‹ Département de la Seine-InférieureChapitre 52 sur 68 · GUILMÉCOURT (SAINT-AMAND DE · texte numérisé non relu

GUILMÉCOURT (SAINT-AMAND DE

Dép. : Seine-Inf. ; arr : Dieppe ; canton : Envermeu. A 17 k. à l'E. de Dieppe.

Pop. : 1738 : 24 f. ; 1789 : 24 f.

Patron : le seigneur.

Procès-verbal

Assemblée vendredi 6 mars, devant Jacques Fréchon, syndic ; onze compai'ants : Jean Le Fèvre, J. Caron, Nie. Morcamps, Nie. Caron, J. Bellan-

(1) Les dîmes de Gueures étaient partaç^ées entre l'abbesse de Bondeville (1.600 1.), le curé (1.600 1.) et l'Hôtel-Dieu d^e Rouen (900 1.) ; celles de l'Hôtel- Dieu étaient affermées à Jolv, un des comparants ; les autres, à Et. Delaporte (Arch. S.-Inf., C. 529, reg. l.'f. 524). •

(2) Avant la Révolution il y avait deux paroisses à Guilmécourt ou Guillemécourt : celle de Saint-Amand relevait seule du bailliage d'Arqués ; l'autre, Saint-Vast, la plus importante, relevait du comté d'Eu et n'a pas comparu à Dieppe. Les deux paroisses appartenaient à l'élection d'Arqués et étaient groupées pour les impôts.

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gn'villc, Toussjiiiit Petit, Nie. Laurent, Aiit. Robin, iM'anç. Beauriii, Jiapt. Petit, Ant. Laif^niel.

Ils ont tous signé le procès-verbal.

Députés : Nie. Laurent, J. (-aron, laboureurs (1^.

Cahier

L'an do grâce 1789, le 6^ jour du mois de mars, nous soussignés, habitants de la paroisse de Saint-Amand-de-Guillemécourt, supplions humblement S. ]\1. bienfaisante d'avoir égard à nos doléances, plaintes et remontrances.

1° Nous avons dans notre paroisse un gros décimateur qui ne fait aucun bien, soit à l'égard de l'église, soit à l'égard des pauvres, qui sont en grand nombre et qui ne peuvent subsister s'ils ne trouvent du secours (2).

2^ Notre curé fait valoir son bénéfice et les terres attachées à son bénéfice : de plus, ledit curé a à bail les grosses dîmes, à commencer la récolte prochaine, relevant de M. l'abbé de St-Wandrille (3).

3° Nous avons essuyé des orages fameux, l'été dernier, qui ont endommagé nos grains (4) ; de plus, les mauvais temps, qui sont arrivés dans la moisson, sont cause que nous avons eu beaucoup de blé germé.

4^ Nous avons un nombre infini de gens établis pour la ferme, gens qui nous persécutent ; les uns sont cause que nous payons le sel très cher, qui nous forcent d'en acheter, argent ou non argent, qui nous font même un procès quand nous n'en avons pas, de plus qui nous privent de l'eau de mer si utile, soit pour faire

(1) Nous ne pouvons donner le chiffre des inapôts pour Saint-Amand, le rôle de la taille étant commun aux deux p^aroisses. En 1788, (nous n'avons pas le rôle de 1789), le total pour les deux paroisses était de 5.027 1. : taille : 2.277 1. ; accessoires : 1.320 1. ; capitation : 1.426 1. et les frais. — Le syndic de Saint- Amand : Fresson ou Fréchon, propriétaire, paie 35 1. ; J. Caron, cultivateur : 44 1. ; Nie. Laurent : 110 1. Très peu de tisserands mentionnés, (Arch. S.-Inf., C. 1.824).

(2) Ce gros décimateur est l'abbé de Saint- Wandrille : il a le tiers des dîmes qui est loué au curé 500 1., (bail pour 9 ans devant Marc, notaire à Rouen, le 30 oct. 1788). Arch. S.-Inf., C. 532, reg. 1, fol. 472).

(3) Le curé de Saint-Amand a presbytère, cour et jardin, (revenu 50 1.), 3 acres et demie de terre, (150 1.) ; dîmes, 650 1. (Id.). L'indication précise sur le bail des grosses dîmes est exacte, comme on peut le voir par la note précédente.

(4) Ces orages avaient eu lieu au mois de juin. C. f. dans le Procès-<^erhal de la commission intermédiaire, 13 nov. 1788, l'état des paroisses qui ont souffert de la grêle et des orages extraordinaires. C. f. aussi Manehou ville, 1.

(JUILMKCOI UT (SAIM-AMAM) IM.) 2'V.)

de la soupe, soit pour prendre des bains chez soi, soit pour enchausser le blé, soit encore pour le pansement des animaux malades ; les autres, (jui reijfardent les aides, nous font payer des tributs considérables et même nous font payer le trop bu.

5° Nous avons plusieurs couvents, aux environs de nous, qui jouissent d'un revenu très considérable, gens inutiles, et qui , ne font aucun bien, et qui souvent ne sont que 3 ou 4 pour dépenser 20.000 1. de revenu annuel (1).

6° Nous avons des seigneurs qui jouissent d'un revenu très considérable et qui paient peu de chose à S. M. (2).

7° 11 y a beaucoup de personnes qui ont du bien dans la paroisse, qui le font reporter en la paroisse, où elles demeurent, par rapport à la collecte ; pour lors la taxe nous reste et nous sommes écrasés d'impôts (3).

8*^ Nous désirerions que tous ceux qui peuvent avoir des bêtes à laine eussent du parquage, au prorata de leurs bêtes, et que S. M. rendît un édit qui force ses sujets à un parque (sic) commun dans chaque paroisse; car rien n'est plus utile pour l'amendement des terrés et bien favorable aux petits particuliers; de plus ceci éviterait beaucoup de procès ruineux, parce que les uns veulent parquer seuls, les autres ne veulent point parquer du tout, et le différend prive les menues gens d'avoir des moutons (4) ; nous voudrions aussi que ce qui est nécessaire pour construire un parc soit acheté aux frais de la communauté, au prorata des bêtes ou des acres de terre.

(1) Il n'y avait pas de couvents dans le voisinage immédiat de Guilmécourt ; l'article fait sans doute allusion à l'abbaye d'Eu, (revenu 6.000 1. en 1789), à celle du Tréport, (revenu 7.5001.), et auprieuréde Saint-Laurent d'Envermeu.

(2) Le rôle de la taille de 1 788 ne mentionne pas de seigneurs à Guilmécourt ; il n'y a d'autres exempts que le curé et le vicaire.

(3) Sur le transport des impositions et ses abus, c. f. Blosseville, 2, et la note.

(4) La coutume de Normandie, art. 81 et 82, autorisait les cultivateurs à envoyer, après la récolte, leurs moutons sur les terres de la paroisse, à condition qu'elles ne fussent ni cultivées, ni semées en grains ou en trèfles, ni closes, ni défendues d'ancienneté. On appelait ce droit, droit de banon, et ces terres étaient dites terres vides ou de pillage. Mais ce droit n'appartenait qu'aux cultivateurs qui avaient un troupeau, c'est-à-dire aux riches cultivateurs ; ils se partageaient les terres vides proportionnellement à la quantité de terre qu'ils faisaient eux-mêmes valoir. Ln fermier pouvait interdire le droit de pâture sur sa ferme ; mais alors il renonçait aussi à exercer ce droit sur les autres terres de la paroisse. L'usage de Picardie, province qui n'était pas très éloignée de Guilmécourt. était très différent. Chaque paroisse avait un berger communal à qui l'on pouvait confier un nombre de moutons proportionné à la quantité de terre qu'on occupait: le parc commun, qui renfermait les moutons, séjournait sur chaque terre pendant un temps proportionné à son étendue. C'est évidemment à ce système, bien plus favorable aux petits cultivateurs, que fait allusion notre cahier. Sur le droit de banon, cf. Hou^rd. Dicfiotmaire. l 151. Art. Banon.

27" I! M i.i.i \<; I" d'.mhh r.s

!)•• De plus, nous nous plaignons (^nrorc (jiir. lorsqu'un parliciilicF' (juitlc la maison ou îles Ici'i-es (|u'il occupe, | il j (!sl oblii^é (le le fai?M> siji^Mifici'. par sor<i^cnt, à la paroisse, ce qui est une dépense inutile (I).

](>'' ! ,'li!")pihil (le Crie! a 28 acres de l,ei'!'<> dans nolrci paroisse, doid le K'Ncnn es! pour les pauvi'es, et les supérieures gardent loul pdîM' elles et ne donnent rien (2). J. i.efebvre, Marcamps, Beaurain, Pelil , iHlIengreville, Robin, .l.-B. P(îtit, J.iaigru 1, Caron, J. ('ai'on, Xic. Laurent, Frechon, syndic.

iikrbouvujj:

Réinii à St-Oiu'ii-l(vMauger. Dép. : Seine-Inl. ; arr. : Dieppe ; canton : Bacqueville. A 23 k. au S. O. de Dieppe. Gén. : Rouen ; El. : Arques.

Pop. : 1738 : 29 f. ; 1772 : 25 f. ; 1789 : 21 f. Seigneur : M. Signar(i ; patron : l'abbesse de St-Amand (de Rouen).

Procès-verbal

Assemblée 5 mars 1789, devant l'église; président: Nie. Parmentier, syndic ; 5 comparants : J. Coutuiier, Ant. Alleaume, J. Thierry, Ad. Le Cointre, P. Bachelet. Ils signent le procès-verbal, sauf Bachelet.

Députés : Nie. Parmentier, syndic, J. Couturier, marchand et laboureur (3).

Cahier de doléances de la paroisse d'' H erboui^ille- en- C aux , adressées aux Etats généraux convoqués pour le 27 auril 1789.

[1] Les habitants d'Herbouviile se plaignent d'abord de ce que le fardeau des grandes routes tombe sur les agriculteurs, tandis que ce sont les commerçants et les habitants des villes qui les détruisent;

(1) C. f. le cahier d'Iclon, 12, et la note.

(2) L'hôpital de Criel avait une ferme, nommée la Maladrerie, louée à J.-B. Caron pour 9 ans, le 4 juin 1778, au prix de 4601., devant de la Hippe, notaire à Eu (A. S.-Inf., C. 532, reg. 1, f. 471 v.). Criel, paroisse située à 7 ou 8 kil. au nord-est de Guilmécourt, près de l'embouchure de l'Yères.

(3) En 1789, taille : 510 1., avec la collecte et les frais: 526 1.; accessoires: 303 1. 19 s. 8 d. capitation : 327 1. 7 s. 4 d. Exempts : le curé, Massif, le clerc, Coruble ; messire Signard, seigneur, occupe son manoir seigneurial avec 15 acres de bon labour. Sur 26 cotes, onze de tisserands ou de toiliers. Le plus fort imposé est Nie. Parmentier, laboureur et syndic, (ferme de M. Signard par 2.000 1.). II paie en tout 581 1. Le second député, Couturier, marchand toilier, paie 103 1. Parmi les autres comparants: Ad. Le Cointe, toilier, (261.) ; Alleaume, maréchal, (49 1.) ; Thierry, toiher, (99 1.) : P. Bachelet, tisserand, (28 1.); (Arch. Seine-Inf.. C. 1825).

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ils se plaigiuMit encore de ce que certaines gens, qui sav(;nL toujours couvrir leurs intérêts du prétexte du bien })ublie, ai(;nt trompé !e ministère au point de lui persuader que la corvée personnelle était odieuse aux laboureurs et qu'ils aimeraient mieux en être quittes })our de l'argent ; jamais la corvée n'a été personnelle ; le laboureur pouvait faire faire sa tâche par des ouvriers ; ce qui lui coûtait autrefois lOC 1. lui en coûte aujourd'hui 150. Le laboureur perd donc et il sait bien qui sont ceux qui gagnent (1).

[2] Ils se plaignent encore de ce qu'ils sont foulés et vexés, tandis que les nobles et le clergé, qui possèdent la plus grande partie des biens du royaume, ne paient rien ou presque rien ; ils pensent qu'ils sont des hommes comme les nobles et les gens d'église et qu'il n'est pas juste qu'ils portent leur fardeau.

[3] Ils se plaignent de voir les financiers s'engraisser de leur sang et de leurs larmes et ils désireraient qu'on en détruise ; ils désireraient que cette foule d'impôts, dont on connaît à peine le nom., fussent réunis en un seul tribut qui serait assis sur les terres et sur les propriétés en général. Tels sont les vœux que la paroisse d'Herbouville adresse à S. M. et aux Etats qu'elle assemble et elle bénira à jamais son règne s'ils sont exaucés. Signé : Ant. Alleaume, J. Thierry, Le Cointre, J. Couturier, N. Parmentier, syndic.

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