‹ Département du Cher. Cahiers de doléances du bailliage de Bourges et des bailliages secondaires de Vierzon et d'Henrichemont pour les Etats généraux de 1789Chapitre 119 sur 253 · Affouré, moissonneur que l'on nourrit (Jaubert · texte numérisé non relu

Affouré, moissonneur que l'on nourrit (Jaubert

L'Administration provinciale du Berry a pris encore note de cet article vicieux de notre coutume en son dernier procès-verbal d'assemblée \ Nous désirons autant que nous l'espérons que les États généraux du royaume nous délivrent de ces entraves. Cet article sera mieux détaillé par les gens de l'art.

V. — Nos fardeaux augmentent autant que nos réflexions et il s'en présente un qui ne le cède guère à celui des impôts. Les presbytères sont à la charge des communes. Il est juste que les pasteurs soient logés, nous leur sommes trop redevables pour ne pas désirer qu'on leur procure un logement honnête qui adoucisse l'ennui de leur solitude pendant le cours souvent d'une longue vie. Il semble qu'à jeter les yeux sur tous les ressorts qui doivent naturellement mettre en mouvement chaque ordre civil, l'Eglise devrait faire l'Eglise, et les pasteurs devraient être tenus des grosses et menues réparations de leurs habitations, après toutefois leur (sic) avoir remises en bon et suffisant état.

Leur revenu actuel ne suffirait pas pour cette charge ; qui serait assez injuste pour le nier? Certains fonds de l'Eglise ne pourraient-ils pas servir au soulagement des communes à cet égard?

Oui, nous le disons avec une espèce d'émotion, une commune n'est jamais dix ou douze ans sans supporter une adjudication qui augmente les dépenses par toutes

1. Procès-verbaux t. II, p. 128. Les inconvénients des communautés

taisibles sont exposés tout au long dans cet ouvrage. Il sera peut-être intéressant de faire remarquer ici que ces communautés, malgré les abus qu'elles entraînaient, avaient marqué à un moment donné un progrès sur un état antérieur. D'après l'ancien droit, en effet, le serf ne pouvait disposer librement de ses biens et, en particulier, il ne lui était possible de les transmettre à ses enfants que si ceux-ci vivaient avec lui au jour de son décès. Ainsi était née la communauté taisible formée d'abord entre parents et enfants, puis entre frères et sœurs, puis entre étrangers. Née en Berry avant le xme siècle, elle fut plus tard supprimée par l'ancienne coutume de Bourges. Mais on ne pouvait aller tout d'un coup contre des usages séculaires ; aussi, dut-on ensuite la rétablir en la réglementant. Voy. à ce sujet : Louis des Méloizes, Le servage en Berry, Bourges, imp. Tardy- Pigelet, 1907, p. 60, et H. Mallard, Étude sur le droit des gens mariés d'après les coutumes de Berry, Saint-Amand, Pivoteau, 1905, p. 90. La communauté taisible subsista en Berry même après la Révolution. L'abbé Caillaud dans ses Notices sur quelques confesseurs de la foi... p. 196, nous apprend, en effet, qu'en 1822 dans le Cher vivaient sous le même toit sept ménages issus de la même souche.

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les formalités ' où il faut passer pour parvenir à une adjudication : requête présentée, ordonnance rendue, acte d'assemblée par devant notaire, nouvelle ordonnance rendue, visite d'architecte mal faite, adjudication mal remplie, réception légèrement faite pour ne pas ruiner un adjudicataire et on ruinera une paroisse qui sera obligée de faire dix ou douze ans après les mêmes réparations. Tous ces contretemps sont souvent des pierres d'achoppement qui mettent entre les brebis et le pasteur des nuages au milieu d'un beau ciel qui aurait toujours toujours été serein sans cette circonstance.

Nous ne parlons pas des temples, corps vastes et antiques, qui ruineraient la fortune la mieux établie d'un particulier. C'est le lieu commun où se rassemblent les brebis pour rendre leurs vœux et leurs hommages au Très Haut ; il semble que ces édifices doivent être à la charge des communes, à moins qu'on [n']avise sur les moyens de les en décharger.

VI. — Finissons d'élever notre voix sur un autre fléau d'autant plus irrémédiable qu'il est à l'avantage des riches. Les fermiers prennent les baux au prix que leur font les propriétaires. Quelle est la partie souffrante de cet enchérissement ? Le colon. Le fermier lui fait valoir son bail excessif, l'intérêt qu'il doit retirer de son argent, les fruits de son industrie et la scène finit en disant : « Si tu n'en veux pas, ce sera pour un autre. » Il est bien forcé de prendre quand on ne sait où aller et qu'il faut élever une nombreuse famille. Ces messieurs ne se bornent pas au seul manoir qu'il viennent d'affermer ; ils furètent dans le voisinage tous les objets qui pourraient servir de contrepoids à renchérissement de leurs denrées ; ils en prennent les baux et, par ce moyen, ils rançonnent tous ceux qui sont forcés de s'adresser à eux. Nous le disons avec une espèce de défiance, les États généraux auront peine à trouver un tempérament pour nous garantir de cette calamité. De quelque manière qu'on s'y prenne dans l'établis—

1. Sur les formalités qu'il fallait remplir pour obtenir la réparation d'une église ou d'un presbytère, voy. l'arrêt du Conseil d'État du o juin 1785 (Procês-cerb. des séances de l'Assembl. provinc. du Berri 1786, p. xxv).

sèment des impôts, ils tomberont toujours sur la partie souffrante de l'Etat, le propriétaire grèvera le fermier, le fermier le colon et celui-ci sera toujours la victime de la plus affreuse indigence malgré les pieuses intentions du monarque qui voudrait nous soulager. On voit des fermiers de bonne foi qui disent hautement qu'ils sont obligés de ruiner le paysan.

VII. — Les villes jouissent de tout le fruit des établissements fondés par la bienfaisance des rois et des particuliers; les hôpitaux, les Hôtels-Dieu, les magasins royaux sont presque fermés aux pauvres campagnards. Accablés sous le poids des années, écrasés par des maladies causées par des travaux de toute la vie, les places sont toujours remplies quand il est question de procurer à ces infortunés un faible secours pour finir leurs jours ou pour trouver un remède à leurs maux. On dirait que l'homme de campagne et de ville seraient d'une espèce différente. Nous convenons que messieurs les administrateurs ont la meilleure intention possible et qu'il en coûte à leur cœur de ne pouvoir faire tout le bien qu'ils voudraient, mais, comme les habitants de la cité sont sous leurs yeux et qu'ils les écrasent par leurs importunités, ils cèdent aux instances. Les places se remplissent souvent de gens qui auraient pu se procurer un meilleur sort par une meilleure conduite, alors que le pauvre villageois n'a péri que par des accidents et par des travaux forcés.

Et, comme c'est une fatalité attachée aux charges publiques de ne pouvoir contenter tout le monde, monsieur le Directeur des grains royaux — et tous ceux qui lui succéderont dans ce noble, ennuyeux et stérile emploi — se trouve obsédé par les sollicitations des riches, des grands qui lui arrachent malgré lui une quantité de grains pour leurs colons afin de vendre les leurs surtout lorsqu'ils sont chers, pour les vendre dans les temps où le prix en sera tombé. Quand le laboureur ou le manœuvre se présente pour semer leurs champs, tout prêts à recevoir la dernière main, les greniers sont vides ou la quantité qu'on leur donne suffit à peine pour le quart de son exploitation et les faux frais qu'il est obligé de faire pour cette petite

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quantité lui rend la grâce onéreuse. A Dieu ne plaise que nous condamnions la conduite de ces respectables directeurs puisque nous plaignons leur emploi ; nous connaissons leur bonne volonté et nous avons été témoins des actes de mécontentement qu'ils ont fait paraître aux importunités des riches qui seuls devraient sentir leur tort.

[VIII]. — Oserions-nous toucher l'article des impôts? Nous en connaissons la nécessité pour le gouvernement de l'État ; un père de famille peut-il soutenir cette grosse famille sans secours ; il serait ridicule de soutenir un pareil paradoxe, mais ne pourrait-on pas adoucir ces impôts en simplifiant leur perception, car la manière de les percevoir excède souvent le capital de l'impôt ; l'arbitraire qui règne dans cette partie embrouille si fort la matière que l'accessoire emporte le principal et cet accessoire suppléerait à la réduction et même a l'extinction de bien des subsides.

Points de suspension dans l'original.

Il résulte de tous ces articles que, si les Etats généraux ne se montrent pas favorables à la partie souffrante du royaume, il faut que l'exploitation tombe absolument ; on ne cesse de reconnaître cette vérité et cependant les moyens pour la soutenir sont toujours lents et insuffisants.

Il est constamment vrai que si le blé venait à vingt-cinq sols le boisseau il n'y aurait pas dans la meilleure paroisse du Berry trois laboureurs qui puissent tenir. Si la culture tombe, que deviendra donc l'État ? Sont-ce les arts, les académies, les dignités qui font venir le pain ? Non, c'est la charrue et sans elle les philosophes modernes verraient

1 bientôt que le monde n'est pas éternel. Prenons courage, mes chers confrères, dans ces jours où l'on se propose de lier ensemble tous les ressorts du gouvernement, d'en approcher tous les rapports, d'en tirer tous les avantages. Pourrait-on regarder comme étrangers ou indifférents à la révolution future des hommes qui sont l'âme de toutes les parties de l'État, des hommes dont les intérêts sont ceux de la patrie. Qu'il leur soit permis de réclamer au pied du trône leur native COnsidé-

ration, de demander aux Etats généraux des protecteurs, d'aspirer au rétablissement des fonctions qui ne déshonoreraient pas des consuls et des dictateurs romains et que dans un gouvernement le plus sage de la terre il n'y ait rien d'abandonné à l'arbitraire, à la fortune et au crédit. Rappelons à notre patrie les marques de distinction que l'on accorde au laboureur dans les pays lointains, comme à la Chine où l'empereur fait tous les ans la cérémonie d'ouvrir la terre. De plus, ce prince, informé chaque année du laboureur qui s'est le plus distingué dans sa profession, (il) le fait mandarin du huitième ordre. Chez les anciens Perses, le huitième jour du mois nommé chorremcuz ', les rois quittaient leur faste pour manger avec les laboureurs (Montesquieu, tome III, page 45.)

Alors, nous osons l'espérer, ce nom de paysans, prononcé avec tant de mépris par des gens ignares et encore plus méprisables, deviendra cher à la nation par l'importance de ses services, par l'antiquité de son origine, par les marques de distinction dont il devrait jouir, par l'aisance que l'on va nous procurer qui nous fera sortir de la profonde léthargie où nous sommes ensevelis depuis tant d'années.

Bissoudre, Lancement, Philippe Brossard.

SEVRY

Identification. — Cher, arr. Sancerre, con Sancergues. Général, de Bourges, élect. de La Charité, grenier à sel de Villequiers.

Population. — En fructidor an II : 206 habitants (L. 457) ; aujourd'hui : 179. Mouvement en 1788: N. 9, M. 3, D. 2 (G. 163).

Plumitif pour 1789. — M. Desfontaines. 24 feux. Les terres y sont toutes à froment et très bonnes, la nourriture y est excellente pour les moutons et pour les chevaux, y ayant assez de foins. Le commerce des laboureurs n'est qu'en blés et les manœuvres travaillent pour lesdits laboureurs en paiement des terres qu'ils leur emblavent. 25 1. 14 s. 2 d. par feu pour le principal. Taillables : 5 iabou-

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reurs de 67 1. 4 s. à 72 1. 2 s., et 19 manœuvres dont 1 de 54 I. 3 s., 12 de 10 1. 7 s. à 17 1. 9 s., et 6 au-dessous de 10 1. Froments, méteils et orges bons; les avoines belles, les foins bons, chènevières année commune, abondance de fruits, point de glands (G. 1109).

Impositions pour 1789. — Taille, 630 1. ; access., 338 1. ; capitat., 351 1.; au total: 1.319 1. Vingtièmes, 105 1. 3 s. 3 d. (G. 1109 et 1170).

Privilégiés. — 1 ecclésiastique, 5 laïcs. Supp. desd. privilégiés : 1101. 17 s. (L. 2083).

Biens ecclésiastiques en 1790. — La cure : maison curiale (non estimée), 2 boisselées de jardin : 2 1., 27 boisselées de terre : 27 1., 32 boisselées de pré : 90 1. , dîmes anciennes sur 500 boisselées de terre : 120 L, dîmes novales sur 209 boisselées : 72 1. ; supplément de portion congrue : 150 1. Nota : le curé a abandonné les objets ci-dessus le 16 février 1787 pour la portion congrue de 700 1. (Gp. 2675).

Cure. — En 1791 : revenu inférieure 1.200 1. Patron en 1772 : le prieur de Berry.

Sources a consulter. — Bailliage de Sevry. B. 3550 ; Frémont, II, 399.

(Ms. origin. signé. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)

Assemblée électorale, le 1er mars, au presbytère du lieu, sous la présidence de Lazare-François Devoucoux, procureur fiscal du bailliage de Sevry.

Population. — 23 feux.

Comparants. — Pierre Potier, fermier, François Nault, laboureur, Charles Foucher, Jean Planchon, Pierre Beaufrère Pierre Gangneux, Louis Beaufrère, Etienne Gitton, Etienne Boue, Jacques Ravot, manœuvres ; Martin Pissonnat, Louis Courtin, Jean Ardonseau, François Belleville, manœuvre, Claude Roux, Pierre Taillandier, Charles Boue, syndic, manœuvres ; François Roux, François Potier, laboureurs.

Députés. — Pierre Potier et Louis Beaufrère.

4 signatures, y compris celle du Président.

(Ms. original signé. Paraphe de Devoucoux. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37. A rapprocher des cahiers de Laverdines et de Marcilly.)

Cahier de plaintes et de doléances des habitants de la paroisse de Sevry, fourni en conséquence des ordres de

Sa Majeèté et de l'ordre de M. le lieutenant général de Bourges à l'occasion de la convocation et tenue des États généraux du royaume, ainsi qu'il suit.

Art. 1er. — Que la justice soit rendue le plus brièvement possible et avec toute la décence qu'elle exige, que les seigneurs aient des officiers payés pour juger les affaires sommaires jusqu'à cinquante livres seulement, que les frais de tutelle, curatelle et inventaire soient faits gratis.

Art. 2. — Qu'il soit permis à tout censitaire de racheter et rembourser les seigneurs des cens et bordelages anéantis, sauf le denier de cens conservé sur chaque propriété pour marque de seigneurie.

Art. 3. — Que les jurés-priseurs, vendeurs des biens meubles, soient supprimés comme charge à l'État.

Art. 4. — Que les impôts généralement quelconques, comme aides, gabelles, soient anéantis et, pour en tenir lieu, l'impôt territorial mis sur toutes les propriétés l tant des ecclésiastiques, nobles que roturiers.

Art. 5. — Louées. Art 14 du cahier de Laverdines, ci-dessus, p. 169.

Art. 6. — Coutumes, poids et mesures. Art. 3 du cahier de Marcilly, ci-dessus, p. 189.

Art. 7. — Que les curés soient réduits pour ceux qui n'ont vicaire à douze cents livres et avec vicaire à dix-huit cent livres, le surplus de leur revenu appartenir à Sa Majesté, et tout casuel gratis.

v Art. 8. — Que toutes les communautés de moines de campagne soient supprimées, réunies aux communautés

1. La paroisse de Sevry était plutôt riche que pauvre. Voici, en effet, ce qu'on trouve à son sujet dans le rôle des vingtièmes de 1778 :

« La circonférence de son terrain est d'environ deux lieux et demie ; les terres y sont bonnes et toutes de la même qualité. Les prés y sont de bonne

et de médiocre qualité Cette paroisse se divise en 4 cantons

qui contiennent ensemble 5.636 boisselées de terres labourables, mesure de La Charité, le boisseau pesant 30 livres, 40 boisselées de chènevière, 170 boisselées de pré produisant 88 charrois de foin, 6 boisselées de pùtureau, environ 100 arpents d'usages et 80 arpents de bois, 8 journées de vigne.... » (C. 275).

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des villes, pour du revenu des campagnes en appartenir les deux tiers à Sa Majesté.

Art. 9. — Que sur le revenu de MM. les abbés commendataires il en soit pris pour Sa Majesté les deux tiers, le surplus leur appartenir.

Art. 10. — Que les Chartreux soient supprimés, sécularisés et de leur revenu en appartenir les deux tiers à Sa Majesté.

Art. 11. — Que l'abus de la levée des impôts en établissant des garnisaires soit supprimé comme des fléaux au peuple.

D'ailleurs, sur le tout et ce qui est omis, la paroisse de Sevry s'en rapporte à la prudence de messieurs composant les États.

Fait et arrêté par la communauté de Sevry, ce premier mars mil sept cent quatre-vingt-neuf.

Potier, père, Potier, fils, Bouet, syndic.

SOULANGIS

Identification. — Cher, arr. Bourges, con Les Aix-d'Angillon. Général., élect. et grenier à sel de Bourges.

Population. — En 1793 : 572 habitants (L. 175) ; aujourd'hui : 533.

Plumitif pour 1789. — M. de Beaujeu. 102 feux. Blés et bestiaux.

7 1. 16 s. par feu pour le principal. Taillables : 13 laboureurs dont

8 de 20 à 30 L, 5 de 10 à 20 1. et 89 manœuvres dont 3 de 10 à 20 L, 86 au-dessous de 10 1. Gomme dans le général de l'élection. Les vignes en blanc ont coulé (G. 1109).

Impositions pour 1789. — Taille, 800 1. ; access., 432 1. ; capitat., 145 1. ; au total : 1.677 1. Vingtièmes, 903 1. (G. 1109 et 1170).

Privilégiés. — 4 ecclésiastiques, 13 laïcs. Supp. desd. privilégiés : 163 1. 17 s. (L. 2083).

Biens ecclésiastiques en 1790. — 1° La cure : maison curiale, cour et jardin contenant 1/2 arpent, 18 arpents de terre, 2 arpents de pré, dîmes novales rapportant, année commune, 30 à 35 boisseaux, rentes sur l'abbé de Saint-Ambroix, 267 boisseaux de froment, 267 boisseaux de marsèche et 438 boisseaux d'avoine, mesure de Bourges, le tout évalué 1.300 1. ; 2° chapitre Saint-Ursin : 10 1. ; 3° cure de Sainte-Solange : 3 1. ; 4° chapitre Saint-Étienne de Bourges : 48 1. ; 5° chapitre du Château : 530 1. ; 6° abb. de Saint- Ambroix : 4.000 1., charges: réparation du chœur et du cancel, fourniture de ce qui est nécessaire au service divin et payer au curé de Soulangis 267 boisseaux de froment, 267 de marsèche et 438 d'avoine, mesure de Bourges: 887 1. (C. 583bis).

Cure. — Revenu en 1791, déduction faite de la dépense : 1.154 1. 15 s. (L. 75, f° 43). Patron en 1772 : l'abbaye de Saint-Ambroix.

Sources a consulter. — Frémont, II, 200.

(Ms. origin. signé. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)

Assemblée électorale, le 1er mars, au lieu ordinaire des assemblées, sous la présidence de Lazare-Charles-Philippe Delafosse, chanoine régulier de la congrégation de France, prieur-curé de la paroisse de Saint-Martin de Soulangis, à défaut de juge et d'officier public.

Comparants. — Roch Maillet, syndic, Charles Barthélemi, fabricien, Jean Corniol, laboureur, Laurent Brocadet, laboureur, François Pérot, vigneron, Louis Joblin, laboureur, Jean Clavier, manœuvre, Etienne Brocadet, laboureur, Jacques Ragotin, laboureur, François Belleville, laboureur, François Laneuil, laboureur, Michel Brocadet, laboureur, Jean Brocadet, manœuvre, Pierre Lechêne, manœuvre, Jean Lechêne, manœuvre, Etienne Belleville, manœuvre, Jean Foucherat, manœuvre, Jean Boin, laboureur, Jean Belleville, laboureur, Philippe Millet, manœuvre, Jean Somard, manœuvre, Severin Denis, manœuvre, Jean Caillet, manœuvre, Gabriel Remanjon, manœuvre, Jean Pinson, manœuvre, François Dumas, manœuvre, Etienne Faucard, manœuvre, François Henrié, Jean Sade, Pierre Rouzeau, Charles Bailly, Romble Blin, Guillaume Paulin, Pierre Lelarge, Joseph Lanout, manœuvres, Jean Brocadet, laboureur, Barthélémy Ardonceau, manœuvre, François Perot, manœuvre, Jean Collas, bourgeois, François Clavier, marchand-fermier, et autres composant la plus grande partie de la paroisse.

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Députés. — Roch Maillot, syndic de la paroisse, et François Clavier, marchand-fermier.

12 signatures, y compris celle du Président.

(Ms. original signé. Paraphe de Delafosse, curé de l'endroit. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)

Cahier des doléances, plaintes et remontrances des habitants de la paroisse de Saint-Martin de Soulangis, diocèse de Bourges.

Pénétrés de respect, d'amour et de reconnaissance pour Sa Majesté, uniquement pour se conformer à ses ordres ou plutôt pour remplir ses vues vraiment paternelles, pleins de confiance en sa protection royale, ses très soumis et très fidèles sujets, les habitants de la paroisse de Saint-Martin de Soulangis, diocèse de Bourges, osent présenter leurs doléances et remontrer humblement que depuis longtemps ils gémissent sous le poids des impôts dont ils sont, surchargés.

Pour s'en convaincre, il suffit de jeter les yeux et sur les sommes auxquelles ils sont imposés et sur les moyens qu'ils ont d'y subvenir. Quelles sont les sommes auxquelles ils sont imposés ?

1° La taille et capitation 1 .692 livres.

2° Le rôle des corvées 300 livres.

3° Le rôle des dixièmes 903 livres.

Total 2.895 livres.

Voilà l'imposition annuelle que sont obligés d'acquitter les habitants de Soulangis.

Quels sont actuellement leurs moyens pour fournir une aussi forte contribution ? Ces moyens ne peuvent se tirer que du nombre des habitants, des ressources que peut leur procurer la situation du lieu qu'ils occupent, de l'étendue de leur paroisse, de la qualité du sol qu'ils cultivent, de la nature et de la quantité de ses productions.

Il y a des paroisses riches par le nombre des habitants dont l'industrie se trouve encouragée, favorisée par leur position, le voisinage d'une rivière, d'une grande voie,

leur facilite l'exportation, la vente prompte de leurs denrées, des fruits de leurs travaux ; le numéraire circule, se renouvelle, se multiplie sans cesse. D'autres trouvent leurs richesses dans leur étendue ; un terrain immense leur fournit mille objets de culture, d'amélioration, de profits de toute espèce. En le supposant même couvert de bois, de bruyères, le journalier trouve à s'employer dans la saison la plus ingrate, il est assuré du salaire de chaque journée et le grand nombre de bestiaux qu'on peut y entrenir devient un objet de commerce considérable et lucratif pour le plus simple particulier. Souvent une moindre étendue mais dont le sol fertile n'a pour ainsi dire besoin ni d'engrais ni de culture offre à d'autres presque gratuitement et dans la plus grande abondance les plus précieuses productions de la nature ; de là naît l'aisance dont jouissent les habitants de ces heureuses contrées, de là le superflu dont ils peuvent acquitter sans se gêner des charges même considérables.

Mais aucun de ces avantages n'existe pour les malheureux suppliants ; ce n'est souvent qu'en retranchant de leur plus absolu nécessaire qu'ils parviennent à payer les taxes auxquelles ils sont imposés. Quatre-vingt-douze feux composent toute leur paroisse qui n'a pas plus de deux lieues de circonférence ; sept cents personnes de tout sexe, de tout âge : voilà à peu près le nombre de ses habitants qui sont tous absolument attachés à la glèbe. Situés à sept lieues de distance de la rivière, éloignés des grandes routes et de la ville de plus de trois lieues, ne pouvant avoir de communications que par des chemins impraticables, rien ne peut exciter leur industrie, ils ne peuvent former aucune entreprise lucrative ; il n'y a chez eux nul objet de commerce, nulle exportation, nulle importation. Privés, par la disette des fourrages, des avantages que procure l'entretien des bestiaux, leur unique soin est de tirer le meilleur parti possible du sol qui les a vus naître. Et quel sol ! un terrain pierreux, stérile, incapable même de produire sans culture l'herbe la plus vaine. Seize laboureurs, s'il est permis de nommer ainsi huit ou neuf d'entre eux qui n'ont pour tout attelage que deux faibles chevaux, retournent toute Tannée avec peine et arrosent

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de leur sueur une terre ingrate à laquelle ils ne peuvent même donner les engrais nécessaires et dont le produit annuel odinaire est tout au plus du trois pour un.

C'est, cependant, sur ce faible et unique produit dont une partie doit encore nécessairement retourner à la terre que le cultivateur est obligé d'acquitter toutes ses redevances, de s'entretenir, de nourrir sa famille. Mais encore comment soldera-t-il ces redevances et fournira-t-il à cet entretien, si ces récoltes sont moins abondantes, s'il est frustré dans ses espérances, si un incendie, une rivière lui enlève le fruit de ses travaux ? Dira-t-on qu'il lui sera fait une remise ? Ah ! quelle remise ! Oui, les suppliants n'en doutent point, c'est sûrement l'intention de Sa Majesté, mais a-t-elle jamais été remplie ! Dans l'espace des neuf dernières années qui se sont écoulées, leur paroisse a été frappée trois fois d'une grêle assez forte pour leur faire perdre la moitié de leurs récoltes et il ne leur a été accordé en totalité qu'une remise de quatre-vingt livres. Quel dédommagement, surtout lorsqu'en n'éprouvant aucun revers le cultivateur est déjà accablé par l'imposition ! Mais si la condition du laboureur est si douloureuse, si elle est capable d'exciter la sensibilité du souverain, qu'elle est bien plus pénible, plus affligeante encore, qu'elle mérite bien davantage les regards d'un roi qui veut absolument connaître la misère de son peuple pour y remédier, celle du manœuvre pour qui chaque jour de pluie est un jour de disette, qui, courbé vers la terre depuis le lever jusqu'au coucher du soleil, ne peut arracher de son sein que le morceau de pain noir qui le soutient jusqu'au lendemain où il est obligé de recommencer son pénible travail s'il veut obtenir le même salaire. Qu'on lui suppose une nombreuse famille dans l'enfance, quels sont les moyens pour l'élever? Que la maladie l'étende sur la paille (car c'est le seul lit qui lui est réservé), quel secours peut-il attendre? Que la vieillesse engourdisse ses bras, quel est son appui ? Hélas ! il n'a d'autre ressource que de se traîner d'un pas chancelant de porte .en -porte, de tendre ses mains endurcies par le travail pour recevoir de l'indigence même le faible soutien d'une vie languissante qui n'est plus pour lui qu'un pénible fardeau.

Tel est cependant le sort du plus grand nombre des suppliants. Ils cultivent journellement les vignes qui couvrent une partie du territoire de Soulangis. Les uns travaillent à prix d'argent et n'ont sur la terre pour tout bien que le faible prix de leur journée ; sur cette somme médiocre ils doivent d'abord prélever leurs impositions, le loyer de leur maison. Que leur reste-t-il pour subvenir à leur entretien, pour se procurer à haut prix leur chauffage qu'ils tirent de près de deux lieues, pour payer le sel, cet autre genre d'imposition si cruelle, le sel si nécessaire surtout à la campagne, qu'ils sont obligés d'aller chercher à jour fixe à trois lieues de leur résidence, le sel qu'ils achètent si exorbitamment cher tandis que la nature semble l'offrir presque gratuitement. Les autres tiennent des vignes en propriété ou à loyer et travaillent pour leur compte. Ceux-ci sont souvent plus malheureux encore que les premiers. Une disette leur enlève tout le fruit de leur travail, l'abondance leur devient presque toujours inutile. A peine leur récolte est-elle faite à grands frais qu'ils sont pressés de toutes parts. Ce n'est point le vin qui remplit leurs celliers qu'on leur demande, il faut que la vente s'en fasse sans délai, le moindre retard répugne à l'insatiable avidité des employés, toujours actifs, cherchant nuit et jour, supposant même souvent des délinquants ou, s'ils ne peuvent absolument en supposer, se plaignant avec une dureté révoltante à l'humanité que le débit traîne trop en longueur. Il faut de l'argent, s'écrient-ils, pour acquitter les dettes de l'État. Ah ! pour décharger l'État tout Français donnerait jusqu'à la dernière goutte de son sang ; mais donnera-t-il l'argent qu'il n'a pas? Il faut de l'argent, oui, pour solder les appointements énormes de cent mille employés toujours surveillant, toujours armés, toujours prêts à tirer le sang du peuple pour gonfler des êtres originairement rampants, de viles sangsues. Quoi ! serait-il donc absolument impossible de faire parvenir dans les coffres du Roi, sans l'entretenir d'un aussi grand nombre de tyrans subalternes, les sommes qu'exigent réellement et les besoins de l'État et la majesté du trône? Il faut de l'argent, le receveur ne peut attendre plus longtemps, le collecteur est sollicité, tourmenté, la garnison est envoyée,

SOULANGIS 301

il faut solder, il faut vendre par conséquent ou plutôt donner ses denrées à vil prix pour payer la taille, la capitation, les dixièmes, les corvées, les frais qu'ont occasionnés le délai de paiement, les redevances hypothéquées sur le fonds pour acquitter les dettes qu'on a été forcé de contracter dans le cours de l'année échue et pour lesquelles une bonne partie de la récolte se trouve déjà engagée ; le prix de la vente est bientôt absorbé. Alors, l'infortuné vigneron épuisé ne peut plus fournir à son entretien, à celui de sa famille qu'en contractant de nouveaux engagements qu'il assure encore sur la récolte suivante et n'a plus à envisager pour la suite qu'une gêne continuelle, des jours malheureux : tel est vraiment le sort des suppliants qui sont toujours forcés de prendre sur leur nécessaire pour acquitter leurs impositions. On l'a cependant dit souvent, l'impôt ne doit saisir que le superflu, il ne peut saisir au-delà sans nuire aux intérêts du prince au nom duquel il saisit ; l'avantage précipité qui peut en résulter (si c'en est un) n'est qu'un avantage momentané, qui dure d'autant moins qu'il épuise davantage la source qui le produit. C'est cette vérité tant de fois démontrée et si bien connue du meilleur des rois, car le nom de Henri IV est toujours connu, toujours répété avec reconnaissance, avec attendrissement dans la campagne et où n'est-il pas connu, du bon roi dont le souvenir ferait encore verser des larmes au cultivateur, s'il ne voyait dans l'héritier actuel de son trône l'héritier de toutes ses vertus, oui, c'est cette vérité qui lui fit dire dans l'épanchement de sa tendresse pour son peuple ces paroles qui devraient être gravées en lettres d'or dans le cabinet des rois, pour faire trembler ceux qui oseraient hasarder seulement une proposition contraire : « Vive Dieu ! s'en prendre à mon peuple, c'est s'en prendre à moi-même ; si vous le ruinez qui me nourrira ? »

C'est encore, sans doute, à cette vérité, fortement imprimée dans le cœur du monarque régnant et qui est si bien entretenue par le digne ministre qui a mérité sa confiance et l'amour des peuples, que les suppliants sont redevables du bonheur dont ils jouissent aujourd'hui de pouvoir faire parvenir leurs doléances jusqu'au pied du trône, mais ce

sera l'unique avantage qu'ils oseront partager avec le reste de la nation. Leur peu de lumières ne leur permet pas de profiter de la permission qui leur est encore accordée d'indiquer les moyens de remédier aux abus. Ils ne sont capables que de sentir leurs maux et ils s'en rapportent entièrement à la justice, à la bonté de Sa Majesté, à la prudence et à la sagesse de la nation pour obtenir le soulagement qu'ils espèrent.

Aussi, bien fondée leur espérance ne peut être vaine, ils verront sûrement le beau jour dont ils commencent à apercevoir l'aurore ; l'ange tutélaire de la France tarira leurs larmes ; puisse-t-il aussi vivifier longtemps dans la personne sacrée du Roi bienfaisant qui les gouverne les cendres du grand Henri. C'est le principal objet de leurs vœux.

Jean Collas, Pierre Lechesne, Seurain Denis, Jean Callier, Jean Sade, François Belville, Michel Brocadet, Louis Joblin, Jean Boin (?), Charles Barthélémy, François Clavier, marchand-fermier, Delafosse, prieur-curé de Soulangis.

LE SUBDRAY

Identification. — Cher, arr. Bourges, con Charost. Général., élect. et grenier à sel de Bourges.

Population. — En 1793 : 342 habitants (L. 175) ; aujourd'hui : 367. Mouvement en 1788 : N. 17, M. 7, D. 15 (C. 162).

Plumitif pour 1789. — Le Roi. 42 feux. Blés et bestiaux. 13 1. 16 s. par feu pour le principal. Taillables : 9 laboureurs dont 1 de 65 1., 1 de 531., 3 de 30 à 401., 2 de 10 à 201., 2 au-dessous de 10 1., 33 manœuvres dont 2 de 30 à 40 1., 6 de 10 à 20 L, 25 au-dessous de 10 1. et adcensataires qui paient 64 1. Bonne récolte (C. 1109).

Impositions pour 1789. — Taille, 5801. ; access., 313 1. ; capitat, 323 1. ; au total : 1.216 1. Vingtièmes, 470 1. 18 s. 3 d. (C. 1109 et 1170).

LE SUBDRAY 363

Privilégiés. — 6 ecclésiastiques, 24 laïcs. Supp. desd. privilégiés : 197 1. 15 s. id. (L. 2083).

Biens ecclésiastiques en 1790. — 1° La cure : maison curiale et jardin : 35 1., 59G boisselées de terre: 140 1., 2 arpents de vigne: 20 1., 3 arpents de bois : 12 1., une locature affermée 72 1. ; total : 279 1. ; 2° le séminaire de Bourges : 850 1. : 3° chapitre Saint-Ursin : 207 1.; 4° vicairie de Saint-Jean-d'Auron : 18 1. ; 5° Visitation de Bourges : 105 1. 10 s. (G. 583bis).

Cure. — Revenu en 1791 : 3.577 1. 8 s. ; dépense: 2.123 1. 5 s. (L. 75, f° 40). Patron en 1772 : le Séminaire.

Sources a consulter. — Frémont, II, 242.

2° PROCÈS-VERBAL D'ASSEMBLÉE (N'a pu être retrouvé.)

(Ms. origin. signé. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)

Les habitants de la paroisse du Subdray se sont assemblés conformément au règlement et, après un examen très réfléchi de leurs charges, des obstacles sans nombre à l'amélioration de leur condition, demandent non seulement la suppression des aides et des gabelles, mais s'attachent particulièrement aux droits sur ies fers et sur les cuirs qui grèvent la culture dans toutes ses branches.

Invités à dresser des cahiers, ils voient avec douleur qu'ils ne peuvent avoir l'effet que la sincérité du gouvernement s'en propose. La campagne fondue dans le Tiers état des villes n'a point de représentant et, cependant, ses intérêts et ceux du peuple des villes sont toujours en opposition. Indifférents sur le prix trop haut des matières employées dans la culture, entachées de droits exorbitants, il y a à craindre qu'ils ne s'occupent que de ce qui est onéreux aux villes. Le choix des députés nous fait espérer qu'on prendra en considération l'état effrayant des campagnes et de la misère du peuple cultivateur.

Thomas, Morand ; Paviau, député, déclare ne savoir signer.

1. A ce cahier n'est pas joint de procès-verbal, mais il semble bien, à en juger par les termes du cahier, qu'il n'y a pas à en rechercher.

Identification. — Cher, arr. et con Sancerre. Général., et élect. de Bourges, grenier à sel de Sancerre.

Population. — En fructidor an II : 1.367 habitants (L. 457) ; aujourd'hui : 1.533. Mouvement en 1787 : N. 40, M. 10, D. 39

Plumitif pour 1789. — Le chapitre Saint-Etienne. 278 feux. Blés et vins. 9 1. 10 s. par feu pour le principal. Taillables : 38 laboureurs dont 1 de 100 1., 1 de 87 1., 2 de 50 à 60 1., 1 de 43 1., 4 de 40 1., 1 de 74 L, 11 de 30 L, 17 de 10 à 20 1. et 240 manœuvres dont 36 de 10 à 20 L, 204 au-dessous de 10 1. Les vignes ne sont pas très belles (G. 1109).

Impositions pour 1789. — Taille, 2.600 1. ; access. , 1.405 1. ; capital, 1.447 1. ; au total : 5.452 1. Vingtièmes, 743 1. 13 s. 3 d. (G. 1109 et 1170).

Privilégiés. — Le chapitre Saint-Étienne, M. Lelarge, chanoine, M. de Letant, chanoine, l'abbé de Verry, M. Barbier, curé, M. Vivier, maire de Bourges, M. Triboudet. Supp. desd. privilégiés : 434 1. (L. 2083).

Biens ecclésiastiques en 1790. — 1° La cure : maison curiale : 40 L, 2 boisselées de clos ou parc : 6 1., 58 boisselées de terre : 58 L, 15 journées de pré : 200 1., 31 journées de vigne: 31 L, grosses et menues dîmes : 96 boisseaux de blé (froment, seigle et marsèche, par tiers) : 144 L, dîmes novales en argent : 78 L, gros: 2 pièces de vin [non estimées], rentes actives : 15 1. ; total : 572 1. ; 2° le bénéfice Saint-Jean : 19 1. ; 3° le bénéfice de la Madeleine : 30 1. ; 4° le chapitre Saint-Étienne : 742 1. ; 5° abb. de Saint-Satur : 2.000 1. ; 6° le bénéfice Saint-Georges : 105 1. ; 7° le prieuré de Menetou-Râtel : 60 1. (G. 583bis).

Cure. — Revenu en 1791 : 2.388 1. 4 s., à savoir : la cure proprement dite: 1.628 1. 4 s., le bénéfice de Saint-Jean : 114 1., une pension sur l'évêché de Nevers : 400 L, le prieuré de Saint-Martin-de-Cossaye : 225 L, la vicairie de Saint- Jean de Sury-en-Vaux : 21 1. ; charges : 557 1. 18 s. (L. 78, f° 6). Patron en 1772 : le chapitre Saint- Etienne.

Sources a consulter. — Justice de Sury-en-Vaux, B. 3439-3446 ;

(Ms. origin. signé. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)

Assemblée électorale, le 1er mars, en l'auditoire, sous la présidence de Claude Buchet, lieutenant et juge ordinaire à cause de la vacance de l'office de bailli des terres, justices et seigneuries de Sury-en-Vaux, Buy (sic), Chavignol, Verdigny et dépendances.

Population. — 250 feux.

Comparants. — Pierre Cherrier, François Debin, Louis Chollet, Etienne Reverdy, Pierre Reverdy, Pierre Mellot, Jean Prieur, Pierre Gueneaux, Louis Gueneaux, Jacques Pinon, Pierre Pinon, Decencière, Barbier, Claude Benardon, Henri Mellot, Apollinaire Mellot, François Terrât, Henri Perroy, Jean Gueneau, François Fouchard, Jacques Fleuriet, Louis Fleuriet, Etienne Raimbault, Jean Vattan, Etienne Vattan, Jean Perroy, Etienne Perroy, Louis Derbier, André Doucet, Etienne Debin, André Beauvois, Henri Raimbault, Pierre Raimbault, Denis Raimbault, Edme Derbier, Jean Dion, Etienne Dion, André Charpentier, Louis Dion, Etienne Debin, François Debin, Pierre Dezat, François Reverdy, Guillaume Vattan, François Reverdy, le jeune, Jacques Dubois, André Charpentier, Henri Dion, Jean Pinon, Henri Pinon, Romble Riffault, Pierre Boullay, Pierre Montagu, Henri Blondeau, Etienne Doucet, Henri Raimbault, Pierre Raimbault, François Raimbault, François Raimbault, le jeune, Pierre Dezat, Pierre Raimbault, fils de Romble, Jean Raimbault, François Dezat, Pierre Girard, Jean Delaporte, Pierre Predon, François Rozé, Jean Dion, Louis Reverdy, Pierre Vattan, Jean Beauvois, Etienne Fouchard, Louis Jouannin, Jean Riffault, Antoine Milleriou, Pierre Chollet, Denis Bedu, Etienne Turpin, Pierre Pauton, Jean Forest, Etienne Doucet, Itier Chollet, François Bedu, François Maréchal, Etienne Maréchal, Jean Chevereau, Etienne Moindrot, Louis Salmon, Jean Senée, François Brusseau, Etienne Forest, Louis Vattan, François Reverdy, Pierre Fouchard, Silvain Reverdy, André Moreux, François Bontemps, Pierre Gressin, Pierre Léger, Léonard Léger, François Guillon, Antoine Guillon, Etienne Bedu, Henri Guillon, Jacques Guillon, Jean Moindrot, Mathieu Girault, Sébastien Girault, François Boistard, Jean Salmon, Etienne Salmon, Jacques Pinon, Etienne Riffault, Henri Pinon, Pierre Gibrat, René Rezard, Silvain Salmon, René Salmon, Jean Josserand, Etienne Doucet, Claude Josserand, François Gaucher, Sébastien Vattan, Henri Guillon, François Beauvois, Jean Moindrot, François Doucet, Etienne

Prieur, Henri Beauvois, Henri Girard, Romble Girard, Jean Monteaux, François Reverdy, André Reverdy, Silvain Coquerit, François Moindrot, Jacques Doucet, Honoré Vattan, André Pinon, François Pastout, Léonard Delaporte, Pierre Raimbault, le sieur Grangier, Silvain Ruelle, Mathieu Thuillier, Pierre Thuillier, Silvain Desreaux, le sieur Rosticelly, Simon Chastignier, le sieur Dalligny, Jacques Pinon, le sieur Mallet, Henri Raimbault, Jean Dezat, Jacques Pinon, le sieur Semelle, le sieur Joullin, André Riffault, Louis Beauvois, Louis Gueneau, Etienne Gueneau, Quentin Desportes, Henri Branger, Etienne Gueneau, Guillaume Godon, René Prieur, Marcou Gueneau, Romble Juttin, Sébastien Girault, le jeune, Louis Forest, Henri Raimbault.

Députés. — Cyprien-Thibault Barbier, notaire royal, Jean-Claude Rosticelly, notaire, et Louis Gueneau, procureur fabricien.

37 signatures, y compris celle du Président.

(Ms. original signé. Paraphe de Buchet. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)

Cahier de doléances, remontrances et plaintes que font tous les habitants de la paroisse de Sury-en-Vaux, pour être remis par leurs députés à l'assemblée qui se tiendra le neuf du présent mois par devant Monsieur le lieutenant général du bailliage principal de Berry à Bourges.

Nous tous, habitants de ladite paroisse de Sury-en-Vaux, désirant pouvoir satisfaire aux intentions de Sa Majesté, donner et fournir tous les moyens nécessaires et convenables pour le soutien de l'Etat, son bonheur et celui de ses sujets, offrons nous prêter et faire tout ce qui dépendra de nous pour y parvenir et, en profitant de la liberté que Sa Majesté nous a donnée par ses lettres et règlement du vingt-quatre janvier dernier, desquelles nous avons connaissance par la lecture et publication qui en a été faite, supplions Sa Majesté de nous permettre, s'il lui plaît, de lui remontrer et représenter nos plaintes et condoléances (sic) :

Art. 1er. — Que notre paroisse de Sury-en-Vaux est beaucoup chargée d'impôts qu'ils ne peuvent payer qu'avec peine, rapport à la misère où ils sont, ne jouissant que

d'une moindre partie des biens qu'elle renferme, la partie la plus considérable d'iceux étant possédée par des seigneurs ecclésiastiques, bénéficiera, gentilshommes privilégiés et autres propriétaires externes, lesquels, lors de la récolte de chacune année, enlèvent les fruits en plus grand nombre que ceux qui restent auxdits habitants et ce sans payer aucun impôt.

Art. 2. — Que notre dite paroisse ne consiste pour la plus considérable partie qu'en vignes très difficiles à manœuvrer et coûteuses aux propriétaires, en sorte que la récolte qu'ils font des fruits qu'elles produisent leur est souvent plus coûteuse que profitable, ne pouvant disposer librement de leur vin, en étant empêchés par les commis préposés pour la perception des droits d'aides et impôts, entrées, conduites, douanes et autres droits, beaucoup plus considérables que le prix des vins, qu'ils sont obligés et même contraints de payer, de manière qu'ils sont réduits par ce moyen à la misère, ne pouvant qu'avec peine subvenir à leurs besoins nécessaires, pourquoi ils prennent la liberté de supplier Sa Majesté, les États généraux tenant, de supprimer tous ces impôts.

Art. 3. — Que la récolte des blés que nous faisons chaque année ne peut nous nourrir à peine un quart de l'année, attendu l'enlèvement que font les propriétaires étrangers.

Art. 4. — Qu'il plaise aussi à Sa Majesté ordonner que

le prix du sel qu'on leur fait payer quatorze a quinze sols

la livre soit réduit à proportion de ce qu'il vaut aux salines ou le rendre vénal.

Art. 5. — Que les tailles et autres impositions accessoires dont ils sont surchargés seront réduites à telle somme qu'il lui plaira et également supportées sur tous les sujets du royaume sans distiction, en faisant ladite imposition proportionnellement à leurs propriétés.

Art. G. — Qu'il plaise à Sa Majesté de supprimer les vingtièmes et ordonner qu'au lieu et place de tous les impôts généralement quelconques qu'il [n']y en ait qu'un seul pour le tout et supporté indistinctement par tous les propriétaires, en nature, sur la récolte des fruits qui se feront

annuellement tout ainsi et de même que Sa Majesté le jugera à propos, nous soumettant comme nous avons toujours été soumis sur ce fait à son équité paternelle.

Art. 7. — Qu'il plaise aussi à Sa Majesté d'ordonner qu'il sera fait un nouveau tarif pour la perception des droits de contrôle, insinuations et autres et les fixer à telle somme qu'elle jugera à propos pour chacun des actes qui s'y trouveront sujets, tant pour les qualités et classes des personnes que pour les prix qui y seront fixés, les réduire à telles sommes qu'elle lui plaira afin qu'ils ne puissent être augmentés ni qu'il ne soit fait aucune exaction par les préposés, comme ci-devant, qui ont donné lieu à beaucoup de plaintes pour en avoir la restitution.

Art. 8. — Qu'il plaise aussi à Sa Majesté supprimer les juridictions des Elections et Eaux et forêts et en attribuer la connaissance soit à l'administration soit aux bailliages royaux qui en feront l'exercice gratuitement afin d'éviter des procès-verbaux et sentences arbitraires qui souvent ôtent le repos des familles et les ruinent et les communautés des paroisses ainsi qu'il est notoirement connu.

Art. 9. — Qu'il plaise encore à Sa Majesté ordonner que les réparations à faire soit à l'église, clocher, cimetière et maison curiale seront faites à la charge des seigneurs décimateurs, ecclésiastiques et bénéficiers ou doter les fabriques suffisamment pour y parvenir.

Art. 10. — Que tous les ecclésiastiques, la noblesse et autres prévilégiés seront compris dans les rôles et supporteront également que le Tiers état leur quote-part proportionnellement à leurs propriétés et facultés pour les ponts, chaussées, établissement et réparations des chemins.

Art. 10 bis. — Plaise aussi à Sa Majesté de révoquer ou supprimer les huissiers-priseurs pour l'assistance aux inventaires et discussions de toute vente d'effets mobiliers qu'ils prétendent faire dans toutes les paroisses du royaume, quoi qu'ils ne résident que dans aucunes très éloignées des autres, et que tous les sujets qui voudraient faire faire des inventaires et discussions de leurs meubles

si ii y- en-vaux 369

el effets, même les tuteurs <l<i> mineurs, doivent les envoyer chercher à leurs dépens, prétendant qu'il leur est libre d'en garder le prix et le retenir par devers eux, en sorte .[ne cela est très gênant, outre les droits qui montent quelquefois à plus que la valeur du prix de vente et consomment les particuliers en frais.

Art. 11. — Enfin, nous supplions très humblement Sa Majesté d'avoir égard à notre présent cahier, qu'elle et les États généraux tenant et qu'y Taisant droit, la fixation des sommes et prélèvement annuel seront faits sur la récolte des fruits ainsi qu'il sera jugé à propos ou l'imposition généralement faite sur les sujets du royaume sans distinction, ni que les uns en soient plus exempts que les autres, pour parvenir au paiement des dettes et au soutien de l'État ; à quoi nous nous soumettons pour cet effet et proportionnellement à nos propriétés et facultés ; dans lesquelles impositions seront compris les commerçants pour venir en décharge au profit de l'État, priant Dieu pour la conservation du Roi et de la famille royale.

Et ont tous lesdits habitants qui savent signer signé avec nous soussigné, après lecture à eux faite et l'avoir coté et paraphé ne oarietur par première et dernière page au bas d'icelui.

Chollet, Mellot, Gressin, Girault, syndic, Reverdy, Charpentier, Montagu, Salmon, Doucet, D. Raimbault, Salmon, Dezat, Pinon, Gibrat, Josserand, Godon, Ghastignier, Blondeau, Dubois, Beauvois, Vatan, Fleuriet, Reverdy, garde, Dion, Semelé, Dion, Rozé,

JOULLIN, RlFFAULT, FOREST, RAIMBAULT, GlRAULT, GUENEAL, ROSTICELLI, BARBIER, DeCENCIÈRE.

Cinquième et dernière page cotée et paraphée ne oarietur par nous, juge susdit, ce dit jour, premier mars mil sept cent quatre-vingt-neuf, [en] présence desdits habitants, après que lecture leur en a été faite.

Buchet.

SAINT-BOUIZE

Identification. — Cher, arr. et con Sancerre. Général, et élect. de Bourges, grenier à sel de Sancerre.

Population. — En fructidor an II : 413 habitants (L. 457) ; aujourd'hui : 733. Mouvement en 1787 : N. 18, M. 8, D. 28 (G. 157).

Plumitif pour 1789. — M. Brisson de Montallin. 73 feux. Blés et bestiaux. 8 1. 15 s. par feu pour le principal. Taillables : 8 laboureurs dont 5 de 30 à 40 1., 2 de 20 à 30 1., 1 de 15 L, et 65 manœuvres dont 2 de 20 à 30 L, 5 de 10 à 20 L, 58 au-dessous de 10 1. Bonne récolte (G. 1109).

Impositions pour 1789. — Taille, 640 1. ; access. , 346 1. ; capitat., 356 1. ; au total : 1.342 1. Vingtièmes, 367 1. 7 s. (G. 1109 et 1170).

Privilégiés. — 8 ecclésiastiques, 6 laïcs. Supp. desd. privilégiés : 334 1. 17 s. (L. 2083).

Biens ecclésiastiques en 1790. — 1° Cure de Thauvenay : 24 1. ; 2° cure de Saint-Bouize : bâtiments à l'usage de cet établissement : 301., 2 arpents 1/2 de clos ou parc: 100 1., jardin [non estimé], 63 boisselées de terre : 400 L, prés : 373 L, dîmes novales : 255 L, rentes : 53 1. 14 s. 8 d., grosses dîmes et dîmes de Saint-Éloy : 427 1. ; total : 1.638 1. 14 s. 8 d. A déduire pour trop forte estimation : 300 1. ; 3° abb. de Saint-Satur : 190 1. ; 4° cure de Sancerre: 1 1. 10 s. ; 5° chapitre de Sancergues : 24 1. 10 s. ; 6° abb. de Ghalivoy : 504 1. 5 s. ; 7° l'hôpital de Bourges : 48 1. (G. 583bis).

Cure. — En 1791 : revenu inférieur à 1.200 1. Patron en 1772 : l'abbaye de Saint-Satur.

Sources a consulter. — Papiers du bailliage de Saint-Bouize, B. 3426-3432 ; Frémont, II, 365.

(Ms. origin. signé. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)

Assemblée électorale, le 1er mars, en l'église de la paroisse à cause de la petitesse de l'auditoire, sous la présidence de Pierre-Joseph Grangier, avocat en Parlement, bailli de la justice de Saint-Bouize et dépendances.

Population. — 80 feux.

Comparants. — Jean Rozé, Jean Bonnet, Jean Laloup, Antoine

SAINT-BOUIZE 371

Tortrat, Jean Guilleminau Louis Guinguand, Jean Bernon, Jean Gagnier, François Chaigniain, François Boursier, Jean Bordier, Jacques Moindrot, Louis Bondon, Jean Berthillet, Jean Moindrot, Pierre Picard, Pierre Lechellon, René Ardouin, Sébastien Plain, Paul Laporte, Michel Boureux, Jean Boureux, Sébastien Gaucher, Jean Pinsion, François Balland, « et autres en grand nombre ».

Députés. — Jean Rozé, syndic, et Jean Bonnet, fermier.

8 signatures, y compris celle du Président et, en plus, la signature de Dargent, greffier.

(Ms. original signé. Paraphe de Grangier, bailli du lieu. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37. Ce cahier est à rapprocher de ceux de Couargues et de Saint-Satur, bien que le texte diffère.)

Cahier des plaintes, remontrances et doléances des habitants <le la paroisse de Saint-Bouise, assemblés en exécution des ordres du Roi et de l'ordonnance de Monsieur le lieutenant général de Bourges du treize février dernier.

[ 1°] Lesdits habitants supplient Sa Majesté que dorénavant il n'y ait plus pour les impositions aucune différence ni exemption pécuniaire et que les trois ordres de l'État soient imposés sans distinction.

[2°j Que les biens qui composaient autrefois les revenus de l'hôpital de cette paroisse et qui ont été réunis à l'hôpital de Sancerre soient rendus aux pauvres de cette paroisse qui n'ont plus pour un sol de revenu.

[3°] Que le prix du sel soit diminué.

[4°] Que les offices de juré-priseur, cette cause de grandes vexations dans les campagnes, soient supprimés.

[5°] Que cette justice, sujette à quatre degrés de juridiction, sera réduite à ne pouvoir plus en éprouver que trois, en quelque cas que ce soit, et qu'à cet effet la justice royale d'appel dont l'exercice est à Concressault sera transférée à Sancerre, le chef-lieu de canton.

[6°] Que les Élections seront supprimées.

[7°] Que l'imposition sur les travaux publics sera supportée dorénavant par les ecclésiastiques, les nobles et le Tiers état, sans aucune distinction.

[8°] Que la route de La Charité qui traverse le bourg de cette paroisse sera continuée du côté de La Charité comme du côté de Sancerre.

Bonnet, Tortrat, Rozé, syndic, Bernon, Gaucher, Chignin, Rozé, Boureux.

Arrêté et coté et paraphé par nous, bailli de la justice de Saint-Bouize, ce premier mars 1789.

Grangier, Dargent, greffier.

SAINT-CAPRAIS

Identification. — Cher, air. Bourges, c0D Levet. Général., élect. et grenier à sel de Bourges.

Population. — En 1793 : 323 habitants (L. 175) ; aujourd'hui : 425. Mouvement en 1788 : N. 20, M. 4, D. 14 (C. 162).

Plumitif pour 1789. — M. de Villeneuve. 51 feux. Blés et bestiaux. 81. 15 s. par feu pour le principal. Taillables : 12 laboureurs dont 2 de 50 à 60 1., 4 de 30 à 40 1., 5 de 20 à 30 L, 1 de 10 L, et 39 manœuvres dont 3 de 10 à 20 L, 36 au-dessous de 10 1. Bonne récolte (G. 1109).

Impositions pour 1789. — Taille, 650 1. ; access., 351 1. ; capitat. , 362 1. ; au total : 1.363 1. Vingtièmes, 377 1. 5 s. (G. 1109 et 1170).

Privilégiés. — 4 ecclésiastiques, 10 laïcs. Supp. descl. privilèg les : 10 1. 7 s. 9 d. (G. 244).

Biens ecclésiastiques en 1790. — 1° La cure : maison curiale, 9 boisselées de parc, 2 boisselées de jardin, 272 boisselées de terre, 3 arpents 3/4 de bois et partie des grosses et menues dîmes, le tout affermé 900 1. ; total : 930 1. ; 2° le bénéfice appartenant à Henri- Louis Treneau : 60 1. ; 3° chapitre Notre-Dame de Salles : 120 1. ; 4° chapitre Saint-Etienne de Bourges : 240 1. ; 5° séminaire de Bourges : 60 1. ; 6° chapitre Saint-Ursin : 98 1. ; 7° les Bénédictins de La Charité : 800 1. ; 8° la vicairie de Saint-Georges : 67 1. 10 s. (G. 583bis).

SAINT-CAPRAIS 373

Cure. — Rôveoa en L791 : 1.615 1. 18 s. ; désenflé : 700 1. (L, 75, f" 10). Patron en 1772 : le prieur de La Charité.

Sources a consulter. — Bailliage de Saint-Caprais, I». 3545 cl 3546; tilivsdela famille De Bussy, E. 573-577; Henri Bailly, Canton de Levet, p. 47 ; Frémont, II, 260.

(Ms.origin. signé. Arch. du Cher, litres incend., 1. 37.)

Assemblée électorale, le 1er mars, dans la maison et sous la présidence de Claude Goumet, curé de la paroisse.

Population. — 50 feux.

Comparants. — Gabriel Poubeau, Michel Lanccmant, Biaise Néron, Claude Poulet, Martin Jolivet, Pierre Marguerita, François Thuane, Martin Valin, Léon Perronnet, Gervais Olivier, Antoine Dru, Jean Marcus, Léonard Marcus, Claude Dumas, Silvain Bisson, Denis Brisset, Etienne Baraché, Jean Parent, Jean Cherita, Jean Bouché, Jean Chareil, Charles Marguerita, Jean Boyer, Jean Thuane, Louis Barbaran, Robert Pichon, Léonard Boyer, Jean Boni vin.

Députés. — Jean Boyer et Jean Thuane.

Signature seulement du Président.

3° CAHIER DE DOLEANCES

(Ms. original signé. Paraphe de Goumet, curé de l'endroit. Arch. <lu Cher, litre- incend., 1. 37.)

Plaintes ci doléances des habitants de la paroisse de Saint- Caprais, caiê et paraphé j>r/r nous Claude Goumet, cure de la paroisse, le premier mars 1789.

Aujourd'hui dimanche, premier mars 1789, les habitants de la paroisse de Saint-Caprais, s'étant assemblés chez le Hem- curé de la paroisse, lui ont exposé que, étant éloignés des juges et tous autres officiers publics, ils le priaient de vouloir bien rédiger le cahier de leurs plaintes et doléances et ensuite remplir le procès-verbal d'assemblée <l<i la paroisse, conformément aux ordonnances de Sa Majesté portées par ses lettres données ù Versailles lu 24 janvier L789. Lu sieur curé ayant accepté la commission dont

ils le priaient de se charger les a interrogés et leur a demandé quelles étaient leurs plaintes et doléances, à quoi ils ont tous unanimement répondu qu'ils demandaient à Sa Majesté qu'il lui plût abolir le titre des privilégiés qui est on ne peut plus onéreux pour une paroisse, puisque quand lesdits privilégiés font valoir leurs biens ils ne sont point imposés sur le rôle de la paroisse et la cote qu'ils devraient payer est reversée sur les habitants, puisqu'il faut toujours payer la même somme portée sur le rôle ; et, en outre, qu'il plaise à Sa Majesté rendre une ordonnance par laquelle toutes les personnes qui prendront des fermes, tant des [seijgneurs que des bénéficiers séculiers ou réguliers, seront tenues faire savoir à la paroisse qu'ils sont fermiers afin qu'on les impose selon leur ferme, afin qu'un grand abus cesse de voir des fermiers lever tous les fruits d'une paroisse et ne payer aucun impôt au Roi.

Une autre plainte et doléance que les habitants ont à faire observer à Sa Majesté c'est que la répartition des impôts leur paraît injuste en ce que :

1° Une paroisse si peu considérable, puisqu'elle n'est que de 50 feux, paye au total la somme de 1.625 livres, tandis que d'autres paroisses bien plus considérables n'étaient pas imposées à une pareille somme et que même les supposant toutes les unes dans les autres à 50 feux et qu'ils payassent toutes la même somme de 1.625, le nombre au total des paroisses du royaume étant de 35.045, il en résulterait la somme de 56.948.125 livres, somme très considérable et qui ne serait payée que par des sujets de Sa Majesté qui n'ont aucune propriété.

2° Que dans la répartition des impôts [on n'obser]vait aucunement la justice distributive, puisqu'un laboureur qui n'a que cinq à six cents boisselées de terre à cultiver paie autant et même plus que ceux qui en ont treize à quatorze cents de même qualité.

3° Qu'un manœuvre, qui fait valoir par ses bras quarante à cinquante boisselées de terre, paie plus du tiers qu'un laboureur de sept à huit cents boisselées.

4° Que la modicité des terres du pays, qui ne rapportent

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au plus que cinq, strictement dit, par boisseleV, était une forte raison pour les soulager dans leurs impositions.

5° Que les habitants se plaignent aussi de la manière dont on lève les impôts. Le temps fixé pour remplir un rôle étant venu, s'il y a des défaillants, on n'a aucun égard à leurs raisons et à leur état, de sorte qu'un habitant étant malade depuis un temps considérable et n'ayant pas quelquefois le premier nécessaire qui est le pain, on envoie un recors (sic) ou garnisaire chez lui, à sa charge, obligé de le nourrir et le payer tandis que ce même malheureux n'a pas de pain pour lui et sa famille, d'où il s'en suit qu'étant imposé à 10 livres, il est contraint par le fait d'en payer 20 livres. Cependant, les habitants de la campagne sont-ils exempts de maladie et quand ils sont malades où sont leurs ressources ?

6° [Le vœu unjanime de toute la paroisse, conformément à celui de beaucoup d'autres, est qu'il plaise à Sa Majesté de mettre le sel marchand et qu'il y substitue un impôt tel que sa sagesse et les lumières de son conseil aviseront pour soulager son peuple, et qu'il lui plaise aussi laisser libres et franches les entrées et sorties des villes, la viande et autres denrées semblables à l'usage de la vie humaine.

Et ensuite les habitants ont procédé à la nomination des députés d'entre eux, conformément à l'ordonnance, et les voix ayant été recueillies il ont nommé Jean Boyer, manœuvre, et Jean Thuane demeurant dans dans le bourg de ladite paroisse, lequel a accepté ladite commission et promis de s'en acquitter fidèlement et a signé avec nous.

Et tous les habitants, avant de se retirer, m'ont prié d'exprimer leurs hommages à Sa Majesté en l'assurant de leur fidélité, de leur amour et de leur sincère reconnaissance et ont signé avec nous.

Léon Peronet, Valin, Poubeau, Thuane, Bouché, Baraché, Joli, syndic, Boyer, Goumet, curé.

SAINT-CÊOLS

Identification. — Cher, arr. Bourges, con Les Aix-d'Angillon. Général, et élect. de Bourges, grenier à sel de Sancerre.

Population. — En 1793 : 102 habitants (L. 175) ; aujourd'hui : 47. Mouvement en 1788 : N. 9, M. 0, D. 2 (C. 183).

Plumitif pour 1789. — Les Bénédictins de La Charité. 20 feux. Blés et bestiaux. 9 1. par feu pour le principal. Taillables : 3 laboureurs dont 1 de 27 1., 1 de 13 L, 1 de 26 1. et 17 manœuvres dont 1 de 10 1., 16 au-dessous de 10 1. Gomme dans le général de l'élection (G. 1109).

Impositions pour 1789. — Taille, 180 1. ; access., 97 1. ; capitat., 100 1. ; au total : 377 1. Vingtièmes, 136 1. 5 s. 3 d. (C. 1109 et 1170).

Privilégiés. — Le sieur Couderc, curé de la paroisse, le sieur Pommereau et le prieur titulaire. Supp. desd. privilégiés: 59 1. 2 s. (L. 2083).

Biens ecclésiastiques en 1790. — 1° La cure qui est à portion congrue de 700 1., maison curiale [non estimée], 3 boisselées de jardin : 40 1. ; total : 740 1. ; 2° un prieuré, paroisse de Saint-Céols : 848 1. ; charges: portion congrue du sieur curé : 700 1. ; 3° l'Hôtel- Dieu desAix: 5 1. (G. 583bis).

Cure. — En 1791 : cure à portion congrue (L. 75, f° 48). Patron en 1772 : le prieur de Saint-Céols.

Sources a consulter. ■ — Frémont, II, 196.

Assemblée électorale, le 2 mars, en l'auditoire de la ville, sous la présidence de Nicolas-Bernard Devarenne, avocat en Parlement, juge ordinaire civil et criminel de la justice de Saint-Céols.

Population. — 17 feux.

Comparants. — Jean Paulin, syndic de la paroisse, Jean Paulin, procureur fabricien, Antoine Jouanin, Louis Bailly, Jean Treillault, Pierre Leturc, Jean Leturc, Jean Bailly, Pierre Ferrand, François

SAINT-CÉOLS 377

Gaudry, François Baratier, François Paulin, Pierre Ferrand, Jean Petit, François Guyard, Nicolas Pelle.

Député. — Jean Paulin, syndic.

\ signatures, y compris celle du Président.

(Ms. original signé. Paraphe de Bernard Devarenne. Arch. du Cher, titres incend., I. 37.)

Copié s///- celui des Ai./-. Voy. p. 6. En moins, l'art 8. En plus, l'article suivant :

Ajoutent les remontrants que pour les causes d'appel de leur justice, ils relèvent de Saïnt-Pier're-le-Moutier qui est

éloigné de leur domicile de dix-sept à dix-huit lieues, ce qui leur occasionne des frais très dispendieux. Ils désireraient que Ton les fît relever du bailliage royal de Bourges, attendu qu'ils n'en sont éloignés que de cinq lieues, ce qui serait pour eux beaucoup moins coûteux. Fait et arrêté lesdits jour et an que dessus. Et ont lesdits habitants signé, sauf ceux qui ont déclaré ne le savoir.

Poux, Bailly, Bernard Devarenne, bailli.

SAINT-DO ULCHARD

Identification. — Cher, air. Bourges, con Mehun-sur-Yèvre. Général., élect. el grenier à sel de Bourges.

Population. — En 17D3 : 500 habitants (L. 175); aujourd'hui: [.567. Mouvement en 1788 : X. 20, M. L, D. 10 (G. 162).

Plumitif pour 1789. — Le Roi. 50 feux. Blésetvins. L9 I. ï s. par feu pour le principal. Taillables : 14 laboureurs dont l de 40 1., 2 de 30 à 401., 9 de 20 a 30 1., 2 de 10 à 201. el 36 manœuvres donl 1 de 22 I., (.» de 10 à 20 I.. 26 au-dessous de 10 I. el adcensataires qui payent 2001. La récolte de cette parojsse en seigle, fromenl et menus

grains, bonne. Les vignes promettent assez. Ont amassé des foins (C. 1109).

Impositions pour 1789. — Taille, 960 1. ; access., 519 1. ; capitat., 534 1. ; au total : 2.013 1. Vingtièmes, 1.255 1. 5 s. 6 d. (G. 1109 et 1170).

Privilégiés. — 23 ecclésiastiques, 17 laïcs. Supp. desd. privilégiés: 270 1. 7 s. 10 d. (L. 2083).

Biens ecclésiastiques en 1790. — 1° La cure : maison curiale et bâtiments en dépendant : 60 1., 1 boisselée de jardin : 1 1., une locature et autres bâtiments en dépendant, 72 boisselées de terre, 3/4 arpent de pré, 1/2 arpent de vigne, le tout affermé 120 1., un arpent de pré et 1/2 arpent de « pàturaux », affermé 201., la dîme grosse et menue dans le quart de la paroisse affermée avec la grange de la locature 1.300 L, 92 boisseaux de blé par tiers de méteil, seigle et marsèche : 100 1., 1/2 boisselée de terre: 1 1. ; total: 1.602 1. ; charges : à la fabrique de Saint-Médard : 1 1. 10 s., réparations grosses et menues de la locature : 12 s., réparations du presbytère : 20 1., du chœur de l'église : 12 1. ; total des charges : 44 1. 2 s. ; 2° la vicairie simple de Saint-Martin fondée en l'église de Saint-Doulchard : 120 1. ; 3° l'archevêché : 800 1. ; 4° chapitre du Château : 25 1. ; 5° cure de Saint-Jean-des-Champs : 74 1. ; 6° vicairie de Saint- Nicolas en la cathédrale : 58 1. ; 7° vicairie de Saint-Maclou en la cathédrale : 30 1. ; 8° les Carmes de Bourges : 1 1. ; 9° abb. de Saint- Ambroix : 73 1. ; 10° cure de Saint-Pierre-le-Marché : 16 1. ; 11° Oratoire de Bourges : 260 1. ; 12° doyenné de Mehun : 10 1. ; 13° cure de Saint-Bonnet : 53 1. ; 14° chapitre Saint-Ursin : 428 1. ; 15° Augustins de Bourges : 11 1. 8 s. ; 16° le Grand Séminaire : 11 1. 8 s. ; 17° vicairie de Saint-Marcel en l'église Saint-Pierre-le-Puellier : 60 1. ; 18° Sœurs de la Charité de Bourges : 20 1. ; 19° chapitre Saint-Etienne de Bourges : 2.527 1. ; 20° doyenné du chapitre Saint- Etienne: 200 1. ; 21° vicairie de Saint-Jean en la cathédrale : 145 1. 22° les 2 vicairies de Sainte-Catherine en la cathédrale : 220 1. 23° les vicairies de Saint-Sébastien en la cathédrale : 37 1. 10 s. 24° vicairie de Notre-Dame de Reims en la cathédrale : 6 1. 25° vicairie de la grande communauté de Saint-Ursin de Bourges 42 1. ; 26° les vicaires de la petite communauté de Saint-Ursin 111 1. 10 s.; 27° l'Annonciade : 4.800 1. ; 28° les Bénédictins de Bourges : 3.609 1. 13 s. 11 d. ; 29° la fabrique de Saint-Doulchard : 54 boisselées de terre : 54 L, une rente sur vignes : 6 1. 10 s. ; total : 60 1. 10 s. ; 29° [bis] le Grand Séminaire : 60 1. — « La municipalité observe qu'il y a plusieurs autres bénéficiers de Bourges qui pos-

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sèdent dans leur paroisse quelques rentes et quelques vignes dont elle ne peut donner connaissance, parce que ces bénéficiera n'ont pas fait afficher leur déclaration à la porte de l'église. » (C. 583bl8j.

Cure. — En 1791 : revenu, 1.876 k, déduction faite des charges et du 20e de la dîme pour réparations (L. 75, f° 30). Patron en 1772 : l'archevêque.

Sources a consulter. — Frémont, II, 296.

(Ms. origin. signé. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)

Assemblée électorale, le 1er mars, sous le porche de l'église, sous la présidence de Jolivet, archiprêtre de Bourges, curé de Saint- Doulchard 1, « le bailli n'ayant pu assister à l'assemblée à cause de maladie ».

Population. — 50 feux.

Comparants. — Pierre Dragne, syndic, François Graboué, Nicolas Lavault, procureurs fabriciens, Guillaume Rafflin, Guillaume Gimonet, Jean Periot, Nicolas Lefève, Pierre Jolli, Robert Thévin, Laurian Binault, Hubert, Charles Paquet, Chatellain, tous laboureurs ; Pierre Fleurdespois, Nicolas Fleurdespois, Pierre Renault, Jean Renault, Sébastien Lavault, Louis Bloucard, Jacques Bloucard, Jean Jerbault, Antoine Johannet, Charles Clavier, Silvain Pornin, Richard, Silvain Viplée, Touraine, Pierre Baudry, Jean Baudry, Jean Durand, Pivoteau, Silvain Taupin, Claude Potier, Jacques Piautte, Jean Jarreau, Guérin, Charles Archambault, Berna, tous vignerons.

Députés. — Guillaume Gimonet et Jacques Piautte.

4 signatures, y compris celle du Président.

(Ms. original signé. Paraphe de Jolivet, archiprêtre de Bourges. Arch. du Cher, titres incend., 1. 37.)

1. Philippe Jolivet, curé de Saint-Doulchard, était né le 21 mars 1754 de parents laboureurs. Bachelier en théologie, il fut pendant quelque temps vicaire à Vierzon, puis, après avoir soutenu un long procès devant le Parlement de Paris en vue d'obtenir un canonicat dont il avait été frustré, il fut Dommé en 1784 à la cure de Saint-Doulchard, à laquelle était réuni l'archiprètré de Bourges. Pendant la Révolution, il refusa de prêter serment à la Constitution civile du clergé et se cacha pour éviter la prison. A la réorganisation du culte en 1802, il fut nommé curé de Vierzon (Cf. abbé Cwllaud, i\<>ti<-r.< sur quelques confesseurs de la foi dans le dioc. de Èou/yes (Mém. Soc. hist. du Cher, année 1860, p. 196).

(\tiiicr des doléances des habitants de la paroisse de Saint- Doulchard près Bourges en Berri.

Art. 1er. — Des tailles.

La paroisse de Saint-Doulchard, composée de cinquante feux, paie pour taille et capitation la somme de deux mille trois cents livres. Cette imposition est certainement exorbitante. La majeure partie du terrain de cette paroisse ne vaut rien pour la production du blé, l'autre partie est en vignes qui font le vin de la plus mauvaise qualité ; les habitants, presque tous manœuvres, y sont extrêmement pauvres, aucun d'eux n'est propriétaire et presque tous sont si gênés pour vivre et payer les impôts qu'ils sont obligés d'abandonner la culture de leurs terres pour travailler pour d'autres, ce qui les appauvrit encore davantage1. Si on augmentait les impôts dans cette paroisse, la culture qui languit déjà serait bientôt réduite à rien. L'expérience prouve que le champ du pauvre est toujours plus négligé que celui du riche. Si on veut donc procurer l'agriculture à Saint-Doulchard, qu'on y diminue les taille et capitation.

Art. 2. — Corvées.

La paroisse de Saint-Doulchard paie pour les corvées la somme de deux cent quatre-vingt-huit livres et de plus quelques deniers pour livre. Cette paroisse aurait vu avec plaisir la prestation de la corvée en argent si cette imposition n'était pas si considérable, mais il est facile de démontrer que cette paroisse paie actuellement la moitié plus qu'elle ne payait lorsqu'elle fournissait la corvée en travail. D'ailleurs, cette paroisse se plaint de deux choses : 1° de ce que la noblesse n'est point imposée pour la corvée. Les grands chemins sont plus utiles aux grands seigneurs qu'aux particuliers; ce sont eux qui font la plus grande consommation des denrées qu'on voiture sur les routes ; ce sont eux qui les fréquentent en courant la poste.

2° Cette paroisse se plaint de ce que l'on ne fait point faire de chemins de traverse qui iraient aboutir aux

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