ARDÈCHE
15 décembre 1870. — A M. Chalamet, préfet. — Je reçois votre lettre relative au Journal d'Annonces. Je comprends l'émotion que la violence de pareilles attaques vous a causée, mais aussi légitime que soit cette émotion, je ne puis vous autoriser à entrer dans la voie dangereuse des procès de presse; la polémique doit rester absolument libre, et la République se doit à elle-même de vivre au milieu de l'agitation des partis. Si le rédacteur d'un journal commet des actes de rébellion ou de conspiration contre le gouvernement établi, s'il se livre à des appréciations ou à des indiscrétions nuisibles à la défense, déférez-le aux tribunaux militaires et faites appel contre lui à la répression légale. Frappez l'homme, mais respectez le journal.