‹ Dépêches, circulaires, décrets, proclamations et discours de Léon GambettaChapitre 18 sur 208 · ARRETE DU MINISTRE DE L INTERIEUR SUPPRIMANT LA DIVISION DE LA PRESSE · texte numérisé non relu

ARRETE DU MINISTRE DE L INTERIEUR SUPPRIMANT LA DIVISION DE LA PRESSE

Le ministre de l'intéi ieur,

Considérant que la division de la presse telle qu'elle a été constituée sous le gouvernement dérhu, demeure aujourd'hui sans objet, au moins dans ses principaux sen i<'es :

Considérant que dès lors la division de la presse doit être supprimée, sauf en ce qui touche la statistique, les

archives et les collections de la presse étrangère, afin de maintenir le ministre de l'intérieur et le Gouvernement en rapports constants avec l'opinion publique dont la presse est l'organe,

Arrête :

Article premier. — La division de la presse est et demeure supprimée, à partir du 1er octobre 1870.

Art. 2. — Un bureau spécial, placé dans les attributions du directeur général du personnel et désigné sous le nom de bureau de publicité, sera constitué avec mission de s'occuper de la statistique, des archives et des collections de la presse parisienne et départementale, des communications relatives à la publicité avec les différents journaux de Paris et des départements, de la* traduction, de la statistique, des archives et des collections de la presse étrangère. Fait à Paris, le 26 septembre 1870.

Le ministre de l'intérieur, L. Gambetta.

DECRET ORDONNANT QUE LA STATUE DE STRASBOURG SUR LA PLACE DE LA CONCORDE SERA COULÉE EN BRONZE

Le Gouvernement de la défense nationale,

Considérant que la noble cité de Strasbourg, par son héroïque résistance à l'ennemi pendant un siège meurtrier de plus de cinquante jours, a resserré les liens indissolubles qui rattachent l'Alsace à la France ;

Considérant que, depuis le commencement du siège de Strasbourg, la piété nationale de la population parisienne n'a cessé de prodiguer autour de l'image de la capitale de l'Alsace les témoignages du patriotisme le plus touchant et de la plus ardente reconnaissance pour le grand exemple que Strasbourg et les villes assiégées de l'Est ont donné à la France ;

Voulant tout à la fois perpétuer le souvenir du glorieux dévouement de Strasbourg et des villes de l'Est à l'indivisi-

bilité de la République et du généreux sentiment du peuple de Paris,

Décrète :

Article premier. — La statue de la ville de Strasbourg qui se trouve actuellement sur la place de la Concorde, sera coulée en bronze et maintenue sur le même emplacement, avec inscription commémorative des hauts faits de la résistance des départements de l'Est.

Art. 2. — Le ministre de l'instruction publique est chargé de l'exécution du présent décret.

Paris, le 2 octobre 1870.

Note du Journal officiel :

Le Gouvernement de la défense nationale n'a eu jusqu'à présent qu'à se glorifier de l'attitude patriotique, des sentiments républicains, de l'esprit d'ordre et de discipline qui caractérisent à un si haut degré la garde nationale de Paris. C'est à ce sentiment même qu'il fait appel pour qu'il soit mis un terme aux manifestations armées qui se sont produites hier, pour la seconde fois depuis quinze jours, sur la place de l'Hôtel-de-Ville.

Ces rassemblements de bataillon sont le double tort de se former sans l'ordre du commandant supérieur des gardes nationales, sans l'ordre du ministre de l'intérieur, les deux seuk- autorités qui soient compétentes pour disposer delà milice citoyenne, el, ce qui est beaucoup plus irrave, de donnera lacité pari>i<-mir des apparences de sédition aussi contraires à la réalité que favorables aux desseins de l'ennemi.

L'ennemi, qu'on le sache bien, s'arrête devant Pari-, troublé par une résistance sur laquelle il ne comptait pas. Il -.ut que la capitale peut le tenir en échec pendant de longs mois; il sut aussi qu'une attaque «I'1 vive force contre l'enceinte esl impossible, M n'espère à cette heure que dans nos discordes. Notre premier devoir est donc d'en éviter jusqu'aui apparences.

Quand les officiers de la garde nationale ont des communications à faire au Gouvernement, ils peuvent user à leur choix de la voie orale et de la voie écrite. Le Gouvernement sera toujours heureux d'entrer avec eux en rapports intimes. Mais les manifestations armées sont destructives de tout ordre public, de toute discipline; et, si bien intentionnées qu'elles puissent être, le Gouvernement est certain d'exprimer l'opinion de l'immense majorité des citoyens en déclarant que de telles manifestations ne doivent plus avoir lieu1.

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