‹ Département de la Manche. Cahiers de doléances du bailliage de Cotentin (coutances et secondaires) pour les Ètats généraux de 1789Chapitre 129 sur 154 · POPULATION · texte numérisé non relu

POPULATION

(') La ville de Villedicu ligure seulement dans le premier supplément; le second supplément ne contient aucune localité appartenant au ressort du bailliage de Cotentin. On observera que quatre seulement, parmi les villes du tableau ci-dessus, ont été portées à Y État annexe au règlement du ■>.'' janvier, comme devant avoir plus de quatre députés , et tenir en conséquence des réunions préparatoires de corporations. Voir notre Introduction, t. I", p. 4, texte et noie l>.

Le total de la population urbaine du bailliage de Cotentin monterait ainsi à 44,888 habitants seulement, sur une population totale (d'après Y Etat précédent) de 37/1,586 (1).

IL Correspondance relative à l'assemblée des trois ordres

TENUE À COUTANCES ( FEVRIER-AVRIL ^So)''2'.

A. L'AFFLUENCE DES DÉPOTÉS DANS LA VILLE DE GoDTANCES ET LA QUESTION DES LOGEMENTS.

a. Lettre du lieutenant de police de Coûtantes Duhamel au Garde dos Sceaux, du 17 février.

(Ms., Arcli. nal., lia 35, 1. 70, dossier 1", pièce cotée 5*. Original signé, reproduit en transcription 15 m, 53, [>. îa. Inédit.)

)hls

Mgr, la réunion dans cette ville des ecclésiastiques et des no du grand bailliage de Cotentin et des députés des neuf bailliages

O L'Etat de population auquel sont empruntés les renseignements ci-dessus

donne pour l'ensemble de la population urbaine du royaume le chiffre certainement trop fort de 5,a3o,695 habitants

M L'histoire intérieure de l'assemblée de Coutances, assez imparfaitement exposée dans les procès-verbaus officiels, s'éclaire d'un jour tout nouveau à la lecture des correspondances locales. Les documents sonl assez nombreux, mais

APPENDICES

secondaires présente de grandes difficultés, relativement à l'approvisionnement de la ville pendant la tenue de l'assemblée, et surtout pour le logement de tous les membres qui la composent'1'.

L'approvisionnement pourra se l'aire, en prenant d'avance des précautions, mais il sera très difficile d'effectuer le logement. Goutances est très peuplé, et n'étant point une ville de passage, les ressources que l'on pourra trouver, de concert avec M. l'Evêque et les propriétaires, dans le séminaire, les maisons religieuses et quelques autres endroits, paraissent bien insuffisantes (2). J'en ai conféré avec M. le lieutenant-général et M. le procureur du roi, et nous avons cru qu'étant par mon office chargé de la police de la ville, je devais vous prévenir des difficultés qui se rencontrent à cet égard, et vous demander si, à mesure que les différents membres de l'assemblée arriveraient, et lorsque tous les logements de gré à gré seront pris, je serais autorisé à faire loger les ecclésiastiques chez ceux du clergé, les nobles chez les nobles, et ceux du tiers chez le tiers, chacun relativement à son logement (3).

ilis|KT-(;>. D'une part, le lieutenanl général de Montchaton a entretenu durant toute rassemblée une correspondance suivie avec la Chancellerie, dans laquelle

il rend compte au jour le jour des détails des opérations. D'autre part, plusieurs subdélégués de l'intendant (celui <le Coutances, «le Mombrière,celui d1 branches, de Montitier, celui de Granville, Couraye du Parc) ont tenu l'intendant de Caen au couranl des incidents soulevés dans les différents ordres. Enfui des correspondants occasionnels, comme le lieutenant de police Duhamel, ou même certains membres de l'assemblée, ont envoyé, soit à la Chancellerie, soit à la Direction générale des Finances, des renseignements intéressants. De ces pièces nombreuses, nous n'avons extrait naturellement que ce qui nous paraissait le plus nécessaire pour donner de la vie au récit terne et un peu sec des procès- \ ■ baux officiels.

On nous permettra de renvoyer sur ce jel à l'étude que nous avons fait paiilre sur L'assemblée des trois ordres à Coutances, dans la Revue de Cherbourg de Basse-Normandie, année 1907, p. ga à lo5 el 13a à 1 30. Des détails nouveaux, très intéressants, onl été extraits depuis de la correspondance d'un

gentilhomme, membre de l'assemblée,

Quinette de Cloisel, par M. R. dl Cocdiîky. A oir son étude sur Y Etat d'esprit à Granville pendant la Révolution, dans le Bulletin périodique Le pays dp Granville, n" 1 (mars 1911), p- 16 à 32.

Enfin plusieurs chapitres sont consacrés à la même assemblée dans le travail récent et très documenté de M. F.

Mourlot, La fin de V ancien régime et les débuts de la Révolution dans ta généralitéde Caen, Paris, 1913, in 8°,chap. I\, X et XI, p. 1 70 à 299.

Pour la détermination du chiffre exact des membres de l'assemblée de Coutances, on voudra bien se reporter à ce que nous avons noté à la suite de l'appel des différents ordres : clergé, p. 393 à .'!i|S: noblesse, p. 4i3 à 4i5; et liera état, p. 618 à h ao.

L'assemblée du bailliage de Mortain avait , elle aussi , appréhendé que la ville dcCoutances ne pûl facilement -sans une ianço:i ruineuse», contenir un aussi grand nombre de députés. Voir Proteslation des trois ordres de Mortain, suprà, p. ->'i-5 et note 3. Cf. aussi le cahier de l'assemblée préliminaire du tiers état du bailliage d'Avrânches,

art. l" (au tome Ier, p. 693).

Les derniers |s de |;i phrase

manquent dans la transcription, Bm/53, p. .3.

APPENDICES

J'espère, Mgr, que vous voudrez bien m'adresser vos ordres el me tracer lu marche à tenir dans cette circonstance. Je suis, etc.

Duhamel W.

h. Minute de réponse du Garde des Sceaux à la lettre de M. Duhamel, en date dit ■> mars i y 8g.

(Ms., Arch. iiat. . Ba 35, I. 70, même dossier, pièce non cotée = Il m 53, p. 53. Inédit.)

M., je ne puis vous autoriser à exiger des habitants de votre ville de loger dans leur ordre respectif les députés qui doivent s'y rendre; les logements doivent être pris de gré à gré, c'est le seul moyen d'assurer la convenance de tous et d'éviter les dillicultés que tout autre arrangement ferait naître. Si vous prévoyez quelque embarras pour loger la totalité des députés, il convient d'en conférer d'avance avec les officiers municipaux, et d'employer toutes les ressources que la localité de votre ville peut vous offrir, etc.

(Non signé®.)

'> Duhamel (Louis-Marie), avocat au Parlement de Rouen, étail en 1789 revêtu de l'office de ttnoslre conseiller lieutenant-général de police delà ville de Coutances», en remplacement du sieur Antoine-Cézar Dèhenault. Ses provisions, en date du 20 décembre 1786, mentionnent un extrait baptistaire du 16 avril 1760 (Arch. nat. , V 5a6).

Le lieutenanl Duhamel a joué dans la convocation un rôle important. Successivement Réputé de la paroisse de Saint-Pierre de Coûtantes! 1. 1". p. io3 ) et du bailliage particulier de Coutances (Ibid., 1, 646, 658 I, il fut choisi à rassemblée générale comme commissaire-rédacteur du cahier (lu tiers état (suprà, p. 53o). Il représentait dans la commission, avec le Tuilier, le bailliage de Coutances, et M. F. Mourlot lui attribue une part prépondérante pour l'adoption de certains articles (op. cit., p. a85).

Durant la Révolution, il fut successive iin'iil officier municipal <le Coutances en 1 790 , membre et président du < lonseil général du district de Coutances en 1790 et 1791, puis juge au tribunal du dis-

trict aux élections de 1792. Destitué par Lecarpentier en septembre 1793, il revint comme agent national du district le 16 nivôse an m, fut enfin maire de Coutances le 20 avril 1 800 et baron de l'Empire en 1810. Il mourut à Coutances le 29 janvier 1819. On consultera :

Lebreton, Biographie normande, I. I (i85i), p. V'ï: M"" Oursel, Nouvelle biographie normande, t. I, p. 3o3; Sarot, Organisation administrative de la Manche sous la Révolution, p. 172, 175, 176, 181 , 202, 2o3, 238; et une Notice [ par Le Tertre | . dans innuaire île la Manche, 1 835, p. 333.

L. Duhamel est l'auteur d'un intéressant Mémoire sur le sol de l'arrondissement de Coutances et .ses principales productions, paru dans les Meni. Soc.

agriculture de Paris, I. VI. Voir l'i. 101,1:1, Bibliogt'aphie de la Manche, p. 11 5.

:-) La minute de réponse reproduite

ci-dessus, bien que non signée, émane

certainement de la Chancellerie, à laquelle était adressée la lettre de M. Duhamel. La transcription porte nettement : Signé: Barentin (Biu/53, p. 1 '1) .

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APPENDICES

c. Lettre de M. Lclubois, curé de Fontenaym, au Garde des Sceaux, du ao février iy8g.

(Ms. , Arch. nat. , B m/53 , p. 21-22. L'original ne se retrouve point dans Ba 35, 1. 70. Inédit.)

Mgr, j'ose vous représenter au nom de mes confrères , — aux quels des arrêts défendent de s'assembler en corps (2) sans quoi ils auraient pris la liberté de vous adresser leur supplique , — qu'il est de la plus grande importance, pour répondre à vos vues, que le clergé du second ordre, qui peut s'assimiler au tiers-état comme le peuple relativement à la noblesse, se trouve en grand nombre à l'assemblée qui nommera les députés pour les Etats généraux. Mais 011 loger tant de monde dans une petite ville? Les séminaires sont le-; hospices naturels des ecclésiastiques, et les plus décents; mais ils sont occupés par les ordinants, dont ils serait facile de surseoir les exercices pendant l'assemblée, afin que les logements soient libres. Un ordre de S. M. est à cet égard l'expédient le plus sûr et le plus court. Voilà ce que j'ose offrir à votre sagesse; il peut en résulter un grand bien, un plus grand concours et un plus grand faisceau de lumières. L'ami des bommes et spécialement des Français pardonnera cette remarque à un citoyen qui a l'honneur de lui offrir les hommages du respect et de la vénération que méritent tant de vertus et de talents.

Mgr, votre très humble , etc.

Lelubois, curé de Fontenay®.

' Lelubois, curé do Fontenay, fui élu député de l'ordre du clergé, dans la séance du a6 mars au matin. Voir sur ce personnage la note p. A 3 8 , note 1.

M. F. Mourlot observe avec raison que «cette démarche du futur député du clergé, faite au nom des curés , directement auprès du Ministère el par dessus la tête de l'évêque», est «l'indice d'une ligue occulte du lias clergé dont Lelubois était un des meneurs». 1 Op.

cit., p. 19a , n. 2.)

Sur la défense de s'assembler en corps adressée aux ecclésiastiques, voir la note sous le cahier du clergé, chap. i\ . art. 16 [suprà, p. '17 S, noie 1).

On doit observer qu'à Gaen, malgré

la défense de l'arrêt du 2 5 février 1789 , les curés du bailliage se rassemblèrent en corps, irrégulièrement, dans l'église Saint-Nicolas, pour préparer les candidatures aux élections de leur ordre.

i Lettre de W. de Cheyltu, évêque de Bayeux, n>i G. d. S., du 27 murs, Arcli. nat., Ha 27, I. 45). Voir d'ailleurs sur lent ceci, F. Mourlot, loc. cit., p. 227 et suiv. )

<3' La lettre du curé Lelubois a-t-elle

reçu une réponse? Une note conservée dans la liasse Ba 35,1. 70, résume assez succinctement l'objet de sa demande;

mais aucune minute de réponse n'y est jointe. Il n'y en a pas non plus dans la transcription I? m'53.

APPENDICES. 601

d. Affiche apposée par ordre du lieutenant de police, du g mars ij8g.

(Arch. nat., Ba 35, I. 70. Placard imprimé, format 38x3î centimètres, non timbré. Transcription dans Arch. nat., Bm/53, p. 18 à 20. Inédit^.)

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