‹ Département du Cher. Cahiers de doléances du bailliage de Bourges et des bailliages secondaires de Vierzon et d'Henrichemont pour les Etats généraux de 1789Chapitre 104 sur 253 · M • U V Y-D E U X-C LOC H E R S · texte numérisé non relu

M • U V Y-D E U X-C LOC H E R S

4° Que le pays n'a aucunement de bois si on en excepte environ cent arpents qui appartiennent à différents petits propriétaires qui le consomment eux-mêmes pour cuire de la poterie en terre et qu'il est très difficile de s'en procurer en l'achetant fort cher.

5° Qu'il n'y a point de vignes que huit hommées dont le produit médiocre n'excite point à en planter d'autres dans la paroisse.

6° Remontrent lesdits habitants que le sel, si nécessaire à la vie, est à un prix trop haut (ici on s'épargne le détail des gens malheureux à qui la misère empêche d'en acheter) ; qu'il faut absolument supprimer les gabelles ; que le Roi en mettant le sel libre, supprimant d'ailleurs un nombre considérable d'hommes occupés à garder les barrières, l'agriculture gagnera des bras, les pays incultes de la France seront défrichés et que tous et chacun les i sujets y trouveront un avantage sensible. La sueur que versent continuellement les gens de là leur donne droit au moins à la vie ; si on multiplie les récoltes et l'abondance des grains on remplira leurs vœux trop naturels.

7° Que les aides ne sont pas moins nuisibles, que cet impôt affreux ne tourne qu'à l'avantage du fermier général ou de celui qui en fait la fraude. Le cabaretier ou l'aubergiste qui soustrait à l'avidité de l'employé la moitié du vin qu'il vend n'en diminue pas pour cela le prix de son vin, le voyageur seul le rembourse de ce qu'il n'a pas payé et par là même devient dupe. Que l'on compte ce qu'il en coûte pour la production d'un poinçon de vin, qu'à cette somme on joigne celle qu'on donne au fermier, il est aisé de voir que le propriétaire ou le vigneron n'a rien de reste.

8° Lesdits habitants seraient d'avis que chaque paroisse nourrît ses pauvres et qu'à cet effet il y eût dans chaque endroit un bureau de charité, que le curé fût à la tête comme connaissant mieux les pauvres. Se plaignent aussi lesdits habitants qu'ils sont continuellement harcelés des mendiants des paroisses voisines. Ces étrangers dont on ne peut se défendre emportent la subsistance des pauvres domiciliés.

9° Enfin, se plaignent de la milice qui se lève annuellement, remontrant lesdits habitants que des enfants des particuliers de la campagne c'est toujours les plus forts, les plus vigoureux et les plus en état de soutenir leur vieillesse qui leur sont enlevés par cette levée de mauvaises troupes; ajoutant que c'est un nouvel impôt: le père est obligé d'accompagner ses enfants au lieu où se tire la milice, de faire de la dépense avec eux, d'abandonner son ouvrage dans une saison précieuse, la semaille des menus grains ; si le sort tombe sur son enfant laboureur, sa charrue est déserte, il est obligé de prendre un domestique qui le sert mal et son ouvrage va infiniment moins bien.

Charrette, Dubois, Hautin, Hautin, Gaudry, Giraudon, curé de Neuvy.

NEUVY-SUR-BARANGEON

Identification. — Cher, arr. Bourges, con Vierzon. Général, et élect. de Bourges, grenier à sel de Vierzon.

Population. — En l'an IV : 454 habitants au-dessus de 12 ans (L. 173) ; aujourd'hui : 1.467 au total.

Plumitif pour 1789. — M. le comte du Buat. 130 feux. Bestiaux et chanvres. 10 1. 12 s. par feu pour le principal.. Taillables : 24 laboureurs dont 7 de 50 à 60 1., 5 de 40 à 50 1., 8 de 30 à 40 1., 3 de 20 à 30 1., 1 de 16 1. et 106 manœuvres dont 1 de 22 1., 8 de 10 à 20 1., 97 au-dessous de 101. La récolte de cette paroisse promettait beaucoup, mais elle a grêlé en partie (C. 1109).

Impositions pour 1789. — Taille, 1.380 1. ; access., 745 1. ; capitat., 767 1. ; au total : 2.892 1. Vingtièmes, 878 1. 7 s. (G. 1109 et 1170).

Privilégiés. — 7 ecclésiastiques, 1 laïc. Supp. desdits privilégiés: 210 1. 6 s. 6 d., plus 25 1. 5 s. 10 d. pour les chemins (L. 2083).

Biens ecclésiastiques en 1790. — La cure : maison curiale et autres bâtiments : 35 1., portion congrue : 700 1., rente pour acquitter les fondations : 1441. 10 s., autre rente pour acquitter 4 services par an, chacun à 2 grand'messes, 42 boisseaux de blé-seigle : 31 l

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10 s. ; total : 911 1. ; 2° le prieuré Notre-Dame de Neuvy : 1.52i 1. (G. 583bls).

Cure. — Revenu en 1791 : 700 1. (L. 80, f° 5). Patron en 1772 : l'abbaye de Vierzon.

Sources a consulter. — Justices du comté de Nançay et de Xcuvy-sur-Barangeon, B. 3551-3553 ; titres de la famille Du Buat, E. 542-571 ; Frémont, II, 203.

(Ms. origin. signé. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)

Assemblé électorale, le 1er mars, devant la principale porte de l'église, sous la présidence de Antoine Berton, procureur, faisant fonctions à cause de l'absence de Messieurs les bailli et lieutenant de la justice du comté de Nançay et de Neuvy, etdeSilvain Poirier, syndic de ladite paroisse, laboureur.

Comparants. — Jean Nolin, Martin Rabillon, René Dumouté, Julien Gaillard, Jacques Peaumeau, François Brossard, Adrien Tastereau, Vincent Ravizé, Mathieu Couturier, Jean Prognon, Jean Thalbaut, Gaspard Baudon, François Jouin, Denis Dubois, François Avelline, François Lemoine, Antoine Beaulande, Silvain Larrivé, Claude Berthomier, Pierre Decousse, Thomas Gaillard, Louis Jourdin, François Lefève, François Lecas, Raimond Grelat, Jean Jourdin, Antoine Babilot, Etienne Toussin, François Dévot, Etienne Vioux, Roch Prognon, Louis Blet, Michel Lemoine, Etienne Griveau, Philippe Robineau, Barthélémy Lefevre, Silvain Rolland, Jacques Corneau, Mathieu Landois, Etienne Lemoine, Guillaume Lauret, et autres, « faisant et représentant la plus grande et saine partie desdits habitants ».

Députés. —Jean Nolin et Martin Rabillon.

8 signatures, y compris celle du Président.

(Les doléances des habitants de Neuvy sont contenues en deux cahiers. Ces deux cahiers qui sont manuscrits sont à coup sûr originaux ; tous deux portent, en effet, les mêmes signatures et le paraphe du Président Berton. On a respecté dans la transcription l'orthographe originale. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)

Cayer des doléances arrêtés par les habitans de la paroisse de Neuvy-sur-Baranjon, en exécution de l'article vingt-

cinq et trente-un du règlement fait par le roy pour V exécution des lettres pour la convocation du vingt-quatre janvier mil sept cent quatre-vingt-neuf et de l'ordonnance de Monsieur le lieutenant général du bailliage principal de Berry du treize février suivant, pour être présentée lors de la rédaction du cayier des doléances de la ville de Bourges.

Sa Majesté sera suppliée par les députés du Tiers état de sa province de Berry d'ordonner :

Art. 1er. — Que le Tier état votera par tête dans l'assemblée générale des Etats généraux.

Art. 2me. — Que la province de Berry sera mise en pais d'état provinciaux à l'instar de la province du Dauphiné.

Art.3me. — Que ses sujets de la province du Berry seront jugés souvrainement, tant en matière civile que criminelle, par un tribunal qui sera à cet effet née et établie en la ville capital de Bourges.

Art. 4me. — Que les officiers de judicature de ce tribunal et souvrain seront électifs à la nomination du Roy sur la présentation des états provinciaux de la province.

Art. 5me. — Que ces mêmes officiers de judicature seront gagés par la province avec défense de prendre des epiaus pour l'administration de la justice.

Art. 6me. — Qu'où cet établissement ne plairait pas, aura et soit ordonné au présidial de Bourges une amplication de juger en dernier ressort jusqu'à douze mille livres avec la connaissance de cette matière estimable sans distinction ny réserve.

Art. 7me. — Que touts privilèges pécuniaires seront supprimés ; en conséquence, que les trois ordres ne seront exempté d'aucunes des charges publiques ni impositions que supporte et paye seule la classe la plus malheureuse du Tier état, tels que la corvée, le logement de guerre et tous les accessoires de la taille.

Art. 8me. — Que les aides et gabelles et surtout les droits de contrôle, devenus arbitraires d'après l'abus d'une infinité de décisions surprises à la religion du Conseil, seront et

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demeurerons supprimés, en par la province de Berry faisant au roy d'une autre manière quelconque les mêmes fond net que le roy retire de ces trois classes d'imposition.

Art. 9mo. — Que touttes rentes foncières après le cens seront amortissables à prix d'argent de quelque nature que soient dus les dittes rentes et à quelque classe de citoiens qu'elles puissent êtres dues.

Art. 10Iue. — Que d'orénavant, pour éviter le déplacement des domestiques et ouvriers de la campagne, infiniment préjudiciables à la culture des terres dans les mois de mars et avril, et ôter à ces domestiques et ouvriers des occasions de débauches que dépens, — quelques année deviennent excessives et ruineuses, — le subdélégué du canton sera tenu de se transporter dans chaque paroisse qui devera uns ou plusieurs militions, pour être en présence du sindic et des habitants |de laditte paroisse procéddé au tirage et, dans le cas où la laroisse de Neuvy ne devroit pas seule un militien, qu'alors le >ubdélégué ne pourra réunir que le nombre de paroisse suffisant pour le tirage d'un ou deux militiens et ne pourra faire cette réunion que dans l'une des paroisse qu'il réunira.

Art. llme. — Qu'il sera pourvu aux abus que commettent les garnisons dans les paroisses où ont les envoies et où ils font payer de la manière la plus viteatoire les journées que pour l'ordinaire ils passent dans la débauche dans les cabarests.

Poirier, Berthomier, Lemoine, Paumeau, Larive, Rabillon, Nolin, Berton, pour l'absence de M. le bailli et lieutenant.

Nouveau cayer des plaintes, demandent et remontrances, doléances, arrestés par les habitants de la paroisse de Neu vy-s u 1 *-Ba ra njo n .

Le début du Nouveau cahier reproduit exactement le pré- •nt jusqu'à l'article PT inclusivement. Le reste est ainsi ><;u :

Tous les habitants de Neuvv-sur-Baranjon entendants termes de la lettre de notre bon rov et bienfaisant 1110-

narque, notre puissant roy, ont été remplis de la plus grande et la plus douce consolation ; ils se regardoient comme heureux, contant et satisfait, malgré l'état actuel et misérable dans lesquelles nous vivons. Nous ne rapporterons pas les l'armes de joie que nous avons versés dans le moment de la lecture de la lettre de notre bon et bienfaisant roy et lecture de l'ordonnance de Monsieur le Lieutenant générale de la province de Berry que la bonté de notre bon roy et celle de notre bonne reinne s'étendoit jusque sur ses petits sujets, puisque Sa Majesté nous permets d'exposer nos misères, doléances et demendes que nos présents besoin exigent, exposant à Sa Majeté leurs misérables états, et luy faire nos plus humbles profondes remontrances, plaintes et doléances de laditte paroisse de Neuvysur-Baranjon.

Art. 1er. — Laquelle paroisse de Neuvy-sur-Baranjon a éprouvé un incendie de tout le bourg, dans lequel incendie fut consommée, il y a quelque année, l'église paroissial1, les cloches fondues, le presbitaire et plus de quarante maisons furent brûlées et consommée et un très grand nombres d'habitants et des familles dont nous ne pouvons faire l'énumération. Ils furent réduits à une extrême indigence et pauvreté, sans pains, sans vestement et sans logement et même le presbitaire n'est point encore rebâtis et tous les habitants se ressentent encore de ,1a grande perte et misère.

Art. 2. — Nous prions encore Sa Majesté de nous permettre d'observer, quoique laditte paroisse de Neuvy-sur- Baranjon soit du bailliage et siège présidial du Berry, le terrein est vrais et pureSollogne2et il ne produit que du bled

1. Cet incendie avait dû arriver vers 1769, car à cette date les habitants décident de faire recouvrir le bas-côté de l'église en trois combles et de surélever le presbytère d'un étage (C. 127, Lettre du sieur Lesève).

2. « La Sologne, écrivait Arthur Young, est une des plus pauvres provinces du royaume et une des plus singuliers pays que j'aie vu » Arth.

Young, édit. de Casaux, t. II, p. 172). Sur la Sologne, on peut consulter : Mémoire sur l'amélioration de la Sologne, par M. d'Autroche, Orléans, Jacob, 1787, in-8*, et Vues générales sur Vétat de V agriculture dans la Sologne, et sur les moyens de l'améliorer, par Huet de Froberville, Orléans, Jacob, 1788, in-8°. Voir également H. Denizet, La Sologne, Orléans, 1900, in-8°. L'auteur donne à la fin de son travail une bibliographie assez complète des ouvrages relatifs à la Sologne.

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