BIVILLE-LA-RIVIÈRE
Dép. : Seine-Inf. ; arr. : Dieppe ; canton : Bacqueville. Sur la Saâne, à 24 k. S.-O. de Dieppe.
Gén. : Rouen ; él. : Arques.
Pop. : 1738 : 31 f. ; 1754 : 37 f. ; 1789 : 50 f. Seigneur et patron : le duc d'Harcourt (2).
Procès-verbal
Assemblée électorale 8 mars 1789, au manoir du syndic, devant Jos. Faucon syndic ; 8 comparants : Michel Lefebvre, Nie. Neveu, P. Hennetier, J. Rose, F. Canut, Michel Mulot, P. Flahaut, Nie. Morel, qui signent tous le procès-verbal ; en plus, signature de Jac. Le Clerc.
Députés : Nie. Morel, P. Flahaut (3).
(1) Cet article, intéressant pour Bi ville, situé sur la grande route de Dieppe à Rouen, n'a pas été reproduit par le cahier de Sainte-Geneviève, paroisse située assez loin de cette route.
(2) Franc. Henri duc d'Harcourt, comte de Lillel:)onne, marquis de Bcuvrou, pair de France, lieutenant-général des armées du roi en 1762, avait succédé à son père comme gouverneur et lieutenant-général en Normandie en 1783.
(3) Le syndic Faucon (ferme de 80 acres, labours, prés, côtage pour 1.500 1., 6 chevaux, 4 vaches, un troupeau), est imposé à 341 1. ; le député Morel (ferme de 60- acres pour 1.200 1. 4 clievaux, 2 vaches, un petit troupeau), à 271 1. ; le député Flahaut est laboureur et toilier (138 1.). Parmi les autres comparants : un toilier, Hennetier, (161.) ; 3 tisserands, Lefèvre, (201.), Rose, (8 1.), Mulot, (4 1.) ; un. teigneur. Canut, (4 1.) ; un garde-moulin. Neveu. (5 1.) ; un boulanger, Le Clerc, (13 1.). — En 1789, taille : 864 1., ace. : 500 1., capitation : 540. Exempts : Ant. Colsol, curé, le sieur Beaulaville, clerc de la paroisse. 18 tisserands, 4 toiliers, 1 fileur, 7 mendiants. C. 1752.
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Cahier de jihnnlcs, (hilranca^: cl remontrances de la paroisse (le /)i\'iUe-la~/{n'ière.
1" Il iTcsl (t;is (le iVniiici' ;iii jeiird'liiii (|iii n'avoue liaiil ciiinit (|ii!' I:i iii;Mi(lirih' es! le plus i^i'iuid Ih'aii (|iu (Ic'solc les villes, i'a\ aLjc les campaiiiu's ; il est un iiujycn de iiicl ( rc tin à un si i^i'and mal. cCsl d"()|>lio(M' Ions les liahihnds de ('iia(|m' paroisse.» de nouii'ii' Icnis pan\ l'cs, ce (pic Ions IVronl \'olontiers ; jusqu'à ce cpi'nn Ici plan puisse être c.xccnlé. nous demandons qu'il soit défendu à (oui nuMidianl t\(' soilii- sans cire tnuni d'un certificat sio'ué du hieur cui'é, du syndic cl principaux habitants de la paroisse.
2" Nous dcinandons la dcslrucliou d(' la «gabelle et d(3S aides : à <|ii()i bon un impôt qui rapporte peu au roi et qui engraisse une iufiuilé de gens oisifs vl paresseux ?
3° Le commerce, qui procurait à tout le pays de Gaux des moyens de subsister, languit depuis le traité conclu avec les Anglais ; il semblerait qu'en rompant le traité on remettrait les choses dans leur premier état (l).
40 Nous demandons un seul impôt, lequel pèserait sur toutes les têtes, sans distinguer le clergé ni la noblesse du Tiers Etat.
50 Nous demandons la suppression des colombiers; les pigeons occasionnent annuellement un grand dommage au laboureur.
6° Nous demandons la suppression de la banalité des moulins ; elle emporte avec elle de grands abus qu'il est nécessaire de réformer (2).
70 Nous trouvons un moyen de faire entrer des sommes immenses dans les coffres du roi : ce serait d'obliger tous les religieux à observer leur vœu de pauvreté et de vendre au profit de l'Etat tous les fiefs, baronnies et autres droits honorifiques, qui ne devraient point appartenir à des hommes qui ont renoncé au monde et à ses richesses (3).
Fait et arrêté à Biville-1 a- Rivière, ce 8 mars 1789. Faucon
(1) Cf. Bertrevillc, 5 et la note.
(2) Il y avait deux moulins à blé dans la paroisse : celui de M. de Ménils, tenu par Coquerel, avec 9 acres en labour, pour 800 L. et celui de M. Le Bret, tenu par la veuve de L. Guérin pour 500 1.
(3) Cf. Bacqueville, 14, et Fontaine-le-Dun, 5. L'articl»- de Biville a un intérêt général. Il n'y avait pas de fiefs ecclésiastiques à Biville. Le curé avait une acie de masure, les grosses et les vertes dîmes (1.000 1.). (C. 529. I, 384-85).
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syndic, 1^'laliaiil, Mord, IliMnidici-, .Xcvcn, Miihit. Le ("J<m'<:, Lcfèvro, I{os<\ Clami.
HLANCMÉNIL (^
Hôuiii à SainU'-MargueriU' en 1822. Dép. : Seiiie-liil'. ; arr. : Dieppe : canton : Offranvillo.
Oén. : Rouen ; él. : Arques.
Pop. : 1738 : il 1". ; 1:72 : 45 f. ; 1789 : 48 f.
Patron : le prieur de Longueville.
Procès-verb.\l
Assemblée le 3 mars 1789, devant Thomas Heleine, syndic ; 14 comparants : Jac. Houlvigue. Nie. Blot, Louis Quibel, Jac. Varin, Franc. Gagneux, Ch. Le Telier, Nie. Nigaux, Jac. Bouteiller, Alex. Tailleux, Nie, Gagneux, Franc. Samson, Silvestre Varin, Georges Lavenu et Mathurin Foliot.
Députés : Houlvigue, Blot.
Le procès-verbal ne porte que 4 signatures, celles du syndic, de Thomas Cauchois (probablement le greffier) et des deux députés ; encore celle de Blot est tout à fait informe (2).
Cahier de la paroisse de Blaneniénil fait par nous, syndic de ladite paroisse et habitants, ce jourd^hiii 3 mars 1789 (3).
1° Il convient que raiitorité du Roi soit continuée et même augmentée, s'il est possible (4>.
2° Quant au nombre des impôts, dont nous sommes chargés, faisons remontrance qu'étant au bord de la mer, ne pouvant point aller chercher de Teau à la mer pour la commodité de différents
(1) On écrivait aussi Bliunéiiil d'après la prononciation locale : c'est celte forme que nous trouvons dans Dumoulin et dans la carte de l'élection d'Arqués de 1772.
(2) Le syndic est un petit cultivateur (maison, 2 acres, une vache), imposé à 24 1. ; Houlvigue : 121 1. (15 acres en fief pour 300 1., 2 chevaux, 2 vaches) ; Nie. Blot : 227 1. (30 acres pour 600 1., charrue, 3 chevaux, 4 vaches). Parmi les autres comparants : 4 tisserands : Nigaux. Tailleux, Nie. Gagneux, Foliot ; un terrassier : Quibel ; deux cordonniers : les Varin père et fils ; deux charpentiers : Franc. Gagneux et Lavenu ; un tailleur : Bouteiller ; un piqueur de
grès : Thom. Cauchois.
(3) Le cahier est l'œuvre de paysans incultes ; il est très incorrect, les propositions sont incomplètes, les phrases inachevées ; mais le sens des articles reste en général très clair.
(4) Cette demande, assez inattendue, n'est peut-être qu'iin<^ précaution oratoire.
I I 'i I! \i 1,1.1 \(; 1. i»'a itoi i;s
ht'soiii^-, soi! |)(»iii- les sciiicnccs, soil (xmr sjilcr la soupe des |iaii\iTS iiil'oi'l iiih'ts (|iii (miI Ihcii du uial jàj aNuirdu pain pour leur ucct'ssil ('.
• !•* Il <(ui\i('nl (rciicouraii^cr' les nianul'arl ur'cs, le corrirrH r'(;(3 (M la piM'Iic, cl surloid rai!:r'irull ui-c, cl y iiiicux réussir-. Il faut d»''|i'uiir les cnlonihicrs cl les w;ai"ciifics des lapins. On sait (\\\\i les lahoui'ciii's niellanl par iwvr d(» lefi'c au moins iiri l)oiss(îau d(î l)lr pouf les pii»'eons, sans (jiioi Icut's blés SfTaicrjl Irop clairs (1).
V' Il y a li'op de collecteurs dans cliacpic j)aroi8se pour l'amasser les denicis, soit taill(^ corvée (>t vint^lièmc (2) ; un seul poui'rail loul faire et, au lieu de portei' l'arocird- au receveur des recettes des élections, il faudrait le porter tout de suite à la capitale.
5° Il est nécessaire de secourir les pauvres, d'avoir dans les paroisses des bonnes accoucheuses (3) et des maîtres et maîtresses d'école (4). Tout cela peut être fourni et payé aux dépens des abbayes, qui ont quatre fois plus de revenu qu'il ne leur en faut, aussi bien que les fortes cures, qui peuvent aider à [avec] leur superflu.
6° Que les tailles, accessoires et capitation, imposés de la manière arbitraire, sont des nouveaux moyens qui servent à nous vexer (5).
(1) Exeniphi de phrase inachevée ; il faut lire : mettent avi lieu de mettant.
(2) La situation d(^ Blancménil était à cet égard celle de toutes les paroisses. Le 18 déc. 1788, rass('niblé(; générale de la paroisse avait nommé, pour 1789, comme collecteur principal d(^ la taille : Jos. (jagneux, pour consorts : J.-P. Rosée, Nie. Nigaux ; comme collecteur principal pour le sel : Mathurin Folliot, pour consorts : Franc. Cagneux, Jac. l^outeiller. Il y avait encore un collecteur de la corvée et un pour les vingtièmes.
(3) La question avait attiré l'attention de l'assemblée provinciale. Dans la séance du 27 nov. 1787, le Bureau du bien public avait signalé « le fléau des sages-femmes, telles qu'elles existent maintenant. Combien d'enfants n'ont-ils pas été enlevés à l'Etat en naissant et combien de mères n'ont-elles pas été les victimes de l'ignorance et de la stupidité de ces accoucheuses, dites sagesfemmes ! » [Procès-verbal de l assemblée provinciale, 127). Il proposait la création de cours d'accouchement, dont il sera question dans le cahier de Derchigny, 16, auquel nous renvoyons. La fin de l'article est une allusion aux moines de Longueville qui avaient les grosses dîmes, affernaées 400 1., en 1789, à un certain Hébert, inaposé à 119 1.
(4) Nos cahieis ne nous fournissent aucun renseignement précis sur le nombre des maîtres et maîtresses d'écoles à cette date ; il n'en est pas question davantage dans le procès-verbal de l'assemblée provinciale en 1787, ni dans celui de la session du département d'Arqués en octobre 1788. En tout cas, l'instruction était très négligée à Blancmesnil. comme on le constate par l'écriture, la rédaction du cahier et le petit nombre de signatures.
(5) En 1789, taille : 714 1. 2 s. 5 d. ; accessoires : 422 1. ; capitation : 455 1.; en plus 14 1. 12 s. 4 d. pour la collecte de ces deux derniers impôts. Dix cotes : nr.anl. Exeinpts : le curé « fait valoir son tierce et son sixte attachés à son
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7^ Quobiigés présontoment de r(idresser cl daplaiiir Icf grands chemins, cet impôt aussi odieux, auquel la not)iesse et le eleri^é ne contribuent jtoinl. (juoique les plus riches de l'Etat.
8° Les nobles et le clergé jouissent de tous les biens de la nature sans partager avec les pauvres cultivateur .
Ce qui a été fait et arrêté par nous, syndic et habitants de la paroisse de Blancménil. le 3 mars 1789. Cauchois, Heleine syndic, Jacques Houllevigue. Hlot.