ORDRE ECCLÉSIASTIQUE
L'appel est fait par ressorts de bailliages, en prenant successivement le bailliage principal de Coutances et ses neuf secondaires, dans l'ordre d'ailleurs arbitraire lixé par Y Étal annexé an Règlement royal du iU janvier <3>.
A l'intérieur de chaque ressort, l'ordre d'appel apparaît à peu près constant. Pour le bailliage principal de Coutances. on appelle tout d'abord l'évêque , puis les représentants des abbayes et des communautés de femmes, puis le chapitre de la cathédrale; ensuite viennent, dans un ordre approximativement alphabétique, les paroisses, pour chacune desquelles se présentent confusément les curés, prieurs et chapelains, réguliers ou séculiers. A Avranches, l'évêque, les abbayes et le chapitre viennent de même en tête; mais les prieurs et chapelains ne sont pas confondus avec les curés, dans l'appel des paroisses rurales. Enfin, à Sainl-Lô, Carentan, Mortain et Tinchebray, les abbayes, au lieu d'être placées en tête, viennent seulement à l'appel avec la paroisse sur le territoire de laquelle elles sont situées. Très souvent, d'autre part, à Coutances, à Avranches, à Valognes, etc., il est dérogé à l'ordre purement alphabétique des paroisses en faveur des villes et bourgs importants, qui sont appelés en premier lieu(4).
A cet ordre arbitraire et irrégulier, nous avons cru préférable de substituer un classement plus méthodique, qui pût faciliter les recherches, d'ordre statistique surtout, auxquelles peuvent servir ces appels des assemblées de 1789. Nous faisons uniformément, dans chaque ressort, deux grandes sections, la première consacrée aux ecclésiastiques bénéficie™ , la seconde aux non-bénéficiers. Ces derniers, dans un certain nombre de circonscriptions, ont fait totalement défaut. Quant aux premiers, nous les avons systématiquement répartis en deux grands ordres : séculiers et réguliers. Le premier ordre se divise (d'après le
bois , Le conflit de deux bailliages en 1 j8f), dans ttévol. Française, t. XXXIV (1898), p. 8 à 90.
(1) La partie do V État annexe, établissant l'ordre des ressorts principal et secondaires dans le bailliage de Coutances , a été reproduite en note, dans l'Introduction de cet ouvrage (tome Ior, p. 3, n. 3). Nous croyons devoir faire observer que l'ordre légal ainsi fixé par les lettres deconvocation était purement arbitraire.
M Ms. du Greffe de Coutances, f' 6 r°= Arch. nat., B m/53 , p. io4 à a35 = Procès-verbal imprimé, p. 19 à 108.
(3) Nous avons donné le texte intégral de la partie de cet htnt concernant le bailliage deCotentin, dans notre Introduction (au tome T. p. 3, note 3). On
voudra bien s'y reporter, pour suivre Tordre d'appel des bailliages adopté par l'administration royale.
(i> Nous ne comprenons pas bien comment M. Desdevizes du Dézert a pu écrire, ayant sous les yeux le procèsverbal, que «c'est par doyennés que le procès-verbal donne les noms des curés»
(op. cit., p. 97). L'erreur est manifeste; peut-être provient-elle des Rôles d'assignation, dont quelques-uns ont été établis par doyennés; quelquefois aussi on y a suivi les arrondissements de paroisses établis en 1787 pour les assemblées provinciales.. Voir par exemple, pour Mortain, YEiitt des assignations du clergé publié par M. l'abbé Pigeon, op. cit., p. 1 f>5.
procès-verbal lui-même) en h classes, dont certaines peuvent parfois manquer dans un ressort, savoir : i° les évêques; 2° les chapitres et autres corps constitués d'ecclésiastiques séculiers; 3° les curés; 6° les chapelains. Dans l'ordre des réguliers, nous distinguons de même : i° les abbayes et autres communautés religieuses assimilées; û" les prieurés, conventuels ou non, sans charge d Vîmes; 3° les prieurés-cures , c'est-à-dire avec charge d'âmes dans une paroisse; k° les établissements hospitaliers : 5" enfin les commander ies. Dans chacune de ces différentes catégories, nous avons relevé seulement, avec les indications d'ordre purement statistique sur les absents, présents ou représentés, les noms des personnages les plus considérables, soit par le bénéfice qu'ils représentent, soit par le rôle qu'ils ont personnellement joué dans la convocation des Etals généraux.