‹ Département du Cher. Cahiers de doléances du bailliage de Bourges et des bailliages secondaires de Vierzon et d'Henrichemont pour les Etats généraux de 1789Chapitre 105 sur 253 · F, U V Y-S U R- B A R A X ( ; KO N · texte numérisé non relu

F, U V Y-S U R- B A R A X ( ; KO N

seigle et du bled noir, autrement nommés du sarazin, lesquelles bleds seigles n'abonde que dans des années sèches et le sarazin brûle fort. Souvent le terrein de Sollogne est fort fertille en bruères, augeons1 et fougère et les peu de prés qui s'y trouve ne produisent que de mauvais fouins aigre, dont il s'en suit que la nourriture des gros bestiaux, bœufs, vasches et cheveaux n'est pas d'un produit ny d'aucune ressource comme d'aucunne province du royaumme. Il y a cependant en Sollogne des moutons, brebis et vassiveaux2 lorsque les années sont favorables pour ses bestiaux, ce qui forme le meilleure bien pour le pays ; mais, depuis quelque année, les printemps sont humides et pluvieux et notemment cette|présente année il y a des amos \ des fermes et métayrie auxquelles il y en avoit deux à trois cent dont ils n'en reste que ce jourd'huy trente ou quarante dans plusieurs domainnes, ce qui fait dans notre paroisse une perte Innéparable.

Art. 3. — Représentent aussy lesdits habitants la multiplicité des imposts dont ils sont surchargés pour les tailles, capitations, dixième et vingtième et impositions des chemains dont ils sont surchargés; le sel qu'ils achettent un prix considérable qui est de 14 sols la livre, dont ils désireroient qu'on en diminua le prix ; soit laboureurs ou manœuvres sont obligés par leurs pauvretés la pluspart de ne point manger de souppe à cause de la grande cherté, c'est la meilleure nourriture pour le petit peuple de la campagne.

Art. 4. — Représentent, en outre, lesdits habitants les impôts sur le vin que l'on ne cueille pas en Sollogne ; les procès injustes que font messieurs les commis, surtout dans les campagnes où l'ont n'est point instruits, sonpçonnent les particuliers qui ne sont point en contrevantions et font tous les jours des procès injustes, d'après l'abus des divisions, surprise à la religion du conseil, ruinnes et pertes des pays.

1. Augeon, plus souvent écrit aujon, ajonc épineux (Jaubert).

2. Vassiveau ou cassiviau, « bête et plus généralement agneau figé <Je plus 'un an » (Jaubert).

\nios, comprenez hameaux.

Art. 5. — Plus, les habitants sont très à plaindre pour les charges du droit de terrage qu'il paye au seigneur de Nançay et Neuvy, qui est de douze gerbes une, et l'on ne peut enlever aucuns grains des terres que le droit de terrage n'est été payé au seigneur ou à son fermier, et le cultivateur est bien dans le cas de perdre son grain pendant que le laboureur le conduit, vus l'éloignement que l'on n'en n'est, d'aucuns une lieux et plus, ce qui fait un grand tort au cultivateur, si notre bon roy donné la liberté de rembourser le droit de terrage soit par argent ou par experts à l'épocs que vous jugerez à propos, ce qui ferait un grand bien et décharge au cultivateur.

Il est bon d'observer que le seigneur de Nançay et Neuvy, quoique le droit de terrage qu'on luy paiye, entend aussy avoir le privilège d'envoyer aussy ses bestiaux et ceux de ses collons dans les terres où ont lui doit le terrage, quoiqu'elle soit fauceyée1 et bouchées des vivres2. Cela paroît bien injuste; il seroit plus à propos que chaques laboureurs et cultivateurs de son terrein fit garder ses terres, car n'ayant point d'herbe cela fait un grand tort soit pour la nouriture des gros bestiaux et bestes à leinne, qui fait le plus fort commerce dans le pays; sans cela, il est impossible aux laboureurs de payer aucuns imposts à Sa Majesté. Le seigneur envoie ses bestiaux et ceux de ses colons dans le terrein de chaque particulier et il ne veut pas que l'on aille dans son terrein avec aucuns bestiaux, les fait garder par ses gardes et ne cesse de faire des procès à tout instant que n'on ne peut suivre ny procédder contre ledit seigneur, quoique ses terres ne sont point fauceillées ny bouchées.

Il jouit encore des dixmes d'une partie de laditte paroisse ; ledit seigneur ne paye aucune décharge pour cela aux cultivateurs de laditte paroisse. De plus, il est très à propos d'observer que ledit seigneur entend jouir des privilèges de se remparer des terreins qui ont étés toujours communs depuis un temps immemorialle, dont il en a défriché par ses colons dans des certains endroits la plus grande partie,

1. Fauceyer, voy. Fossoier dans Godefroy, mot qui signifie : entourer de fossés.

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