C'est-à-dire de haies vives
NEUVY-SUR-BARANGEON -~u
des gats1 à rendre le terrein à plusieurs particulier-, quoique commune, pour mettre en terre par des particuliers à condition qu'il lui paye à prix d'argent et en bled et lui paye le droit de terrage ; et s'approprie par luy-mêmc les communes et en a fait renfermer par ces collons pour mettre en prés, de manière que les habitants de cette ditte paroisse de Neuvy-sur-Baranjon, en perdant leur terrein commun, ils ne peuvent plus avoir ny gros ny menus bestiaux; ne faisant plus du tout d'amandement pour engraisser leurs terrein, cela les mets hors d'état de récolter aucuns grains et de payer les impôts de Sa Majesté.
En outre, le seigneur a le droit de retenus, de lot et ventes à chaque mutuation et les profits en cas de mort, ce qui prive les petits particuliers de faire aucunes acquisitions ■ ne paiye aucuns tribu de cela à Sa Majesté.
I Art. 6. — Il est bon d'observer que ledit seigneur de Nanray et de Neuvy que sa justice subarternne lui appartien et que tous les officiers sont toujours à son avantage, cequi fait que les particuliers de notre paroisse n'ozent entreprendre aucunne défense et même faisant des inventaires et passant des actes qu'on paiye exorbitants, n'ayant aucuns gage de leur dit seigneur, ce qui fait que les officiers de laditte justice ruine les pauvres mineurs, vu surtout que la campagne n'est point instruit. Nous demandons à Sa Maé si les justices subarternnes subsistent qu'on n'est à les er, vus les abus que l'on voit tous les jours.
Art. 7. — Il est encore bon d'observer que le clergé jouit des plus beaux et meilleurs biens et rentes dans toute la France, surtout les archevesques et evesques et autres de main-morte. Ils ne payent aucuns tribus à Sa Majesté surtout dans notre paroisse de Neuvy-sur-Baranjon. Messieurs les Bénédictins de l'abeilly royal de Vierzon possèdent dans notre ditte paroisse la plus grande partie des dixmes en tous grains, ainsy que vingt-quatre septiez de bled de rente que l'on leurs y payent, dixmmes, agneaux, chanvres, jardins, prés et place de prieuré qui a été incendié dans le
1- Gats. On appelle gats, est-il dit dansles Procès-verb. des séances de l'As. mmblée provinc... du Berri, t. II, p. 140, n. 1, les terres vaines et vagues.
temps dudit bourg de Neuvy, ce qui cause aux habitants de payer actuellement un loyer à payer au desservant au lieu que ces messieurs les Bénédictains sont obligés de fournir à la paroisse d'une première messe tous les dimanches et des quatre fêtes années et d'un loyer pour le desservant.
Les habitants sont contraint à payer une somme d'un loyer, car la somme que les Bénédictins payent ne suffie pas pour nourrir et entretenir le desservant, ce qui fait que les habitants sont plus delà moytié du tems sans première messe et ne cherche qu'à détruire la religion et la bonne intention du peuple. D'aillieurs, les dits habitants de la paroisse de Neuvy observent que Messieurs les Révérands pères Bénédictins jouissent des revenus de laditte paroisse de Neuvy en dixmes et qui appartiennent lesquelles et sont données dans leur princippe pour l'office divin et l'entretien des ecclésiastiques, curés, vicaires ou desservant qui portent tout le poid du ministère dans les paroisses de campagne, malgré cela ne sont pas indamnisés par messieurs les décimateurs réguliers qui jouissent desdits biens et revenus qui sont affectés principalement pour l'entretien desdits curés et vicaires des paroisses. Avec d'autant de raison, nous demandons qu'on rendre meilleure le sort de nos prêtres, désirants que les dixmes et revenus au profit de notre curé et desservant, à la charge de faire les mariages et sépultures gratuitement.
Art. 8. — Observent encore les habitants qu'à l'égard des milices, les paroisses, étant fort éloignée des subdéléguations, coûtent de grands dépends et beaucoup de tems que les garçons perdre. Si Sa Majesté permettoit et voulut avoir égard de faire une taxe par chaque garçons bons à tirer au sort, nous pensons que cela feroit un bien à notre bon roy cependant, il est toujours le maître d'exiger les milices.
Art. 9. — De plus, les habitants observent que, comme plusieurs paroisses et campagnes il y a beaucoup d'enfants et pour le peu qu'il y en ait en état de voulloir donner de l'éducation à leurs enfants, qui .seroit fort à propos que les seigneurs donnâts une somme chaque années pour nourrir et entretenir un maître d'écôlle, ce qui feroit un grand bien dans nos paroisses de campagne, vu que les sujets restent
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toujours innocent faute d'éducation, vus que les père et mère ne sont point en état de payer des pensions.
En outre, ontobserve(nt) à Sa Majesté qui meurt beaucoup de personnes pauvres et misérables et cependant il s'y trouve quelque chirurgien, quoique mal instruit dans leurs art, laisse mourrir les pauvres personnes fautte de leurs y porter soùllagement, parce qu'ils font payer des voyages exorbitant et surtout à quelque femme pauvres qui font quelquefois des accouchements malheureux, font payer douze et Mngt-quatre livres, ce qui fait que les pauvres meurent sans soùllagement.
Art. 10. — A l'égard des arrests qui ont été rendus par notre bon roy sur les mendiants, vagabonds et gens sans aveu, ont étés sagement rendus et a fait une grande tranquillité à la France surtout dans notre province, cependant aujourd'huy le nombre commence à se multiplier. Nous prions Sa Majesté d'y remédier et de faire publier ses arrests. 'Telles que soient vos intentions, Sire, les suppliants les recevront toujours; d'adresser au ciel leurs vœux et leurs prières pour la conservation des jours précieux de votre Majesté et la prospérité de son règne.
Poirier, Berthomier, Lemoine, Paumeau, Larive, Rabillon, Nolin, Berton, procureur faisant pour l'absence de messieurs les autres officiers de cette justice.