MARÉCHAUSSÉE
misère et par là lui faire perdre toute espèce de considération qui lui est pourtant d'une nécessité absolue pour bien remplir ses fonctions.
Il ne peut subsister, vu la hausse du prix de toutes espèces de denrées, de sa solde qui est de vingt sols par jour pour le cavalier, vingt-cinq sols pour le brigadier, trente-trois sols pour le maréchal-des-logis, sur laquelle ils sont obligés les uns et les autres de se fournir de linge, culottes, bas, souliers, bottes, selles, brides, de payer le ferrage (sic) des chevaux, une partie de leur logement, attendu qu'il n'est donné pour le logement par an que cinquante livres par cavalier, soixante livres par brigadier et soixante-dix livres pour le maréchal-des-logis et que tout le monde sait qu'il n'est pas possible de trouver pour ces prix là un logement suffisant à l'homme et au cheval. En outre, le chapeau, l'habit et la veste uniforme qu'on doit lui donner tous les deux ans et que journellement il porte à la pluie, dans les boues et dans les bois ne lui sont fournis la plupart du temps que sur la fin de la troisième année, de très mauvaise qualité et mal faits, au point qu'il est obligé de les faire refaire à ses dépens, et le manteau qu'on doit lui fournir tous les huit ans ne l'est aussi que sur la fin de la neuvième année, sans ampleur suffisante, très court, d'un drap d'aussi mauvaise qualité que l'habit et la veste, qui sont tous les vêtements qui lui sont donnés et qui le mettraient nu s'il ne s'habillait à ses dépens.
Voilà le traitement de chaque membre de ce corps si utile à l'État. Sa récompense, lorsque par ses infirmités ou par ses blessures reçues dans l'exercice de ses fonctions \ est-elle meilleure ? Non, sans doute, il ne faut que lire le titre quatorze de ladite ordonnance pour en être convaincu.
Il est encore quantité d'autres détails, dont l'énumération serait trop longue, qui ne servent qu'à appauvrir ce corps et à l'avilir, car la misère produit ordinairement le mépris du peuple ou au moins la privation d'une certaine considération qui fait la majeure partie