IC.I.ii.N 'IX
Cahier des plaintis, doléances et reffionlra/iees^ jaih-s par les habitanls de la paroisse d' /elon. assemblés en eomiiuin, ce 8 de mars 1789, et on! l'/ionneur d'exposer (Ij.
[1] La })auvivté el indigence, qui viennent du prix exorbiU-nt du blé, causé par la mauvaise récolte de l'année précédente ; elle se fait entendre par ses clameurs et ses murmures dans les halles, où les excès de la violence et des soulèvements ont déjà eu lieu.
[2] Chute du commerce, dépérissement des manufactures, renvoi de beaucoup d'ouvriers, ce qui met quantité de familles dans la dure nécessité de mendier ; par conséquent, les villages inondés de mendiants.
[3] De l'abus de "et te mendicité, il en résulte des attroupements* nocturnes qui répandent l'effroi dans les mai3ons ; on n'en a déjà que trop vu la triste expérience, ce qui mérite l'attention du ministère public.
[4] Multiplicité des charges onéreuses, des impôts qui écrasent, minent et asorbent les non privilégiés, pendant que les privilégiés ne paient presque rien.
[5] Les frais excessifs dans la régie, administration et perception des deniers royaux.
[6] La nécessité de la suppression des gabelles dont on a déjà flatté le peuple.
[7] D'aviser aux moyens de faire venir du blé dans les halles de nos villes et bourgs (2).
[8] L'extinction de la mendicité, qui pourrait se faire à l'aide des bonnes âmes qui existent et exercent la charité, et en
(1) Le cahier d'Iclon, on écrit aussi Yclon ou Iqueion, a d'étroits rapports, dans la première partie. (1-6). avec le cahier d'Angiens, paroisse du bailliage de Cany. (C. f. Romain. Cahiers de doléances des paroisses du bailliage de Cany. p. 14).' Les deux cahiers sont une réduction du cahier de La Chapellesur-Dun, dont ils ne reproduisent que certains articles. L'art. 1 du cahier d'Iclon réunit les art. 1, 4 et 6 de celui de La Chapelle-sur-Dun ; l'art. 2 réunit, en les résumant, les art. 13 et 14 du même cahier ; l'art. 3 reproduit à peu près textuellement l'art. 15 : l'art. 4 résume les art. 19 et 20 ; les art. 5 et 6 reproduisent à peu près les art. 21 et 22.
(2) Avec l'article 7 commence la seconde partie du cahier, celle qui correspond à la deuxième partie de La Chapelle-sur-Dun : remèdes et moyens, etc. Mais il n'y a plus guère de rapports entre les deux cahiers, sauf pour un ou deux articles, en particulier l'article 7, qui rappelle, sans le copier du reste, l'art. 1 (2^ partie) de La Chapelle-sur-Dun et d'Angiens.
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réforniaiil h's jihiis {]iii i'<''u;iu'nl (hîns r.nliniîiisl rnl i(Mî fl('S hions tM'cIrsiasI i(|iH's ( 1 ).
[\)\ Que ré^alilé n\<»ii(^ dans ies viiî^liômes et que tous les ordn^s, ayant besoin iU) la protection de l'Etat, les paient tous, sans e.Kc.eplion, à raison de leurs fonds (2).
[iOJ Qu(* la taille, capitation et ustensiles, soif^it sin»piifiés en un seul inii)ôt (.3), réparti sur les fonds des occupants de chaque paroisse, soit ecclésiastiques, nobles ou roturiers indistinctement, pai' trois ou six des plus notables, plus ou moins, suivant la quantité des f(Mix de la paroisse et, la répartition faite, le rôle mis aux mains du collecteur, pour en faire la collecte, qui sera tenu de porter ou faire tenir les deniers à la capitale, en un bureau qui lui sera désigné ; en conséquence, suppression des receveurs qui sont chargés de cette commission.
[1 1] Que la corvée pour les grandes routes soit répartie sur chaque individu qui compose l'Etat, soit ecclésiastique, noble ou roturier, sans exception, même habitants des villes, avec cette observation que les habitants de chaque paroisse aient la liberté d'adjuger leur tâche à prix d'argent.
[12] La suppression des significations de translations de domicile à une autre paroisse, avec la liberté au collecteur d'émarger du rôle à taille la singne [signature] du sortant (4).
(1) La ChapelIe-sur-Dun dit simplement: «Destruction nécessaire et totale de la mendicité», art. 11 de la 2^ partie,
(2) Cet article, ni les suivants, ne se retrouvent ni à La Chapelle ni à Angiens. Le seig-neur de Guichain ville avait château, cour, jardin et futaie, d'un revenu estimé 1.000 I., 5 maisons, chacune avec une acre ou une demi-acre de masure, le tout loué 400 1., une terme de 6 acres de masure, 60 de labour, 8 de bois taillis, un moulin à vent et des rentes seigneuriales, le tout loué 2.000 1. Il payait les vingtièmes sur ces chiffres ; notre cahier les trouve probablemLcnt trop faibles.
(3) Les ustensiles sont les taxes pour la fourniture des troupes. On les comprenait dans les accessoires ou deuxième brevet de la taille.
(4) Singne, terme du patois cauchois, pour signe, signature, — Les taillableg, qui transféraient leur domicile, devaient le faire signifier aux syndics des paroisses qu'ils voulaient quitter et au greffe de l'élection avant le l^r octobre qui précédait leur délogement (Déclar. de 1673 et arrêt de la cour des Aides de Normandie en 1735). C'était une formalité onéreuse, dont la dépense pesait lourdement sur la partie la plus pauvre des habitants des campagnes : le coût des significations égalait souvent la taxe modique que le contribuable voulait éviter ; de plus l'oubli du délai prescrit rendait la signification nulle et le malheureux restait chargé d'une double imposition. La Commission des impositions de l'Assemblée provinciale avait critiqué ce système et proposé que chaque paroisse dressât elle-même un état d'em élément et de dérôlement où elle constaterait les changements sui;veims par la mortalité ou les translations. L'Assemblée provinciale adopta cette proposition. Procès-i'erbal. séance du 18 déc, 1787, p, 354, 356 et 361,
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[13] Que la gabelle soit supjn'iniéc, {{iTil n'y ail plus d*iuij)ût sur le sel, qu'il soit niairluuul, et qui! soit permis aux riverains de la mer de prendre autant d'eau salée qu'ils voudront ; mais l'anéantissemont de la gabelle diminuant le revenu public dans un temps où il faudrait l'augmenter, à raison de la dette de l'Etat, il faut un remplacement. Sur cela nous nous en rapportons à ce que les députés des Etats généraux arrêteront sur les projets qui leur seront remis par le ministre des finances, en leur recommandant que cet impôt soit facile à répartir sans arbitraire et sans gêner ni le commerce et l'agriculture.
[14] La suppression de la levée des droits d'aide, très dispendieux, et dont la suppression importe le plus aux vues générales d'économie. Nous espérons que les députés des Etats généraux tourneront leurs vues vers cet objet.
[15] On laisse enfin à la sagesse des Etats généraux d'éclairer la bonté du roi pour tout ce qui peut coPxCourir à la prospérité de son règne et la félicité publique (1). J.-B. Gille, Laurent Leroux, s* die (sic), Michel Mignot, Petit, Doutreleau, Boullard, Blin.