‹ Département du Cher. Cahiers de doléances du bailliage de Bourges et des bailliages secondaires de Vierzon et d'Henrichemont pour les Etats généraux de 1789Chapitre 118 sur 253 · C'est-à-dire se louer · texte numérisé non relu

C'est-à-dire se louer

.SENNEÇA1 347

le prix fou des affourés 1 (sic), des journaliers qui forcent les maîtres de les nourrir à leur gré, en les menaçant de les abandonner au milieu de leurs plus grands besoins ; aussi, est-il prouvé que les frais de récolte en absorbent un cinquième. Ne serait-il pas plus naturel de fixer les louées de la Toussaint à la Toussaint ; dans ce cas, les récoltes se feraient dans les époques de ces deux termes.

IV. — La société taisible est celle qui se contracte par le consentement tacite des parties et qui se présume par la demeure et dépense commune et par la confusion et mélange des biens. Elle a lieu entre les frères et sœurs après le décès de leurs père et mère, ou lorsqu'ils sont émancipés et demeurent séparément de leurs dits père et mère, étant personnes de leurs droits. Elle a encore lieu entre l'oncle et le neveu, les cousins germains et autres parents plus éloignés. Entre personnes tout à fait étrangères, cette société taisible comprend tous les meubles et les acquêts faits pendant sa durée. Rien de plus pernicieux à l'état-civil que cette société qui s'acquiert au bout d'un an de cohabitation. Par la division de cette communauté chaque individu devient plus isolé et plus à plaindre que s'il n'avait eu cette perspective ; il tombe dans un état de nonchalance et quelquefois de débauche qui cause la ruine de toutes les parties séparées. Tous, tant que nous sommes, gens de campagne nous crions contre cet abus et nous nous livrons tous les jours à ses suites. Un simple valet dénué de toute épouse, une fille de maison habite pendant an et jour avec ses associés; cet intrus indocile, disputeur, d'une humeur insociable, demande partage ; souvent on l'a associé sans formalités qui grossissent ses droits, et pour (y) parvenir à ce partage il use des voies de droit qui en finissant les disputes finissent les prétentions. S'il arrive qu'un associé quitte la communauté sans inquiéter ses associés par un inventaire et par un partage, il s'établit ailleurs. S'il meurt, il laisse des enfants en bas âge avec lesquels on ne peut contracter à cause de leur minorité et plus la chose est négligée, plus [elle] emporte de suite par les intérêts.

Page 1