FORTERESSES
Le Gouvernement la maintiendra jusqu'à la fin. Fait à l'Hôtel de Ville, le 20 septembre 1870.
communication du gouvernement
Avant que le siège de Paris commençât, le ministre des affaires étrangères a voulu connaître les intentions de la Prusse, jusque-là silencieuse.
Nous avions hautement proclamé les nôtres le lendemain delà révolution du î septembre.
Sans haine contre l'Allemagne, ayant toujours condamné la guerre que l'empereur lui avait faite dans un intérêt exclusivement dynastique, nous avons dit : Arrêtons cette lutte barbare qui «b-cime les peuples au profit de quelques ambitieux. Nous acceptons des conditions é^iitables. .Nous ne cédons ni un pouce de notre territoire, ni une pierre «le forteressi
La Prusse répond à ces ouvertures en demandant à garder l'Alsace et la Lorraine par droit de conquête l.
Elle ne consentirait même pas à consulter les populations, elle veut en disposer comme d'un troupeau.
Et quand elle est en présence de la convocation d'une Assemblée qui constituera un pouvoir définitif et votera la paix ou la guerre,
La Prusse demande comme condition préalable d'un armistice l'occupation des places assiégées, le fort du mont Valôrien et la garnison de Strasbourg prisonnière de guerre.
Que l'Europe soit juge !
Pour nous l'ennemi s'est dévoilé. Il nous place entre le devoir et le déshonneur; notre choix est fait.
Paris résistera jusqu'à la dernière extrémité. Les départements viendront à son secours, et, Dieu aidant, la France sera sauvée.
Un décret du 22 septembre nomme membres du Comité de la défense nationale, MM. Emmanuel Arago, Garnier- Pagès et Léon Gambetta.
Le Gouvernement de la défense nationale,
Considérant les obstacles matériels que les événements militaires apportent en ce moment à l'exercice des droits électoraux.
Décrète :
Article premier. — Les élections municipales de Paris, fixées au 28 septembre, n'auront pas lieu à cette date.
Les nouvelles élections municipales des communes du département de la Seine sont également ajournées.
1. Le Journal officiel du 23 septembre publia, sous forme de lettre adressée à ses collègues du gouvernement, la relation détaillée du voyage de M. Jules Favre au quartier général prussien.
Art. 2. — Il en est de même des élections pour l'Assemblée constituante fixées au 2 octobre.
Art. 3. — De nouvelles dates seront fixées dès que les événements le permettront, tant pour les élections des membres de l'Assemblée constituante que pour les élections municipales de Paris et de la Seine, ainsi que pour toutes celles des communes où la guerre aurait, en fait, empêché les électeurs de se réunir en nombre légalement suffisant.
Paris, le 23 septembre 1870.
ARRÊTÉ SUPPRIMANT LES FONDS SECRETS AU BUDGET ORDINAIRE DU MINISTRE DE L INTÉRIEUR
Le ministre de l'intérieur arrête :
Article premier. — Lès dépenses secrètes de sûreté publique seront supprimées à partir du 1er septembre 1870.
Art. 2. — L'emploi des fonds ouverts au budget ordinaire du ministre de l'intérieur (chapitre XIII) sera désormais soumis au contrôle de l'Assemblée nationale.
Fait à Paris, le 24 septembre 1870,