En réponse à la dépêche suivante
Bordeaux, 22 décembre 1870, 5 h. soir. — N° 5,814. Guei*re à Gambetta, Lyon. — Voici la lettre en date d'hier, que nous recevons du délégué des finances :
« Monsieur le ministre,
« J'ai l'honneur de vous prier de me faire connaître l'évaluation de vos dépenses pour le mois de janvier prochain. Il importe que
sorier général de Niort de payer sur-le-champ les o9,800 francs qui sont nécessaires pour payer la première partie des fournitures. J'attends réponse.
Lyon, 23 décembre 1870. — Gambcita à Freycinet, Bordeaux. — J'ai vu hier le colonel Bigot, chef d'état-major du général Rolland. 11 m'a signalé les besoins suivants de la place de Besancon auxquels je vous prie de pourvoir d'urgence. Envoyez trois, ou au moins deux, des capitaines d'artillerie Vapuchon, Boyenval et Rossigneux et un officier supérieur d'artillerie. Envoyez également un général ou un colonel d'infanterie qui est indispensable. Parmi les 35 pièces du camp de Conlie, choisissez 20 à 25 pièces du même calibre et envoyez-les à Besançon avec un modèle de projectile qui s'y rapporte. La place est en état de fondre des projectiles si on lui donne des modèles. Donnez au 3° bataillon de la Loire, composé d'ouvriers employés à Besançon, le titre de bataillon de génie. Enfin il paraît indispensable de prescrire la construction d'un fort ouvrage en terre sur le point culminant des monts Boncour, ouvrage qui sera construit par
ces dépenses soient réduites au strict nécessaire et je vous prie de m'adresser ce renseignement dans le plus bref délai possible. Je crois devoir appeler en outre votre attention sur les recommandations suivantes nécessitées par la situation du Trésor : restreindre et ajourner autant que possible les ordonnancements, ne plus demander des paiements d'urgence ou par voie de réquisition avant L'ouverture de crédits réguliers. J'ai donné des instructions dans ce sens aux trésoriers généraux. Agréez, etc.
« Le directeur général délégué du ministre de» finance». »
Comme confirmation de ces instructions voici une dépêche de Niort, 22 décembre, 5 h. 10 soir :
« Receveur général des Deux-Sèvrea refuse de payer le mandat de 59,900 francs avant vingl jours. L'artillerie nous doit plus de 10,1)00 francs. Envoyez immédiatement, par dépêche, ordre au eveur général de noua verser montant de noir.- première fourniture, 59,900 francs. Faute de cela noua arrétona, faute d'argent, lea travaui de harnachement et quatre ceuts ouvriers partent de ne- ateliera dimanche matin. Pour Lea autres livraisons accepterai- des bona du Tréaor. Carriob. »
8 Lea errementa du délègue des Finances ne sont paa immédiatement changea, il est absolument impossible de continuer la i ■»■. < »n m croirai 1 en Chine I
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la garnison et qui coûtera 200,000 francs environ. Ne vous arrêtez pas aux objections du service du génie.
Lyon, 23 décembre. — Gambetta à Freycinet, à De Serres, Beaune, Autun, Chagny, faire suivre. — Je reçois à l'instant dépêche du général Bourbaki venant de Nevers à i h. 30. Elle contient des reproches très justes sur les retards de rembarquement contre lesquels M. de Serres, sur mes observations, avait protesté à Bourges, et aussi des observations très fondées sur la dissémination du 15e corps. Je désire qu'on porte remède à ces deux griefs *.
Lyon. — ■ Gambetta à Freycinet, Bordeaux. — Je réponds à votre dépêche sur les opérations en jeu. Vous me dites que vous m'avez expédié ce que je vous ai demandé. J'ai chargé ce matin un ingénieur de vérifier les chargements en gare et de procéder aux remises. Vous me dites qu'il faut que Bressolles aille à Besançon. J'avais toujours cru que c'était à Dole et non à Besançon qu'il devait se rendre. J'avais demandé il y a deux jours à De Serres et à vous un ordre détaillé des mouvements, je n'ai rien reçu. Vous me questionnez également dans la question du commandement, je vous ai déjà répondu hier, que, sauf Garibaldi, j'approuvais Bourbaki commandant à la fois 18e, 20e, 24e corps. Quant aux instructions aux généraux il est bien entendu qu'elles ne peuvent partir que de Bordeaux où on a l'ensemble de tous les renseignements, Bref, après le déplorable retard que nous éprouvons, je vous prie de passer ou faire passer par de Serres les ordres de départ à Bressolles. J'en surveillerai l'exécution. De Serres a suspendu depuis deux jours la circulation de tous les trains sur la ligne de Lyon, c'est fort bien, mais il n'est encore passé aucun train militaire. Il faudrait mettre plus d'ordre dans tout cela, je mande Bressoles pour qu'il soit en état de partir dimanche avec le monde qui lui reste ici, déduction faite des 1,800 hommes qu'il a à Chagny. Le capitaine Bruat et les ofliciers d'artillerie ne sont pas arrivés. Réponse.
1. Sur ces retards, l'une des causes de l'insuccès de la marche de Bourbaki sur l'Est, cf. B'reycixet, loc. cit., p. 224.
Lyon, 23 décembre 1870. — Gambetta à Freycinet. — Par décret du 20 décembre j'ai nommé chef d'escadron d'étatmajor le capitaine Celler, grièvement blessé à l'affaire de Nuits.
Lyon, 24 décembre 1870. — Gambetta au général Thoumas, Bordeaux. — Le parc de réserve du 2ic corps ne peut partir parce qu'il manque le harnachement (400); envoyez d'urgence et faites accompagner par un soldat. A ce propos je me rappelle qu'on n'a pas encore reçu les cartouches Remington ni les fusils expédiés le 12. Il faudrait toujours faire accompagner les envois. La gare a été fouillée et on n'a rien trouvé jusqu'à présent.
Lyon, 24 décembre. — Gambetta à secrétaire général Cazot, Bordeaux. — Je vous remercie de votre bonne dépêche1. Je i-ompte sur votre diligence, votre ponctualité. Je ne veux être trompé ni d'un jour ni d'une heure. Multipliez-vous, le moment est aux plus grands efforts. Car, si je ne me trompe, l'ennemi chancelle.
Lyon, 1\ décembre 1870. — Guerre à délégué Freycinet. — J'approuve complètement l'esprit de la dépêche de vous que je viens de lire et qui est partie de Bordeaux à 10 li. .'iT minutes. J'approuve aussi la question que vous avez raison de vouloir poser à Bourbaki. Je vous autorise à la poser en mon nom et je vous prie de me faire connaître la réponse qu'il vous aura faite.
Lyon, 24 décembre. — Gambetta à Freycinet, Bordeaux, — J'ignore ce qu'est le ravitaillement Comorgues'. Je crois qu'il 3 a là-dessous une forte surprise. Avisez Cézanne que j*' suis contre, persuadé que les approvisionnenmnK faits par lui doivenl suffire. En conséquence faites venir la Camargue et Cézanne, qu'il exhibe ses pouvoirs, et mandez également Dumontier el s'il y a suffisance même en présence d'une mission de Paris qui sérail toul à fait superflue, refusez de rien faire.