LES RACHATS DE DROITS FÉODAUX
Les immeubles constituaient la plus grosse part des biens nationaux. Cependant, des recettes assez importantes furent effectuées sur la vente du mobilier, sur le rachat des droits féodaux et le remboursement des rentes, sur les revenus des forêts non aliénées et sur ceux des immeubles, dont la régie, en attendant la vente, fut momentanément confiée à l'administration des Domaines. Nous examinerons, dans ce dernier chapitre, quel fut le produit de chacune de ces sources de revenus.
La loi du 5 novembre 171)0 déclara aliénables les effets mobiliers des communautés religieuses supprimées, à l'exception de l'argenterie, des cloches et des ornements et linges d'église. Le cheptel n'étant pas pratiqué dans la région, le bétail des fermes des établissements ecclésiastiques était la propriété exclusive des fermiers. Seuls les moines de Vauluisant faisaient valoir un domaine par eux-mêmes. Les objets à vendre ne comprenaient donc que les meubles qui garnissaient les cellules, le réfectoire, les cuisines et les caves des religieux, les bancs et les boiseries de leurs chapelles. Dès novembre et décembre 1790, on vendit le mobilier de l'abbaye de Sie-Colombc, qui produisit, au total, une somme de 3.519' (1) et, le 15 février 1791, le bétail delà ferme des religieux de Vauluisant fut adjugé pour 1.413^ 15 sous (2). Dans le numéro du 10 avril des Affiches de Sens, un avis annonçait, pour le 12 et le 2<) de ce mois, les ventes des meu-
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INTI'.ODICTION (.l,.\XI
bles des al)l)ayes de St-Pierrc-le-Vit" et de Vauluisant (1): la première fournit 3.416*^ et la seconde, qui comprenait l'outillage d'une ferme, 11.955^. Avec 2.000*^, provenant de la vente des bancs et autres objets des églises paroissiales de Sens su])primées (2\ la recette de la vente du mobilier ecclésiasti- ■que montait, au l'^'' octobre 1792, à 23.112% ei le district estimait alors à 1.000" ce qui restait à vendre. Ces prévisions devaient être dépassées, puisqu'en messidor an II les comptes du receveur accusent une recette de 5.892^, provenant de mobilier de quelques églises et du couvent des anciennes Ursulines, et qu'en brumaire et frimaire an III on se débarrassa, pour 51.000", de ce qui restait.
La véritable richesse mobilière ecclésiastique consistait dans les œuvres d'art des églises et dans les ornements du culte. La valeur artistique de ces objets n'entra pas, comme elle ferait aujourd'hui, en ligne de compte, et l'on considéra seulement leur valeur intrinsèque, le prix de l'or ou de l'argent dans lequel étaient ciselés reliquaires et ciboires, dont •était brochée la soie des chasubles et des chapes. Un décret du 26 août 1791 prescrivit l'envoi aux hôtels des monnaies des « vases et ustensiles de cuivre et de bronze des églises et des communautés supprimées », et, l'année suivante, par le décret du 10 septembre 1792, la Législative étendit cette mesure aux objets d'or et d'argent de toutes les églises, qu'elle jugeait de « pure ostentation >. La plus grosse part de ces dépouilles, 5.170 marcs d'argent et 3 marcs d'or, avait été déjà
(1) «Le mardi l'2 avril 1791, 9 heures du matiu, et jours suivants, il sera, eu la maison de la ci-devant al)l)aye de 8t-Pierre-le-Vif. procédé à la vente des meubles et effets qui la garnissent, consistant en batterie de cuisine, 'lits garnis, linge, stalles d'église, l)oi- ■serie, horloge, cuve, pressoir et autres efîets. — Le mardi "26 avril 1791. 9 heures du matin, il sera, en la maison de la ci-deva)it ablKiye de Vauluisant, près de Villeneuvel'Archevêque, procédé à la vente des meubles et effets qui la garnissent, consistant en batterie de cuisine, lits garnis, linge, commodes, buffets, armoires, billard, bois de •charpente, bois à brûler, cuvier, futailles, cuves, pressoir, alambic, voitures, cal)riolet, carrioles, pierres de Bailly à bâtir, bois de menui.serie, vin, blé, froment, avoine, foin, paille, tuiles et l)riques, stalles d'église, autels en bois et en marbre, horloge et autres effets » [Affiches de Sens, numéro du 10 avril 1791, supplément. — liibliothèijue d'.\uxerre, collection Tarbé). Voir les Comptes du receveur : pour St-Pierre-le-Vif ; 29 avril 179l,n" 138; 2 et 18 mai, n""U etlOi ; 8 août, n''45 : pour Vauluisant; f juin 1791, n" 0 ; 25 juillet, n° 111 ; 10 août, u° 50.
(2) ComiJtes du receveur, 13 août 1791, n" 65.