LA GAILLARDE
Dép. Seine-înf.; arr. : Yvetot; canton : Fontaino-le-Dun. {M-ès des sources du Dun, à 28 k. N. N.-E. d'Yvetot.
Gén. : Rouen ; El. : Arques.
Pop. : Î738 : i03 f. ; 1772 : 150 f. ; 1789 : l'.)2 f. : en 1751 : 130 f. cl 370 personnes.
Seigneur et patron : l'abbé de Fécamp (2).
Procès-verb.\i.
Assemblée 8 mars. Pas de nom de président. 63 comparants : J.-B. Mignot, J. Pupin, J.-P. Liebray, Franc. Lemaître, Ch. Denos, P. Bourg, lorin, Boudin, J. Gannu, Nie. Lefebvre, Michel Roquigni, Rémi Capron, deux P. Langlois, J. et Ad. Roussel, Guil. Terrier, J. Gifiard, Jac. Terrier, J. Lefebvre, J. Bé, P. Rep.oult, Franc. Lubray, Guil. Jiivel, Torin Boudin, fils. Marin Périer, J. Gouel, J. Feré, Fianc. Feré, J.-P. Gueroult. J.Girct, Ch. Fromager, Ant. Guédon, J. Gouei, P. Ste-Foy, J. Ste-Fcy, Iviichei Bachelet, Ad. Girot, Kic. Gouei, P. Contremont, Jac. Boulard, père, Jac. Bculard, fils, Guil. Thierry, Ant. Vasse, P. Sainte-Foy, P. Langlois, J. Fiahaut, P.Ducrocq, Ad. Gaveiier, Nie. Roussel, Ch. Gouet, Jac. Tellier, Louis Ausou, Déni? Lemaître, Franc. Terrier, J. Carré, J. Cousir., P. Lheureuz, Isaac Boulen, Louis Lheureux, Jac. Ouvry, David-Goltin, P. Lheureur, J. Foilenfant (3).
11 y a 21 signatures, y compris celles du syndic Vasse et du greffier BouUard.
Députés : Jac. Bouilard fiis, P. Lheureusi.
(1) « Sa situation, peur la plus grande partie, est dans un vallon ra vineux. [c'est le vallon du Dun], et en côtes ; le surplus est une pleine campagne et forme un hanieau, nommé le Buqu€t, éloigné du corps de la paroisse de trois quarts de lieue... Les terres, qui dépendent de ce hameau, sont en meilleur fend que les autres, ainsi que les mastires... L'occupation des habitants est, pour unepartie, la culture des terres et, pour l'autre, ia fabrication de siamoise, oîi s'occupe le menu peuple... Ils tirent les fils nécessaires du pays même et font la vente des marchandises au marché de Rouen, éloigné d^ environ onze lieues» (Arch. S=-înf., C. 572, T. 241, note du contrôleur de? vingcièmes. 1^^ oct. 1751). A~ cette date, La Gaillarde avait ISO feux et 370 personnes. L'augmentation régulière du noriibredes feux, au XYIIÎ^ siècle, est due au progrès du tissage à la main.
(2) îly avait du reste d'autres seigneurs dans la paroisse. En 1751,1e registre dés vingtièmes cite encore : le marquis d'HerbouvilIe, pour son fief de la Ceur-Saint-Martin, avec un vieu^ château inhabité ; le président de Courvandon, M^^s Guirard de la Consmune. La paroisse relevait en partie du bailliage d'Arqués, en partie des hautes justices de Vittefleu? et de Pavilly. — L'abbé de Fécamp avai^. des terres et des dîmes, (le tout, 1. SCO 1., dont 1.150 1. de dîmes).
(3) Cette assemblée est la plus nombreuse axie nous ayons rencontrée, en dehors des villes, dans les deux bailliages d'Arqués et de Neufchâtel. Elle se compose en très grande majoiité, comme la paroisse elle-même, de tisserands, de toiliers, de journaliers. Cependant les députés élus sont: un marchand propriétaire, Lheureux, et un riche fermier, Jac. Boulard, un des plus fort imposés de la paroisse. On notera aussi le petit nombre des signatures comparativement à celui des comparants.
T^'^ MAI 1,1,1 A (;r. d'aik^i'es
Doléances cl plaititrs de la paroisse de N.-l). de La Gaillardeen-Caux, bailliage d^ Arques.
S. M. est siij)|)liéo :
1° D'accorder les états provinciaux.
2° Que la taille, la capitatioii et la corvée soient supportées par les trois ordres de l'état (l).
3^ Que la répartition dc^sd. impositions se fasse avec une égalité indépendante de tout arbitraire, comme par les municipalités de la paroisse.
40 Que les sujets de S. M., fournis à la gabelle, soient pour toujours délivrés des vexations qui résultent de cet impôt onéreux en rendant le sel libre.
50 D'accorder l'exemption du tirage des canonniers auxiliaires de marine qui ôte à tous les habitants, limitrophes de la côte, des bras à l'agriculture et au commerce (2).
6° De trouver un moyen pour abolir la mendicité qui ne vient que de la décadence du commerce et du prix excessif du blé.
7° Que les mesures soient égales dans toute la province.
8° Que les colombiers soient entièrement détruits parce que les pigeons causent un tort considérable à la récolte.
90 Que les bosquets, servant de remise au gibier, soient pareillement détruits, vu que le grand nombre de lièvres et perdrix cause un grand tort à la récolte du blé (3). On demande surtout la destruction du lapin, comme dangereux voisin.
10° La misère et les révolutions, qui se font tous les jours, proviennent par l'exploitation du blé qui cause aujourd'hui la grande cherté du blé (4).
(1) En 1789 : taille, accessoires et capitation réunis : 2.310 1. ; en plus, 58 1. 10 s. pour la collecte et la signature. Exempts : le curé, Feugueux. le vicaire, Gamelin, Alexandre, seigneur de Montgrime, fait valoir son pavillon, Daniel Guérout, seigneur du Métillon, conseiller au Parlement de Rouen, fait valoir sa ferme en propre ; Mallet, élu en l'élection d'Arqués, taxé d'office à 70 1. — Majorité de très faibles cotes de 1 à 5 1. : tisserands, toiliers et journaliers. P. Lheureux, marchand, (maison en propre et 15 acres de terre valant 4501. de revenu), paie 541.; J. Boulard, fils, (ferme de 80 acres pour 2.0001.). paie 192 1. Sur 189 cotes, 37 dérogeants.
(2) Les canonniers auxiliaires de marine, ou canonniers-matelots avaient été créés par l'ordonnance du l^^^ janvier 1786 (Isambert, XXVIII, 124). Cf. Dieppe, 12. Sur le manque de bras dans les paroisses maritimes, cf. Blosseville, 3, et surtout Bracquemont, 7, et la note.
(3) Sur ces remises à gibier, cf. Criquetot sur-Longueville, 3, et Crosvillesur-Scie, 3.
(4) Il faut lire exportation au lieu de exploitation : ces confusions entre mots de même assonance sont fréquentes dans les cahiers des campagnes.
GLICOURT 235
11° Que les marchés du dimanclie soient abolis, puisque les dépenses excessives, que Ton y fait en boissons et autres denrées, dont on pourrait se passer, causent et entretiennent la misère et pauvreté dans les paroisses voisines de ces marchés (1).
Signé : Louis Lheureux, J. Follenfant, P. Lheureux, Isaac Boullen, Franc. Lemaître, Jac. Boullard père, Ab. Lebay, Boullard fils, Vasse, syndic.
GLICOURT
Dép.: Seine-Inf. ; arr. : Dieppe ; canton : Enveinieu. A 13 k. à l'E. de Dieppe.
Gén. : Rouen. ; El. : Arques.
Pop. : 1738 : 76 f. ; 1789 : 66 f.
Seigneur et patron : l'abbé de St-Wandrille.
Procès-verbal
Assemblée 5 mars 1789, devant Jac. Foucaux, syndic ; 19 comparants : J. Allix, Nie. HoUingue, Nie. Saunier, Jac. Le Roy, L. Brelont, Ant. Bourgois, J. Binet, P. Piennes, P. Benêt, J.-B. Benêt, L. Poittevin, J. David Vasselin, Henry Bourgois, L. Villy, J. Goux, J.-B. Le Roy, P. Breton, Thom. Flouest, Nie. Allix. Le procès-verbal n'est signé que par le syndic et le gieffier, L. Le Roy.
Députés : J. Allix, Nie. HoUingue (2).
Cahier de plainte et doléance de la communauté de Glicourt
[Le cahier est en grande partie copié sur celui de Derchigny, auquel nous renvoyons pour les articles identiques].
Préambule, articles 1 et 2, comme à Derchigny.
[3] Que les paroisses qui se trouveront trop surchargées auront voix (sic) de réduction sur les paroisses de la généralité qu'ils croiront les plus aisées.
(1) C. f. Crasville-la-Roquefort, 6.
(2) En 1789, taille : 1.340 1., 1 1.375 1. 17 s. en tout^ : accessoires : 785 1. capitation : 864 1., (873 1. 3 s. 8 d. en tout) ; au total : 3.034 1. 11 d. Exempts : le curé et le vicaire. Le syndic Foucaux, fermier, paie 1581. Le premier député, J. Allix, tisserand et propriétaire, (maison, 6 acres de terre en propre, revenu 1801.). paie 50 1. 10 s. ; le second, Nie. HoUingue, (ferme de 57 acres de M, de Caumont pour 1.200 1.), paie 383 1. La paroisse comprend un certain nombre de tisserands, dont plusieurs : Alix, Le Rov. Breton, figurent à l'assemblée
Arch. S.-Inf., C. 1811).
-■'{<» MAI 1,1.1 \(; !•; h'ahoi i:s
Articles 4, 5, (), 7, 8, cortmic n Dci'cfii^ny 3, ^f, f), G, 7.
|9] Que los forêts du roi seront mieux réglées, que les riverains aui'out la lihei'ié (TaN'oir (in hois pour l(;ur argent.
I lOJ Que les droils des portes (ies villes, les marchés (^t les lialles, le [xMiple en soit affranchi.
|11J Que toutes les impositions soient toujours assises par les membres bien choisis par les habitants de leur communauté.
1121 Que le droit des cuirs soit supprimé.
Articles 13, 14, 15 comm.e à Derchigny 8, 9, 10.
Le dernier paragraphe « et qu'il sera enfin pourvu à la liberté, etc. », comme à Derchigny, in fine.
Signé : L. Le Roy, greffier, J. AUix, Thom.. Flouet, L. Allix, P. Breton, H. Bourgois, J,-B. Benêt, Le Teliier, Poittevin, P. Benêt, Graillon, Mercier, Aiit. Bourgois, syndic, Jac. Foucaux, syndic municipal. Nie. Hollingue.
GOKKETOT
Dép. : Seine-Inf. ; arr. : Dieppe ; canton : Bacqueville. A 29 k. S.-O. de Dieppe.
Pop. : 1738 : 70 f. ; 1772 : 98 f. ; 1789 : 103 f. et 500 habitants. En 1911 : 190 hab. (1).
Patron : l'archevêque. Seigneur : îe comte de Choiseul-Gouffier.
Procès-verbal
Assemblée le samedi 7 mars 1783 ; « sont comparus en personne tous les habitants taillables de ce-lieu, » devant Isaac-Jos. Delorgeriî, syndic; 9 comparants : le sieur Bizet, Louis Adam, père, Michel Hamel. Jean Hamel, Michel Lombard, Michel Capron, L. Demarest, Jac. Néeî, Et. Quatresols. Ils signent le procès-verbal, sauf Quatresols et Néel; en plus signature de J.-P. Bourt.
Députés : Delorgeriî, Bizet (2).
fl) Le progrès de la population, ai: 18^ siècle est dû au développement de l'industrie, qui était, à Gonnetot, celle des toiles, dites gingas. La dépopulation, au 19^ siècle, est due, au contraire, en partie, à la disparition de l'industrie familiale.
(2) Sur la situation et la profession des comparants cf. la note 1 de l'art. 4.
GONNETOT 237
Plai/ifcs, doléances et remontrances
[Ij Cotle paroisse est composée de 103 feux qui peuvent renfermer 500 individus. Le revenu total de la paroisse était en 1773 de 6.940 1. ; mais, depuis la nouvelle estimation du contioleur des vingtièmes la valeur des fonds a été portéeà 8.823 1.(1).
Comme la plupart des biens-fonds de cette paroisse ne consistent qu'en locations, depuis 30 jusqu'à 60 1. de loyer, l'augmentation d'un tiers n'aurait pas dû avoir lieu, mais bien pour les gros fermages, composés de terres en labour.
Une maison, affermée 30 ou 40 1. par an, peut, en neuf ans, entraîner pour la moitié du revenu en réparations.
La paroisse qui, comme on l'a dit, ne produit, en revenu annuel, qu'une somme de 8.823 1., paie en vingtièmes 970 1. 8 s., ci : 970 1. 8 s.
La taille, avec les suites, monte à 3.328 1., ci : 3.328 1. (2).
L'imposition pour le sel monte à la somme de 1.440 1., ci : 1.440 1. (3).
Le gouvernement retire donc de Gonnetot, ci : 5.738 1.
Il ne reste, à ce moyen, pour les propriétaires, qu'une somme de 3.085 1., sur laquelle somme, il convient encore déduire au moins 603 1., tant pour l'entretien que pour rentes seigneu-
(1) Cotte estimation avait eu lieu en 1773 pour 1774 ^Arcli. S.-Inf.,C. 529, reg. 1, f. 415-437). L'augmentation n'avait porté que sur les propriétaires des biens d'un revenu supérieur à 80 1. Les chiffres, donnés par le cahier, ne sont pas to.ut à fait exacts. Le vingtième de 1773 s'élevait à 314 1. 14 s., ce qui correspond à un revenu imposable de 6.294 1. seulement. La vérification de 1773 a augmenté un certain noml)re de ce tes et en a diminué d'autres. Le registre ne donne pas le chiffre du nouveau vingtième. En 1789 la paroisse paie 970!. de vingtièmes.
(2) Les suites sont les accessoires, ou 2^ brevet de la taille, la capitation et l'impôt en rachat de la corvée. Le chiffre du cahier est exact. En 1789, taille : 1.320 1. ; accessoires : 786 1. ; capitation : 849 1. ; en plus, 35 1.7 s. 5 d. pour !a collecte et les frais. Si on y ajoute l'impôt en rachat de la corvée, égal au quart du principal de la taille, soit 330 1., on a un total de 3.320 1., les 8 1. supplémentaires représentant la collecte de l'impôt en rachat de la corvée. — Exempts : le curé Duval, le clerc Ch. Delacroix. La plus forte cote est celle de Delorgeril, syndic. Il occupe en propre une ferme de 60 acres, estimée 1.200 l.,4 chevaux, 4 vaches, 100 moutons ; il paie 404 1. pour taille, accessoires et capitation, Bizet, second député, propriétaire et fermier: 158 1. Parmi les comparants, plusieurs industriel : Michel Capron, toilier, (44 1.); MichelLambard ou Lombard, fabricant, (110 1.) ; Michel Hamel, fabricant, (1621.), L. Adam père, toilier, (72 1.) ; Quatresols, toilier, (30 l.).La paroisse comprend un assez grand nombre de toiliers et de tisserands. (Arch. Seine-Inf., C, 1812),
(3) Pour le sel. Gonnetot relevait du grenier à sel de Saint- Valéry-en-Caux et était taxé à six setiers (Arch. S.-Inf., C. 610),