‹ Dépêches, circulaires, décrets, proclamations et discours de Léon GambettaChapitre 109 sur 208 · M. Lechevalier · texte numérisé non relu

M. Lechevalier

2. Voir pour l'historique de cet incident la lettre de M. Gambetta au général Chanzy, portant la même date que la dépêche à M. Ranc. Le prince de Joinville quitta l'armée du Mans le 20 décembre, après la réception des instructions du ministre de la guerre par le général Chanzy. — M. Ranc, interrogé sur cet incident, déposa en ces termes devant la commission d'enquête sur les actes du Gouvernement de la défense nationale :

« J'avais reçu d'un citoyen du Mans une lettre qui me désignait un colonel américain comme étant un espion prussien; en me donnant son signalement on me parlait de sa surdité que l'on croyait feinte. L'idée m'était venue que c'était probablement le prince de Joinville. Le lendemain je recevais une dépèche de Ai. Gambetta, qui était à Lyon et qui me prévenait que M. le prince de Joinville devait être au Mans sous le nom d'un colonel américain. Je suis parti de Bordeaux, je suis venu au Mans avec un commissaire de police. Je prévins le préfet; je lis faire des recherches le plus secrètement possible; je ne voulais pas que du bruit put se produire autour de cette affaire. Au bout de deux jours, j'appris que l'on croyail que M. le prince de Joinville habitait un hôtel sous le nom d'un colonel américain. J'envoyai le commissaire de police qui m'avait accompagné, inviter ce personnage à passer â la préfecture» M. le prince de Joinville se rendit immédiatement â la préfecture et me dit : « Je suis le prince « de Joinville ». Je lui répondis : a Monsieur, jusqu'à ce que j'aie

reçu des ordres du Gouvernement, veuillez considérer cette " chambre comme la vôtre. » Il répliqua : «J'y suis bien forcé! »

■< Il est reste là quatre ou cinq jours entièrement libre dans la

préfecture. Je Le priai seulement de ne pas se montrer à la grille

du jardin, de peur que quelqu'un ne le reconnût; j'aurais été

ié que le bruit de son arrestation se répandit dans l.i ville,

dant Valentin de la lre légion; je le nomme colonel de cette légion. Cherchez une compensation pour le capitaine Collard, du 32e de ligne. Je préviens Bressolles de cette décision. J'appelle votre attention sur l'état-major du 4e corps qui est tout à fait insuffisant. Il y a en tout pour l'état-major général et pour celui des trois divisions le lieutenant-colonel Deshorties et le capitaine L'Avignon, les autres officiers sont étrangers au service d'état-major ou incapables provisoirement de le remplir d'une manière satisfaisante. Le 24e corps n'a pas de généraux de brigade commandant les brigades d'infanterie; il importe qu'au moins son état-major soit bien constitué.

Léon Gambetta.

M. Gambetta quitta Lyon le 27 décembre et arriva le 28 à Bordeaux où il retrouva les membres de la Délégation.

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