Sur L'état dos mobilisés dans plusieurs départements
2. II. Comorgues, intendant i Hennés, avait reçu dei instructions de Paris j>.*« r ballon pouruii'' opération de ravitaillement.
Lyon, 24 décembre 1870. — Ministre guerre à M. de Franqueville, directeur des chemins de fer à Bordeaux. — Je reçois une dépêche du général Thoumas où je Jis ce qui suit :
« Les cartouches Remington sont parties accompagnées par nos agents, un employé d'artillerie et par un brigadier de gendarmerie, mais on n'écoute pas nos agents dans les gares. Il me semble indispensable de prendre une mesure générale à cet égard. »
Je ne dois rien ajouter à ces quelques lignes du général Thoumas et j'ai la conviction qu'il suffira qu'elles passent sous vos yeux pour que les mesures générales dont il parle soient immédiatement prises par vous. Je dirai seulement que ce n'est pas au moment où le pays tout entier a la conscience de la nécessité d'un effort vigoureux et suprême pour terminer enfin la crise où nous nous débattons, qu'il peut dépendre d'une administration publique quelconque que cet effort soit entravé. Les plaintes contre les chemins de fer sont fréquentes. Malheureusement elles sont trop souvent fondées. Les hauts fonctionnaires en qui l'État a mis sa confiance qui ne craindraient pas l'absolue obligation qui leur est imposée par les circonstances de seconder la résistance nationale, encourraient la plus grande responsabilité devant l'histoire. Je n'ai nul ordre, nulle injonction, nulle recommandation à donner en ces matières, mais j'accomplis un devoir en rappelant ici ce que nous devons tous à la France et je suis sûr d'être écouté et compris.
Lyon, 24 décembre. — A Jules Cazot. — Je vous remercie de votre patriotique activité. J'ai écrit à Freycinet de vous voir afin d'utiliser ces précieuses ressources et de pousser vivement ce Midi sur l'ennemi i. Nous le tenons.
Lyon, 24 décembre. — Gambetta à Freycinet, Bordeaux. — J'ai reçu votre dépêche de 42, 15 hier au soir. Au sujet de Conlie il ne faut pas 3 mois pour vérifier l'état de gestion. Il faut huit jours en travaillant comme il convient. D'ailleurs il est impossible de bien s'entendre de loin et il y a bon
1. Dépêche de M. Cazot, 24 décembre, 8 h. 10 soir : « Mon intention serait de faire passer à la guerre, dès qu'ils seront prêts, les 145,000 hommes de la région du Midi. »
nombre de questions que je ne peux résoudre nettement à distance. Je ne vous méconnais point1, mais certainement dans le grand nombre de questions que nous traitons en style télégraphique il en est qui sont mal posées et mal résolues. Je reçois de bonnes dépêches de Serres. Ici Bressoles peut partir, mais il lui manque 400 harnais nécessaires à son parc de réserve. Il n'a pu ou n'a su se les procurer, il faut tâcher d'aviser avec général Thoumas et au plus vite. Je n'ai rien décidé du tout au sujet du point sur lequel il fallait le diriger, sur Dôle ou Besançon. Je vous invitais simplement à lui faire passer l'ordre par De Serres et j'en surveillerai l'exécution.
Lyon, 24 décembre 1870. — Ministre guerre à déb'gué Freycinet. — Vous avez dû recevoir une dépêche du général Cbanzy vous demandant la nomination du capitaine de Boisdeffre2 au grade de chef d'escadron d'état-major. Je crois que cette nomination doit être faite. Veuillez l'expédier dans le plus bref délai et en prévenir le général Chanzy.
Lyon, 24 décembre 1870. — Gambetta à intérieur, Bordeaux. — Je vois d'ici qu'il y a conflit entre Boysset et Morin. 11 faut que Morin ait raison3. Je remercie Cazot de sa dépéehe et je le prie de faire connaître à Freycinet les chiffres qu'il m'a fournis sur les mobilisés. Tout va bien.
Lyon, 24 décembre. — Gambetta à Freycinet, Bordeaux. — Je vois passer depuis deux jours déjà des dépêches du Havre sur un mouvement en avant sur Rouen. Vous êtesvous rendu compte de la situation, et qu'en pensez-vous?
Lyon, 25 décembre. — Gambetta à Crémieux, Freycinet et
1. Réponse à la phrase finale de la dépêche de M. de Freycinet, 24 décembre, 12 h. I ."> matin : « Je recois à l'instant vos dépêches sur !<-s finances. A la bonne heure! voilà du bon Gambetta 1 Votre fidèle »■( peut-être un peu méconnu, C. de Prbycimbt. »
2. ■ Le il décembre , le capitaine d'état-major <1<' Boisdeffre. parti «I'' Paria le matin arec le ballon le Lavoister, qui avait atterri a Beaufort, apportai! an général en chef les communication! vertialr-> du général Trochu. » (Chanzy. loc. cit.t p. 235.)
Pour le conflit entre M. Frédéric Morin, préfet de Saône-et- Loire, et M. Boystet, voir ch. VII.
Laurier. — Qui donc a formé un conseil d'enquête pour juger Bazaine1 ? L'enquête est faite, personne ne m'a consulté. Je m'y oppose formellement et vous prie d'arrêter les choses. Réponse immédiate.
En réponse à cette dépêche, MM. de Freycinet, Laurier et de Loverdo écrivirent aussitôt à M. Gambetta :
Chalon-Lyon, 25 décembre, 3 h. soir. — De Serres à Gambetta, urgent et confidentiel. — Prière faire insérer aux journaux une note dans le sens suivant :
« L'attaque vigoureuse de Nuits par des forces considérables ennemies2, quoique bien soutenue par nos armes, avait amené le gouvernement, pour rassurer le pays, à renforcer les troupes qui couvrent la Côte-d'Or, la vallée de la Saône et Lyon par des détachements importants tirés de l'armée de la Loire. Ces énergiques mesures ont été superflues, l'ennemi ayant arrêté sa marche en avant sans conserver Nuits et aujourd'hui on a pu même faire revenir à leur point de départ les troupes tirées de Bourges et de Nevers. »
Signé : De Serres.
Bordeaux, 25 décembre 1870, 4 h. 45 soir. — Laurier à Gambetta, Lyon. — Je reçois ta dépêche en conseil.
La note insérée au Moniteur est très probablement l'œuvre de Loverdo.
D'accord avec le conseil, j'envoie une contre-note. C'est entendu et arrangé.
Laurier.
Bordeaux, 25 décembre 1870, 4 h. 50 soir. — Guerre à Gambetta, Lyon. — L'affaire du conseil d'enquête pour maréchal Bazaine a été arrêtée dès hier et un avis en ce sens a été envoyé au Moniteur. Vous recevrez incessamment des explications sur les origines de cette affaire aussitôt que
1. Le Moniteur universel du 25 avait publié une note, sans signature, annonçant que le conseil d'enquête relatif aux capitulations de Strasbourg et de Metz était définitivement constitué et ainsi composé : pre'sident, le maréchal Baraguey-d'Hilliers ; membres, les généraux Foltz, de Martimprey et Pourcet.
Loverdo, qui m'a assuré l'avoir autrefois traitée avec vous me les- aura fournies. '