes, il n'est presque pas
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d'homme qui^ sous quelque rapport 9 ne diffère des autres. Pifférentes personnes peuvent possé* der ces qualités dans la même quantité ; mais leur distribution n'est jamais égale : et l'un des principaux charmes du commerce social provient de la variété infinie dans laquelle ces élémens divers sont répartis entre différens individus. Un hoînme peut se distinguer par sa sagesse eu matières générales ^ par un jugement sain en toute chose ^ ou par une sagesse spécialement appliquée à certains objets déterminés. Un homme peut se faire remarquer y quoique le cas soit rare^ par l'universalité de ses connaissances; mais dans plus de neuf ceiHs cas sur mille y ce seront ses travaux ou ses connaissances dans quelque branche particulière d'études y qui manifesteront sa supériorité sur un autre homme , ou sur les hommes en général. Ainsi , un inférieur placé à l'égard de son supérieur dans cette vague dépendance que donne l'anticipation d'une utilité à venir, peut fond^ cette utilité sur l'une des qualités dont nous venons de parler ^ ou sur l'une des diverses branches dans lesquelles elles se diyisent.
Parmi les sources déterminables de supériorité ou d'infériorité de position ^ on peut placer avant tout , l'âge y la fortune y le rang et la puis^ sance politique.
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Les é&tBtrtncGs d'â^ peuvent fadlemene se constater^ et , dans certains cas y elles dominent toute autre distinction. Par exemple , la puissance de la nourrice sur l'enfant , quelque illustre que soit sa naissance^ quelque riche que soit sa famille y est presque illimitée. En général, on peut remarquer que la supériorité conférée par Fâge est fréquemment exagérée , ou plutôt , qu'on ne ^prend pas assez en considération les parties morales dans lesquelles Fayantage appartient évidemment à la jeunesse. Le temps, par les enseignemens qu'il donne, perfectionne d'ordinaire les Ëicultés intellectuelles, du moins jusqu'à une certaine période de l'existence; mais on ne pourrait en dire autant des inclinations bienveillantes.
Si le temps amène à sa suite l'expérience, donne au, jugenient plus de calme et de maturité , s'il augmente nos forces intellectuelles , la jeunesse de son côté présente des qualités vertueuses d'un haut prix, que de longs jours ne tendent malheureusement pas à fortifier ; car la jeunesse est le teftips des affections généreuses, des sympathies chaleureuses et ardentes, du zèle et de l'activité. Des difficultés contre lesquelles une intelligence plus mûre eût conseillé de ne pas lutter, il arrive quelquefois à la jeu-
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nesse de les Taiacre^ parce qu'elle n'a^ pas aperçu toute la grandeur de Fobstacle. Et puis, la jett-* hesse a devant elle un plus long avenir de récompenses et de châtimens ; ses calculs sur la reproduction des peines et des plaisirs s'éten* dent dans ufi champ {djos^ vaste; sa sensibilité est plus vive , ses espérances plus brillantes ; elle a plus à ^tgner et à perdre; ses destinées ne tout pas fixées , mak dépendent en grande partie de la direction: qu'elle-même leur imprimera.
C'est des homm.es nouveaux que les progrès importans doivent venir. Les honneurs ne les ont point biaaés; quelques ^ins. de gloire sont pour eux un festins exquis.
Les distinctions de fortune peuvent se mesur Fer facilement dans l'échelle de la supériorité et de l'infériorité. Une pièce d'or aux mains d'un insensé n'est pas un instrument de la même valeur que si elle est aux mains^ d'un sage; mais dans l'aj^lication du <»-itérion de la ri* chesse, le Soa et le sage sodt sur la même lign^* Néanmoins, la richesse , considérée du point de vue de l'utilité , n'est que l'un des nombreux moyens de puissance, le moyen de posséder ce qui est un objet de désir ; et de sa distribultion pins que de son a{^icatkm dépend la quantité
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de plaisir ou de peine qu'elle noos fait acheter oa éviter.
II règne au sujet de la richesse un grand nombre d'erreurs , dont plusieurs laissent dans Tesprit des impressions fiiusses en ce qui concerne sa valeur et son usage. La richesse n'a de ya«« leur qu'autant qu'elle est un instrument de puis* sance; et la possession du pouvoir, tant qu'il n'est pas exercé , compte, pour peu de chose dans le budget des peines et des plaisirs : sa valeur dépend de son exercice. U n'est pas plus vrai de dire qi:ie l'argent est la source de tout mal y que de dire qu'il est la source de tout bien. C'est vouloir donner à une vérité mêlée de beaucoup d'erreurs toute l'autorité d'un axiome incontes-r table. Sans doute que toute conduite coupable prend sa source dans quelque désir, et que l'ar-r gent est le moyen de satisfaire une grande por^ tion de nos désirs. Mais de même qu'il est beaucoup de peines que la présence ou l'absence de l'argent ne peut ni créer , ni éloigner , ni même afiëcter; de même il y a des plaisirs aux-r queb ne peut atteindre la richesse la plus illimitée.
Le rang, indice de la prospérité, doit, comme la richesse, être évalué en raison de son degré d'influence , la différence des titres constituant
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diffîrens degrés dans la position sociale. Mais pour apprécier la supériorité d'influence qu'un homme possède, les qualités morales et intellect tuelles doivent entrer en ligne de compte.
Comme règle de conduite, la prudence extra^personnelle exige, dans presque tous les cas, que nous nous conformions à ces habitudes de défiér^fice qu'on a coutume d'accorder au rang.U est des eeis exceptionnels où la prudence personnelle s'unit à la bienveillance pour empêcher cette prostration pénible à celui qui l'accorde, et pemideuse à celui qui la permet ou l'exige.
Le pouvoir politique implique des moyens d'action dans une sphère d'influence plus vaste. U met l'homme à même de disposer d'une plus grande portion de bien et de mal qu'il ne le pourrait avec toute autre nature de pouvoir, £t la prudence ordonne que la conduite soit di* rigée en vue de cette quantité additionnelle de bonheur et de laalheur dont le pouvoir politique dispose.
Dans nos rapports avec nos supérieurs, la prudence nous recommande iHie attention paiv ticulière à ces menus témoignages de respect que, dans un rang élevé, on a coutume d'attendre. On e^ quelquefois indulgent poiu* les grandes fautes, rarement pour les petites. Il est
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beaucoup d'homines puissans qui pardonneront volontiers une erreur ; il en est peu qui pardonnent une inattention. Dans le monde*, la pensée des hommes est beaucoup moins occupée des choses impcMrtantes que des choses futiles. Pour quiconque habite les régions sociales privilégiées, l'obsarvation et l'appréciation des usages de la bonne société, de la morale usuelle , est familière et facile. Aussi est«*il rare que leur violation reste cachée et inïpunie.
Parmi les enseignemeng de la prûdenoe extra<personnelle , celui qui nous apprend à supporter l'insolence des hommes du pouvoir, n'est pas le moins important. Gomment ôter à cette insolence ce qu'elle a de déplaisant et de pénible?
Supposez que vous avez af&ire à un soliveau, pu à un quartier de granit ; assurément l'expression de votre ressentiment dans ce derni^ cas ne vous servirait pas à grand' chose : elle ne vous servirait pas plus dans l'autre* Seulement , dans le dernier cas , aucun mal ne peut résulter pour vous de cette manifestation irascible; dans l'autre au contraire^ il peut en résulter un puai indéfini. .
Si votre position sociale vous permet de résister avec succès a la tendance qu'ont lies hommes du pouvoir de nous impcMrtuner de l'étalage de
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leur autorité 9 il peut résulter de cette résistance à leurs prétentions quelque chose d'utile. Mais si y par cette manifestation courageuse y tous ne pouvez servir ni vous-même^ lii les autres , il vaut mieux ne point entamer une lutte sans but. Épargnez-vous des tourmens^ en empêchant que vos passions irascibles ne poussent votre susceptibilité a se manifester ouvertement par des marques extérieures de mécontentement. Songez que la possession du pouvoir dans les mains des autres est un moyen de plus de vous nuire , et ayez soin de ne pas leur en donner l'occasion.