‹ Département du Cher. Cahiers de doléances du bailliage de Bourges et des bailliages secondaires de Vierzon et d'Henrichemont pour les Etats généraux de 1789Chapitre 115 sur 253 · SAVIGNY-EN-SEPTAINE · texte numérisé non relu

SAVIGNY-EN-SEPTAINE

Identification. — Cher, arr. Bourges, con Baugy. Général, élect. et grenier à sel de Bourges,

Population. — En 1793 : 527 habitants (L. 175) ; aujourd'hui : 583. Mouvement en 1787 : N. 28, M. 5, D. 21 (G. 157).

Plumitif pour 1789. — M. de Ghabenat. 65 feux. Blés et bestiaux. 12 1. 6 s. par feu pour le principal. Taillables : 20 laboureurs dont 1 de 40 à 50 1., 4 de 30 à 40 1., 8 de 20 à 30 1., 1 de 52 1., 6 de 10 à 20 1. et 45 manoeuvres dont 2 de 10 à 20 1., 43 au-dessous de 10 1. Passable récolte (G. 1109).

Impositions pour 1789. — Taille, 800 1. ; access., 432 1. ; capital, 445 1. ; au total : 1.677 1. Vingtièmes, 1.067 1. 18 s. 9 d. (G. 1109 et 1170).

Privilégiés. — 3 ecclésiastiques, 14 laïcs. Supp. desd. privilégiés : 182 1. 17 s. (L. 2083).

Biens ecclésiastiques en 1790. — 1° La cure : maison curiale et autres bâtiments en dépendant [non estimés], 3 boisselées de jardin ; 3 1., 72 boisselées de terre : 36 1., 3 arpents de pré : 24 1., grosses et menues dîmes : 600 1., fondation attachée à ladite cure, une locature : 40 1., 37 boisselées de terre : 18 L, 1/4 arpent de pré : 4 1., 1/4 arpent de vigne : 3 L, rentes : 151.; total : 743 1.; 2° la vicairie de Tous-les-Saints : 72 1. ; 3° le chap. Notre-Dame-de-Sales : 212 1. ; 5° chap. Saint-Ursin : 6 1. ; 6° abb. de Saint-Laurent : 60 1. ; 7° chap. Saint-Étienne de Bourges : 40 1. ; 8° la cure d'Osmoy : 401. ; 9° l'Hôtel- Dieu de Bourges : 2101.; 10° l'abb. de Saint-Ambroix : 1001. (G. 583bi8).

Cure. — Revenu en 1791 : 634 1. 10 s. ; dépense : 3 1. (L. 75, f° 39). Patron en 1772 : le chapitre Saint-Étienne.

Sources a consulter. — La Thaumassière, III, p. 192 ; Feémont, II, 213.

2° PROCÈS-VERBAL D'ASSEMBLÉE (Ms. origin. signé. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)

Assemblée électorale, le 1er mars, « sur la place ordinaire aux assemblées », sous la présidence de Jean-François Mercier, curé de la paroisse, à défaut d'officier public.

Population, — 60 feux.

Comparants. — Etienne Brun, syndic, Jean Millet, Louis Naudin, Etienne Lenoir, Pierre Brunet, Claude Naudin, la veuve Dordonnat,

Henri Dubois, Jean Jean, Marc Thébault, François Grangier, Jean Boue, Marc Foucher, Jean Piedfranc, Silvain Laudat, Antoine Laudat, Jean Bruneau, laboureurs; Michel Laudat, Vincent Bruneau, Jean Chouard, Henri Moulon, Antoine Rollet, Jean Bouchaud, Pierre Maillet, Esme Soucier, Claude Rouzeau, Gervais Janneton, Jean Lanoue, Louis Margot, Hugues Biron, Etienne Duperon, Pierre Danchau, Pierre Fougère, Claude Cury, JeanMorin, Gervais Bloyer, Claude Simonnet, Jean André, François Dubois, Charles Cartier, Georges Chagnault, Germain Galois, Joseph Pasquet, Vincent Rimbault, Gabriel Luteau, Silvain Pennetier, Jean Fèvre, François Mallet, Jean Rimbault, Jean Debret, Jean Villebarre, Jean Luquetr Biaise Larjault, André Jacquelin, Vincent Thébault, Antoine Bardin, Mathurin Gérigny, Charles Labarre, Michel Prault, manœuvres.

Députés. — Etienne Brun, syndic, et Claude Naudin, laboureur. 5 signatures, y compris celle du Président.

(Ms. origin. signé. Paraphe de Mercier, curé de la paroisse. Arch, du Cher, titres incend., 1. 37.

Première doléance. — Depuis très longtemps nous voyons avec peine et chagrin que, comparativement avec plusieurs paroisses qui nous avoisinent d'un même sol, d'une même étendue, d'un même nombre d'habitants et d'une même production1, nous sommes de beaucoup sur-

1. Voici l'état du terrain de la paroisse de Savigny en 1775 :

NATURE

DES BIENS

LEUR PRIX COMMUN résultant de leur qualité

bon médiocre mauvais

GRAINS

ET AUTRES DENRÉES

leur mesure

leur prix commun

Boisselée de Blé froment boisseau 25 1. 25

terre la- Méteil » 20 1. 20

bourable.. 15 s. 8 s. 4 s. Seigle » 18 1. 15

Arpent de Orge » 16 1. 12

pré 30 1. 20 1. 10 1. Avoine » 15 1. 8

Arpent de vigne

Arpent de bois

«...Le terrain est généralement maigre; les terres peuvent rapporter, année commune, trois boisseaux la boisselée. Les bois sont d'une assez bonne qualité. Les habitants ne font aucun commerce ; ils travaillent aux bois, il n'y a point de marché, ils vont à celui de Bourges qui en est éloigné de trois lieues. » (C. 274, Rôle des vingtièmes, 1775.)

Blé froment

boisseau

Méteil

Seigle

Orge

Avoine

SAVIG \ Y-KX-SKPTAINE 330

chargés dans l'imposition de la taille. Sans vouloir approfondir les raisons d'une pareille injustice, on peut croire que l'influence des seigneurs et des propriétaires riches et en crédit en font la principale cause. Cette inégalité est d'autant plus odieuse que l'imposition de la taille étant la base sur laquelle sont établies toutes les autres impositions, il s'ensuit nécessairement que dans toutes les charges publiques nous supportons un fardeau des plus onéreux.

Seconde doléance. — Flattés de l'espérance que notre bienfaisant monarque nous a donnée de voir abolir l'impôt désastreux du sel, nous attendons avec la plus vive impatience qu'elle se réalise. Combien en effet de peine n'ont pas les malheureux à se pourvoir d'une denrée qu'on peut mettre au nombre de celles de première nécessité ! Combien de veuves et de pauvres manœuvres qui, faute de sel, ne peuvent se procurer l'aliment commun et le seul qui soutienne les forces de l'ouvrier! Cet impôt est si odieux qu'il n'est pas permis de se donner ce besoin à meilleur compte que dans les greniers du royaume sans offenser son Dieu et son Roi. Combien d'avantages au contraire ne tirerait-on pas de la modicité du prix du sel ! Les fourrages, qui dans la plus grande partie du Berry sont de mauvaise qualité, assaisonnés par le sel deviendraient plus succulents. Quelle plus grande quantité de bestiaux n'éléverait-on pas? De là plus d'engrais, de là des récoltes plus abondantes.

Troisième doléance. — Quoique le nouveau système de se rédimer des corvées par argent1 soit beaucoup moins onéreux aux habitants de la campagne, nous n'en retirons cependant à beaucoup près tout l'avantage qu'on nous promettait. Nous contribuons à la confection et à l'entretien des grandes routes sur lesquelles nous ne passons jamais, tandis que les chemins qui conduisent à la capitale, qui est la seule avec laquelle nous ayons commerce et la seule à laquelle nous portions nos denrées, sont absolument

1. Ce système était en usage depuis 1781. Voy. à ce sujet l'Arrêt du Conseil, du 13 avril 1781 rendu à la demande de l'Assemblée provinciale et prescrivant que les travaux des grandes routes qui s'exécutaient ci-devant dans la généralité du Berry par corvée le seront à l'avenir à prix d'argent. (Procèsverb. des séances de l'Assembl. procinc. du Berri. t. I, 2e édit. p. 333).

impraticables. Plusieurs laboureurs, après de grosses contributions, ont le chagrin de voir que des héritages qu'ils ont cultivés et ensemencés à grands frais sont dévastés parles voitures qui, pour éviter les difficultés insurmontables du chemin, sont obligées de s'en frayer d'autres dans les terres, ce qui cause un dommage au cultivateur. Il serait donc de la plus grande importance que les chemins fussent entretenus et qu'il fût ouvert de[s] chemins de communication de paroisse à paroisse1.

Quatrième doléance. — La multiplicité des louées et la variété des jours auxquels elles sont établies causent un dommage des plus considérable aux cultivateurs. Tel laboureur qui dans une louée s'est pourvu de domestiques nécessaires à son exploitation s'en voit privé deux jours après parce que leur inconstance les conduit à d'autres louées. De là, vient l'insolence des domestiques, de là, aussi un prix excessif des gages qu'on est obligé de leur donner, ce qui est souvent la ruine des cultivateurs. Il serait donc de la plus grande nécessité de supprimer la plus grande partie de ces louées et de les réduire à deux et fixer le même jour pour toute la province, celle d'été pour les travaux des moissons et celle d'hiver pour les travaux de l'agriculture et des granges. Il serait aussi nécessaire pour fixer l'inconstance des domestiques d'établir une loi par laquelle un domestique ne pourrait quitter son maître sans l'avertir un mois d'avance, faute de quoi on le poursuivrait en justice et on obtiendrait prise de corps contre lui.

Cinquième doléance. — Quoique la disette des bois soit un mal commun et général, qui s'en ressent cependant plus vivement que les habitants de la campagne, qui n'ont d'autre moyen de s'en procurer non seulement pour l'usage commun mais encore pour les instruments nécessaires à leur exploitation que de les acheter sur pied? On peut fixer l'époque de l'augmentation graduelle de cette marchandise au temps que les seigneurs et les propriétaires des bois ont cessé de les détailler eux-mêmes ; il s'est donc élevé

1. Ces chemins avaient été commencés depuis quelques années dans plusieurs parties du Berry. (Procès-uerb. des séances de l'Assembl. provinc. 1786, p. 218.)

Page 1