‹ Département de la Seine-InférieureChapitre 24 sur 68 · S II M i.i,i.\(. i; h'auoi ks · texte numérisé non relu

S II M i.i,i.\(. i; h'auoi ks

IVais <lii i'(''l ahlisscmciil des ;^n'nfi(l<'s foiilcs [»;n' <(\ix (\\\\ les <l(\ii^i';i(l(Mil .

V' .XoiisdcmaiHloiis, (Ml oiif f(\ (jnc ('lia(|ii(' par'oissc soil chanijée (le SCS |)aii\i'('S, (-oiiiiiic riani j)liis à j)()r'l('M' de coiiriail i'<' leurs hesuiiis; par rc moycii on vieiidr'a à boni (i'al)olii' la iriciulicilé, qui est dans ce inoincid-ci une Ir'ès ii^rande eliai'nc [)()nr I(îs cnlli- \alenis el aidres. (pii soid l'ofcés de donner dn pain anx néeessilenx (\\\\ se inull iplitMil de jour- en jour à (;ause de la eliiile du e;)inin(>ree (1) el de la rareté du blé; pourquoi rions réclamons le stM'onis (in (ion\"ernemenl afin (pTil fasse pro^nr-er au peuple les aliments nécessaires à la vie et arrêter h' Inniulle qu'occasionne la disette.

50 IVous demandons une réforme dans le code des lois, tant civiles que criminelles, réforme reconnue nécessaire par les fautes commises dans Tadministration de la justice et par la longueur des procès.

60 Nous demandons en outre la suppression d'une grande quantité de charges qui anéantissent, par le revenu qui y est attache, les deux tiers des impôts auparavant de parvenir aux coffres du roi ; nous demandons encore la suppression des privilèges dont jouissent ceux qui possèdent ces charges.

70 Xous réclamions les secours du Gouvernement pour obliger les moines à aumôner les pauvres des paroisses dans lesquelles ils possèdent des grosses dîmes.

[8°] Nous demandons que la taille et accessoires, les vingtièmes, soient répartis et supportés avec une égale proportion par les trois ordres de l'Etat (2).

[90] Comme le déficit de la France exige de prompts secours, le moyen, le plus prompt que nous trouvons, serait de vendre, au profit de TEtat, tout le nobîe dee moines (3).

Le présent cahier des plaintes et doléances ci-dessus, fait et arrêté en l'assemblée des habitants taillables de la susdite paroisse et soussignés, le vendredi 6 mars 1789.

Signé : Caumont, Duval, Peltier, Caillou, Hébert, N. Lefebvre, Bénard, Handu, Levacher, syndic.

(1) Cette indication ne se trouve pas dans le cahier de Bacqueville : elle nous prouve l'existence de tisserands dans la vallée de Saàne : ils y étaient en effet nombreux et la chute du tissage à la main, depuis un demi-siècle, a

• contribué à appauvrir et à dépeupler cette région,

(2) En 1789. taille : 555 1. ; accessoires : 321 1. ; capitation : 3461. Exempts: le curé, fait valoir son manoir presbytéral, le clerc, occupe sa maison cléricale.

(3) Cf. Bacqueville, 14, et cahier du bailliage d'Arqués, 50.

BOUIKJ-IH.N 12'.>

BOURG-DUN (Le) (l)

Dép. : Sciiie-Inf. ; arr. : Dieppe ; canton : Offranvillc. A IG k. à l'Esl- Sud-Est de Dieppe, sur le Dun.

Gén. : Rouen ; él. : Ar(pies.

Pop. : 1738 : 131 f. ; 1789 : 120 l.

Seigneur et patron : le chapitre de Saiut-Quentin-en-Vermandois, diocèse de Noyon (2)."

Procès-verbal

Assemblée dimanche 8 mars, « en la maison cléricale, lieu ordinaire à tenir les assemblées de ce lieu », devant P. Nie. Saffray, syndic; 21 comparants : les sieurs Saffray, P. c:aron, H. Duchêne, Jac. Le Conte, René Pigné, Feré, P. Bellanger, Nie. Voisin, Ch. Duval, J.-B. Patry, Louis Hotot, Franc. Pesquet, J.-B. Pigné, J. Cranpon, Jac. Paon, J.-B. Hotot, Franc. Bureaux, P. Gallier, Cousin, P. Saffray. syndic, Pigné, greffier. Ils signent tous le procès-verbal.

Députés : Jean Cousin, P. Nie. Saffray (3).

Caijer (sic) de doléances, plaintes et remontrances.

Remontrent lesdits habitants de la paroisse du Boiirg-Diin :

lo Que leur dite paroisse est une vallée très resserrée et sujette

aux inondations, qu'une grande partie de son territoire est en

(1) Le Bourg-Dun, sur le Dun, à quatre ou cinq kilomètres de la mer, dans une étroite vallée. Malgré son nom, cette paroisse n'avait pas le titre de bourg.

(2) Ce patronage a une origine historique intéressante : l'église du Bourir- Dun* avec celles de la Chapelle-sur-Dun, de Sotteville-sur-Mer et de Saint- Nicolas-de-Voulos, fut donnée en 997 par Richard II au chanoine Dudon, le premier historien des Normands, et celui-ci fit transférer cette donation, le 8 sept. 1015, à la collégiale de Saint-Quentin dont il faisait partie. Le chapitre de Saint-Quentin avait une partie des dîmes, le patronage et la haute justice. Les dîmes étaient louées 1.079 l. en 1789.

(3) Le syndic occupe une ferme d'Ausseville, (80 acres pour 1.500 L, 2 charrues, 6 chevaux, un troupeau : il est imposé à 373 l. Cousin, député, (32 acres en location et en propre, valeur 1.0001.), est imposé à 2421. Le reste des comparants comprend un boucher : Caron; deux maréchaux : Duchène et Le Conte ; le principal cultivateur de la paroisse : Ch. Féré, (90 acres de M. d'Anglesqueville, trait de dîmes des moines de Saint-Quentin, 2 charrues, 4 vaches, un troupeau), imposé à 6691.; quatre petits cultivateurs : Bellanger, Voisin, Paon, Gallier ; un meunier : J.-B. Ilotot ; un rouettier (faiseur de rouets). Duval ; quatre tisserands: René et J.-B. Pigné, Patry, L. Hotot : un journalier : Crampon.

En 1789, taille : 2.240 1. ; accessoires : 1.312 1.; capitation : 1.415 l. Au total avec les frais : 5.072 1, 1 s. 5 d. Exempts : Martinet, curé, (bénéfice de la première portion) ; P. Le Vasseur, (bénéfice dé la deuxième portion) ; Le Tuilier, clerc ; M'"^ d'Ectot et son fils qui occupe une ferme à lui en propre ; M. de Càrron, écuyer, occupe sa ferme ; MM. du chapitre de Saint-(}uentin, s^^igneurs et patrons: quatre mendiants ; un certain nombre de tisserands (A. S.-Inf,, C. 1762K

130 i!M 1-1,1 A<;r, D'.Mtni i:s

colcaiix iiKiillcs cl (l'un iiiaii\;iis S(»l, d (pic If siir-phis est (Tmi bon sol, niais expose'' aux inaii\'ais vciils de la iiici", (|iii n'en ost éloignée (pic (liiiic (Icmi-liciic, ce «pii rfidoimna^c I r("'s souvent la recolle cl (c (pii csl cncoiM* an'i\c rarirK'c dcinn'i'c.

2" QiTil y a hcaucouj) (^illCL,^'llil('' dans la i'(''pailil ion non souloincnt <lcs vingtièmcis, mais encorii dr la I aille, capilalion (^l suites, et (pi'on f)Ourrail r-cniôdier' à ces ahiis en confiant cette ré[)arlili()n à T), (i, 8, on H) pci'sonncs notables de la paroisse, evi éi^'ard à son extension, et en retirant cette liberté, quant à la taille, capitation et suites au collecteur principal, qui,' le plus souvent, par humeur, vexe les uns et gratifi<e les autres (1), et, quant aux vingtièmes, en supprimant les contr(jleurs d'iceux, lesquels aussi, le ])Ius souvent, agissent et se comportent par ignorance, sans connaissance de cause, et sans prendre la plus légère information (2). Ceci allégerait la perception de ces impôts et l'allégerait encore davantage si on supprimait les receveurs des tailles, [et] qu'on établît à Rouen, près la Chambre des Comptes, un receveur général pour la province, et que le receveur des vingtièmes, tailles, capitation et suites, fût assujetti à payer dans ses mains, en lui accordant six deniers pour livre au lieu de quatre, et en le privant de faire faire cette collecte par un autre, ce qui tourne le plus souvent en abus. (3).

(1) L'injustice du colloclour principal ost assez rarement signalée dans nos cahiers. Cf. cependant Luncray, 7, et Gruchet-Saint-Siméon, 5. Elle était malheureusement assez fréquente. Thouret, dans son Rapport à l'assemblée provinciale, avait vivement critiqué le système en usage qui consistait à prendre les collecteurs sur des listes dressées à l'avance, (tableau de la paroisse), sans leur demander d'autre garantie qu'un certain chiffre de taille. Les collecteurs, qui étaient en même temps asséeurs, devaient faire la répartition à leurs âmes et consciences, suivant l'opinion qu'ils avaient des facultés du contribuable. « Cette liberté, nécessaire pour faire justice, dit Thouret est aussi dans des mains corrompues la verge de l'oppression. Elle produit d'ailleurs l'instabilité perpétuelle des cotes, variables sans cesse au gré des préjugés des asséeurs ». [Ass. prov., 84-85). La Réforme du 8 août 1788, faite sur le vœu des assemblées provinciales, avait remis l'assiette de la taille aux municipalités ; mais elle ne fut pas appliquée.

(2) Cette plainte contre les contrôleurs des vingtièmes n'a plus d'objet puisque le Parlement de Rouen n'avait enregistré le troisième vingtième, le 27 juillet 1782, qu'avec la réserve expresse que les cotes des contribuables ne pourraient être augmentées sous aucun prétexte, non seulement pendant la durée du troisième vingtième, mais mêm'^ pendant celle des deux premiers. Ces plaintes contre les contrôleurs sont du reste injustes ou du moins très exagérées. Cf. Marion : Les Impôts directs sous Vancien régime, 68.

(3) Cette phrase est très obscure ; le rédactevxr du cahier paraît s'être quelque peu embrouillé dans ces questions compliquées. Il y avait alors deux receveurs généraux par généralité, qui fonctionnaient alternativement une année sur deux, un receveur particulier dans chaque élection. Les receveurs particuliers avaient 3 deniers pour livre, et non 4, sur les différentes recettes. Le total montait à 110.491 l. pour la généialité, Ass. prov., Procès-verhal 80.

noii H(;-i)u\ 131

3° Quo le cloriifé et la noblesse sont- deux corps, (|iii, jiis(ju(»s à présent, ont été gratifiés, et ne paient au roi que p(!ii dv, chose à raison (ie leurs propriétés, ce qui surcharge beaucoup le Tiers Etat, qui n'est pas moins cher au Roi, père de l'un et de l'autre, et qu'on [)ourrait remédier à cet abus en supprimant, quant au clergé, les décimes, et, quant à la noblesse, la capitation noble, et en assujetissant l'un et Tautre aux vingtièmes, taille, ca[)itation el suites; néanmoins, leur maison, masure et jardin affranchis de ces impôts. Ceci serait d'une grande ressource pour l'I^tat et allégerait singulièrement le Tiers Etat, parce qu'entre autres paroisses, il n'y en a point comme celle du Bourg-Dun, où il y ait plus de biens-fonds de gens de mainmorte (1). En effet, les habitants du Bourg-Dun avancent avec vérité, et ils ne craignent pas d'être démentis, qu'il y en a, dans leur paroisse, au moins pour 20.000 1., qui ne paient pas de décimes plus de 4 à 500 1. par an, tandis que, s'ils étaient assujettis aux vingtièmes, ils paieraient 2.200 1. et ils en ont la preuve par l'un des bénéfices cures de lad. paroisse, qui rapporte au moins 2.000 1. de revenu annuel, et n'est taxé aux décimes qu'en 36 1. par an, et encore par la fabrique de l'église, dont le revenu est au moins de 3.000 1,, et n'est taxée qu'à 60 1. par an (2).

40 Que les cafés et billards sont actuellement répandus dans nos campagnes et que les jeunes gens les fréquentent journellement, y jouent à toute espèce de jeux et perdent leur argent, ce qui corrompt leurs mœurs, les conduit au libertinage, et cause le plus souvent la ruine de leur famille ; et on pourrait remédier à cet abus en supprimant les cafés et billards, surtout pour les

(1) L'abbaye de Saint-Ouen-de-Roiien avait une ferme de 80 acres, louée à Ant. de Dieppe pour 2.000 1. avec un trait de dîme (400 1.) et d'autres tcires, louées à plusieurs 1.258 1. ; le trésor du Bourg-Dun : une maison rapportant 68 1. (douzième dédiiit) et des terres louées à divers 1.450 1. ; la Chapelle Saint-Jean-du-Bourg-Dun : des terres louées 286 ; les Ursulines de Dieppe : des terres louées 1.520 1. ; l'hôpital de Grainville : des terres louées 380 1. Enfin l'iiôpital général de Rouen avait une ferme de 100 acres, louée 2.000 1. à Nie. Saffray. d'après le rôle de 1789, mais cui n'est portée sur le registre des vingtièmes, à la même date, que pour 1.574 1.

(2) Le registre des vingtièmes évalue le bénéfice de la première portion à 1.800 1. : celui de la seconde^ à 2.400 1. ; le Fouillé de 1738 ne les évaluait encore qu'à 600 et 8001. Le revenu de la fabrique était exactement de 1,518 1. pour les seuls biens ou revenus fonciers ; mais il y avait probablement d'autres ressources qui expliquent le chiffre du cahier. Le chiffre total de 20.000 1. pour les revenu's ecclésiastiques paraît cependant exagéré. Si l'on ajoute aux revenus, que nous avons énumérés à la note précédente, la portion de dîme des chanoines de Saint-Quentin : 1079 1. et le revenu des cures : 4.200 1., on arrive à un total de 14.641 1.

A'.Vl H M I. LIA ci: n'.vitgiJKS

«•amj)a<]^n«'S, cl cii inl'li^raiil iiiic peine ou ainciKlr à ceux (|ni s'asiser'aiciil d'en Iniir ( 1 ).

5" Que les la|)iiis, ainsi (|ii(' les |)ii^«'()iis, caiisciil l)('aiic()U|) de doininanTs aux r-ôcollcs de la «ampai^rn' (ît, poiii' rcinédifH' à <M's alms, nii poiiirail anloiisci' les cuit ivaUMii's à d(';Lriiir(; vX iiirclci- le lajuii, cl assiijcllii' les propriélaircîs de (Colombiers à les Iciiir l'crinés pcndaiil les semailles et la l'écolte sous des peines pécuniaires (2).

()*> (^)iic h^s droits de gabelles et d'aides sont des (iroits excessifs et ruineux ponr le f)nl)lic, surtout rapi)ort à l'activité rigouHMise que fait exercer le fermier pour la régie d'iceux, ce qui souvent ruine les uns daus leur- fortune et conduit IfS autres à la mort, aux galères, ou les expose à périr dans une prison perpétuelle; et on pourrait remédier à ces abus en supprimant des droits et en ajoutant à la taille ou aux vingtièmes une taxe, telle quelle, qui en tiendrait lieu ; par ce moyen l'Etat n'y perdrait rien et le public serait soulagé. On serait peut-être embarrassé sur l'état des commis à la perception de ces droits ; mais on pourrait faire une pension à ceux de trente-six ans et au-dessus et incorporer les autres dans des régiments; à ce moyen, le tirage de la milice serait discontinué pendant quelque temps, surtout dans les campagnes, qui, depuis plusieurs années, en ont assez souffert.

7° Et enfin, que la disette du blé cause actuellement la plus grande misère dans le canton et qu'il est urgent d'y remédier, parce que le cultivateur et ceux qui jouissent d'un peu de bienfonds sont cruellement exposés par le tapage qui se fait par le public dans les halles. Et les différents traités de commerce, faits avec l'étranger , causent le plus grand tort et a [ont] fait tomber entièrement les manufactures et le commerce de la France. On pourrait remédier à cet inconvénient en rompant ces traités avec l'étranger; et, pour prévenir dans la suite la disette du blé, on pourrait en défendre l'exportation pour l'étranger pendant six années, faire faire des magasins de 5 lieues en 5 lieues et les tenir toujours remplis pour, en cas de disette, y avoir recours. On pourrait en même temps, en rétablissant la corvée pour les grandes routes, former l'atelier de chaque paroisse le plus à portée d'elle et celui de la paroisse du Bourg-Dun au Bourg-Dun,

(1) Cf. Aiiglesqueville, Rem. et dem., 3^.

(2) Cf. Archelles, 2, pour le lapin ; Aviffay, 7, pour les eolombiers.

UKAcnY 133

et non à trois lieues de distance, coininc il fsl fixé; à ce moyen, le public serait soula,ij:é et les o:ran(l('s loiiles seraieul plulût fini<^s (l).

Arrêté et si^né (loui)le au Bour^if-Dun, en la maison cléricale, lieu ordinaire des assemblées, ce 8 mars 1789. Signé : Saffray, ('aron, Ducliesnt», Le Comte, René Pigné, Feré, Bellenger, Voisin, Duval, Patry, L. Hautot, Pesquet, J.-B. Pigné, (Iranpon, Boulard, Paon, J.-B. Hautot, Rénaux, Gallier, Cousin, P. Saffray, syndic, Pigné, greffier.

BRACHY

Dép. : Seine-Inf. ; arr. : Dieppe ; canton : Bacqueville. Sur la i^aâne, à 18 k. S.-E. de Dieppe.

Gén. : Rouen ; él. : Arques.

Pop. : 1738 : 62 f. ; 175'i : 57 f. ; 1789 : 60 f. Patron : le seigneur.

Procès-verbal

Assemblée 5 mars, devant Vincent Le Roux, syndic ; onze comparants : Vinc. Le Roux fils, Franc. Poulain, J. Grenier, Rob. Capron, J. Lefebvre, P. Parent, J. Chevalier, J. Poulain, Ch. Fille, Jac. Jean et Jean Harnois. Ils signent tous le procès-verbal.

Députés : Fr. Poulain. J. Grenier (2).

Cahier des plaintes^ doléances et représentations de la paroisse de Brachij.

[Ce cahier appartient au groupe de Bacqueville ; il reproduit à peu près textuellement celui de Boudeville en modifiant

(i) Sur ces questions, cf. Les Aulthieux. pour la cliute du commerce; Bertreville, pour le traité de commerce ; Auzouville. pour l'exportation des grains, et les notes correspondantes. La route qui passait par le Bourg-Dun était celle du Havre à Eu par Saint-Yaléry-en-Caux et Dieppe. Elle porte le n^ 2 de la troisième classe dans le Tableau de l'assemblée provinciah'. Sur un total de 65,069 toises, il restait 16.198 toises à faire à neuf.

(2) Le syndic Leroux tient avec son fils uno ferme de 60 acres pour 1.200 !. (153 l. de taille, le rôle ne donne que la taille du contribuable) ; Fr. PouUain. (ferme de 62 acres pour 1.000 1, et onze acres de divers pour 150 1. ; 215 1. de taille) : Grenier, (deux moulins à blé, 10 acres de prairie de M. de Canteleu pour 1.800 1. ; 216 1. de taille): Capron, iferme de 80 acres pour 1.500 1.. chevaux, vache, troupeau : taille : 240 1.) ; Lefebvre, (ferme de 50 acres pour l.OOOl., 12 acres en propre par 200 1. : taille 210 1. et 36 1.). J. Chevalier et Harnois sont de très petits cultivateurs ; J, Poulain est un toilier ; Jac. Jean un tisserand ; Ch. Fille, un hors paroisse. En 1789, taille : 1.490 1. ; avec la collecte

134 i!,M i.i.i A<;i: i>'ai»oi i:s

(>;u'f(»is rot'di'c des ai'l iclcs. Nous doiirioiis les afliclcs originaux <Mi ['('iivoyanl , pour- les aiilr-vs, aux arliclcs rorrcsiiondaiils de Ji()ii(l('vill(»|.

|1| 'l\)iis l'>'s ohjcis, (\\\\ doÏNcnl inlérc^sscr toiil le commoroe, son! les impûls pai' leurs IVais de ix'F'copUon. Ces itiipôls sont lo tabac, la oal)(>ll(>, |(»s aides, les coi-n écs, la iriendicilé et antres qui se tronveroul.

I L'ait. 2. sur le tabac, reprodiiil rajl. .'! de HoiKbîville ; l'art. 3, siii' Tabolil ion des gabelles, reproduit Tari. 2, avec adjonction des mots : démontrée nécessaire tant j)ar, etc. Les ai't. ^i (aides), 5 (corvée), G (mendicité) reproduisent les articles correspondants de Boiideville ; mais l'art. G s'arrête aux mots : les secours nécessaires. L'art. 7, sur les petits différends, reproduit l'art. 7 do Boudeville en modifiant ainsi la fin : et qui conduisent les habitants fort souvent à de grands frais. Les art. 8 et 9, sur la taille et les charges, sont identiques. L'art. 10 est ainsi modifié : « Nous réclamons encore les secours du Gouvernement pour obliger les décimateurs, qui ont des grosses dîmes dans notre paroisse, à fournir des secours pour la subsistance des pauvres, ce qui n'est pas fait du tout (1) ». Les deux art. 11 sont à peu près semblables]. Fait et arrêté en ladite paroisse de Brachy, ce 5 mars 1789. Signé: Vinc. Le Roux, Fr. Poulain, Grenier, Capron, Lefebvre, Parent, Chevalier, J. Poulain Fille, Jean, Harnois, Le Roux, syndic.

BRAGTUIT (auj. Bracquetuit)

Dép. : Seine-Inf. ; arr. : Dieppe; canton : Tôles. A 36 k. au Sud de Dieppe et à 30 k. au Nord de Rouen.

Gén. : Rouen ; él. : Rouen (2).

Pop. : 1738 : 133 f. ; 1789 : 160 f. ; 654 habitants. Patron : le roi pour le duché de Longueville.

etc. : 1.529 1. 12 s. 3 d. ; accessoires : 873 1. ; capitatioii : 940 1. ; en plus 30 1. 4 s. 4 d. pour les 4 deniers de la collecte des deux derniers articles. Exempts : 1<^ curé, Ant. Louis (presbytère et dîmes) ; le clerc : Ad. Dumoi (maison cléricale et jardin). Quinze tisserands et toiliers ; 7 mendiants et fugitii's. (C. 1765).

(1) Le gros décimateur était le chapitre: il avait les deux tiers des grosses dîmes, louées en 1789 : 1.550 1. Le curé avait le tiers des grosses dîmes (7501.), les vertes dîmes (1.000 1.), 13 acres et demiedeterre (490 1.), au total : 2.240 l (A. S.-Inf., C. 529, I, f. 407 V.).

(2) Bracquetuit, qui était situé à l'extrémité sud du bailliage, appartenait à l'élection de Rouen. Aujourd'hui encore Bracquetuit, qui fait partie do l'arrondissement de Dieppe, est une des communes les plus éloignées du cheflieu. Nous donnons le chiffre des habitants d'après C. 2.206.

hhacti it 135

SoijjfiKnir : lo marcjuis do Belboiif, ])r()ciinMn- ,L,'rii(''r;il au rai-lcmcnl do Norm audit', liant -justicior.

pHOCKS-VRKnAL

Assemblôe 2 mars 1789 ; sont comparus en personne les habitants do ce lieu devant Franc. Lemarcliand, syndic ; 10 comparants : Ad. Du val, Ch. Delamarre, Jac. Leconte, Ch. Poupart, Jac. (Iruciiy, Franc. Legendre, P. Douillet, P. Bochet, P. Gaillardon, J. Poupart. Ils ont tous signé le procès-verbal.

Députés : Jean Vadelard, P. Douillet (1).

Cayé (sic) des plaintes^ doléances et remontrances (2).

1° Que le nombre des pauvres de la dite paroisse se monte actuellement à plus d'un cent, non compris les pauvres nécessiteux, qu'une certaine honte ordinaire et naturelle empêche de mendier, ce qui occasionne des quêtes nocturnes d'un attroupement de personnes qui ne veulent pas se faire connaître et forcent les personnes, chez lesquelles ils s'adressent, de leur donner, et souvent même plus que les facultés des personnes ne leur permettent et cela souvent avec menaces, ce qui a été effectué chez un laboureur de la dite paroisse, en empoisonnant son chien de chaîne, qui est une perte essentielle à la garde du dit laboureur. Les dits pauvres de nuit se présentant souvent à main armée, et, pour remédier à tous ces inconvénients, il serait nécessaire de donner des ordres en conséquence pour assurer la sûreté publique, estimant qu'on aurait moins de charges et de désagrément s'ils n'avaient que leurs seuls pauvres à soutenir, auxquels ils donneraient du travail (3).

2° Que, malgré un tiers de récolte au [en] moins dans la dite paroisse que les années précédentes, on a envoyé une augmentation de cent cinq livres sur le principal de la taille, non compris les accessoires, ce qui gêne beaucoup les paroissiens qui étaient déjà auparavant suffisamment chargés (4).

(1) Xous ne pouvons indiquer la profession des comparants : les riMes détaillés de la taille n'existent pas pour l'élection de Rouen, Sur le chiffre global de la taille, voir plus loin la note de l'article 2.

(2) Le cahier est un cahier de paysans illettrés, bien c^ue la paroisse eût un maître et une maîtresse d'école.

(3) On peut noter l'intérêt de cet article à cause des détails précis qu'il donne sur la mendicité nocturne. Cf. Bois-Hulin, 3.

(4) Le chiffre de la taille, accessoires et capitation^ avait subi des variations assez considérables dans les années qui précèdent 1789. En 1785. taille 2.010 1.,

Page 1